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Céline Lenoir
Céline Lenoir
26 décembre 2009, 3:12
UN ALLER SANS RETOUR POUR BILAL

 

J'ai aimé énormément "Welcome"  parce qu'il nous informe  à travers un récit  romancé,de faits ignorés d'une grande partie de la population .À  la fois source d'informations sur des événements actuels et récit épique de la fin de vie d'un attachant jeune kurde au romantisme comparable à celui de l'histoire de Tristan et Iseult, le film de Lioret nous rend témoin de la métamorphose d'un citoyen indifférent en un être à l' implication émouvante. Bien que non désintéressé, son courage ,ayant pour but de reconquérir la femme qu'il aime, nous le rend très sympatique .

Welcome, présentant parallèllement deux histoires d'amour, fait merveilleusement l'éloge de la force du sentiment amoureux. L'intensité du désir du maître - nageur pour son ex-épouse nous est révélée dans un moment fort de cette magnifique ode à l'amour.Quant à l'amour de ce jeune kurde pour sa douce ,il vient nous rapeller à quel point la candeur  et la passion de la jeunese peuvent être rafraîchissantes  dans  ce monde anathésié et  rendu insensible à toute  forme  de compassion.

Le malheureux sort qui est réservé au  jeune Bilal  ainsi qu'à tant d'autres  immigrants,non mentionnés dans ce film, ne peut  laisser indifférent aucun être humain digne de ce nom. On comprend donc sans peine pourquoi ce  maître nageur français interprété superbement par Vincent Lindon sympatise  rapidement  avec ce  jeune sans papier  très déterminé et lui apporte  son aide malgré les interdictions des autorités  du pays,.   

 Lioret a frappé juste si son but était de nous sensibiliser au sort des immigrants que les guerres actuelles ont conduits à l'exil et la misère. Combien de temps ,encore pourrons nous supporter, sans broncher, de vivre dans ce monde  ou l'avidité  et la soif de pouvoir, encouragées par  la barbarie du  capitalisme sauvage, dépasse tout ce qu'un être humain digne de ce nom peut tolérer?  Il nous faut bien nous rendre à l'évidence que cette fiction réalisée de main de maître  est bel et bien basée sur une réalité malheureusement très actuelle.


18 décembre 2009, 2:15
Ce qu'ii faut pour...

Demeurer sensible  aux  autres. 

Comment ne pas apprécier un tel film?  

Cette réalisation  de Benoit Pilon nous sensibilise au sort des québécois de tout âge, qui à une époque pas si lointaine furent ravagés par la tuberculose et confinés dans des hôpitaux en y attendant la mort ou la guérison. Parmi eux, survivait Atarnajuat, cet inuit qu'on avait éloigné des siens en le déracinant de son coin de pays sans lui demander son avis...

Ce film rempli de poésie et d'émotion pourrait, par son côté réaliste être apparenté à un documentaire. Il nous offre un portrait très juste de cette époque où on avait  tendance à oublier souvent que, les Inuits et les indigènes de partout avaient aussi une âme. Ironiquement, le clergé cherchait à les  convertir  et cependant le traitement qu'il leur infligeait alors, donne à penser qu'il ne les considérait pas  comme des êtres à part entière. 

Fort heureusement,quelques personnages de ce film, témoignent de la  bienveillance de certains membres  du personnel par exemple  cette jeune infirmière ( très  bien interprétée par Éveline Gélinas)qui fait battre  bien des  coeurs et  tout particulièrement celui de Atarnajuat.

Ce film de Benoit Pilon est scénarisé par Bernard Émond. Le rôle principal est tenu ou plutôt incarné  par un  acteur  plus  grand que nature qu'on ne pourra plus oublier  désormais: Natar Ungalaag....  Tous ces êtres réunis voilà ce qu'il faut pour faire un excellent film et  surtout pour nous rappeler ce qu'il y a de plus inestimable chez l'humain : l'attention aux  autres  et la compassion.


5 décembre 2009, 4:29
Auteurs du québec, nous vous attendons!

