|
|
|
UN ALLER SANS RETOUR POUR BILAL
|
|
J'ai aimé énormément "Welcome" parce qu'il nous informe à travers un récit romancé,de faits ignorés d'une grande partie de la population .À la fois source d'informations sur des événements actuels et récit épique de la fin de vie d'un attachant jeune kurde au romantisme comparable à celui de l'histoire de Tristan et Iseult, le film de Lioret nous rend témoin de la métamorphose d'un citoyen indifférent en un être à l' implication émouvante. Bien que non désintéressé, son courage ,ayant pour but de reconquérir la femme qu'il aime, nous le rend très sympatique .
Welcome, présentant parallèllement deux histoires d'amour, fait merveilleusement l'éloge de la force du sentiment amoureux. L'intensité du désir du maître - nageur pour son ex-épouse nous est révélée dans un moment fort de cette magnifique ode à l'amour.Quant à l'amour de ce jeune kurde pour sa douce ,il vient nous rapeller à quel point la candeur et la passion de la jeunese peuvent être rafraîchissantes dans ce monde anathésié et rendu insensible à toute forme de compassion.
Le malheureux sort qui est réservé au jeune Bilal ainsi qu'à tant d'autres immigrants,non mentionnés dans ce film, ne peut laisser indifférent aucun être humain digne de ce nom. On comprend donc sans peine pourquoi ce maître nageur français interprété superbement par Vincent Lindon sympatise rapidement avec ce jeune sans papier très déterminé et lui apporte son aide malgré les interdictions des autorités du pays,.
Lioret a frappé juste si son but était de nous sensibiliser au sort des immigrants que les guerres actuelles ont conduits à l'exil et la misère. Combien de temps ,encore pourrons nous supporter, sans broncher, de vivre dans ce monde ou l'avidité et la soif de pouvoir, encouragées par la barbarie du capitalisme sauvage, dépasse tout ce qu'un être humain digne de ce nom peut tolérer? Il nous faut bien nous rendre à l'évidence que cette fiction réalisée de main de maître est bel et bien basée sur une réalité malheureusement très actuelle.
|
|
|
|
Ce qu'ii faut pour...
|
|
Demeurer sensible aux autres.
Comment ne pas apprécier un tel film?
Cette réalisation de Benoit Pilon nous sensibilise au sort des québécois de tout âge, qui à une époque pas si lointaine furent ravagés par la tuberculose et confinés dans des hôpitaux en y attendant la mort ou la guérison. Parmi eux, survivait Atarnajuat, cet inuit qu'on avait éloigné des siens en le déracinant de son coin de pays sans lui demander son avis...
Ce film rempli de poésie et d'émotion pourrait, par son côté réaliste être apparenté à un documentaire. Il nous offre un portrait très juste de cette époque où on avait tendance à oublier souvent que, les Inuits et les indigènes de partout avaient aussi une âme. Ironiquement, le clergé cherchait à les convertir et cependant le traitement qu'il leur infligeait alors, donne à penser qu'il ne les considérait pas comme des êtres à part entière.
Fort heureusement,quelques personnages de ce film, témoignent de la bienveillance de certains membres du personnel par exemple cette jeune infirmière ( très bien interprétée par Éveline Gélinas)qui fait battre bien des coeurs et tout particulièrement celui de Atarnajuat.
Ce film de Benoit Pilon est scénarisé par Bernard Émond. Le rôle principal est tenu ou plutôt incarné par un acteur plus grand que nature qu'on ne pourra plus oublier désormais: Natar Ungalaag.... Tous ces êtres réunis voilà ce qu'il faut pour faire un excellent film et surtout pour nous rappeler ce qu'il y a de plus inestimable chez l'humain : l'attention aux autres et la compassion.
|
|
|
|
Auteurs du québec, nous vous attendons!
|
|
Après avoir assisté à la consternante représentation," Une maison face au nord ",je ne me suis pas laissée désabuser et je persiste à croire qu'il existe ici, au Québec de nouveaux auteurs talentueux et plus à même d'écrire pour le théâtre que ce nouveau venu possédant certes des forces mais sans doute pas pour la dramaturgie. Les auteurs dramatiques de talent existent au québec, j'en ai la conviction!!! Il appartient aux directeurs de théâtre et aux directeurs artistiques de les dénicher et de les faire connaître. N'est -ce pas pour cela qu'ils sont payés et que leurs théâtres sont subventionnés?
|
|
|
|
J'en perds le nord...
|
|
Oui j'en perds le nord tellement ma déception est grande!
