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Quel espace merveilleux que la Fonderie Darling, quelle initiative exceptionnelle, encore trop peu connue a Montréal!
Seul problème de taille : la programmation! Le Grand Antonio et Papa Palermino sont des installations courtes, sans perspectives, qui prennent le parti de l'art brut dix ans après la mode, et sans apporter d'éclairage nouveau.
Le Grand Antonio? Oui, il s'agit bien du même Antonio mort a Montréal dans une quasi-misère il y a un mois, après avoir fait durant vingt ans les titres des journaux populaires. Pour avoir soulevé des masses herculéennes, trainé des autos ou des bus par la force de ses bras, de ses cheveux. Une série de photos, de documents personnels et de coupures de presse met sa vie en abime, sans réelle sympathie, et dans une absence totale de scénographie.
Avec Papa Palermino et son délire papal, on se trouve rapidement a la fatale frontière inhérente a l'art brut, celle de la psychiatrie et de la récupération symbolique. Une frontière ambigue, que toute démarche artistique de diffusion ou de représentation doit traiter avec un exceptionnel sérieux.
Il faut aller a la Fonderie Darling pour passer un moment de plus dans cet espace unique, flaner... bientôt peut-être, pour voir de réelles expositions? Pour encourager ses animateurs à aller plus loin, aussi...
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