Après avoir assisté à la consternante  représentation," Une maison face au nord ",je ne  me suis pas laissée  désabuser  et je  persiste à croire qu'il existe  ici, au Québec  de nouveaux  auteurs  talentueux et plus  à même  d'écrire pour le théâtre que  ce nouveau  venu possédant  certes  des  forces  mais sans  doute pas pour la  dramaturgie. Les auteurs dramatiques de talent  existent  au québec, j'en ai la  conviction!!! Il appartient aux  directeurs de théâtre et  aux  directeurs artistiques de les  dénicher et de les faire connaître. N'est -ce pas  pour  cela  qu'ils  sont payés et que leurs  théâtres sont subventionnés?

 


4 décembre 2009, 2:38
J'en perds le nord...

Oui j'en perds le nord tellement ma déception est  grande!

Le premier  mot qui m'est venue à l'esprit au sortir du théätre est: Déception. Déception au niveau  du  texte et à tous les niveaux mais surtout à celui de la direction  des acteurs...Moi qui  souhaitais, depuis longtemps, revoir  l'excellente Pauline Martin, je me suis heurtée à une  très grande déception.

Évidemment, Madame Martin a fait  de son mieux  mais je ne peux que constater qu'il est  difficile de  faire quoi que ce soit avec ce texte dont la seule  force est au niveau  de la  répartie humoristique. Là réside la force de l'auteur.Quand une représentation théâtrale n'est pas considérée comme une  comédie, reconnaissez, qu'il y a de quoi être dérouté. Une  agréable  découverte, cependant: le jeune  comédien  tenant le  rôle du travailleur sud  américain, vraiment excellent, dans  ses  réparties  amusantes.

" Une maison face  au nord", n'est à mes  yeux, qu'un méli -mélo de clichés et de bonnes intentions  ratées apparentées aux navrants accommodements raisonnables. J'ignore si l'auteur en est à ses premiers  balbutiements mais c'est tout comme.

 J'avoue ne plus aller souvent chez Duceppe car leurs représentations m'ont trop souvent déçue surtout ces dernières  années, plus particulièrement  au niveau de la direction d'acteurs. C'est désolant quand on pense aux  très  bons comédiens  faisant partie de leurs distributions.

 Si , cette  fois  encore, je me  suis  rendue au théâtre Jean Duceppe en répondant  à l'invitation  qui nous  a été  faite pour  ¨ Une maison face au  nord¨, c'était d'abord et avant  tout, pour aller admirer le jeu de Madame Martin, cette grande dame de théâtre habituellement  excellente  et sans  aucune prétention au ¨divaïsme¨,contrairement à quelques comédiens  et comédiennes. Et  bien, je me souhaite meilleure chance la prochaine  fois!



20 novembre 2009, 11:35
Le chemin de Normétal

Retrouver Jeanne, fut pour moi, un bonheur.Cette femme généreuse et sensible que nous découvrions dans La neuvaine, le premier fim de la trilogie de Bernard Émond, s'en va en Abitibi, remplacer un médecin de famille sur le point de se retirer.En route vers Normétal, ancienne ville minière  en décadence, le médecin pratiquant depuis  toujours à Montréal ignore le terrible impact de cette situation sur le tissu social. Elle découvrira très rapidement combien là-bas , les  gens survivent dificilement à ce mode de vie.

Ce parcours qu'entreprend le médecin de La neuvaine, est peut-être être moins long que le chemin de Saint-Jacques mais tout aussi exigeant. Jeanne est bien consciente qu'elle s'engagera bientôt dans quelque chose de très impliquant.  Partie à la recherche de sa vérité comme tant d'autres humaiins,elle emprunte cette voie pour la trouver.

En suivant le chemin de Normétal, Jeanne marche vers ses semblables. Le contact humain plus chaleureux, l'absence d'anonymat et la simplicité des rapports favorisent cette ouverture aux autres, bien davantage que dans les grandes métropoles.  Ces autres nous aidant toujours à mieux nous connaître. 

 Est-il nécessaire de souligner la qualité exceptionnelle des interprètes quand on sait l'importance que le réalisateur accorde à ses comédiens et à leurs jeux ? 

Bien sur,ce film n'a pas pour but de rendre justice à beauté de la nature abitibienne. Le contexte calme de Normétal et le dépouillement des lieux correspondent parfaitement à ce que recherche Jeanne dans son désir de se retrouver, après  avoir  vécu des événements bouleversants . Il s'agit d'une vision réaliste mais très parcellaire de cette région méconnue, un contexte particulier, tout à fait approprié au sujet du film. Car qui connaît bien ce coin du Québec,ne peut  oublier ses couchers de soleil magnifiques,été comme hiver,ses multiples couleurs saisonnières, s'apparentant au fauvisme, sa pléiade de lacs  scintillant sous le soleil,ses aurores boréales, et ses nuits étoilées comme nulle part au Québec....   

