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The Raveonettes au Club Soda
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Le duo danois de pop-rock The Raveonettes s'est produit hier au Club Soda de Montréal, sans aucune prétention, mais sous une diablement bonne énergie.
The Raveonettes est un duo danois de pop-rock connu sur la scène indie pour associer des mélodies légères toutes droit sorties des années 50 avec un son de guitare rock-garage bien distordu. À l'écoute des Raveonettes, on ne peut s'empêcher de s'imaginer accoudé au comptoir d'un café des années 50, un milkshake à la main tout en pivotant sur les banc tournants. Bref et sans détours, affirmons simplement que The Raveonettes possède un son de rock bien rétro, tenant sur quatre accords, mais tout de même drôlement efficace.
Le guitariste Sune Rose Wagner aime bien se plonger dans de lourdes nappes de bruit blanc, entouré de sa quantité impressionnante de pédales de distorsions. Sharin Foo l'accompagne dans ses folles envolées de sa voix vocodée. The Raveonettes possède ainsi un charme irrésistible; pas assez connu ni important pour jouer à la vedette, pas assez populaire pour faire courir les foules.
Finalement, c'est dans une ambiance des plus intimes que ces derniers ont réchauffé le Club Soda hier soir. Un concert sous le signe de la non-prétention, où les vieux succès sont rois. En effet, The Raveonettes a fait plaisir à la foule en interprétant des pièces tout droit sorties de leur plus vieil EP de 2002,Wipe it On, comme Do you believe her ou My boyfriend's back.
Concert diablement efficace, entrecoupé de la présentation des pièces de leur nouvel album, In and Out of Control. Saluons également la présence de Jakob Hoyer, excellent batteur. Petit bémol : impossible de discerner quoique ce soit dans la voix de Sharin Foo. Il est à savoir que les voix dans les pièces des Raveonettes sont toujours très fortement vocodées, mais de là à ne rien y entendre... Une erreur du côté des techniciens sans aucun doute, et c'est dommage. La foule demanda tout de même trois rappels, et ce de façon impérative. Les membres du groupe semblaient d'ailleurs surpris de l'accueil que le public montréalais leur a réservé. Quel plaisir c'était de pouvoir observer et décortiquer chacune des notes de guitare devant ses yeux; impossible d'être de mauvaise humeur en écoutant The Raveonettes. C'est d'ailleurs ce petit côté improvisé et sans prétentions qui était visible hier.
Fait inusité, le groupe invité The Black Angels a surpris tout le monde hier. Cette formation reprend tous les bons ingrédients formulés par The Brian Jonestown Massacre, Black Mountain ou encore The Dandy Warhols. Un rock psychédélique, même accompagné de cithare, mélangés à une voix éthérée et des solos de guitare enlevants. Influencés par The Velvet Underground et Black Rebel Motorcycle Club, ce groupe a tout pour plaire. Une excellente surprise, un excellent son !
Liste des morceaux joués hier:
Gone Forever
Do you believe her
Veronica Fever
Lust
Blush
Dead Sound
Break up girls
The Beat Dies
HEart of Stone
D.R.U.G.S
Breaking Into Cars
Little Animal
Oh I buried you today
Love in a Trash Can
Boys Who Rape
Suicide
Aly Walks With Me
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Air - Love 2
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Le duo versaillais de musique électronique Air, chef de file du mouvement de la French Touch, lancera son nouvel album Love 2 ce mardi 6 octobre.
Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel sont de biens drôles d'oiseaux. L'un était étudiant en architecture, l'autre mathématicien. Ces deux rêveurs compulsifs ont contribué à créer ce qu'on appelle aujourd'hui le mouvement de la French Touch, un son électro typiquement français, aux allures souvent kitsch mais remplies de la grâce du vieux continent. Des sonorités tour à tour reprises par les Jean-Michel Jarre, Daft Punk et David Guetta de ce monde.
Depuis la parution de Moon Safari en 1998, album déjà élevé au rang de classique, Air collectionne la gloire internationale et le respect à l'extérieur de l'Hexagone. Sofia Coppola intègre leur musique dans ses films, ce qui donne lieu à The Virgin Suicide ou « le plus beau requiem de l'histoire de la pop » comme écrivaient les journalistes à l'époque. Charlotte Gainsbourg les engage comme musiciens pour son 5 :55, album touchant de naïveté.
C'est que chaque album d'Air est différent. Dunckel et Godin jouissent d'une liberté quasi absolue, jonglant avec leur enviable collection de vieux synthétiseurs et autres curiosités. Jean-Benoît Dunckel c'est la sensibilité, par une voix androgyne, et le côté kitsch du duo. Nicolas Godin contrebalance judicieusement par sa maîtrise de la basse et de la guitare. La formule est gagnante, depuis maintenant plus de dix ans.