Le premier mot qui m'est venue à l'esprit au sortir du théätre est: Déception. Déception au niveau du texte et à tous les niveaux mais surtout à celui de la direction des acteurs...Moi qui souhaitais, depuis longtemps, revoir l'excellente Pauline Martin, je me suis heurtée à une très grande déception.
Évidemment, Madame Martin a fait de son mieux mais je ne peux que constater qu'il est difficile de faire quoi que ce soit avec ce texte dont la seule force est au niveau de la répartie humoristique. Là réside la force de l'auteur.Quand une représentation théâtrale n'est pas considérée comme une comédie, reconnaissez, qu'il y a de quoi être dérouté. Une agréable découverte, cependant: le jeune comédien tenant le rôle du travailleur sud américain, vraiment excellent, dans ses réparties amusantes.
" Une maison face au nord", n'est à mes yeux, qu'un méli -mélo de clichés et de bonnes intentions ratées apparentées aux navrants accommodements raisonnables. J'ignore si l'auteur en est à ses premiers balbutiements mais c'est tout comme.
J'avoue ne plus aller souvent chez Duceppe car leurs représentations m'ont trop souvent déçue surtout ces dernières années, plus particulièrement au niveau de la direction d'acteurs. C'est désolant quand on pense aux très bons comédiens faisant partie de leurs distributions.
Si , cette fois encore, je me suis rendue au théâtre Jean Duceppe en répondant à l'invitation qui nous a été faite pour ¨ Une maison face au nord¨, c'était d'abord et avant tout, pour aller admirer le jeu de Madame Martin, cette grande dame de théâtre habituellement excellente et sans aucune prétention au ¨divaïsme¨,contrairement à quelques comédiens et comédiennes. Et bien, je me souhaite meilleure chance la prochaine fois!
|
|
|
|
Le chemin de Normétal
|
|
Retrouver Jeanne, fut pour moi, un bonheur.Cette femme généreuse et sensible que nous découvrions dans La neuvaine, le premier fim de la trilogie de Bernard Émond, s'en va en Abitibi, remplacer un médecin de famille sur le point de se retirer.En route vers Normétal, ancienne ville minière en décadence, le médecin pratiquant depuis toujours à Montréal ignore le terrible impact de cette situation sur le tissu social. Elle découvrira très rapidement combien là-bas , les gens survivent dificilement à ce mode de vie.
Ce parcours qu'entreprend le médecin de La neuvaine, est peut-être être moins long que le chemin de Saint-Jacques mais tout aussi exigeant. Jeanne est bien consciente qu'elle s'engagera bientôt dans quelque chose de très impliquant. Partie à la recherche de sa vérité comme tant d'autres humaiins,elle emprunte cette voie pour la trouver.
En suivant le chemin de Normétal, Jeanne marche vers ses semblables. Le contact humain plus chaleureux, l'absence d'anonymat et la simplicité des rapports favorisent cette ouverture aux autres, bien davantage que dans les grandes métropoles. Ces autres nous aidant toujours à mieux nous connaître.
Est-il nécessaire de souligner la qualité exceptionnelle des interprètes quand on sait l'importance que le réalisateur accorde à ses comédiens et à leurs jeux ?
Bien sur,ce film n'a pas pour but de rendre justice à beauté de la nature abitibienne. Le contexte calme de Normétal et le dépouillement des lieux correspondent parfaitement à ce que recherche Jeanne dans son désir de se retrouver, après avoir vécu des événements bouleversants . Il s'agit d'une vision réaliste mais très parcellaire de cette région méconnue, un contexte particulier, tout à fait approprié au sujet du film. Car qui connaît bien ce coin du Québec,ne peut oublier ses couchers de soleil magnifiques,été comme hiver,ses multiples couleurs saisonnières, s'apparentant au fauvisme, sa pléiade de lacs scintillant sous le soleil,ses aurores boréales, et ses nuits étoilées comme nulle part au Québec....