Le tryptique des vertus théologales de Bernard Émond est maintenant complété mais j'aimerais avoir la possibilité d'en élargir l'éventail, d'y ajouter d'autres vertus afin que ce réalisateur au coeur si tendre et  à l'immense  talent, crée une multitude d'autres films.

 


20 novembre 2009, 10:11
Après nous, le déluge.

Dans l'Imposture d' Évelyne de la Chenelière, tout est tellement superficiel, et puéril . Je suis atterrée de le constater. Au sortir du théâtre, j'étais presque en colère.Serai-je complètement  "out" comme  le disent les adolescents car rien de ce que contient ce texte ne me rejoint.. Ce qui en ressort pour moi ,c'est le nombrilisme de ces personnages qui se balancent totalement des préoccupations du reste de l'univers. Tout leur être semble nous crier :Après moi, le déluge !

Personne dans l'environnement de cette auteure contemporaine, ne se soucie ni ne s'informe  de ce qui se passe en dehors de leur petite vie d'égocentriques...rien ! Aucune  allusion aux problèmes  mondiaux..les génocides, la torture,la faim dans le monde, les enfants qui en meurent quotidiennement... Bof ! Qu'est-ce qu'on s'en balance, aucune conscience  sociale! On ne se soucie que de ce qui concerne  la carrière, le  succès, les critiques.

Sans souhaiter voir les personnages de l'Imposture, devenir des héros de la  révolution ou des mères Thérésa, ce qui n'est absolument pas souhaitable en ce qui  concerne l'évolution des  femmes, on rêverait  mais en vain, d'y voir poindre, ne serait-ce qu' un léger souci de compassion humaine, une envie de partage et d'entraide. Mais non, on se concentre sur ce foutu carré d'agneau et on en fait tout un plat ou encore sur le succès d'une maman qui se soucie  de ses rejetons, uniquement pour  les manipuler comme des jouets ou seulement quand ils ont disparus de la  circulation...

Honnêtement, en ce qui me concerne, tout cela est désespérant de vide et d'égocentrisme.Tout jugement, tout mouvement du personnage de l'écrivaine est fonction de son propre intérêt. Y aurait-il un malheureux mouvement  égocentrique dans le domaine des  arts, actuellement?

Cependant la plupart des acteurs sont excellents, particulièrement David Boutin qui est remarquable dans sa métamorphose. Sophie Cadieux, elle, est toujours aussi étonnante.

 Me faudrait-il voir les 16 autres  pièces de la prolifique auteure ou du moins, quelques unes, pour me faire une idée plus juste de son oeuvre?Je n'en aurai, certes pas le courage ni les moyens financiers et encore moins, le temps et même si je les avais, je préférerais les consacrer à autre  chose. 

Ne dit-on pas dans le commentaire du Voir " de la Chenelière "comme on dit "Molière ou Tremblay? Décidément, je ne comprends rien à cet engouement. Il ne me reste plus qu'à espérer que les  prochains  textes dramatiques de cette auteure soient plus consistants. À moins  que son but soit d'attirer notre attention sur cette tendance à l'égocentrisme  de ces bourgeois faussement intellectuels, des beaux  quartiers.Si c'était le but et bien, c'est réussi!  J'en doute beaucoup car quand on vit dans un univers fermé, on en est rarement  conscient  .


15 juin 2009, 12:44
Des raisons d'avoir tant aimé

Il n'y a pas que son Prénom qui prédestinait Marie Tifo, l'excellente, la magnifique pour tenir le rôle de Mère Marie de l'Incarnation car le  talent et l'  âme de cette MERVEILLEUSE  COMÉDIENNE  y sont  pour  beaucoup!