Après Pocket Symphony, un album un peu plus terne, Air revient sur les traces de l'expérimentation sonore avec un son beaucoup plus décontracté, libre. Love 2, c'est le nom du dernier né, et il pourrait possiblement être un des meilleurs albums de la cuvée 2009. Air s'est affranchi de ses contraintes contractuelles et possède maintenant son propre studio d'enregistrement, le studio Atlas, et son propre label Aircheology. Love 2 est le premier album issue de cette nouvelle liberté de création.
Le disque s'ouvre en grand délire sonore avec la pièce Do the Joy, premier single de l'album. Le synthétiseur Minimoog y ajoute un groove tout en rondeur, alors que le ton est définitivement donné : on est très proche de l'expérimentation, tout comme l'album 10 000 Hz Legends l'était à l'époque.
Sing Sang Sung, deuxième single fait actuellement le tour de l'Internet. On sera conquis par le vidéoclip, tout à l'image rétro pop-bonbon du groupe. À visionner !
So Light Is Her Footfall est probablement une des pièces les plus solides de cet album. Ambiance définitivement jazzée, encore rythmée par une exceptionnelle nappe de synthétiseur.
Tropical Disease reprend des thèmes déjà explorés par Vangelis dans sa bande sonore du film Blade Runner. Mais ouf ! Quel talent dans les arrangements. La voix de Dunckel devient éthérée, complètement planante, rêveuse et mélancolique à la fois, alors que le saxophone électronique et le piano résonne comme dans un tourbillon de sens : « Women make me feel warm Inside » chante-il. Une véritable réminiscence de la bande sonore de The Virgin Suicide. Les connaisseurs d'Air comprendront tout le sens de cette affirmation.
Ceux qui achèteront l'album par iTunes auront droit à deux pièces supplémentaires, dont une interprétée avec la collaboration de Françoise Hardy.
Love 2 est un album extraordinaire. Air revient en grande force. C'est cette capacité de se renouveler en osant à chaque fois qui fait le charme de cette formation de plus en plus mythique. «Je crois que nous sommes très, très, rêveurs» affirmait Jean-Benoît Dunckel dans une entrevue. Alors nous rêverons avec eux pour une sixième fois consécutive. Du grand, très grand art.
Air - Love 2 (Aircheology licencié à EMI)
Sortie le 6 octobre 2009.
4/5
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Placebo: Battle for the Sun
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Après Meds, album beaucoup plus contemplatif et mélancolique, Placebo déboule avec un album aux sonorités plus pop, teintées d’un certain sentiment d’urgence, rappelant souvent les débuts du groupe.
Qu’on se le dise, Battle for the Sun est un excellent album. Du côté des fans, l’attente était insupportable. Ainsi, l’album réchauffera le cœur des auditeurs s’étant sentis trahi par le précédent opus Meds (2006).
La voix de Brian Molko est par ailleurs toujours aussi particulière, dont le cri nasillard accompagne volontiers les riffs de guitare électrique les plus épiques. Avec Battle for the Sun, Placebo abandonne les larmes et le spleen pour s’orienter vers un son plus pop, plus direct. La guitare est courte, sec, la mélodie tiens sur trois notes. Si ce son semble épuré, il est magnifiquement comblé par certains effets de claviers ou alors par une orchestration symphonique grandiose (For What It’s Worth, Bright Lights). La basse ne change pas, on reconnaît la structure préférée de la formation britannique.
Par ailleurs, on notera immédiatement des ressemblances avec les airs classiques comme You don’t care about us (1998) ou Nancy Boy (1996). Voilà, c’est dit. Au delà d’une étude de sonorités nouvelle et sans cesse en mouvement, le « vieux Placebo » est là et bien là avec ce nouvel album composée sur mesure pour assurer une foule dansante absolument grandiose; le frisson nous prend d’avance alors que la tournée mondiale vient de débuter en Europe! Et l’absence du batteur Steven Hewitt n’y changera rien. Cette béance est comblée tout en douceur par Steve Forrest, qui nage comme dans un poisson dans l’eau au sein de ce groupe mythique du Britpop.
Avec Battle for the Sun, Placebo signe probablement un des albums les plus influent de la saison estivale, si ce n’est de l’année 2009. À écouter absolument, ne serait-ce que pour obtenir une nouvelle dose tri-annuelle de la voix incroyable de Brian Molko.
Selon ses habitudes, Placebo devrait s’arrêter à Montréal au printemps prochain. Un phénomène musical incontournable à planifier d’avance !
Placebo – Battle for the Sun
Vagrant Records
4/5
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Critique: Archive: Controlling Crowds
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 La sortie d’un nouvel album d’Archive est sans contredit un mini évènement indéniable dans le monde de la musique alternative. Archive entremêle à chaque occasion les éléments électroniques du trip-hop avec la mélancolie propre au rock alternatif, tout en gardant une couleur progressiste particulièrement soutenue.
