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J'ai apprecie le film strictement de point de vue artistique, malgre les 4h18 de duree, auxquels se rajoute la pause de 20 minutes. Admirable jeu des acteurs (malgré l'accent pas du tout argentin de Benicio del Toro) et reconstitution des endroits, des images presque documentaires avec un grand soin pour le détail quotidien. Quant a la verite historique...c'est de la pure fiction. Tout d'abord la seule source d'inspiration ont ete les journaux de l'aventurier argentin pro-sovietique, prepare au Kremlin, car son zele est celui de Raul Castro plaisait aux autorites russes. Une des premieres regles dans le journalisme est le croisement des sources. Si nous faisons un film sur Napoleon ou Rene Levesque, base exclusivement sur leurs memoires, sera-t-il credible? Le grand protecteur des pauvres revait d'une masse de jeunes qui construise le socialisme, sans la moindre trace d'individualisme, de personnalite. Ceux qui ecoutaient de la musique rock "imperialiste" finissaient dans les champs de travail force, des vrais bagnes, goulags, appelez les comme il vous plaira. Ceux qui affichent maintenant avec nonchalance son portrait sur leurs t-shirts comme signe d'opposition a la societe seraient envoyes la-bas aussi.Eviter le malheureux episode du Congo et la desastre cree par Che dans l'economie et l'industrie cubaine lors de son passage dans les deux ministeres a ete un coup de maitre. En fait l'intention etait de renforcer l'image du bon revolutionnaire idealiste, pas d'aller chercher la verite. Cette verite se trouve aussi dans la famine qui couvre le pays a present. Juste apres la fameuse revolution faite pour le peuple, la revolte des paysans d'Escambray, depossedes de leurs terres cooperativisees, a ete noyee dans le sang. Ceux qui n'ont pas ete tues sont morts suite a la deportation dans les fameux champs de travail (la brillante idee de leur creation appartient a Ernesto Guevara). Che meme aimait tuer et sentir l'odeur du sang. Belle image de quelqu'un qui veut le bien des gens.M. Del Toro dit qu'il a fait une grande recherche la-dessus - surement pas au Cuba, ou les gens manquent de tout depuis la chute du regime sovietique. Avant c'etait juste la liberte. Les dissidents ont peur pour eux-memes et pour leurs familles. Il est facile d'etre sympathisant socialiste bien cale dans la democratie. Trop facile. J'ai vecu quinze ans supportant les memes manques que souffrent les cubains a present, mais sous Ceausescu, en Roumanie. Et je suis solidaire avec les gens, pas avec les utopies et les fausses icones de la lutte sociale.
Ceux qui veulent savoir la verite feront une recherche, l'Internet est un outil simple et efficace.
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