 Est-ce utile de mentionner que Madame Tifo sait magistralement  bien projeter , au point que  nous ne manquons pas une parole , pas un seul mot,  même assise (pour ne pas  dire, "juquée" comme je l'étais dans l'horrible "paradis"  si justement nommé à  cause  de la multitude  de marches à gravir et à  redescendre pour arriver à "gagner son paradis" . Malgré tout, je crois qu'on devrait plutôt l'appeler "l'enfer". Quand j'avais 16  ans et que cette belle salle  se nommait , la Comédie canadienne, on appelait cet endroit  du théâtre,  le "pit " et je ne le trouvais pas si infernal...l'âge  ayant fait  des  siennes sur moi,  tout a  changé, à mes yeux, y compris le pit

Mais là n'est pas l'essentiel de mon propos, non pas du tout! Imaginez donc que j'ai  adoré malgré ces petits inconvénients qui se confondaient  plutôt  bien avec les  affreux  supplices que s'infligeaint  la chère éducatrice  des petites "sauvagesses" tant aimées de cette dernière et de leurs  parents .  Et croyez-moi, dans la  bouche  de Marie Tifo de l'Incarnation, l'expression  "sauvagesse" , n'avait  aucune consonnance méprisante. Bien au contraire!

Il valait  vraiment la peine de souffrir un peu de ce maudit mal des os qui m'affligeait plus que de coutume, (coincée  dans cette affreuse chaise de torture du "paradis"  qui doit être, sans doute, considérée comme une espèce de purgatoire avant l'apothéose finale de la mort de Marie de l'Incarnation, je suis même presque convaincue d'avoir  gagné des indulgences  en ce samedi, après - midi de l'an 2009) pour voir  avec quelle aisance  la comédienne se  transforme  en incarnant  la religieuse  à  différents âges de sa vie. Le timbre de voix,  l'attitude, la démarche des différentes étapes de sa vie...tout était parfait! 

La correspondance d'une mère avec son  fils est le fil conducteur de  cette représentation qui la fait  revivre pour nous, les privilégiés ( ceux du pit ,y compris) de la jeunesse à la vieillesse en n'omettant pas  les moments d,intimité et d'extase  qu'elle vivait dans les moments   o'u elle se donnait à son divin époux, pour en arriver  au  dernier  jour de sa  vie .

Il est  tout à fait compréhensible que cette femme unique, cette pionnière de l'éducation en Nouvelle-France, considére, à juste titre, cette fin de vie comme une  délivrance  dans le contexte difficile  de sa vie au  Canada  aussi bien qu'en France  ayant été  mariée à l'âge ou les petites filles ne sont pas encore tout à fait des  adolescentes et ayant vécu, par la suite tant d'autres péripéties  éprouvantes et quasiment inhumaines..

 Le talent exceptionnel et l'intensité de Marie Tifo suffisent à eux seuls, à nous  faire connaître davantage et aimer Marie de l'incarnation. En poussant plus loin la réflexion, je me dis que cette femme est représentative des  pionnières venues ici, au Québec portées par leur générosité et certainement aussi  leur candeur  alimentée  par le clergé et les hautes instances de ce temps. Ceux-ci y voyaient leurs intérêts très  bien  servis. Ce qui caractérise grandement, Mère  Marie de l'Incarnation est cette extraordaire soif d'absolu et ce courage inébranlable  dont elle a fait preuve tout au cours de son existence.bien sûr d,autres femmes de cette époque de la colonisation ont  laissé  des mémoires  par écrit  mais de toutes celles qu'un tel  sentiment habitait, elle  seule aurait  tenue  un correspondance   mais qui sait...il serait  fascinant de poursuivre les recherches à ce  sujet avec la même honneteté que celle de l'auteur de Déraison d'amour..

Je revendique pour Marie de  l'incarnation et  pour Marie Tifo, le paradis... s'il existe... Et, très sincèrement, je le leur souhaite! Mais pour madame  Tifo, il est heureusement, encore  bien temps de lui souhaiter le paradis  sur  terre!Je vous confie, pour terminer que je me serais  passé de l'abondance  des  maniements de costume qui nous  distrayaient en nuisant à la dramaturgie ainsi que de quelques effets techniques impressionnants, certes mais  bien superflus, quand on sait que  toute seule et  sans  tous ces  artifices,  l'actrice, saurait divinement incarner, eh! oui... Marie de l'Incarnation .

Grand merci à tous les  artisans de cette magnifique pièce historique!


