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Fenêtre[s] sur Londres
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Un bédéiste québécois en résidence au nouveau studio du CALQ à Londres partage en textes et en images son processus de création, ce sur quoi il travaille, réfléchit, mais aussi ce qui l’inspire… C’est également une invitation à découvrir, au fur et à mesure qu’elle s’écoule, la vie londonienne d’un artiste québécois en exil. (photo du profil : David Cormier)
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L’expérience identitaire sur Whitechapel
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Pour ceux qui ne le savent pas déjà, ma démarche artistique concerne principalement la mutation identitaire due au contact des cultures. Ce sujet m’intéresse d’autant plus que ma famille et ma région, l’Outaouais, est le fruit de métissages culturels depuis toujours. Je dirige d’ailleurs une collection chez Studio Premières Lignes (Souches) qui explore ces mutations identitaires.
Comme je le mentionnais dans les billets précédents, le quartier où j’habite à Londres, Bethnal Green, est composé de très nombreuses ethnies qui se côtoient, mais la plus présente (en tout cas visuellement), c’est la communauté musulmane. Londres s’est d’ailleurs mérité le surnom de Londonistan il y a quelque temps. Afin de mieux connaître l’autre point de vue, j’ai décidé, avec des amies en visite et ma collègue Marianne Engel, de tester cet accueil des musulmans à notre endroit, mais aussi de voir les regards posés sur nous par l’ensemble des autres communautés.
Avant de partir sur Whitechapel faire notre expérience, nous avions convenu tous ensemble que nous devions agir normalement sans modifier nos comportements et surtout ne pas provoquer. Il faut dire que déjà, avec nos peaux blanches et mon type écossais, nous étions facilement repérables.
Après plusieurs jours de pluie, nous avons pu faire notre expérience. Vêtus comme des musulmans pratiquants, l’accueil froid auquel je m’attendais n’a pas eu lieu. Au contraire, pour la première fois je marchais sur Whitechapel et je m’apercevais que la communauté musulmane était tissée serrée. Les visages étaient détendus. On nous a salués à plusieurs reprises dans les magasins et sur la rue. La communauté musulmane semblait heureuse lorsqu’elle nous entendait parler notre langue. Ça m’a rappelé la poignée de main et le bonheur de ce monsieur à barbe blanche qui m’avait vu en compagnie de deux femmes voilées quelques jours plus tôt.
On nous a regardé à quelques reprises lorsque nous déambulions, mais sans plus. Les Britanniques d’origine européenne, eux, sans doute du à leur légendaire flegme, n’ont pas bronché. Pendant ce temps, nous regardions les vitrines des magasins, les vêtements, poissons, tabagies pendant que Marianne nous filmait discrètement. C’est Marianne qui s’est sentie différente par rapport au décor ambiant. La communauté musulmane est-elle devenue assez forte pour imposer une certaine façon de faire ? Difficile à expliquer, comme le sentiment de Marianne qui ne se sentait pas tout à fait à sa place.
Dans le fond, cette expérience n’a pas soulevé de grandes réactions et nous a révélé une tolérance certaine des Britanniques, habitués à la cohabitation des différentes ethnies. Elle a aussi démontré que la communauté musulmane aspire à convertir les non-musulmans. J'imagine que pour eux, c'est un peu comme pour nous, lorsque l'on entend des personnes originaires des quatre coins de la planète parler avec l'accent québécois. Ça fait plaisir...
Sur la photo : Christian Quesnel, Aline Bégin et Anik Deslauriers (photo de Margarida Gouveia et images tirées de la vidéo prise par Marianne Engel)
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Unmasks corruption
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Il y avait jeudi soir dernier le lancement d’un collectif de bande dessinée (BD) et le vernissage du livre qui s’y rattache, Unmasks corruption. Il y avait foule dans cette petite galerie (Lazarides) de Soho, où les invités étaient filtrés à l’entrée.
J’ai été invité par ma collègue Kripa Joshi, dont le travail, sur deux planches, était exposé aux côtés de celui des autres bédéistes. Kripa, qui est originaire du Népal mais qui a étudié à New York en BD, travaille de façon très personnelle. Son travail, magnifique, est fort apprécié comme j’ai pu m’en rendre compte au BICS (British international comics show de Birmingham). L’exposition, en plus de présenter le travail des participants au collectif, montrait aussi les travaux des lauréats d’un concours. Sur 200 participants, Kripa est arrivée deuxième, ce qui en dit long sur son travail.
