Eh bien À l'ouest de pluton, qu'ont réalisé avec peu de moyens financiers Henry Bernadet et Myriam Verreault, est un portrait réaliste de l'adolescence et on ne peut qu'être impressionné par la justesse des intreprétations des acteurs.
Présenté sous la forme d'un documentaire au cours duquel sont introduits, par le biais d'un exposé oral en classe, les principaux personnages et leur préoccupation, il y aura rapidement une transgression du genre qui nous amènera vers la fiction. Ainsi, en peu de temps nous nous transporterons dans l'univers des adolescents : leurs rêves, les amours désillusionnées, la sexualité, la drogue et la camaraderie.
Le film n'est pas sans évoquer, subtilement, quelques nécessités de l'adolescence : le respect de soi et des autres et quelques tares aussi : l'égoïsme, l'insouciance, l'invulnérabilité. Le langage franc des personnages, les situations pénibles qu'ils vivent, par exemple aimer sans être aimer ou l'influence du groupe (vivre une sexualité précoce) retrace avec efficacité ce parcours heureux, chez certains, difficiles chez d'autres, du chemin que parcours la majorité des adolescents et ce, qu'importe l'époque.
Si l'on croit aux personnages, j'ai toutefois quelques réserves concernant le personnage du bon samaritain car le scénario est peu crédible : parti à la recherche de son beau-fils, il entraidera un autre ado et passera même quelques heures à patienter à l'hopital en sa compagnie! Perplexe vraiment car qu'est devenue cette inquiétude qui l'a éveillé et à cause de laquelle il a entamé sa quête? Nous ne le serons pas.
La dureté de Kids, de Larry Clark m'a laissé un goût amer (voire un dégoût!) dans l'âme. Cependant, À l'ouest de Pluton, a installé chez moi une mélancolie : ces visites au dépanneur du coin puis cette bière camouflée dans l'automne du parc... C'était il y a trente ans, déjà!