21 mai 2009, 4:44
Le dragon bleu

 

Il est intéressant de voir ce  type de spectacle, particlièrement pour ceux qui apprécient les  scénographies davantage  axées  sur la technologie. J'ai bien aimé le  jeu à la fois, sobre  et intense de la  jeune actrice  mais pour ce qui est de  celui de  Lepage, ça c'est une autre  histoire. Dans  Le dragon bleu,comme dans la majorité des productions  d'Ex  machina,  la  technologie  prend le pas  sur  l'ensemble  de la représentation  et pour ceux qui connaissent les productions  de cette compagnie, pas  de  surprise mais pour  ceux qui comme moi n'ont  vu  que peu de leurs représentations et qui  s'attendent  a plus, au niveau du jeu des acteurs et de l'écriture,  c'est plutôt  décevant , principalement en ce qui concerne  le personnage joué par Robert Lepage.

12 mars 2009, 3:00
"Poétique"!!! ?oui mais...

Je n'ai pas  aimé et pourtant, j'aime la poésie!

 Gauvreau et le Refus global: auteur et mouvement  effectivement indissociables. Pour la jeune femme dans la vingtaine que j'étais, à l'époque des années 1970, l'humain et l'auteur  confondus était perçus l'un comme l'autre,  presque comme un dieu, un être mythique injustement bafoué, un nouveau  christ immolé, celui qui, avec ses apôtres,  les signataires du Refus global,changerait le climat pathétique,  ennuyeux et étouffant du québec des  années 50. Il était effectivement, de ce magnifique  groupe d' artistes passionément engagés qui furent jugés  et méprisés par les bien - pensant de l'époque pour avoir  signé et rédigé le REFUS GLOBAL. Ce manifeste mécontentait les dirigeants  ecclésisastiques  et politiques  de l'époque car il exprimait le désir profond des signataires de sortir le peuple québécois de la léthargie dans laquelle il était plongé  depuis des  décennies et leur besoin impérieux de mettre de la lumière dans cet  obscur  et  interminable hiver  de noirceur décrété et maintenu sous peine d'excommunication et  d'enfer éternel  pour ceux qui voulaient y changer quelque chose . 

Mais a-t-on raison, aujourd'hui  encore de  placer  le dramaturge et poète sur l'autel de ce  dieu torturé, au flanc  transpercé et immolé comme s'il  devenait l'icône d'un nouveau christ ? J'aurais aimé qu'on  rende  à Claude Gauvreau ce qu'on lui  doit mais  tout  autrement. 

Je m'interroge, me demandant s'il est utile de porter aux nues, le poète qu'était Gauvreau  bien qu'il ait, sans aucun doute dû supporter réellement  ce mépris  et  ces souffrances dans un climat aussi cloisonné que celui de cette époque. Il n'est pas du tout blâmable que l'auteur dramatique se soit identifié à une  victime sacrifiée sur l'autel de la bêtise et  de  la méchanceté  humaine avec, en plus la peine qu'il vivait  après la mort  brutale de la femme aimée. Cependant ce qui me dérange  ici, c'est cette  façon de se  rouler dans le sordide  qui  caractérise la mise  en scène de ce texte dramatique en particulier  dans la finale. 

Je me souviens  qu'à l'époque, des années 70  tout comme aujourd'hui , j'aimais tout ce qui  se rapprochait  de la poésie, tout  ce qui  était unique  et innovateur et qui avait  le bonheur de nous tirer  de notre léthargie  et je n'ai guère changée,du moins pas  fondamentalement. Mais ce  soir-là,au sortir, de la représentation  de la pièce de Gauvreau au TNM, je ne suis pas  embarquée dans le mouvement dithyrambique  porté par les crittiques d'art actuels.

 Qu'est-ce donc  qui a cloché,  pour moi, au niveau  de la représentation de  "La charge de l'orignal épormyable" mise en scène par Lorraine Pintal ? Le texte , le  jeu des acteurs? J'en doute car ils étaient, pour la plupart, excellents. Ce pourrait-il que ce soit la mise en  scène spectaculaire avec  ses énormes  effets spéciaux de la fin, particulièrement grotesques??  