J’ai eu le plaisir d’admirer les planches originales des artistes participants que sont Dan Goldman, Bryan Talbot, Aleksandar Zagraf, Dave Mackean, Pat Mills, Asia Alfsani, Dylan Horrocks et V V Brown. J’ai particulièrement goûté le travail de Mckean, dont je voyais les originaux pour la première fois. Malheureusement, les couleurs superbes des œuvres de ce dernier sont complètement assombries dans le livre et ne rendent pas justice à son travail qui intégrait, pour l’occasion, des objets dont de vraies seringues.
Pendant ma visite, j’ai eu le plaisir de revoir Paul Gravett que j’ai déjà rencontré au BICS. Ce dernier est vraiment une encyclopédie sur la BD non seulement britannique, mais aussi mondiale. Organisateur du Comica, un festival de BD londonien, il est aussi journaliste pigiste et conférencier spécialisé en BD. Intéressé à la bande dessinée québécoise (il parle français), il a été agréablement surpris par « La Machine du Bonhomme Sept-Heures », le collectif que nous venons de sortir au Studio coopératif Premières Lignes, lorsque je lui ai présenté. Nos allons nous revoir pour entretenir les liens en vue de collaborations futures entre le Québec et le Royaume-Uni.
Bref, chaque incursion dans le monde la BD britannique est un pur bonheur ; les gens d’ici sont ouverts à la découverte d’auteurs québécois...
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The Poe Project II
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J’ai terminé le week-end dernier les planches qui vont paraître dans «The Poe Project». Je met les trois dernières ici, me disant que les planches ne sortiront pas de sitôt au Québec. J'ai tenté d'y illustrer certains endroits que j'aime bien dans Londres comme le secteur de Spitalfields et Whitechapel, dont on voit la station de métro.
«The Poe Project» sera publié par la Comics Creators Guild of Great Britain d’ici la période des Fêtes. Les autres artistes participants sont David Goodman, John Maybury, Kripa Joshi, Paul Martin, Colin Stanford, GM Jordan, Tony Kennedy, Gio Spinella, Siobhan Hillman et John Anderson.
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H-G Clouzot, brumes et élections
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 Je viens de découvrir que le film « L'enfer d'Henri-Georges Clouzot », réalisé par Serge Bromberg, sortira sur les écrans de cinéma de Londres. Clouzot est définitivement mon réalisateur fétiche ; il a notamment réalisé « Le Corbeau », « Les diaboliques » et « Le salaire de la peur ». En 1964, il commence un projet de film expérimental, « L’enfer », mettant en vedette Romy Schneider et Serge Reggiani, qu’il ne finira jamais pour plusieurs raisons, dont des problèmes de santé. On peut déjà avoir un aperçu du film et des images magnifiques de Romy Schneider sur YouTube.
Serge Bromberg a fouillé dans les archives et a retrouvé les pellicules des essais de Clouzot. Il a réalisé un documentaire à partir de ce film inachevé qui risque d’être très intéressant. Le film sort à Londres la semaine prochaine. Je me promets d’aller le voir... Imaginez : du « nouveau » matériel d’Henri-Georges Clouzot 32 ans après sa mort!
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Pendant que le temps est de plus en plus gris à Londres, avec des brumes qui couvrent la ville de plus en plus fréquemment, je pense à ce temps de l’année que j’affectionne particulièrement au Québec, le temps des premières neiges. Oui oui, ce temps où les premiers flocons tombent et où les enfants, surexcités, se précipitent aux fenêtres pour l’observer. Ce temps qui précède le grand manteau blanc.
J’aurais bien aimé être au Québec ces jours-ci, surtout qu’il y a des élections et que je voudrais bien voter. Je me rend compte que ce sera les premières élections où je ne voterai pas depuis que j’ai l’âge de le faire, soit depuis près de 20 ans, ce qui ne m’a pas empêché de suivre la campagne électorale municipale par l'entremise des médias. Dire qu’il y en a qui ne s’y intéressent pas et qui n’iront même pas voter! Je souhaite à tout le monde de pouvoir séjourner à l’étranger quelques mois. Ça remet en perspective plusieurs aspects de la vie à l’intérieur d’une ville, d’une société, en permettant de comparer l’une à l’autre, de voir les plus et les moins, quoi.
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Je constate que chez nous, les gens vivent une psychose due à la grippe H1N1. À Londres, la deuxième vague est commencée mais le flegme britannique fait en sorte que tout se passe dans le calme.
On se fait souvent une idée de la presse britannique qui est sensationnaliste (avec raison), mais les médias québécois ont souvent tendance à tous se lancer dans la même direction et à enfoncer le clou à répétition... Vendredi dernier, le London Evening Standard annonçait que vingt-quatre personnes luttaient pour leur vie à cause du virus. Contrairement à chez nous, l’article n’était pas à la « Une », mais en page quatre. Résultat : les gens n’en parlent même pas ici.