Le tryptique des vertus théologales de Bernard Émond est maintenant complété mais j'aimerais avoir la possibilité d'en élargir l'éventail, d'y ajouter d'autres vertus afin que ce réalisateur au coeur si tendre et à l'immense talent, crée une multitude d'autres films.
|
|
|
|
Après nous, le déluge.
|
|
Dans l'Imposture d' Évelyne de la Chenelière, tout est tellement superficiel, et puéril . Je suis atterrée de le constater. Au sortir du théâtre, j'étais presque en colère.Serai-je complètement "out" comme le disent les adolescents car rien de ce que contient ce texte ne me rejoint.. Ce qui en ressort pour moi ,c'est le nombrilisme de ces personnages qui se balancent totalement des préoccupations du reste de l'univers. Tout leur être semble nous crier :Après moi, le déluge !
Personne dans l'environnement de cette auteure contemporaine, ne se soucie ni ne s'informe de ce qui se passe en dehors de leur petite vie d'égocentriques...rien ! Aucune allusion aux problèmes mondiaux..les génocides, la torture,la faim dans le monde, les enfants qui en meurent quotidiennement... Bof ! Qu'est-ce qu'on s'en balance, aucune conscience sociale! On ne se soucie que de ce qui concerne la carrière, le succès, les critiques.
Sans souhaiter voir les personnages de l'Imposture, devenir des héros de la révolution ou des mères Thérésa, ce qui n'est absolument pas souhaitable en ce qui concerne l'évolution des femmes, on rêverait mais en vain, d'y voir poindre, ne serait-ce qu' un léger souci de compassion humaine, une envie de partage et d'entraide. Mais non, on se concentre sur ce foutu carré d'agneau et on en fait tout un plat ou encore sur le succès d'une maman qui se soucie de ses rejetons, uniquement pour les manipuler comme des jouets ou seulement quand ils ont disparus de la circulation...
Honnêtement, en ce qui me concerne, tout cela est désespérant de vide et d'égocentrisme.Tout jugement, tout mouvement du personnage de l'écrivaine est fonction de son propre intérêt. Y aurait-il un malheureux mouvement égocentrique dans le domaine des arts, actuellement?
Cependant la plupart des acteurs sont excellents, particulièrement David Boutin qui est remarquable dans sa métamorphose. Sophie Cadieux, elle, est toujours aussi étonnante.
Me faudrait-il voir les 16 autres pièces de la prolifique auteure ou du moins, quelques unes, pour me faire une idée plus juste de son oeuvre?Je n'en aurai, certes pas le courage ni les moyens financiers et encore moins, le temps et même si je les avais, je préférerais les consacrer à autre chose.
Ne dit-on pas dans le commentaire du Voir " de la Chenelière "comme on dit "Molière ou Tremblay? Décidément, je ne comprends rien à cet engouement. Il ne me reste plus qu'à espérer que les prochains textes dramatiques de cette auteure soient plus consistants. À moins que son but soit d'attirer notre attention sur cette tendance à l'égocentrisme de ces bourgeois faussement intellectuels, des beaux quartiers.Si c'était le but et bien, c'est réussi! J'en doute beaucoup car quand on vit dans un univers fermé, on en est rarement conscient .
|
|
|
|
Des raisons d'avoir tant aimé
|
|
Il n'y a pas que son Prénom qui prédestinait Marie Tifo, l'excellente, la magnifique pour tenir le rôle de Mère Marie de l'Incarnation car le talent et l' âme de cette MERVEILLEUSE COMÉDIENNE y sont pour beaucoup!