Le groupe a aussi été sujet à certaines transformations depuis Londinium et son essai trip-hop ainsi que le très progressiste You All Look The Same To Me en 2002. La critique saluait à l’époque l’élégance avec laquelle la formation de Londres empruntait l’univers de Pink Floyd ou la mélancolie de Radiohead, faisant un lien entre les deux. Récemment, Light respirait le changement avec une galette beaucoup plus orientée vers un rock plus léger et optimiste, propre à un changement d’orientation, délaissant les grandes pièces mélodiques particulièrement pessimistes des récents albums.
Depuis le dernier mois, Archive semble avoir replongé dans ses démons du passé, mettant de l’avant un disque beaucoup plus sombre, aux accents de trip-hop fumeux et même carrément glauque, comme le témoigne le superbement réalisé site Internet du groupe - archiveofficial.com -. Le dernier album, Controlling Crowds, sorti aujourd’hui sur le marché européen, livre la marchandise avec une élégance soutenue mais incomplète.
Très orienté vers la musique électronique, les ambiances progressistes, calmes et larmoyantes sont oubliées. Le simple Bullets rayonne par la grandeur de son orchestration. Par contre, au fur et à mesure de la progression de l’album, un amalgame de délire électro est rajouté, couche après couche. Les séquences sont distordues, compressés au maximum ; elles explosent de lourdeur et de discontinuités, noyés dans une mer de bruit blanc. Il s’agit là d’un travail exceptionnel de musique électronique qui transperce de lourdeur et de pessimisme. Une remarquable étude sur la spatialisation du son. Les riffs étiolés d’une guitare électrique soutenus par une percussion énergique rajoutent au véritable trip de l’écoute.
En contrepartie, les fans très axés sur la tradition progressiste et profonde d’Archive seront déçus. Sous la couche de musique électronique, il reste peu de profondeur. Il s’agira surtout d’ambiances cliniques et métalliques, à la Blade Runner. Deux pièces particulièrement hip-hop à la mi- écoute gâchent le périple si bien entamé au début de l’album. D’autre part, les passages abrupts entre le trip-hop, le hip-hop, le progressiste et le véritable rave électro malmènent la cohésion de l’écoute. C’est dommage, même si ce nouveau son est peut-être finalement plus actuel.
Bref, ne crions pas au génie trop vite, mais il serait injuste de passer à côté de cette réalisation par ailleurs particulièrement soignée. L’unanimité ne sera pas présente parmi les amateurs, mais cette grande symphonie électronique en ravira plusieurs, ne serais-ce que pour projeter son âme dans un placard sombre sous un escalier craquant.
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Pierre Lapointe, Placebo & autres nouveautés.
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Le printemps est bien souvent l'occasion des sorties de disques bien attendues. Celui-ci semble devenir de plus en plus intéressant. Les single surprises pleuvent et nous prévoyons avec joie les nombreux spectacles qui y seront associés.
 Primeur du moment, Pierre Lapointe lancera son prochain album Sentiments Humains le 7 avril prochain ! Le premier single, Je Reviendrai est déjà disponible sur le site Internet du principal intéressé, www.pierrelapointe.com. Le disque reprendra les chansons phares du spectacle-évènement Mutantès présenté à la Place des Arts cet été. C'est avec impatience que j'attend ces titres, étant très curieux d'entendre le travail en studio ajouté depuis mes premières impressions lors de Mutantès. Les pièces étaient souvent trop brutes, à l'état d'ébauche. Pour le prochain opus, j'ose espérer que les arrangements seront à la hauteur des standards auxquels nous sommes habitués avec Pierre Lapointe.
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 Autre effet surprise, Placebo. Nouvel album Battle For The Sun de Placebo. Là encore, un single à télécharger gratuitement sur placebo.co.uk. Le son semble soutenir la métamorphose du groupe vers des sons plus bruts et moins populaires. Encore difficile à juger sans en écouter l'ensemble, la curiosité demeure à savoir si l'état d'esprit sera encore le même depuis le départ du batteur l'an dernier. Mais enfin, qui dit nouvel album dit concert à Montréal, ce qui est une grande nouvelle en soi.
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La formation britannique Archive sortira un album au printemps. Toujours aussi mal distribué en amérique, impossible de savoir quand nous pourrons tenir la précieuse galette dans nos mains. Là aussi, le single Bullets de l'album Controlling Crowds promet une saga hallucinante dans un univers rock-prog déjanté, électronique, et surtout très fumeux. Du grand art pour de grandes éloges.
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Arcade Fire présentera le 2 avril prochain la première du documentaire Miroir Noir, capturant des images intimes lors de la tournée internationale du groupe il y a deux ans. Projeté sur écran géant au National, on pourra apprécier l'oeuvre cinématographique de Vincent Morisset en compagnie du tout Indie-Montréal.