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The Poe Project
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Le mois dernier, lorsque je participais au BICS, à Birmingham, j’ai été invité par la Comics Creators Guild of United Kingdom à participer à une anthologie sur Edgar Allan Poe, « The Poe Project ». Bien que ça ne soit pas la première fois que je participe à une anthologie, cette fois-ci, je suis le seul Québécois dont le travail va figurer aux côtés des Britanniques. Très heureux de cette invitation, la pression est néammoins plus forte sur mes épaules, question d’honneur.
Je met ici deux planches terminées (1 et 3). Le poème choisi est « Silence », qui me correspond très bien. J’utilise pour la première fois des extraits des journaux londoniens comme parties intégrantes de la texture et de la composition. J’utilise principalement des extraits du Evening Standard, maintenant distribué gratuitement aux sorties des stations du Tube.
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Décapitations en carton et Henry VIII
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Je suis passé nombre de fois tout près de la fameuse Tour de Londres sans jamais y mettre les pieds, plus attiré que je suis par le victorien et préférant me garder cette visite en bonne compagnie.
D’entrée de jeu, il faut dire qu’Henry VIII est omniprésent dans Londres, car il y a une exposition impressionnante en cours sur ses armures et ses armes à l’intérieur de la Tour blanche, au cœur de la forteresse. Même qu’à la station du Tube Tower Hill, les barrières qui laissent les usagers entrer dans la station sont ornées de représentations d’Henry VIII.
Bon, après les classiques comme les cachots, les corbeaux, les palissades, le couronnement d’Elizabeth II et la chambre des despotes du temps, on a pu admirer les joyaux de la couronne à partir d’un tapis roulant au débit assez lent. Personne ne peut s’arrêter devant ces couronnes inestimables et chacun reste salivant sur son tapis roulant. À quoi ça m’a fait penser de voir ces couronnes ? À l’album de BD « Blake et Mortimer - La Marque jaune », d’Edgar P. Jacobs bien sûr.
Les touristes sont par la suite dirigés vers les boutiques, nombreuses sur le site, pour y acheter d’innombrables ramasse-poussière. Parmi ceux-ci, un jeu pour enfants en carton à découper, à assembler et à coller pour recréer une scène de décapitation ou de torture pittoresque du temps grâce à un mécanisme ingénieux ! Des heures de plaisir ! Les plus sensibles pouvaient acheter une poupée à l’effigie d’Henry VIII (aiguilles non comprises), des canons en plastique ou de mauvaises reproductions de tableaux du Moyen-Âge.
Un détail intéressant que j’ignorais : Rudolf Hess, un nazi invétéré, dauphin d’HiItler, y a été détenu brièvement durant la Seconde Guerre mondiale...
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Camden Market
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J’ai passé les derniers jours à visiter quelques endroits de Londres en compagnie de ma soeur Nadine qui est en Angleterre jusqu’à jeudi. Mon ami Félix et sa famille nous ont donné rendez-vous, à Camden Town par un beau dimanche d’automne ensoleillé.
Au téléphone, il me disait qu’il y avait là-bas un énorme marché public très fréquenté par les Londoniens depuis longtemps. Le mot « énorme » signifie quelque chose d’assez différent sur l’échelle londonienne. Je me fais encore avoir en m’imaginant quelque chose de taille assez importante. Le marché de Camden est VRAIMENT énorme avec d’innombrables boutiques et restaurants de tous les genres : articles punks, tissus et bouffe de l’Inde, antiquités, disques vinyles, vêtements usagers, gadgets en tout genre, etc.
Déambuler entre ces boutiques disposées dans de minuscules et nombreuses rues qui forment un labyrinthe incroyable, c’est faire plaisir à ses sens. Il faut avoir l’oeil vif, lequel se promène d’un gaminet arborant un Johnny Cash (faisant un doigt d’honneur) aux couleurs vives des étoffes étrangères, en passant par le cuir et les clous des vêtements gothiques. Il faut aussi emplir ses narines de toutes ses odeurs aussi enivrantes les unes que les autres. Le marché est arpenté par une foule compacte aussi diversifiée que les produits qui y sont présentés. Tiens! Depuis mon arrivée en juillet dernier, j’ai vu pour la première fois des Québécois à Londres !
Une découverte intéressante est l’artiste Banksy, graffiteur londonien engagé très populaire mais dont la réelle identité reste inconnue. Des reproductions de ses œuvres sont vendues par les marchands du marché. Son travail s’inspire de l’environnement urbain. Vraiment superbe, intelligent et très drôle.
