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Antoaneta Roman
Antoaneta Roman
Impressions et aperçus
novembre 2006 - Messages
15 novembre 2006, 11:42
Cendrillon et le vilain petit canard se marièrent et eurent beaucoup de lapins
Tout d'abord, je suis subjective, j'aime le cinéma, depuis longtemps, je préfère les films d'auteur et je suis...roumaine. Comme Medeea Marinescu, même génération que moi, qui toute petite a joué dans un magnifique film pour enfants, dont on se rappelle tous (ceux de mon age). J'ai été ravie de la revoir sur la scène du Théâtre National à Bucarest (où elle est sociétaire) et à l'émission "Tout le monde en parle", de Thierry Ardisson, où elle s'est débrouillée à merveille, disant que ce qu'elle trouve sexy chez Michel Blanc, c'est son...talent. Chapeau! J'attendais donc ce film, qui m'a fait rire copieusement. Malgré ses gaucheries: une jeune et jolie femme de 28 ans qui sait jouer du piano ne fait pas la femme de ménage à Bucarest. Elle peut toujours, à la limite, travailler dans un bar ou dans un magasin. Mais elle serait toujours moins bien habillée que dans ce joli conte de fées. Avec 15,300 Euro on peut louer une salle pour le ballet, mais un appartement (surtout un beau comme celui du film) est beaucoup plus cher que ça. Les agences matrimoniales ont des bureaux dans les deux pays normalement et la communication ne se fait surtout pas par télégrame. J'ai pensé à "Un amour silencieux" - le prof universitaire canadien qui se marie avec une jolie mexicaine et tombe amoureux de la mère - tellement plus crédible. Car Elena et Aymé, malgré le talent de Michel Blanc, n'ont rien en commun. Ce sont les deux protagonistes qui soutiennent le film, ils sont touchants, drôles, charmants. Les autres acteurs construisent tout un univers campagnard, avec humour et générosité, l'"agente" est magnifique. Mais l'histoire...admettons qu'on y croit, après la scène de la cabine téléphonique, quand Aymé se déclare, leur relations restent les mêmes, comme si de rien n'était. La fin...n'en parlons plus. Un divertissement agréable, mais sans plus, ça m'a fait du bien de revoir des endroits familiers et une compatriote si brillante.
10 novembre 2006, 12:22
Les possédés- Des langages scéniques aussi éloignés qu'ils n'entrent pas en relation
Je viens de sortir de ce spectacle très inégal. En prétendant que sous le titre des possédés on peut reunir la transe religieuse, la folie transposée en choréographie et la danse érotique, les organisateurs nous ont offert un mélange incohérent. Les deux bouts de danse contemporaine (j'ai beaucoup apprécié la performance d'Aladino Blanca) étaient hors contexte, ils n'ont rien à voir avec le Festival du Monde Arabe. Les dervishes tourneurs sont apparus un peu trop souvent, vu qu'ils ne font rien d'autre que tourner, ce qui peut avoir un sens si on va les voir chez eux, mais pas sur scène, dans un festival. La musique était trop forte, ils auraient du baisser le son un peu. Enfin, les vedettes: Ilhan Karabaçak est admirable, d'ailleurs c'est rare de voir un homme danser le baladi. J'ai aimé le voir à côté des dervishes tourneurs, mais Janine Versluis (j'ai recherché son nom sur le net, mais elle n'apparaît pas beaucoup, de plus sur des sites hollandais, pas autrichiens!) ne m'a pas beaucoup imprésionné. Elle une bonne danseuse, mais ses mouvements n'ont pas la fluidité, la douceur requise par le baladi. Je suis désolée d'avoir raté le spectacle de Ilhan K l'année passée, Les Possédés m'a laissé sur ma faim. Intéressant, sans plus, j'aurais pu me passer de la moitié, alors je le classe comme moyen.
7 novembre 2006, 11:57
Une Argentine moins connue et le visage caché de nous mêmes
Juan Solanas a dit dans un interview qu"il voulait surtout parler de l'Argentine et l'adoption illégale d'un enfant par Hélène - la française dépaysée partie à la recherche du bonheur à tout prix - n'est qu'un point de départ. La vie d'Hélène est le bateau qui nous emmène là-bas, qui nous raconte à travers les yeux d'une femme venue de loin à quoi ressemble la vie dans le Nord Est, une zone dont on parle beaucoup moins que de Buenos Aires ou la Patagonie. On ne voit pas souvent d'autochtones non-plus dans les films argentins ou des problèmes de racisme. Je suis sortie du film avec un malaise, le malaise de toute personne qui rêve des fois que le bonheur peut être planifié, qu'on peut guérir le mal de vivre par des solutions ponctuelles: un travail à notre mesure, l'homme/femme de notre vie, une meilleure santé, des enfants à l'occurence. Hélène est la femme de carrière esseulée qui pense qu'en s'achetant un enfant pauvre elle rendra deux personnes heureuses (voir quatre, avec ses parents - elle parle encore à sa mère au téléphone comme si elle était une petite fille). Elle croit que son argent est suffisant pour accomplir son rêve. La réalité affrontée, hélas, malgré la beauté inouïe et sauvage des lieux, ne lui apporte pas la sérénité. Elle même est égoiste, oubliant de regarder les autres, ceux qui ne sont pas des bébés à adopter, mais qu'elle pourrait aider. J'ai bien aimé la fin indécise, parce que seulement la mort met une fin à la vie, à part ça tout peut arriver. J'aime penser qu'Hélène a découvert que la sérénité est plus important que le bonheur extatique, et que le bien qu'elle peut répandre autour d'elle est également une forme d'épanouissement. Techniquement le film m'a semblé quelque peu inachevé: trop longs gros-plans et plans généraux, une certaine indécision dans les arguments, les hauts et les bas de Carole Bouquet exagérés(voir histériques), mais la problématique est tout à fait valide. À voir sans doute!