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 N'ayant jamais été un grand fan de la musique Folk, j'ai tout de même accueilli le nouvel album des Decemberists avec une certaine curiosité. Je n'avais guère apprécié le côté folklorique de leur chansons, un peu trop joyeuses et trop surfaciques à mon goût. On constate maintenant que sur The Hazards Of Love le son est beaucoup plus accessible et même articulièrement épique. De réminiscence à réminiscences, on visite R.E.M, The White Stripes ou encore Portishead. Un album particulièrement bien travaillé pour célébrer l'arrivée du printemps.
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Revue musicale de l'année 2008
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Une année supplémentaire ! Comme à l’habitude je profite de cette tribune pour souligner le meilleure de la cuvée du millésime 2008. Qu’ils soient de cette année ou non, voici un bilan des albums et autres évènements reliés à la musique qui ont marqués mon année.
Les hauts…
- Sans contredit la majestueuse prestation de Radiohead au Parc Jean-Drapeau en ce 6 août dernier. Les deux pieds dans la boue, et après 7 heures d’attente interminable, nous avons pu être témoin de la magie de Thom Yorke en personne. Tel que je l’écrivais, Radiohead au Parc Jean Drapeau en ce 6 Août 2008: le plus beau concert jamais vu par mes yeux. Épique, transcendant, grandiose, à en être sans voix. L’arc-en-ciel qui taquina le ciel du nez juste avant l’entrée en scène de Radiohead demeure véritablement un souvenir marquant de cette année musicale. Le plus beau de l’histoire c’est que le concert est téléchargeable sur iTunes !
- Le groupe Black Mountain profita de cette année pour consolider leur popularité auprès des fans et amateurs de rock progressiste à la années ’70. Lors d’une soirée bien embuée à la Salla Rossa, Black Mountain démontra que l’ère du minibus Volkswagen orange n’est peut-être pas encore tout à fait révolue. Un son comme il ne s’en fait plus. Avec l’ironique disque In The Future, Black Mountain se rapproche de la guitare de Pink Floyd entremêlée d’une atmosphère lourde et rétro et ses solos de mellotron. Grande surprise et très grand espoir pour l’avenir pour la formation de Colombie-Britannique.
- Portishead. Après 10 ans (!) d’absence et une sortie mainte et mainte fois repoussée, le groupe de Bristol était de retour pour une sortie discrète. Peu de mention dans les médias locaux. Le disque demeure beaucoup plus expérimental que par le passé, Portishead s’est fait un point d’honneur de ne pas tomber dans l’auto-pastische. Le disque est fortement réussi, la pièce The Rip étant probablement la plus intéressante. La voix n’a pas changé, mais on termine l’aventure dans une marée de sons synthétique, qui se marient franchement bien à l’ambiance trip-hop.
- Depuis la sortie du film The Virgin Suicide de Sofia Copolla, la musique électronique semble bien se prêter aux films psychologiquement lourds. C’est aussi le cas pour La Naissance des Pieuvres, troublant film sorti en France l’an dernier et accompagné d’un habillage sonore particulièrement approprié composé par Para One. L’excellente étude psychologique de la réalisatrice Céline Sciamma se sublime dans la musique. Vieux claviers, inspiré de la bande sonore d’Air, il en résulte un disque intéressant pour les amateurs du genre.
- Beach House. Beach House est un groupe que j’ai connu récemment. L’ambiance est très retro avec de long solos d’orgue et de guitare éthérée. Les voix se transforment souvent en coeurs. Semblable à The Comas. À écouter dans un vieille voiture américaine tout en couduisant dans les champs de blé d’un état de l’Ouest.
- Le concert de Paul McCartney sur les plaines de Québec. Non seulement Montréal ne se pardonnera jamais que Québec ait obtenu une prestation du mythique Beatles, mais il s’ensuivit un concert historique dont la bande vidéo nous ne laisse qu’une vague idée de l’ambiance qui devait régner sur les Plaines cette nuit là.
- M83. Saturdays=youth, ou comment s’ennuyer de la pop-bonbon des années ’80. Disque génial à mes yeux, il récré une ambiance de jeunesse et d’insouciance maintenant disparue. Le tube Graveyard Girl est touchant de naïveté et s’inspire du courant musical du shoegaze. Génial.
- Dumas. L’album Nord est sorti à 100 000 exemplaires très récemment. Après une tournée au Québec de presqu’un an, Dumas s’est payé un trip de studio. Les voix sont bidouillées, samplées, la guitare se fait travaillée et filtrée. Le potentiel est là, et la créativité de l’homme n’en démord pas. On aime !