Nous avons terminé la journée sur Primrose Hill où une vue incroyable sur Londres s’offre à nous.
Mon plus beau dimanche depuis que je suis dans la City... Illustrations : à gauche, une œuvre de Banksy et à droite, vue de Londres à partir de Primrose Hill.
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Salut François !
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Bien que je pensais à toi régulièrement, on s’est perdu de vue il y a plus de quatre ans dans les grands soubresauts de mon déménagement à l’extérieur de Gatineau.
Je me souviens de notre rencontre, il y a plus d’une dizaine d’années, quand Stefan Psenak, alors directeur de la maison d’édition L’Interligne et rédacteur en chef de la revue Liaison, nous a présenté. Avant de te connaître, j’ai eu un coup de foudre pour ton travail en photographie. Tes images en noir et blanc étaient d’une beauté et d’une force rares. Comme bon nombre d’artistes, ta fragilité se voyait dans ton œuvre.
À titre de graphiste, j’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec toi en utilisant tes photos. Nous nous sommes même invités mutuellement à souper dans nos familles respectives. C’est à ce moment que j’ai rencontré la charmante Clara et tes garçons qui étaient trois à ce moment ; je n’ai pas connu le petit dernier.
Je me souviens de la quantité de livres qu’il y avait chez vous et de ton plus vieux qui me parlait de Churchill et du baron rouge alors qu’il avait à peine six ans. L’absence de télévision semblait être compensée par ces livres qui nourrissaient l’imaginaire de tes enfants. Bizarrement, c’est à ce détail que je réfléchissais dans l’avion à mon retour au Québec le 5 octobre dernier.
Le lendemain, en ouvrant mes courriels, Stefan m’apprenait ton suicide. J’ai immédiatement pensé à tes enfants et à Clara. J’aurais tant voulu être là. Aurais-je su quoi te dire? Pour les visuels que nous sommes, les mots ont parfois leurs limites...
Salut François !
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British International Comics Show et autres...
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Vendredi, je quitte Londres pour Birmingham où se tient le British International Comics Show, une des manifestations culturelles majeures en bande dessinée en Grande-Bretagne. Cette année, le festival accueille entre autres Rufus Dayglo, Tony Lee et Bryan Talbot. Ce que j'aime de ce festival, c'est que les organisateurs ne sont pas gênés de mettre en valeur et en avant-plan les artistes britanniques et ceux qui résident tout près de Birmingham et de Londres, considérant ceux-ci comme la valeur principale de leur événement.
Pour en savoir plus sur cette programmation des plus intéressantes, je vous invite à consulter le site web du BICS.
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Ça bouge beaucoup à Londres puisque certains artistes en résidence quittent pour leurs pays d’origine ou déménagent ailleurs à Londres et d’autres les remplacent. Hier, il y a avait le vernissage de mes collègues Tina Isabella Hild, Margarida Gouveia et Martin Karlsson à la galerie ACME Project Space. Ils y présentaient une magnifique exposition de photographies, sculptures et dessins intitulée Chance Meeting on a drawing table of a Zebra and a Meteorite. Il y avait beaucoup de monde, surtout que le vernissage s’est fait un soir de First Thursdays...
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Parallèlement au BICS et aux vernissages, je m’apprête lundi à retourner encore une fois au Québec en vue du lancement le 10 octobre de «La Machine du Bonhomme Sept-Heures», un collectif BD que j’ai dirigé et qui est inspiré de l’œuvre de l’auteur fantastique Claude Bolduc. J’ai très hâte de voir les réactions des gens au travail incroyable des Aline Bégin, Anik Deslauriers, Danielle Grégoire, Guy Jean, Dominique Laurent, Marie-France Thibault et Stanley Wany. Ce livre, qu’on peut qualifier d’audacieux, est déjà disponible à Montréal, en Outaouais et sur le site internet du Studio coopératif Premières Lignes.
Ça fait quand même deux événements BD sur deux week-ends de suite et sur deux continents différents. En espérant que j’aurai du temps pour retrouver les miens et me reposer un peu une fois le lancement de «La Machine du Bonhomme Sept-Heures» passé. Image : illustration de la page couverture du collectif « La Machine du Bonhomme Sept-Heures ».
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Club de Babel!
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Comme vous le savez, je côtoie sur une base presque quotidienne des artistes d’un peu partout : Allemagne, Australie, Portugal, Suède et Suisse allemande. J’en parle régulièrement dans mes billets qui portent sur Londres.
