Bienvenue sur Voir
ouvrir session
FAQ
devenez membre
www.voir.ca
Antoaneta Roman
Antoaneta Roman
Impressions et aperçus
septembre 2006 - Messages
23 septembre 2006, 12:24
La science de l'illusioniste!
Je m'y suis perdue, même si au début j'ai embarqué de plein coeur, et j'ai adoré les petits symbols, la fantaisie débordante, les effets spéciaux. Mais ce film manque de cohérence, sans vouloir être le Miroir de Tarkovski. Il est bourré de trouvailles visuelles, de langage (oh, marivaudages des deux amoureux ou le cru Alain Chabat!), de situations, mais il a un certain goût d'inachevé, d'histoire qui s'en va nulle part, elle manque d'évolution. Je trouve "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" beaucoup plus raffiné, plus cruel et vrai en même temps. Un film pour les trentenaires comme moi, quoi. Tandis que The Science of Sleep m'a fait rire et rêver tout en me laissant une sensation de vide, de forme sans fond. A part l'indéniable plaisir visuel il ne m'a apporté aucune révélation. De plus, je ne trouve pas Charlotte Gainsbourg si bien que ça, à côté de ses collègues. Un peu pédante. Je crois qu'il est normal (pour répondre au commentaire sur le grand talent du beau) que Gael Garcia Bernal puisse incarner un timide - on est naturellement pas à l'aise quand on joue dans un pays étranger dans une autre langue. Le mexicain atteri à Paris, c'est bien lui. Alain Chabat est drôle et charmant, il donne la note de réalité du film, et Miou-Miou est correcte, son rôle ne demande pas plus d'ailleurs. Certainement à voir, pour son côté visuel farfelu, mais n'attendez pas un chef d'oeuvre.
23 septembre 2006, 12:02
Où est le moi et où est l'autre?
D'accord, la pièce joue sur quelque clichés qu'on a du Mexique (la taquera, les ruines, la police corrompue, jusqu'au canibalisme). Mais si on accepte la convention, la vie rêvée - car tout spectacle est convention après tout - on embarque dans un voyage inouï, qui joue avec l'espace, les couleurs, les sons, même les odeurs (friture et encens!). Si on le suit vraiment, il nous ramenera à nous mêmes. La valeur de toute oeuvre d'art réside dans les réponses qu'elle donne à tes questions, ou dans les questions qu'elle te pose, t'obligeant de répondre (je paraphrase Italo Calvino), autrement elle serait de la forme sans fond (je me demande si l'actuelle "Dame au camélias" au TNM pose quelque question que ce soit). Avec des moyens modestes et une forte imagination Dominique Leduc crée tout un monde. Peut-être son Mexique n'est même pas le Mexique, mais un jeu de l'imagination, comme le Brésil du "Brazil" de Terry Gilliam, un espace dont on a besoin pour le questionnement et la confrontation. Il n'en pas question juste de l'identité de Marie, mais aussi de celle de la mère, qui refuse toute sa vie de lui parler espagnol, qui porte avec elle le lourd secret de la vie mexicaine, miroir dans lequel sa fille devra se regarder aussi. Je pense qu'on a tous des comptes à régler avec nos parents ou leur mémoire, que la relation ait été bonne ou mauvaise. Si on se pose la question de qui on est et ce qu'on cherche dans la vie, car il faut savoir d'où on vient. Du point de vue de quelqu'un qui n'a pas de troubles identitaires, peut-être le spectacle est juste un dépaysement agréable. Mais j'aimerais bien rencontrer un être pensant qui ne se pose pas des questions existentielles! Juste par curiosité. Quant à comprendre ou pas l'espagnol, personnellement j'étais navrée par la répétition des répliques, car je parle les deux langues. Pas de craintes alors pour ceux qui ne parlent que français. Je vous recommande vivement d'aller le voir, le sentir, le vivre.