- The Raveonettes. Lust lust lust . Ce duo danois fut ma découverte de l’année 2008. Exactement le son auquel je rêvais de trouver un équivalent. Le groupe a une tendance à reprendre des chansons aux sonorité rétro, allant même jusqu’à rejouer du Buddy Holly. Les solos de guitare sont toujours incroyablement distordus ou aigus et les arrangements sont incontestablement vieillis. Un pur délice.
- L’incroyable concert de The Hives. On peut dire qu’il s’agit d’énergie à l’état brut, et le chanteur est d’un charisme sidérant. Suggérant même de « faire brûler Montréal » tellement la foule était hot. Il n’hésita pas à aller se balancer sur les hauts parleurs accrochés au plafond du Métropolis, sous le regard paniqué des agents de sécurité.
- Pas de 2008, mais j’ai été estomaqué par le talent du groupe Stars. La pièce de leur disque éponyme, Your Ex Lover is Dead est criante de plénitude et de contemplation. La musicalité est tout simplement incroyable et la voix angélique du refrain nous rend totalement accros.
- Kaiser Chiefs. Il n'y a pas à dire, leur single le plus récent Never Misss a Beat est d'une grande qualité.
Et les bas…
- Le nouvel album de Moby, Last night. L’album est sensé décrire en musique le rythme d’une nuit à New York. Si cet album rend justice au nightlife new-yorkais, alors cette ville serait définitivement morne. L’album est absolument ennuyeux, bâclé et loin, très très loin, du niveau exceptionnel de Hotel qui demeure mon incontestable préféré. Le concert de la tournée d’Hotel présenté au Métropolis en 2004 était tout simplement extraordinaire. J’espère pouvoir revivre cette ambiance un jour.
- Parlant de Moby, son spectacle à la baie de Beauport fut toute une expérience. L’organisation et la contingence de foule étaient complètement pathétiques. Si je n’avais pas sauté illégalement une clôture, jamais je n’aurais trouvé la scène. Le concert était correct, sans plus, mais il l’aurait été encore plus sans la prestation de Bran Van 3000 en première partie. Jamais je n’aurai entendu plus insipide musique. Ne parlons pas de l’autre concert de Moby, cette fois dans la très intime salle de la SAT. Ce 8 mars 2008, la tempête de neige du siècle s’abattait sur Montréal, et empêcha Moby d’arriver à temps à son propre spectacle.
- Le dernier album de Death Cab for Cutie fut assez fade merci. Incapable de se réinventer, le groupe m’a profondément déçu. Ou alors ce serait moi qui aurait mûri depuis Plans et tout ce qu’il me rappelle comme évènements marquants ?
- Le concert de Sigur Ros au Quai Jacques Cartier. Je ne suis pas encore convaincu de la pertinence pour un groupe progressif aussi cérébral que Sigur Ros que d’organiser ce méga concert sur les docks du vieux port de Montréal. Sans une certaine proximité avec l’auditoire, ce qui implique une communion collective par la musique, je ne crois pas que le courant puisse passer entre le groupe islandais et leur public. Un concert dans un endroit plus intime tel que le Métropolis aurait été plus approprié.
- Coldplay. Que dire ? Il y a tellement meilleure façon d’exploiter son temps que de le passer à se plagier soi-même…
- Le concert des Dandy Warhols. Toutes les interprétations semblaient délavées, graves, mornes. Même les colorés succès comme We Used To Be Friends ou Boys Better semblaient interprétés d'une façon incroyablement conservatrice. Dommage, ce concert aurait pu être énormément plus coloré. Le "son" du groupe a changé et c'est dommage. Il est maintenant aussi fade que leur plus récent album paru cette année.
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Daniel Bélanger au théâtre Maisonneuve de la Place-des-Arts
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On peut dire aisément que ma relation d’auditeur de musique québécoise est en montagne russe. D’autant je suis chancelant d’admiration pour un ténor du genre comme Pierre Lapointe, d’autant je suis déçu d’abominations de joual que je ne nommerai pas. Toujours est-il que je n’ai jamais raté une tournée de Daniel Bélanger depuis Rêver Mieux. Avec Pierre Lapointe, Bélanger est sans contredit mon artiste québécois préféré ; il rivalisent en profondeur des textes et en musicalité.
Le journal Voir ayant été assez gentil – ou moi ayant été assez chanceux, c’est selon – pour me transmettre deux paires de billets pour la dernière représentation de la tournée de l’Échec du matériel qui se terminait samedi à la Place des Arts, j’ai pu être témoin des talents d’orateur-cynique-magouilleur de Daniel Bélanger.
Tout d’abord la formule de salles de spectacles avec places assignées se justifie peu pour ce genre d’événement. Bon, on ne choisit pas la salle dans laquelle on se trouve pour un concert. Toujours est-il que par le fruit du hasard je me suis retrouvé au théâtre Maisonneuve. Ayant toujours vu Daniel Bélanger au Métropolis, on constate immédiatement la limite imposée. Impossible d’être plongé dans la musique, étant plutôt un spectateur ma foi assez lointain de l’épicentre. Compréhensible vu le type de public présent samedi. Je me tournerai vers la représentation du Métropolis lors d’une prochaine tournée, mais la formule Bélanger requiert une proximité qui fut absente samedi.
