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Antoaneta Roman
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Impressions et aperçus
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Et la suite?
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Je sors à peine de son concert au Centre Bell, sans avoir entendu sa musique auparavant. Quel courage, d'aborder un style qui fait un peu vintage, mais je suis fan de la musique des années 60 - 80, rock et new wave, des Beatles à Depeche Mode, grand clin d'oeil à Doors, Deep Purple, Rolling Stones...alors ça ne me dérange point.
Ce qui m'a frappé chez Jonas, avant de l'entendre chanter, en regardant les affiches dans le métro, est son attitude Jim Morisson, tout aussi présente sur scène. Il joue beaucoup (trop?) sur son physique plus qu'alléchant. Mais son régistre est différent, il m'a fait penser aussi aux premières années de Mick Jagger, une voix profonde, puissante, le rock en force, touchant le hard'n heavy. Il a beaucoup de présence sur scène, une présence toute à lui, une énergie qui ne peut pas être copiée. Cette force de se donner sur scène - soit tu l'as, soit tu ne l'as pas, ce n'est pas à apprendre. Il communique bien avec le public, qui a tout à fait rempli la salle et son groupe est remarcable, surtout Corey Diabo.
Je dirai qu'il est bien parti et je lui souhaite de conquerir le monde, monter dans les tops, sans oublier d'où il vient. Il est possible qu'il développe et approfondisse son style, lui donner une touche plus actuelle et personnelle, car il semble avoir ce qu'il faut. J'espère qu'il ne soit pas une étoile filante, comme tant d'autres.
Alors j'attends...2-3 ans encore, de nos jours les succès durent souvent le temps d'un rêve d'une nuit d'été.
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La générosité de ceux qui n'ont rien
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Pendant le régime militaire, qui a pris le pouvoir après Peron, la dette extérieure de l'Argentine a augménté de 7 milliards à 43 il paraît , d'après mes lectures. Le neo-libéralisme extrême qui a suivi a mené le pays tout droit vers la crise qui a éclaté en décembre 2001. Ceux qui en souffrent le plus? La classe moyenne et ouvrière, les petits fermiers...pas les grands propriétaires. C'est de ces gens-là qui nous parle Fernando Solanas.
Ce qui m'a touché le plus dans ce film ce n'était pas l'extrême pauvreté et son
étendue, mais la capacité de survie des gens, l'inventivité incroyable et
vraisemblablement inépuisable: faire une révolution spontanée qui chassera le
gouvernement avec des casseroles (las caceroladas), créer une cantine pour les
enfants chez soi, devenir de prêtre travailleur social, distribuer des
médicaments dans la rue (reçus des gens qui pouvaient en disposer), occuper la
fabrique où on travaillait et la remettre en marche, cuisiner avec trois fois
rien sur des anciennes machines à laver pour tout un cartier, faire clôre la
vente aux enchères de son terrain en chantant à tue-tête l'hymne
national...chapeaux aux argentins!
Et à Fernando Solanas qui continue à nous raconter leurs histoires. Celles des
gens simples, à la périphérie de la société, qui savent que la vraie dignité est
la générosité, partager le peu pour arriver ensemble à un lendemain qui pourrait
être meilleur.
J'ai hâte d'aller les connaître de près!
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Un film nécessaire, pour revisiter le passé et se questionner
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J'ai subi le communisme, en Roumanie, jusqu'à 15 ans, quand le mur est tombé. Ma mère voyageait souvent pour son travail à Berlin et Dresde, précisément au début des années 80. Et elle disait qu'en RDA ils vivent mieux. Ils ne souffraient pas nos contraintes côté nourriture, arrêt de l'electricité ou l'eau. Mais l'appareil de la Sécurité nationale pesait sur nous tous. On avait peur, nous ne savions jamais qui écoute et porte la parole.
Nous connaissions tous aussi les blagues politiques, les persécutions subies par ceux qui auraient osé contredire le régime, les romans de "tiroir" qui étaient trop offensifs pour être publiés. Ministres de la Culture incultes qui étaient Ministres de la Censure. Tout modernisme était reactionnaire et décadent. Seulement le réalisme socialiste était acceptable (à voir la première version de la pièce montrée dans le film). Ce film m'a beaucoup émue, je me suis rendue compte de la chance que j'ai eu d'être bien jeune à l'époque, je peux apprécier la liberté qu'on a maintenant sans la prendre pour acquise.
Je sais aussi que tous les pays de l'Est doivent encore faire le procès du communisme, comme les pays latino-américains les procès des dictatures militaires. Il nous faut regarder le passé en face, on n'a pas le droit de passer l'éponge. En Roumanie on découvre encore des anciens informateurs, parmi des VIP souvent. Je me demande ce que j'aurais fait dans une situation limite. Aurais-je trahi? Aurais-je accepté le martyre? Aurais-je essayé de m'enfuir vers la liberté en risquant ma vie? Je n'aurai jamais la réponse.
C'est un film nécessaire, avant tout. Réalisé et joué avec beaucoup de retenue, une excellence sobre et tellement intense. Bravo!
Faits curieux: l'acteur principal - Ulrich Mühe, s'est fait espionner par sa propre femme pour la STASI avant 1989, Martina Gedeck (forte et fragile, émouvante aussi dans Les particules élémentaires) a eu un compagnon qui s'est suicidé.
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Enfermé dans soi-même
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Quelle chaleur...et combien de solitudes enférmées dans cette chaleur, qui s'enroule autour des corps et enflamme les esprits. Tous les personnages sortent d'eux mêmes, sauf la Belle au bois dormant...c'est la nuit 1002 que personne n'avait encore décrit. Dans un monde ordinaire, un édifice d'appartements, tout change le temps d'une nuit, d'une fuite d'eau, d'un ascenseur bloqué. La sexualité réprimée surtout.
La description exacte des gestes de chacun ne m'a pas dérangé. Car chacun parle à soi-même, il y a un manque affreux de dialogue. Tout est malentendu, mal interpreté. On vit dans un monde où on a de plus en plus tendance de croire que les choses doivent être comme nous les imaginons. Il suffit d'un changement de routine pour qu'on essaie désespèrement de sortir de nous-mêmes.
J'ai bien aimé la versatilité du décor, Cristina Toma en libanaise, la délicatesse d'Evelyne Brochu (sylfide un peu trop nue?), les beaux yeux de Guillaume Champoux, le charme bon enfant de Simon Boudreault (je regrette encore d'avoir raté Andromak), l'assurance de Gaétan Nadeau. Et ce tendre désespoir de l'isolement qui flotte dans la pièce sans se poser, car tout est raconté, mais pas montré - la moitié de la réalité est toujours dans nos pensées.
Pas un chef d'oeuvre, mais un petit morceau intéressant (1h20) qui donne à penser.
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