Chose certaine, il me faudra lire le texte d'un bout à l'autre pour savoir si l'auteur souhaitait réellement qu'on y magnifie à ce point, le sordide. Cet aspect de la finale m'a fait oublier le regard très poétique pourtant  jeté sur l'oeuvre dès le début de la prestation par les  créateurs, la scénographie en faisant  foi. Gauvreau a t-il vraiment écrit dans ses  didascalies qu'il fallait  autant d' immolations et de sang , a-t-il souhaité qu'on se roule à ce point dans le  sordide... Je me demande s'il serait-il heureux de cette mise  en scène ... Lire le  texte entièrement, m'est nécessaire  pour éclaircir ce point mais pour le moment,  tout ce qu'il m'est possible de dire cest que j'ai embarqué pendant un certain temps. J'aime l'orignal  loyal, constant et courageux incarné, cette fois-ci par François Papineau. Évidemment, l'acteur était excellent, extraordinaire même, comme il l'est, la plupart du temps!  Et bien sûr,Céline  Bonnier  cette comédienne-née, cette magicienne du jeu et de l'incarnation des personnages, était  une  fois de plus, méconnaissable grâce à son don de se métamorphoser pour devenir, pour incarner  cette autre  qu'on lui demandait  de personnifier.  J'aurai aimé pour le personnage  interprété par Pascale Montpetit, un peu plus de profondeur...il faut bien dire  que le premier costume nuisait aux élans  et à la  crédibilité des sentiments de la jeune femme lunaire.Je  dois aussi avouer que les sobriquets simplistes dont Gauvreau a affublé les personnages m'ont  beaucoup rebutée (ex: Becket-bobo, le pire de tous). Ceux-ci  donnent un  aspect très burlesque  aux personnages mais sans doute, cela était-il  voulu de l'auteur.

Voilà c'est dit !

Croyez-moi, j'ai attendu un certain temps pour rédiger  ces commentaires...  après  avoir  été témoin de la douleur de  ce pauvre être épormyable  à qui on a  enlevé  celle qu'il aimait pour la tuer  sauvagement sous ses yeux, pour ensuite  l'humilier,le  tyraniser, le  transpercer  à mort et le  tourner en ridicule même apres  sa mort .

Définitivement, je suis horrifiée par la chasse à l'homme et le dépeçage  autant dans la réalité que sur scène. Et bien davantage quand ceux qui  nous présentent ces images semblent s'en gargariser et s'en repaître.  Ils perdent,alors ,à mes  yeux  toute crédibilité... Pourtant  quand la  violence n'est pas  présentée  gratuitement  mais bien pour  être dénoncée , j'adhère totalement. Avec cette mise  en scène, cependant, je crains  bien  que cela  devienne une façon de se complaire dans le  sordide! De toutes manières, je  suis convaincue qu'il est nécessaire de lire ou relire Gauvreau pour  savoir  si, en ce moment, il se retourne ou non dans  sa tombe...

J'aurais aimé comparer les  premières  productions de" La charge de l'orignal épormyable" avec la dernière. La mise  en  scène  de Ronfard et l'interprétation du personnage principal par Jacques Godin m'intriguent et je regrette de n'avoir pu voir le travail de ces  deux artistes de très grand  talent .

Les premières  versions de La charge de l'orignal épormyable correspondaient-elles  à la vision  de Claude Gauvreau ? Celle des créateurs  du tnm en 2009 , y correspondent--elles davantage ou pas  du tout?

Toutes ces interrogations  qui me viennent demeureront  toujours  sans réponse!!!


22 février 2009, 1:41
Pierrette m'a enchantée

Je vous remercie, chère Pierrette pour cet ìmpressionnant et attendrissant spectacle, merci  de nous faire part, comme à des confidents, des moments importants de votre existence par le biais de la chanson. Je suis parmi les privilégiés qui, il y a peu de temps,ont eu la  chance de recevoir vos confidences et je dois vous dire que votre magnifique performance m'a  profondément  émue.Ce touchant onewomanshow ,composé  de nombreux et  attachants personnages est un vibrant hymne à la vie. Votre nature  généreuse imprègne le  spectacle tout au long de son déroulement. Et le talent qui vous habite ne se dément pas car comme le  bon  vin, il se bonifie avec les  années.

Merci  Pierrette de  chanter ceux que j'aime tant: Clémence, Pauline Julien, Trenet, et tant d'autres,encore. Merci en particulier pour cette apothéose  d'émotions dont Le magnifique  "Quand on a  que l'amour" qui vient terminer votre touchant récit de vie!


11 janvier 2009, 4:22
Moi, c'est Clémence que j'aime le mieux!