Est-ce utile de mentionner que Madame Tifo sait magistralement bien projeter , au point que nous ne manquons pas une parole , pas un seul mot, même assise (pour ne pas dire, "juquée" comme je l'étais dans l'horrible "paradis" si justement nommé à cause de la multitude de marches à gravir et à redescendre pour arriver à "gagner son paradis" . Malgré tout, je crois qu'on devrait plutôt l'appeler "l'enfer". Quand j'avais 16 ans et que cette belle salle se nommait , la Comédie canadienne, on appelait cet endroit du théâtre, le "pit " et je ne le trouvais pas si infernal...l'âge ayant fait des siennes sur moi, tout a changé, à mes yeux, y compris le pit
Mais là n'est pas l'essentiel de mon propos, non pas du tout! Imaginez donc que j'ai adoré malgré ces petits inconvénients qui se confondaient plutôt bien avec les affreux supplices que s'infligeaint la chère éducatrice des petites "sauvagesses" tant aimées de cette dernière et de leurs parents . Et croyez-moi, dans la bouche de Marie Tifo de l'Incarnation, l'expression "sauvagesse" , n'avait aucune consonnance méprisante. Bien au contraire!
Il valait vraiment la peine de souffrir un peu de ce maudit mal des os qui m'affligeait plus que de coutume, (coincée dans cette affreuse chaise de torture du "paradis" qui doit être, sans doute, considérée comme une espèce de purgatoire avant l'apothéose finale de la mort de Marie de l'Incarnation, je suis même presque convaincue d'avoir gagné des indulgences en ce samedi, après - midi de l'an 2009) pour voir avec quelle aisance la comédienne se transforme en incarnant la religieuse à différents âges de sa vie. Le timbre de voix, l'attitude, la démarche des différentes étapes de sa vie...tout était parfait!
La correspondance d'une mère avec son fils est le fil conducteur de cette représentation qui la fait revivre pour nous, les privilégiés ( ceux du pit ,y compris) de la jeunesse à la vieillesse en n'omettant pas les moments d,intimité et d'extase qu'elle vivait dans les moments o'u elle se donnait à son divin époux, pour en arriver au dernier jour de sa vie .
Il est tout à fait compréhensible que cette femme unique, cette pionnière de l'éducation en Nouvelle-France, considére, à juste titre, cette fin de vie comme une délivrance dans le contexte difficile de sa vie au Canada aussi bien qu'en France ayant été mariée à l'âge ou les petites filles ne sont pas encore tout à fait des adolescentes et ayant vécu, par la suite tant d'autres péripéties éprouvantes et quasiment inhumaines..
Le talent exceptionnel et l'intensité de Marie Tifo suffisent à eux seuls, à nous faire connaître davantage et aimer Marie de l'incarnation. En poussant plus loin la réflexion, je me dis que cette femme est représentative des pionnières venues ici, au Québec portées par leur générosité et certainement aussi leur candeur alimentée par le clergé et les hautes instances de ce temps. Ceux-ci y voyaient leurs intérêts très bien servis. Ce qui caractérise grandement, Mère Marie de l'Incarnation est cette extraordaire soif d'absolu et ce courage inébranlable dont elle a fait preuve tout au cours de son existence.bien sûr d,autres femmes de cette époque de la colonisation ont laissé des mémoires par écrit mais de toutes celles qu'un tel sentiment habitait, elle seule aurait tenue un correspondance mais qui sait...il serait fascinant de poursuivre les recherches à ce sujet avec la même honneteté que celle de l'auteur de Déraison d'amour..
Je revendique pour Marie de l'incarnation et pour Marie Tifo, le paradis... s'il existe... Et, très sincèrement, je le leur souhaite! Mais pour madame Tifo, il est heureusement, encore bien temps de lui souhaiter le paradis sur terre!Je vous confie, pour terminer que je me serais passé de l'abondance des maniements de costume qui nous distrayaient en nuisant à la dramaturgie ainsi que de quelques effets techniques impressionnants, certes mais bien superflus, quand on sait que toute seule et sans tous ces artifices, l'actrice, saurait divinement incarner, eh! oui... Marie de l'Incarnation .
