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Antoaneta Roman
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Impressions et aperçus
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Tiger Lillies - Humour noir cinq étoiles
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Une pointe de sadisme, une pincée de ridiculisation, deux grains de fatalisme, trois gouttes d'absurde, baignés de perversion...et la recette pourrait continuer encore. Les Brits sont fort en humour noir et dérision. Les Tiger Lillies sont un régal pour une admiratrice de Brecht et Tom Waits comme moi. La figure du clown tragique me semble un symbole de la condition humaine même. Le public varié vu mardi à l'Usine C témoignait aussi de leur qualité, des jeunes punk aux messieurs/dames d'apparence respectable.
D'abord les trois musiciens sont des virtuoses, tant côté musique que côté chant si on compte la voix invraisemblable de Martyn Jaques. Il joue admirablement de l'accordéon et du piano. Adrian Hughes frappe avec un professionalisme enragé ses instruments de percussion et Adrian Stout passe avec nonchalance de la contrebasse électrique à la scie et un autre instrument dont on joue sans le toucher (magie noire sans doute:) Les trois ont des incontestables véléités comiques.
Les textes sont tantôt tragiques, tantôt burlesques, inspirés des bas fonds où pullulent les prostituées, les maquereaux, les sadiques, les paranoïaques. J'ai ressenti un extraordinaire désespoir de la solitude transparaître à travers toutes les paroles. Ce sont des voix de gens qui ne savent pas comment être heureux, comment se rejouir de la vie et cherche dans l'excès une réponse introuvable, ce qui les rend encore plus affamés, plus assoifés de solutions finales.
Le résultat est une beauté étrange, qui me rappelle aussi les vers de Baudelaire - "Une charogne" entre autres, ou "Les chants de Maldoror".
D'un grand professionalisme les Tiger Lillies étaient dans le hall immédiatement après le show pour stimuler la vente de leur CD's par des autographes. J'avais déjà acheté "Births, Marriages And Deaths", un de leur premiers albums - un bijou.
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Charme, délicatesse, sourires tristes, fou rire
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Quel beau spectacle, dans tous les sens du mot! Des images surrealistes si poétiques qu'elles coupent le souffle, une musique aérienne, souvent jouée et chantée sur scène, des artistes incroyablement polivalents, une histoire nostalgique gaie-triste...nous sommes bien servis. Impossible à décrire en fait, mais je voudrais souligner que tous les artistes peuvent chanter et plusieurs jouent de quelques instruments, qu'ils soient clowns ou acrobates. C'est une autre vision du monde qui se dévoile sur scène, enjouée, naïve, touchante, tout devient possible, jusqu'à l'absurde. Une forme d'art inclassable.
Il ne faut pas oublier que la Suisse est un pays pluri-national et multiculturel et Daniele Finzi Pasca vient de la zone italienne, tout comme la compositeur-choreographe Maria Bonzanigo, donc leur imaginaire est touché par le Bel Paese aussi, ils ont fait partie des créateurs de l'Olympiade d'hiver de Turin. Plusieurs acrobates et les deux clowns travaillent aussi avec le Cirque du Soleil. Visitez le site officiel: www.nebbia.com, ça vaut la peine d'en apprendre plus. CD avec la bande sonore à venir au mois de novembre.
Je ne veux pas me limiter à un Bravo, ils méritent un grand Bravissimi! pour cette belle création!
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Paris, Paris, combien Paris, tout c'que tu veux
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Et même plus que ça, voir trop. Beaucoup de sensibilité et d'humour amer, beaucoup de grands acteurs, dans des petits rôles aussi, à un tel point que ça donne le vertige, on n'arrive à bien connaître et comprendre aucun des caractères et on perd le fil rouge de l'histoire . Parce qu'en fait il n'y a pas de fil rouge, sauf l'idée, point nouvelle, que la vie tout de même est belle et vaut la peine d'être vécue, surtout insouciant dans Paris, évidemment.
Dans tout ce fatras de destins et rencontres réussies ou ratées, les immigrants qu'on voit partout à Paris sont peut présents, sauf un épisode africain qui charge inutilement l'histoire comme pour rappeler: En Afrique c'est encore pire! Le cauchemar de François Cluzet n'a pas de sens non plus, si ce n'est pas un proteste contre la modernisation de Paris. La randonnée des filles chic aux Halles à la recherche d'hommes forts et sincères (les belles et les bêtes?) qui leur fassent l'amour parmi des morceaux de viande ou des fruits d'importation contraste par son absurdité avec le ton intimiste et la prétention de raconter des "tranches de vie". La séquence défilé de mode ne se justifie pas non plus, sauf si on pense qu'un film sur Paris doit absolument mentionner la mode aussi.
Belles séquences: la façon de Romain Duris de penduler entre la mélancolie et la joie; les danses intimes de Juliette Binoche et Fabrice Luchini; la boulangère pas mal raciste de Karine Viard.
Un film agréable mais pas mémorable...dommage.
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