Avec le temps, ce n’est plus seulement d’autres artistes que je rencontre, mais un groupe d’amis qui s’est rapidement créé des liens et dont les membres ont énormément de plaisir à se retrouver. Je reconnais chez ces amis une atmosphère qui me rappelle mes années de collège où je fréquentais un groupe très soudé et solidaire. Pour vous en donner une idée, ça ressemble pas mal au film « L’auberge espagnole » mettant en vedette Romain Duris, sauf que nous ne vivons pas tous sous le même toit. Chacun est un livre ouvert de son pays et est prêt à découvrir la culture de l’autre. Les tabous n’existent pas. Un livre de faces, mais bien ancré dans le réel.
J’ai ramené du Québec à ce groupe une bonne bouteille de Sortilège, ce whiskey à l’érable bien connu, lequel n’est pas resté sur la table bien longtemps. L’autre jour, Martin Karlsson, de Stockholm, m’a fait découvrir à son tour des eaux de vie typiquement suédoises qu’il avait achetées ici à Londres au... Ikéa !
Le groupe, plus de plusieurs autres artistes, a été invité samedi dernier au studio de Marianne Engel, un ancien poste de pompier qui date de 1911 ; elle soulignait son déménagement dans un autre studio de Londres, voisin du mien. C’était aussi une façon de marquer mon retour parmi eux ; nous avons même passé une partie de la soirée sur le toit de l’ancien poste d’où nous avons une vue superbe sur le East End.
Pendant la soirée, j’ai fait la rencontre d’artistes du Liechtenstein, d’Écosse, de Hongrie et d’autres Allemands (il y en a beaucoup ici). Je découvre que beaucoup d’artistes venus faire une résidence à Londres décident de rester plus longtemps à la fin de celle-ci. Je dois dire que ça prend beaucoup de courage pour le faire, car les logements dans la ville sont tout à fait hors de prix. C’est dire comment la ville exerce un attrait sur nous, les artistes.
Je me questionne beaucoup sur ce lien très fraternel au sein de notre groupe. Pourtant, nous venons tous de cultures très différentes et travaillons dans des champs forts différents les uns des autres... Outre le fait que nous travaillons tous très fort à nos créations, nous avons, ensemble, de nombreux projets pour profiter au maximum de notre séjour en Grande-Bretagne. Tiens ! Le dernier est de louer une voiture pour aller passer quelques jours à Édimbourg, en Écosse.
À suivre...
Sur la photo prise au parc Victoria : Julie Usel, Christian Quesnel, Marianne Engel, Margarida Gouveia, Tina Isabella Hild et Ivan Sterzinger. Absents sur la photo : Bruno Ramos et Martin Karlsson.
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Mort de Pierre Falardeau
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Après l’annonce du décès de Nelly Arcan, voici l’annonce du décès de Pierre Falardeau qui me parvient jusqu’à Londres via Facebook. Si la première nouvelle m’a attristé, la seconde me touche particulièrement.
J’ai rencontré Pierre Falardeau deux fois lors de passages en Outaouais. La première fois, au Salon du livre de l’Outaouais, nous avions fumé une cigarette au plein milieu des exposants. Quel beau souvenir de ce cinéaste et écrivain engagé. À l’époque, il était très amer concernant les refus répétés en vue de financer «15 février 1839». La faveur populaire lui donna par la suite raison et son film est aujourd’hui une heureuse contribution à la culture québécoise.
Bien sûr, son grand succès populaire demeure Elvis Gratton dont n’importe qui connait au moins une réplique. Personnellement, j’ai davantage accroché sur «15 février 1839» et surtout «Le Temps des bouffons» mais aussi sur ses bouquins «La liberté n’est pas une marque de yogourt» et «Les boeufs sont lents mais la terre est patiente». Falardeau était venu présenter «Le Temps des bouffons» au CÉGEP de l’Outaouais et j’avais prit congé exprès pour aller le voir et surtout, l’entendre. C’est là que j’ai vu pour la première fois ce film qui demeure pour moi un des plus beaux pamphlets québécois.
Total, libre et entier, à l’image des héros romantiques, il se donnait à plein pour sa patrie, le Québec. Il en a payé le prix jusqu’à avoir été «radicalisé» par les médias de masse, lui qui se présentait avant tout comme un intellectuel québécois. Bourgault et Falardeau ne sont plus. Qui va se lever maintenant?
Falardeau est mort! Vive Gratton?
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Métal noir québécois
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Lorsque nous nous trouvons seul dans un pays étranger les premières semaines, nous sommes constamment confrontés à notre propre culture et à nos valeurs, parce que nous ne cessons de comparer. À force de réfléchir à ces questions, on parvient à mieux saisir ce qui nous définit et ces questionnements identitaires précisent notre rapport au monde.