Je n'ai pas vu Clémence à l'Espace go mais au  Gésu, le 30 novembre dernier. Et c'est toujours  et  encore elle que j'aime le mieux  comme le dit  si bien la sublîme  Renée  Claude  dans une adaptation de cette  parodie de Clémence sur  l'autrefois célèbre Mirelle Mathieu. Rien à faire je l'ai aimée  je l'aime et l'aimerai  toujours. D'abord et  avant toute  chose,pour sa connaissance  de l'âme humaine et puis aussi pour son humour qui exprime  des  vérités cinglantes qui  dites  avec ironie,  n'en sont pas  moins bouleversantes. Mais là où je l'aime le mieux  c'est dans ses chansons tendres.

Oui! je suis une  incontournable  ET  FIDÈLE  ADMIRATRICE de Clémence Desrochers surnommée  si justement par Jacques Normand, Démence Desclochers! Mes ami(e)s me taquinent et me traitent de fan... Y'a rien à faire, je l'aime  mieux  que, La merveille française, qui (soit dit entre  nous, et en toute confidentialité) n'a pas fait long  feu, elle, comme "Notre Clémence"  qui assène  dans  son dernier  spectacle  à ceux qui la voient pour la première fois, qu'il était  temps qu'ils viennent la  voir  car après 50 ans  de  métier(eh oui!),  elle commence à être bonne.

C'est à Hélène Pednault que nous devons cette  expression: "NOTRE CLÉMENCE " consacrée par  sa biographie rédigée par Madame Pednault il y a une dizaine d'années ou peut-être plus.Cette écrivaine  intègre, passionnée  et  engagée qui vient de nous quitter, beaucoup  trop tôt. Comme tant d'autres, je garde en mon coeur sa  chère mémoire. Celle-ci ,serait d'ailleurs entièrement d'accord avec moi quand  j'écris: .

Oui moi c'est Clémence que j'aime le mieux !


12 octobre 2008, 2:00
Toute une vie devant soi pour se rappeler l'amour de madame Rosa

Momo  en a des  années  à  vivre avant d'oublier, cette chère madame Rosa ! Et les  autres,tous  ceux qui  ont assité à cette représentation  du Rideau vert, ne sont pas prêts , eux non plus, d'oublier cette femme merveilleuse et généreuse  autant que l'est la comédienne qui l'interprète. Merci à vous, madame Bégin pour tant de générosité ! Votre jeu n'est plus un jeu et c'est pour cette raison qu'il est bouleversant  ! 

Le jeune  comédien et madame Bégin sont  totalement imprégnés de cette humanité qui habite les deux personnages principaux et l'amour  que  se portent ces derniers est exprimé d'une façon presque tangible  autant par l'une que par l'autre.

 Quant à l'adaptation, on peut la considérer  comme réussie  si on tient compte  du tour  de  force que représente l'adaptation de ce  roman  très consistant qu'est La vie devant  soi. Réussie, oui mais beaucoup moins magistrale que l'oeuvre romanesque,elle-même  car elle  laisse  sur sa  soif  le spectateur  conscient  du talent  immense de Catherine Bégin et  de ce jeune  acteur prodigieux qui  ont  tellement  plus à  donner  que ce que leur permet  cette adaptation. Ceux qui ont lu le  roman de Romain Gary trouveront que l'adaptation  ressemble presque à un résumé anecdotique... La partie la plus intense de cette oeuvre, celle qui se  déroule après la mort  de madame Rosa, y est malheureusement  trop écourtée et presque totalement mise  de côté. Toute l' intensité contenue dans ces  moments-là aurait  permis d'exprimer  bien davantage, la profondeur de cet amour inconditionnel vécu entre le  jeune homme et madame Rosa.Il est  merveilleux de constater  que le talent des  acteurs  nous l'ait  malgré tout  fait ressentir.

Cependant l'humour des  jeux  de mots de l'adaptation est  très intéressant et pertinent dans le contexte politique actuel. Quant à la  fraîcheur des répliques  de Momo, elle contribue à la beauté du personnage et nous le rend encore plus attachant.

La mise  en scène  est correcte car  bien sûr, elle est à la merci de l'adaptation  et madame Marleau en a  d'autant plus de mérite. La trame  musicale, elle, colle à ravir à cette représentation et lui va  comme un gant. 