Grand merci à tous les artisans de cette magnifique pièce historique!
|
|
|
|
Le dragon bleu
|
|
Il est intéressant de voir ce type de spectacle, particlièrement pour ceux qui apprécient les scénographies davantage axées sur la technologie. J'ai bien aimé le jeu à la fois, sobre et intense de la jeune actrice mais pour ce qui est de celui de Lepage, ça c'est une autre histoire. Dans Le dragon bleu,comme dans la majorité des productions d'Ex machina, la technologie prend le pas sur l'ensemble de la représentation et pour ceux qui connaissent les productions de cette compagnie, pas de surprise mais pour ceux qui comme moi n'ont vu que peu de leurs représentations et qui s'attendent a plus, au niveau du jeu des acteurs et de l'écriture, c'est plutôt décevant , principalement en ce qui concerne le personnage joué par Robert Lepage.
|
|
|
|
"Poétique"!!! ?oui mais...
|
|
Je n'ai pas aimé et pourtant, j'aime la poésie!
Gauvreau et le Refus global: auteur et mouvement effectivement indissociables. Pour la jeune femme dans la vingtaine que j'étais, à l'époque des années 1970, l'humain et l'auteur confondus était perçus l'un comme l'autre, presque comme un dieu, un être mythique injustement bafoué, un nouveau christ immolé, celui qui, avec ses apôtres, les signataires du Refus global,changerait le climat pathétique, ennuyeux et étouffant du québec des années 50. Il était effectivement, de ce magnifique groupe d' artistes passionément engagés qui furent jugés et méprisés par les bien - pensant de l'époque pour avoir signé et rédigé le REFUS GLOBAL. Ce manifeste mécontentait les dirigeants ecclésisastiques et politiques de l'époque car il exprimait le désir profond des signataires de sortir le peuple québécois de la léthargie dans laquelle il était plongé depuis des décennies et leur besoin impérieux de mettre de la lumière dans cet obscur et interminable hiver de noirceur décrété et maintenu sous peine d'excommunication et d'enfer éternel pour ceux qui voulaient y changer quelque chose .
Mais a-t-on raison, aujourd'hui encore de placer le dramaturge et poète sur l'autel de ce dieu torturé, au flanc transpercé et immolé comme s'il devenait l'icône d'un nouveau christ ? J'aurais aimé qu'on rende à Claude Gauvreau ce qu'on lui doit mais tout autrement.
Je m'interroge, me demandant s'il est utile de porter aux nues, le poète qu'était Gauvreau bien qu'il ait, sans aucun doute dû supporter réellement ce mépris et ces souffrances dans un climat aussi cloisonné que celui de cette époque. Il n'est pas du tout blâmable que l'auteur dramatique se soit identifié à une victime sacrifiée sur l'autel de la bêtise et de la méchanceté humaine avec, en plus la peine qu'il vivait après la mort brutale de la femme aimée. Cependant ce qui me dérange ici, c'est cette façon de se rouler dans le sordide qui caractérise la mise en scène de ce texte dramatique en particulier dans la finale.
Je me souviens qu'à l'époque, des années 70 tout comme aujourd'hui , j'aimais tout ce qui se rapprochait de la poésie, tout ce qui était unique et innovateur et qui avait le bonheur de nous tirer de notre léthargie et je n'ai guère changée,du moins pas fondamentalement. Mais ce soir-là,au sortir, de la représentation de la pièce de Gauvreau au TNM, je ne suis pas embarquée dans le mouvement dithyrambique porté par les crittiques d'art actuels.
Qu'est-ce donc qui a cloché, pour moi, au niveau de la représentation de "La charge de l'orignal épormyable" mise en scène par Lorraine Pintal ? Le texte , le jeu des acteurs? J'en doute car ils étaient, pour la plupart, excellents. Ce pourrait-il que ce soit la mise en scène spectaculaire avec ses énormes effets spéciaux de la fin, particulièrement grotesques??
