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Mathieu Bock-Côté est un être aux propos tranchants dont ont peut apprécier ou pas la manière, mais il a le mérite de poser les vrais problèmes.
«En ce moment, nous assistons plutôt à l'implosion de la culture politique postréférendaire.» Voilà, résumé de façon lucide et perspicace ce que toute une nation a refusé de laisser éclater au grand jour depuis 25 ans.
Sous couvert de multiculturalisme, de politiques assassines et de décisions juridiques pipées d'avance, le Québec qui avait voulu définir son identité et l'officialiser par un acte d'autonomie politique démocratique s'est vu désenchanté. Suite à la faiblesse de notre oui, les chantres d'un pays à bâtir se sont tus, ses défenseurs ridiculisés, quand d'aucuns ne furent pas objet unanime d'opprobre à l'assemblée nationale. Le peuple a ravalé. Ce silence assourdissant d'un peuple, qui combla l'immense déception suite aux deux défaites référendaire, fuit aujourd'hui par la brèche qu'on lui présente. Car il n'est jamais sain de colmater toute issue pour la colère d'un peuple. Si nous assistons ces jours-ci aux audiences de la Commission T-B à des déclarations qui nous semblent provenir d'une autre époque, c'est que la frustration de cette époque a été occultée.
Or, un peuple sans identité est un peuple qui n'existe pas. C'est ce qu'exprime la parole des intervenants à cette Commission.
Elle nous dit clairement cette parole que certains voudraient encore aujourd'hui occulter, qu'un État laïc dans l'espace public et que l'égalité homme-femme n'ont pas à être négociés. Mais elle affirme aussi que les traditions québécoises d'origine religieuse qui furent, avec la langue, le ciment de notre identité sont toujours présentes et que ce n'est pas en sécularisant la société au point de l'aseptiser que nous deviendrons universels.
C'est un pays que nous voulions, pas une muselière. C'est à cette condition que ceux qui veulent nous accepter comme terre d'accueil sauront où ils mettent les pieds.
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