J’ai un aveu à vous faire et je sais que je commets ici un péché, mais il faut que ça sorte : en général, je n’apprécie pas beaucoup la musique populaire québécoise qui m’ennuie profondément. J’ai beau avoir essayé pendant des années, les cordes qui me font habituellement vibrer ne réagissent pas. Remarquez que la même chose s’applique à la musique populaire en général, québécoise ou non.
Depuis les années 1980, un groupe de musique suédois, Bathory, est apparu dans le paysage musical européen. Puisant dans les racines vikings, la mythologie et la culture scandinave, ce groupe a donné naissance à un mouvement qui transcende littéralement la musique et qui se veut philosophique : le black metal. Ce genre musical a engendré des sous-genres et ainsi de suite. Par exemple, une certaine forme de black metal norvégien extrémiste prône un retour vers la culture viking et l’expulsion de la religion chrétienne par la force. Certains chanteurs ont même incendié des églises vieilles de plusieurs centaines d’années !
Des mouvements ont ainsi poussé un peu partout dans le monde, se réappropriant les cultures locales en les mettant en valeur. Il a fallu que je sois à Londres pour découvrir et écouter sans me lasser sur YouTube* des groupes issus du mouvement black metal, mais adapté à la réalité québécoise. Disons que le discours nullement violent de ces groupes québécois, souvent contemplatif, mélancolique et nostalgique, contraste avec le laisser-aller des artistes de chez nous qui se rapproche davantage du « I want to pogne » de RBO. En effet, les acteurs de ce mouvement clament leur fierté d’être québécois sans s’excuser mais ne sont malheureusement pas largement distribués.
Des groupes comme Neige & Noirceur, Forteresse, Sombre forêt, Gris et Brume d’automne nous font redécouvrir les traditions québécoises à l’aide d’une nouvelle forme d’expression et de mélodies mélancoliques. Certains mélangent même le folklore québécois au black metal ce qui crée une sonorité tout à fait originale comme la pièce « Ancien folklore québécois » de Neige & Noirceur.
Aussi, rien de mieux que de lire les paroles de « La moisson de la liberté », du groupe Forteresse, pour découvrir toute la philosophie derrière cette démarche de réappropriation de notre culture :
« Oyez! Fils de la liberté Souvenez-vous enfin Du sacrifice de nos pères
Cette récolte ardemment maniérée D'une nation enfin rassemblée Jusqu'à la fin s'opposant La moisson de la liberté
Elle illumine chacun de nous Qui espère au retour Et respire l'air ancien
Juste à nos enseignements À notre culture Ainsi qu'à nos arts à nous fiers fils de colons »
*La plupart de ces groupes ont été mis sur YouTube par un type qui les présente comme des nationaux-socialistes ce qui est totalement faux. Encore un autre qui fait des raccourcis faciles pour tenter de faire passer ses idées... Illustrations : à gauche, les membres du groupe Brume d'automne et à droite, couverture de l'album de Forteresse, Métal noir québécois, illustrée par une photo du « violoneux » et compositeur Joseph Allard.
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L’accueil des douaniers anglais et Brighton
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Le retour vers le Royaume-Uni via Air Canada s’est admirablement bien passé ; je ne suis pas un fan de cette compagnie aérienne avec qui j’ai souvent eu des problèmes de service en français ou de service tout court par le passé. Cette fois-ci, Air Canada a été impeccable. Cerise sur le gâteau : l’avion est même arrivé avec dix minutes d’avance ! Le vol a duré 6 h 20 et nous sommes arrivés à Londres à 7 h 30.
C’est le cœur léger que je suis sorti de l’avion, en sachant que mon ami Félix m’attendait au terminal à partir de 8 h 30. Lorsque je suis arrivé aux douanes, il y avait une foule très dense. Des centaines de personnes attendaient leur tour pour passer devant un douanier. La file en zigzag avançait lentement. Pour vous donner une idée, lorsque j’avançais de quatre pas, j’étais content. Parmi la foule se trouvaient de nombreux enfants et personnes âgées qui n’en pouvaient plus. Le manège a duré 3 h !
Lorsque j’ai finalement rencontré un douanier, je me suis vite aperçu que j’étais tombé sur un vrai, un authentique et inégalable con qui avait soif de pouvoir. Le type n’allait pas bien, visiblement. Il avait les yeux rougis par je ne sais quoi et il avait peine à marcher. Par contre, il voulait me retourner au Québec, prétextant que j’avais besoin d’un visa pour venir à Londres comme artiste en résidence du Conseil des arts et des lettres du Québec. J’ai eu beau lui dire que je n’étais pas un travailleur et qu’il s’agissait d’une bourse, qu’on m’avait déjà laissé passer aux douanes auparavant sans problème, etc. Rien à faire. Le bon soldat, à ce moment, irait jusqu’au bout.
