Ça prenait bien un immigré tel que Boucar Diouf pour nous parler d'accommodements raisonnables. Avec l'humour qui le caractérise et qui n'est pas sans s'apparenter à l'art du conte, Boucar peut mettre en perspective les aberrations de la situation actuelle, tel qu'on l'a vu à Hérouxville, ou encore cet Imam qui ne comprenait pas qu'on l'expulse alors qu'il crachait sur sa terre d'accueil.
Diouf nous fournit, avec de nombreux exemples, les incongruités qui sous-tendent les raisonnements de plusieurs, qu'ils soient québécois pure laine ou encore immigrés. Son exemple du castor qui accueil un "rostac" étranger est amusante mais aussi empreinte d'une belle réflexion.
En même temps, Boucar nous fait part de son expérience personnelle. Oui, il lui est arrivé à une reprise de vivre une expérience où le racisme était apparent. Mais aussi, il partage ses belles expériences alors que des gaspésiens lui ont ouvert portes et cœurs ou cette religieuse qui l'a accueilli alors qu'il se promenait à l'extérieur, trop peu vêtu, lors d'un temps très froid.
Le style littéraire est varié. Ainsi, on a droit à des encadrés qui sont un peu comme des mises en contexte qui viennent appuyer le reste du texte, tel que ce passage où est abordé la théorie de Darwin sur la sélection naturelle mais aussi sa mésinterprétation. Ceci est pour répondre au doc Mailloux et sa prétention que les noirs sont moins intelligents que les autres races. Puis on a quelques passages humoristiques, et même quelques réflexions philosophiques.
Mais c'est l'ensemble de ces styles qui donnent à ce livre une consistance intéressante et surtout, une perspective différente et rafraîchissante sur l'acceptation de l'autre.