Le format du spectacle surprend. Daniel Bélanger est un comique. La présentation des musiciens s’échelonne sur pratiquement vingt minutes où il raconte de ses histoires abracadabrantes, candide, charmeur, et pratiquement surprenant. Entremêlés du récent Échec du matériel, un petit nombre de pièce s’enchaînent, dont les finales s’étirent et s’étirent au gréé du bon plaisir des musiciens qui jamment devant nous (là où ils jammeraient avec nous au Métropolis). Convivialité, excellent son, un Daniel Bélanger particulièrement volubile et théâtral.
Point négatif, ce spectacle d’humour improvisé de la première partie devra être rattrapé au retour de l’entracte. Les pièces s’enchaînent alors les unes après les autres, surtout appuyé par une seule guitare acoustique. Les effets électroniques des titres de Rêver Mieux sont ignorés et la basse apparaît fade. On sent une sorte de perpétuel manque de temps alors que de grandes favorites comme En mon bonheur, Les Deux Printemps et Dans un Spoutnik sont ignorés. Le public est vendu d’avance. Ou bien serions-nous tellement habitués à reconnaître Daniel Bélanger comme un grand talent (ce qu’il est ) ?
Bref, une soirée très agréable et un spectacle de clôture où la volonté d’en donner le plus possible était bel et bien perceptible. Cette poésie et ce lyrisme sont si touchants et directs pour qui sait apprécier. Tant de souvenir reliés à chaque chanson, tant de poésie dans si peu de mots. C’est la force de Daniel Bélanger ; pourquoi s'en priver ?
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The Dandy Warhols au Club Soda
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Le 14 septembre dernier, le populaire groupe de psy-pop-rock déjanté, The Dandy Warhols, se donna en concert au Club Soda de Montréal. Si le dernier passage du groupe originaire de Portland, Oregon, remontait au 2 décembre 2005 au défunt Spectrum, c'était alors sous la tutelle de Capitol - un des majors de la musique. Maintenant libéré du carcan des grandes maisons de disques - qui imposait probablement des idées plus pop au groupe - les Dandys sont revenus à la charge ce printemps avec la sortie d'un album entièrement cuisiné sur leur propre label. Earth To The Dandy Warhols, le dernier album, est en ce sens très différent de leur précédent effort, réputé pour sa déception parmi les fans. Earth stoppe net la dégringolade du groupe, mais reste tout de même décevant, ne parvenant pas à recréer le véritable son typique du groupe, un rock pop complètement sauté à la fumée Strawberry Fields.
 Ce son qui changea complètement mon univers musical de l'an 2006, par ma découverte de ce groupe hors du commun. Au lieu de cela, beaucoup de bidouillage sonore de la guitare, la voix du flamboyant Courtney Taylor-Taylor est grave, méconnaissable ; et elle sonne même complètement blasée. Bref, pas exactement l'album de l'année malgré quelques bonnes idées - récupérés à même un medley des accords de leurs grand succès d'autrefois. Les nouvelles compositions ont changés d'âme, comme si on ne retrouvait plus le petit coté innocent et complètement désorganisé d'autrefois.
 Cette critique est le miroir de ce qui se passa en spectacle ce dimanche. Les Dandys ne parvinrent pas à faire lever la foule, du moins pas à mon niveau de référence qu'était ce merveilleux concert de 2005. Le son n'était pas extraordinaire, les chansons jouées ne faisant qu'endormir par leur interminables effets numériques de pédales, sans grande énergie, sauf lorsque qu'elles étaient entremêlés des vieux succès du groupe. Alors la foule devenait complètement folle et surexcité. Mais pour retomber aussitôt la prochaine chanson du nouvel album venue, méconnue et souvent fade. Courtney Taylor-Taylor semblait d'ailleurs aussi blasé que sa voix l'indiquait sur le nouvel album. Au moins il consenti à jouer Godless à la fin du concert, sous la suggestion de plusieurs personnes au devant de la scène. Ce fut un des moments les plus marquant du concert, les gens de chanter en grand l'air de cette ballade inspirée de My Sweet Lord d'Harrison.
 Toutes les interprétations semblaient délavés, graves, mornes. Même les colorés succès comme We Used To Be Friends ou Boys Better semblaient interprétés d'une façon incroyablement conservatrice. Dommage, ce concert aurait pu être énormément plus coloré. Le "son" du groupe a changé et c'est dommage. Peut-être la crise de jeune adulte terminée pour le groupe ? Reste tout de même que le groupe semblait heureux d'être à Montréal et était également à l'écoute de son public. On se serait dit invités dans le studio privé du groupe pour une interprétation de leur nouvel album (mais oui, il faut bien vendre la dernière marchandise, malheureusement...). The Upside Down groupe invité - et première formation à signer sous le nouveau label des Dandys - était bien honnête avec un son rock très proche des Dandys. Pas étonnant ! À surveiller.