Il a appellé son superviseur, demandé conseil à des collègues et décidé de me laisser passer tout de même en me disant : « Vous savez monsieur que vous êtes chanceux. Nous sommes très occupés aujourd’hui c’est pourquoi je ne vous retourne pas au Canada ce que mon devoir me dicterait normalement de faire. J’indique dans votre passeport que la prochaine fois, vous devez obligatoirement avoir un visa pour revenir au Royaume-Uni ». Mon champion a barbouillé dans mon passeport et il m’a libéré aussitôt après une demie-heure...
Mon fidèle ami Félix m’attendait de l’autre côté. Il était 11 h.
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Le lendemain, Félix et moi avons convenu d’aller en train à Brighton, une station balnéaire fréquentée par les Londoniens depuis une centaine d’années. Le trajet ne dure que 50 minutes et m’a permis de voir la campagne anglaise qui est magnifique.
Arrivés à Brighton, nous sommes tombés par hasard sur un magasin spécialisé en cartes postales anciennes. Depuis juillet que j’en cherche à Londres, en vain, inutile de vous dire mon bonheur en découvrant cette adresse. Il y avait de nombreux cartables pleins de cartes postales en provenance entre autres de Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni, de France et... du Canada. Beaucoup d’entre elles représentaient des scènes québécoises au début du 20e siècle.
Nous sommes par la suite descendus au bord de la mer qui était d’un bleu superbe. Il y avait bien sûr beaucoup de monde sur la plage qui me faisait penser à Nice par son agencement. Nous sommes allés sur la jetée aux allures de fête foraine, qui compte aussi un casino. Je me suis demandé pourquoi l’on avait mis un casino dans un paysage naturel aussi magnifique ! Les joueurs n’avaient de regards que pour leurs machines.
Nous avons par la suite marché dans Brighton, découvert de petites rues très étroites regorgeant d’antiquaires, de bijoutiers et brocanteurs. Un véritable paradis pour la personne qui écrit ces lignes.
Au milieu de cette architecture victorienne ambiante, on a trouvé un extra-terrestre : le fameux Royal Pavilion du roi Georges IV. Ce palais à l’architecture indienne, qui a été construit au début du 19e siècle, est grandiose tant par sa beauté que par son envergure. Nous nous sommes retrouvés au beau milieu de nouveaux mariés qui sont nombreux à venir prendre des photos et faire des banquets en ce lieu. La ville de Brighton, visionnaire, est la propriétaire des lieux et fait profiter à l’ensemble de la communauté de ce palais et des jardins qui l’entourent.
Vous le devinez sans doute, j’ai adoré Brighton et ses contrastes.
Photos : Le Royal Pavilion et l’une des nombreuses et magnifiques murales peintes dans la ville. À quand les murales BD à Gatineau?
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Cousines aux grands cœurs
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Le week-end dernier, avec ma famille, je suis allé au lac Gagnon, à Duhamel, à l’invitation charmante de la famille Quesnel et plus particulièrement de Lucie (et son conjoint Marc), petite fille de Lionel Quesnel et d’Hélène Séguin.
Je trouve toujours très intéressant, mais aussi étrange, de retrouver cette famille qui a donné une âme à ma maison de Saint-André-Avellin. Je suis rendu à un stade de mes recherches où je sais beaucoup de choses sur la famille alors que je m’apprête à entamer le dernière étape de production du roman graphique qui fera revivre certains membres de la famille. Ce sentiment de proximité vis-à-vis la famille Quesnel, doublé du fait que je porte le même nom qu’elle, me fait sentir quelquefois comme un voyeur ou si vous préférez, un écornifleux…
Lucie m’a rassuré en m’écrivant : « En attendant, toute la famille vous trouve très gentils (sic), et si on peut vous aider, cela nous fera plaisir. Je pense que je transmet (sic) la pensée de tous les membres de ma famille en disant que ta quête a fait de toi un membre « honoraire » de notre famille. Continues (sic) le bon travail à ton retour à Londres […] »
Sur la plage, j’ai retrouvé avec un immense bonheur M. André Quesnel, homme très digne et fils du couple Lionel-Hélène, avec qui je vis des moments émouvants à chacune de nos rencontres. Bien sûr, il y avait plusieurs autres membres de la famille présents et leur accueil souriant me permet de croire qu’ils sont heureux que nous restaurions la maison Quesnel, et que ma démarche ainsi que mon travail sur le roman graphique « Cœurs d’Argile » leur font plaisir.