Chose certaine, il me faudra lire le texte d'un bout à l'autre pour savoir si l'auteur souhaitait réellement qu'on y magnifie à ce point, le sordide. Cet aspect de la finale m'a fait oublier le regard très poétique pourtant jeté sur l'oeuvre dès le début de la prestation par les créateurs, la scénographie en faisant foi. Gauvreau a t-il vraiment écrit dans ses didascalies qu'il fallait autant d' immolations et de sang , a-t-il souhaité qu'on se roule à ce point dans le sordide... Je me demande s'il serait-il heureux de cette mise en scène ... Lire le texte entièrement, m'est nécessaire pour éclaircir ce point mais pour le moment, tout ce qu'il m'est possible de dire cest que j'ai embarqué pendant un certain temps. J'aime l'orignal loyal, constant et courageux incarné, cette fois-ci par François Papineau. Évidemment, l'acteur était excellent, extraordinaire même, comme il l'est, la plupart du temps! Et bien sûr,Céline Bonnier cette comédienne-née, cette magicienne du jeu et de l'incarnation des personnages, était une fois de plus, méconnaissable grâce à son don de se métamorphoser pour devenir, pour incarner cette autre qu'on lui demandait de personnifier. J'aurai aimé pour le personnage interprété par Pascale Montpetit, un peu plus de profondeur...il faut bien dire que le premier costume nuisait aux élans et à la crédibilité des sentiments de la jeune femme lunaire.Je dois aussi avouer que les sobriquets simplistes dont Gauvreau a affublé les personnages m'ont beaucoup rebutée (ex: Becket-bobo, le pire de tous). Ceux-ci donnent un aspect très burlesque aux personnages mais sans doute, cela était-il voulu de l'auteur.
Voilà c'est dit !
Croyez-moi, j'ai attendu un certain temps pour rédiger ces commentaires... après avoir été témoin de la douleur de ce pauvre être épormyable à qui on a enlevé celle qu'il aimait pour la tuer sauvagement sous ses yeux, pour ensuite l'humilier,le tyraniser, le transpercer à mort et le tourner en ridicule même apres sa mort .
Définitivement, je suis horrifiée par la chasse à l'homme et le dépeçage autant dans la réalité que sur scène. Et bien davantage quand ceux qui nous présentent ces images semblent s'en gargariser et s'en repaître. Ils perdent,alors ,à mes yeux toute crédibilité... Pourtant quand la violence n'est pas présentée gratuitement mais bien pour être dénoncée , j'adhère totalement. Avec cette mise en scène, cependant, je crains bien que cela devienne une façon de se complaire dans le sordide! De toutes manières, je suis convaincue qu'il est nécessaire de lire ou relire Gauvreau pour savoir si, en ce moment, il se retourne ou non dans sa tombe...
J'aurais aimé comparer les premières productions de" La charge de l'orignal épormyable" avec la dernière. La mise en scène de Ronfard et l'interprétation du personnage principal par Jacques Godin m'intriguent et je regrette de n'avoir pu voir le travail de ces deux artistes de très grand talent .
Les premières versions de La charge de l'orignal épormyable correspondaient-elles à la vision de Claude Gauvreau ? Celle des créateurs du tnm en 2009 , y correspondent--elles davantage ou pas du tout?
Toutes ces interrogations qui me viennent demeureront toujours sans réponse!!!
|
|
|
|
Pierrette m'a enchantée
|
|
Je vous remercie, chère Pierrette pour cet ìmpressionnant et attendrissant spectacle, merci de nous faire part, comme à des confidents, des moments importants de votre existence par le biais de la chanson. Je suis parmi les privilégiés qui, il y a peu de temps,ont eu la chance de recevoir vos confidences et je dois vous dire que votre magnifique performance m'a profondément émue.Ce touchant onewomanshow ,composé de nombreux et attachants personnages est un vibrant hymne à la vie. Votre nature généreuse imprègne le spectacle tout au long de son déroulement. Et le talent qui vous habite ne se dément pas car comme le bon vin, il se bonifie avec les années.