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Pierre Lapointe - Mutantès: délirante tragédie spatiale
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L'an dernier, quasi à pareille date j'écrivais à chaud mes impressions au sujet du grand concert extérieur que donna Pierre Lapointe, accompagné de l'Orchestre Métropolitain du grand Montréal, sur l'esplanade de la Place des Arts. En guise de cadeau à ce festival chéri des montréalais, Pierre Lapointe présente hier, aujourd'hui et demain une création à saveur psychédélique tout droit sortie des rêves les plus fous. D'emblée présenté comme une sorte de pastiche à la Tim Burton, où toute lumière est réflexion, comme le reflet de l'âme sur le sol jonchant ses restes, ce concert s'avère plutôt une véritable tragédie. Une tragédie dans le sens Grec du terme, mais tentée d'une saveur rétro futuriste complètement éclatée. Pierre Lapointe est accompagné sur scène de 13 danseurs, formant un moule émotif autour de sa personne. Ceux-ci semblent flotter sur scène autour d'un Lapointe tout droit sorti d'un rêve psychédélique. La mise en scène de Claude Poissant est magistrale. Tout simplement grandiose. Les personnages flottent au dessus du néant. Les musiciens de scène sont époustouflant en mélangeant les registres et les références. D'une introduction électronique jusqu'à un froid cri strident d'un violon. On en retient même un peu l'impression que ce concert est surtout un exercice de stylistique scénique. Une sorte de ballet cosmique, une sorte de rêve spatial qui prend place devant nos yeux. La musique apparaissait secondaire dans cet état d'esprit tellement l'élégance de la mise en scène sublimait tout. La qualité est irréprochable. Réflexions sur le sol, effets d'espace, lumières, piano à queue noir en silhouette. Toute la scène respire l'élégance même.
Par respect pour les spectateurs à venir et pour conserver la sensation d'intemporalité de ce concert, les détails sur ces chansons ne seront pas révélés ici. Sachons toutefois que ce concert constitue un showcase déguisé. Lapointe présente ses pièces à un public restreint. Disons seulement qu'une majorité du nouveau répertoire, ô précieuse marchandise, est composé au piano sous forme de balades mélancoliques. Un peu comme un hymne chanté aux étoiles. Pierre Lapointe nous invite dans son vaisseau spatial avec lui. La scène s'illumine, les étoiles scintillent de partout, et nous sommes témoins d'un véritable ballet cosmique emprunté à Star Trek. Une porte lumineuse franchie, on entre de plein pied dans le cerveau de Pierre Lapointe. Les coeurs soutiennent la prestation de façon détachée, sans jamais gêner le contact direct avec le public.
"Je reviendrai" et "au bar des suicidés" volent la vedette. Nous ne serons jamais plus qu'un amas de chair face à sa douleur. La porte est ouverte. À nous d'entrer en ces lieux complètement délirants et incroyablement stylés. Émouvante soirée où on revient sur terre le coeur encore vibrant de l'écho du coeur grec, dont le saut dans le néant de l'arrière scène dépeint à lui-seul le suicide des suicidés. Pierre Lapointe aura fait voler ses oiseaux de malheur dans une salle entière. Seul bémol, nous sommes littéralement emportés par un tourbillon de mélancolie. Coup sur coup, pièce sur pièce, si bien que l'ensemble est esthétiquement parfait, mais il est difficile de saisir chaque pièce tellement tout est éblouissant. L'overdose de paroles est si prononcée, qu'on ne se souvient véritablement d'aucune pièce tellement elle se succèdent dans un rythme effréné, espacées seulement par de long silences où il ne se passe strictement rien.
Les nouvelles chansons, plus épurées musicalement que La Forêt des Mal Aimés sont lourdes de douleur et d'émotivité. Sentiment amoureux, rejet, on sent une importante remise en question existentielle dans les pièces. Il faudra définitivement les écouter sur un album pour réussir à décanter toute leur signification. Les voir en spectacle ne peut permettre que d'effleurer leur profondeur.
Mutantès, à la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts: tout simplement tragique.
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Radiohead au Parc Jean Drapeau: Transcendance et arc-en-ciel !
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 Les journaux en ont parlé et reparlé. Ce mercredi 6 Août sera une date à garder en mémoire. Une date où on pourra raconter, bien plus tard, que "nous y étions". C'est que le groupe Radiohead peut se targuer d'être le plus influent et respecté gardien du rock contemporain. Sans contredis le meilleur groupe rock du siècle. Le chanteur Thom Yorke et ses acolytes approchent la musique d'une manière scientifique, enfermés dans leur laboratoire secret d'Angleterre. Ils n'en sortent que pour présenter, très rarement, les résultats de leur expériences le temps d'un concert et de très rares albums.