26 août 2007, 9:32
Avez-vous dit "espoir"?
Dès que je l'ai entendu nous appeler, je suis accourue. Car je sais qui il est. Ce n'est pas la première fois qu'il nous invite à venir regarder son livre ouvert sur des images parfois très belles et touchantes et d'autres fois, extrêmement dures et cruelles comme l'est trop souvent la vie. Le propos de la dernière réalisation de Bernard Émond, n'est pas tant de nous faire voir que Réjeanne et son homme n'ont pas de veine puisqu'ils semblent avoir la malchance à leurs trousses et arrivent, plus souvent qu'à leur tour au mauvais moment et au mauvais endroit. Ce magnifique film tend plutôt à démontrer que notre crainte de repousser les faux maîtres est très profonde. Réjeanne en est arrivée à dépasser cette peur à force de souffrance et elle en vient à exprimer sa révolte en prenant les armes et en menaçant ceux qui, pour garder leur monopole et leurs capitaux, sont capable de nous dévorer le coeur et la chair aussi, ne nous laissant plus que les os. Qui mieux que Guylaine Tremblay aurait pu incarner aussi justement cette femme bouleversante et belle à force de noblesse? D'ailleurs la distribution est impeccable et la direction d'acteurs égale à l'intensité du jeu de Guylaine Tremblay et à la justesse de celui de Guy Jodoin. La question que m'a amenée à me poser ce film n'est pas légère. Cette peur nous empêchant de nous libérer de ces malfaiteurs qui dépouillent leurs semblables avec la bénédiction des lois gouvernementales est-elle collective ou héréditaire ?. Alors qu' un geste collectif et tout à fait légal, favoriserait l'amélioration de ce contexte pourri régnant au Québec. Et c"est sur l' image de Réjeane implorant l'aide de Dieu que le film prend fin, nous faisant ressentir l"ampleur de sa détresse et à quel point le réalisateur aime les humains et Dieu... parfois, contre toute espérance!
22 août 2007, 9:31
Chaque individu est unique mais...
Il est très intéressant et rassurant aussi de voir une française jeter un regard critique sur ses compatriotes. Rassurant que la cinéaste trouve comme moi et bien d'autres que ses compatriotes, plus particulièrement les parisiens sont râleurs, chauvins et très axés, en paroles, du moins sur le sexe. Ce film extrêmement satirique, dit tout de même certaines vérités sur fond humoristique. Mon opinion était mitigée après le visionnement de ce film car la charge est tellement énorme, j'en suis consciente, même moi qui trouve les français tellement râleurs . On parle peu dans les critiques de la caricature des américains qui est très amusante. La scène désopilante du groupe de touristes américains est digne, selon moi, d'une excellente bande dessinée. Comme le dit si bien madame Delpy tous les français ne sont pas comme ça ! ouf! Heureusement! Ses parents et elle même qui est extrêmement charmante en sont un exemple probant . Il en va de même, évidemment pour ce qui est des américains puisque tous n'ont pas voté pour Bush...Dieu soit loué! mais il semble bien qu'ils soient minoritaires! malheureusement!
16 août 2007, 9:52
J'espère le 17 août avec impatience!
Comme j'aime l'article de Manon Dumais! Je me retrouve entièrement dans ce qu'elle écrit au sujet de l'oeuvre de ce cinéaste. Tout me porte à aller voir ce film qui est dans la lignée des oeuvres remarquables... j'aime la compassion de Bernard Émond pour les êtres vraiment humains qu'il fait vivre pour nous sur l'écran ainsi que sa lucidité qui n'a rien à voir avec le pessimisme. Le seul regret que j'ai c'est qu'on ne nous apprend pas à quel cinéma sera présenté Contre toute espérance. "J'espère "le 17 aout avec impatience et je regarderai la publicité des salles de cinoche... l'affiche qu'on voit un peu partout dans les rues de Montréal est superbe et aussi expressive que l'est cette merveilleuse actrice. En passant, j'ai trouvé l'expression brigade du rire très approprié. J'apprécie et trouve même l'humour, essentiel mais rarement celui de cette brigade. Il n'y a que Jean-Guy Moreau, Clémence, Sol et Devos qui me touchent vraiment. Mais hélas, ces deux derniers n'y sont plus depuis de trop nombreuses années.
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