Merci Pierrette de chanter ceux que j'aime tant: Clémence, Pauline Julien, Trenet, et tant d'autres,encore. Merci en particulier pour cette apothéose d'émotions dont Le magnifique "Quand on a que l'amour" qui vient terminer votre touchant récit de vie!
|
|
|
|
Moi, c'est Clémence que j'aime le mieux!
|
|
Je n'ai pas vu Clémence à l'Espace go mais au Gésu, le 30 novembre dernier. Et c'est toujours et encore elle que j'aime le mieux comme le dit si bien la sublîme Renée Claude dans une adaptation de cette parodie de Clémence sur l'autrefois célèbre Mirelle Mathieu. Rien à faire je l'ai aimée je l'aime et l'aimerai toujours. D'abord et avant toute chose,pour sa connaissance de l'âme humaine et puis aussi pour son humour qui exprime des vérités cinglantes qui dites avec ironie, n'en sont pas moins bouleversantes. Mais là où je l'aime le mieux c'est dans ses chansons tendres.
Oui! je suis une incontournable ET FIDÈLE ADMIRATRICE de Clémence Desrochers surnommée si justement par Jacques Normand, Démence Desclochers! Mes ami(e)s me taquinent et me traitent de fan... Y'a rien à faire, je l'aime mieux que, La merveille française, qui (soit dit entre nous, et en toute confidentialité) n'a pas fait long feu, elle, comme "Notre Clémence" qui assène dans son dernier spectacle à ceux qui la voient pour la première fois, qu'il était temps qu'ils viennent la voir car après 50 ans de métier(eh oui!), elle commence à être bonne.
C'est à Hélène Pednault que nous devons cette expression: "NOTRE CLÉMENCE " consacrée par sa biographie rédigée par Madame Pednault il y a une dizaine d'années ou peut-être plus.Cette écrivaine intègre, passionnée et engagée qui vient de nous quitter, beaucoup trop tôt. Comme tant d'autres, je garde en mon coeur sa chère mémoire. Celle-ci ,serait d'ailleurs entièrement d'accord avec moi quand j'écris: .
Oui moi c'est Clémence que j'aime le mieux !
|
|
|
|
Toute une vie devant soi pour se rappeler l'amour de madame Rosa
|
|
Momo en a des années à vivre avant d'oublier, cette chère madame Rosa ! Et les autres,tous ceux qui ont assité à cette représentation du Rideau vert, ne sont pas prêts , eux non plus, d'oublier cette femme merveilleuse et généreuse autant que l'est la comédienne qui l'interprète. Merci à vous, madame Bégin pour tant de générosité ! Votre jeu n'est plus un jeu et c'est pour cette raison qu'il est bouleversant !
Le jeune comédien et madame Bégin sont totalement imprégnés de cette humanité qui habite les deux personnages principaux et l'amour que se portent ces derniers est exprimé d'une façon presque tangible autant par l'une que par l'autre.
Quant à l'adaptation, on peut la considérer comme réussie si on tient compte du tour de force que représente l'adaptation de ce roman très consistant qu'est La vie devant soi. Réussie, oui mais beaucoup moins magistrale que l'oeuvre romanesque,elle-même car elle laisse sur sa soif le spectateur conscient du talent immense de Catherine Bégin et de ce jeune acteur prodigieux qui ont tellement plus à donner que ce que leur permet cette adaptation. Ceux qui ont lu le roman de Romain Gary trouveront que l'adaptation ressemble presque à un résumé anecdotique... La partie la plus intense de cette oeuvre, celle qui se déroule après la mort de madame Rosa, y est malheureusement trop écourtée et presque totalement mise de côté. Toute l' intensité contenue dans ces moments-là aurait permis d'exprimer bien davantage, la profondeur de cet amour inconditionnel vécu entre le jeune homme et madame Rosa.Il est merveilleux de constater que le talent des acteurs nous l'ait malgré tout fait ressentir.
Cependant l'humour des jeux de mots de l'adaptation est très intéressant et pertinent dans le contexte politique actuel. Quant à la fraîcheur des répliques de Momo, elle contribue à la beauté du personnage et nous le rend encore plus attachant.
