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Antoaneta Roman
Antoaneta Roman
27 avril 2006, 11:06

Identité et solitude (tous différents, tous égaux)

Tout d'abord je suis allée voir Robert Lepage sans préjugés, pour la simple raison que je ne le connaissais pas. J'ai vu la pièce en tant que roumaine résidente au Québec, francophone et amoureuse du théâtre et d'Andersen depuis petite. Ouverte à tout. J'ai été d'abord fascinée par la magistrale mise-en-scène, les trouvailles, la technique, la fantaisie débordante doublée par l'esprit pratique capable de trouver les solutions. Puis par la versatilité de l'acteur, qui passe d'une peau et d'un accent à l'autre, qui émerveille, amuse et attendrit, qui joue le Québécois, le Français, le "Beurre" exilé Mais ce qui m'a touché le plus a été le but, l'artiste a deployé tous ses charmes pour nous parler de la SOLITUDE, car c'était elle le personnage principal, ni Frédéric, ni Andersen. C'est vrai, mon cher conteur danois ne comptait pas beaucoup dans l'économie du spectacle, ce qui n'empêche pas l'oeuvre théâtrale d'être valide. On intéragit tellement plus de nos jours et communique tellement moins. On se replie sur soi-même, voilà le vrai sens de la masturbation répétitive - l'incapacité de communiquer, de s'ouvrir aux autres et se donner. Si ça effleure Andersen et sa solitude - tant mieux. J'aime le résultat final. Le titre est "Projet Andersen", pas "Andersen - 150 ans après". A côté des brillantes parodies sur le discours québécois ou européen - car les danois ou les anglais ne sont pas épargnés, sur la necessité du psychologue dans nos petites vies qui manquent de débouchés, sur les relations toujours plus tendues et hypocrites (le thème du refus de la paternité - débattue dans Horloge biologique) - reste la question, que fait-on de notre solitude? Autant lui donner un sens créatif à la place de nous enfermer dans une cabine de peep-show. J'ai eu l'occasion de voir sur scène Sir Ian McKellen avec la Royal Shakespeare Company, Cheek by Jowl de Londres, l'Odéon de Paris, du théâtre italien...bravo au théâtre québécois et à Robert Lepage, j'en suis ravi
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