Ce projet de création a des répercussions humaines que je ne m’imaginais pas. Entre autres, le projet semble rapprocher certains membres de la famille et, de plus, des tabous de l’histoire familiale tombent. Vous en écrire plus serait de l’indiscrétion. Mais sachez qu’il y a des projets, dans ce cas-ci un projet de bande dessinée, qui unissent les gens et qui recréent le dialogue.
Nicole Quesnel est aussi venue me voir en compagnie de Lucie il y a deux semaines. Nicole est la fille de Paul-Émile, le frère aîné d’André. Elle vit en Floride depuis de nombreuses années. Elle a aussi habité dans ma maison pendant quelques années, alors qu’elle était une jeune enfant. Tout comme mes filles aujourd’hui, elle profitait des nombreux racoins de la grande maison et y jouait à la cachette.
Lorsque nous nous sommes rencontrés, c’est comme si nous nous connaissions depuis toujours. Elle m’a écrit : « Tout s'est bien passé du début à la fin de notre expédition et ma journée avec vous tous a été des plus mémorables, je te remercie pour ton hospitalité chaleureuse [...]. On a bien ri, pleuré et bien mangé... quelle belle journée et quels souvenirs j’apporte avec moi. On continue à communiquer, j'ai trois soeurs mais pas de frère alors à partir de maintenant, je peux te considérer comme un petit frère, j'ai souvent rêvé d'avoir un frère, et bien voilà. Si toutefois tu avais besoin de mon aide pour quoi que ce soit, ne te gêne pas pour demander. »
L’historique du livre est aussi intéressant que le contenu du livre. Il y a tellement de petites choses à raconter et de coïncidences, mais le plus enrichissant, ce sont les rencontres humaines, où je croise ces Quesnel aux cœurs fragiles, certes, mais aux cœurs habités de la même passion que Lionel et Hélène... Illustration de Lionel Quesnel et Hélène Séguin tirée de Cœurs d'Argile. Photo : Nicole, Christian et Lucie Quesnel sur la galerie de la maison à Saint-André-Avellin.
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Le Cartoon Museum
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Oui, oui, vous avez bien lu : Londres a son musée de la bande dessinée, de la caricature et du dessin éditorial, et ce, depuis 2006. Quoique modeste par sa superficie, la collection du musée est assez impressionnante et s’étale sur près de 200 ans, allant de William Hogarth à Alison Bechdel en passant par H. M. Bateman et Robert Cruikshank. Voir ces originaux, dont certains anciens, est très impressionnant vue la maîtrise exemplaire des dessinateurs.
Le lieu offre en permanence des ateliers de bande dessinée. Une de mes collègues bédéistes dont je vous ai déjà parlé, Kripa Joshi, était justement en classe lorsque je suis passé. Un artiste en bande dessinée, Mark Stafford, est actuellement artiste en résidence au Cartoon Museum. Il y travaille en direct sous l’oeil curieux des passants.
En plein centre du musée, il y avait une exposition temporaire, Engines of Enchantment, du dessinateur Rowland Emett. Ce dernier, créateur ludique, a illustré notamment les machines dans le célèbre film britannique de 1965, Those Magnificent Men in their Flying Machines. Non seulement y avait-il de nombreux dessins d’Emett, mais aussi de véritables machines animées au grand contentement des petits et grands visiteurs du musée.
Bien qu’ouvert aux artistes étrangers, le Cartoon Museum donne une place très importante aux artistes britanniques et situe intelligemment ces derniers dans leurs époques respectives, mettant ainsi en relief leurs rôles et leurs influences chez leurs contemporains. Une bibliothèque contenant 5 000 livres et 6 000 bandes dessinées ainsi qu’une librairie spécialisée complètent l’arsenal de ce lieu voué à la bande dessinée, à la caricature et au dessin éditorial.
Je sais qu’on parle d’un musée de la BD à Gatineau depuis de nombreuses années, mais rien n’a encore été fait. Ceux qui vont être consultés pour l’éventuelle mise sur pied de ce musée devraient s’inspirer du Cartoon Museum de Londres et du Cnbdi à Angoulême, question de ne pas seulement mettre des planches sur un mur...
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Dans la même veine, je suis heureux d’apprendre que la Ville de Gatineau compte enfin donner des noms issus du monde de la bande dessinée à certaines rues de la ville. Plusieurs auteurs de BD de la région en parlaient depuis plus de quinze ans. Je ne peux donc qu’applaudir à un tel dénouement pour ce dossier. Cependant, je souhaite vivement que nous n’agissions pas encore en colonisés en ne nommant que des noms de BD étrangère et que la BD québécoise y sera bien représentée. Le Cartoon Museum, lui, ne se gêne pas pour mettre à l’avant-plan les créateurs britanniques !
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