La mise en scène est correcte car bien sûr, elle est à la merci de l'adaptation et madame Marleau en a d'autant plus de mérite. La trame musicale, elle, colle à ravir à cette représentation et lui va comme un gant.
|
|
|
|
Avez-vous dit "espoir"?
|
Dès que je l'ai entendu nous appeler, je suis accourue. Car je sais qui il est. Ce n'est pas la première fois qu'il nous invite à venir regarder son livre ouvert sur des images parfois très belles et touchantes et d'autres fois, extrêmement dures et cruelles comme l'est trop souvent la vie. Le propos de la dernière réalisation de Bernard Émond, n'est pas tant de nous faire voir que Réjeanne et son homme n'ont pas de veine puisqu'ils semblent avoir la malchance à leurs trousses et arrivent, plus souvent qu'à leur tour au mauvais moment et au mauvais endroit. Ce magnifique film tend plutôt à démontrer que notre crainte de repousser les faux maîtres est très profonde. Réjeanne en est arrivée à dépasser cette peur à force de souffrance et elle en vient à exprimer sa révolte en prenant les armes et en menaçant ceux qui, pour garder leur monopole et leurs capitaux, sont capable de nous dévorer le coeur et la chair aussi, ne nous laissant plus que les os. Qui mieux que Guylaine Tremblay aurait pu incarner aussi justement cette femme bouleversante et belle à force de noblesse? D'ailleurs la distribution est impeccable et la direction d'acteurs égale à l'intensité du jeu de Guylaine Tremblay et à la justesse de celui de Guy Jodoin. La question que m'a amenée à me poser ce film n'est pas légère. Cette peur nous empêchant de nous libérer de ces malfaiteurs qui dépouillent leurs semblables avec la bénédiction des lois gouvernementales est-elle collective ou héréditaire ?. Alors qu' un geste collectif et tout à fait légal, favoriserait l'amélioration de ce contexte pourri régnant au Québec. Et c"est sur l' image de Réjeane implorant l'aide de Dieu que le film prend fin, nous faisant ressentir l"ampleur de sa détresse et à quel point le réalisateur aime les humains et Dieu... parfois, contre toute espérance!
|
|
|
|
Chaque individu est unique mais...
|
Il est très intéressant et rassurant aussi de voir une française jeter un regard critique sur ses compatriotes. Rassurant que la cinéaste trouve comme moi et bien d'autres que ses compatriotes, plus particulièrement les parisiens sont râleurs, chauvins et très axés, en paroles, du moins sur le sexe. Ce film extrêmement satirique, dit tout de même certaines vérités sur fond humoristique. Mon opinion était mitigée après le visionnement de ce film car la charge est tellement énorme, j'en suis consciente, même moi qui trouve les français tellement râleurs . On parle peu dans les critiques de la caricature des américains qui est très amusante. La scène désopilante du groupe de touristes américains est digne, selon moi, d'une excellente bande dessinée. Comme le dit si bien madame Delpy tous les français ne sont pas comme ça ! ouf! Heureusement! Ses parents et elle même qui est extrêmement charmante en sont un exemple probant . Il en va de même, évidemment pour ce qui est des américains puisque tous n'ont pas voté pour Bush...Dieu soit loué! mais il semble bien qu'ils soient minoritaires! malheureusement!
|
|
|
|
J'espère le 17 août avec impatience!
|
Comme j'aime l'article de Manon Dumais! Je me retrouve entièrement dans ce qu'elle écrit au sujet de l'oeuvre de ce cinéaste. Tout me porte à aller voir ce film qui est dans la lignée des oeuvres remarquables... j'aime la compassion de Bernard Émond pour les êtres vraiment humains qu'il fait vivre pour nous sur l'écran ainsi que sa lucidité qui n'a rien à voir avec le pessimisme. Le seul regret que j'ai c'est qu'on ne nous apprend pas à quel cinéma sera présenté Contre toute espérance. "J'espère "le 17 aout avec impatience et je regarderai la publicité des salles de cinoche... l'affiche qu'on voit un peu partout dans les rues de Montréal est superbe et aussi expressive que l'est cette merveilleuse actrice.
En passant, j'ai trouvé l'expression brigade du rire très approprié. J'apprécie et trouve même l'humour, essentiel mais rarement celui de cette brigade. Il n'y a que Jean-Guy Moreau, Clémence, Sol et Devos qui me touchent vraiment. Mais hélas, ces deux derniers n'y sont plus depuis de trop nombreuses années.
|
Page suivante »
|