Imaginez la chance de voir Radiohead en concert à Montréal ce fameux 6 août dernier. À 15 mètres de moi, j'étais témoin d'un des meilleurs concerts de ma vie. C'est qu'ils sont coriaces les fans de Radiohead. Bravant la pluie, la boue, et ce après plus de de 8 heures d'attente ! Un arc-en-ciel se pointe dans le ciel lourd de la métropole. A Rainbow for Radiohead ! Le décor est un vaisseau spatial futuriste. Dans son cocon de lumière, Thom Yorke nous fait oublier nos pieds endoloris et nos habits transis. Nous avons devant nous un rêve. Une expérience véritablement transcendante.
Le dernier passage de Radiohead à Montréal était en 2006 à la Place des Arts. Avec des billets vendus en 4 secondes, difficile pour le commun des mortels d'y assister. Pas cette fois. Plus de 35 000 personnes étaient présents mercredi dernier. Le rythme déjanté de 15 steps ouvrit le bal. Tout le monde en eut pour son compte. La plupart du nouvel, et extraordinaire album, In Rainbows a été joué sur scène. Mais les plus grand succès tels Optimistic, Karma Police et autres chef d'oeuvres n'ont pas été oubliés. Reckoner me donna les larmes aux yeux. À mon avis, cette pièce musicale la plus marquante des dernières années se prête encore mieux en concert. Et surtout en concert extérieur. La voix de Thom Yorke semblait souffler un jet de ouate cotonneux, et l'écho naturel de la nature n'a fait que sublimer ce chef d'oeuvre, cette voix divine tout simplement magique. Jamais un groupe de musique rock n'aura suscité aussi grande émotion.
 Pour le rappel ? Deux spectacles pour le prix d'un. À 22h00 les feux d'artifices de la Ronde se sont mis de la partie. Contrairement à ce que le (mauvais) journal La Presse affirmait dans sa critique, les feux d'artifice n'ont fait que rajouter une couche d'émerveillement sur ce concert déjà intemporel. Pas de dérangement, pas de plaintes à avoir. Thom Yorke de rajouter "Tant qu'à faire des deux d'artifice, aussi bien les faire sauter à la fin du concert". Profond contraste de mélancolie acoustique sur un canevas festif fourni par ces feux d'artifice.
Johnny Greenwood, le bidouilleur de son, enjoliva le tout avec ses solos électroniques et de guitare, allant même jusqu'à inclure un échantillon de la voix de Gilles Proulx en guise d'introduction à The National Anthem. Le chanteur d'Arcade Fire était présent dans la foule. Parions que cette introduction était son idée.
C'est après ce concert d'une incroyable générosité que nous sommes revenu les deux pieds sur terre (et sur boue). Faire sortir 35 000 personnes d'une île de rêve au beau milieu du fleuve n'est pas une mince tâche. Qu'à cela ne tienne. Nous avions tout notre temps pour finir de rêver.
Radiohead au Parc Jean Drapeau en ce 6 Août 2008: le plus beau concert jamais vu par mes yeux. Épique, transcendant, grandiose, à en être sans voix. Photographies du concert.
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M83 : le rétro moderne.
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Cette galaxie qu’est M83 est de retour en ce début d’été avec une nouvelle cuvée tout particulièrement élégante. L’album Saturday = Youth est le fruit d’une réelle métamorphose au sein de la formation d’Antibes anciennement composée d’Anthony Gonzalez et de Nicolas Fromageau. Travaillant maintenant seul, Gonzalez délaisse sur cet opus les sonorités ambiantes et lourdes, aux relents psychotiques qui ont fait sa marque. Saturday = Youth est en ce sens une bouffée de fraicheur recyclée. L’album au titre évocateur revisite les rythmiques électroniques caractéristiques des parterre de danse des clubs des années ’80, mais ne délaisse jamais les ambiances organiques, qui témoignent, elles, de la genèse de la formation.
Gonzalez souhaite ainsi rendre hommage aux airs musicaux ayant bercés son enfance. L’album est en effet teinté d’une profonde nostalgie. À sa manière, Gonzalez a réussi à dépeindre un aspect vieilli et rétro à sa musique, un peu comme une vidéo d’époque comportant son lot de couleurs délavées. M83 produit sur cet album une musique le devenant elle-même, tachetée de sonorités rétro, empruntes de la nostalgie des années 70-80, où tout était moins lourd.
L’auditeur oscille donc entre l’euphorie et le spleen caractéristique de ces années d’adolescence. Dans le single Graveyard Girl, il réussit à rendre en musique l’émotion ressentie par une adolescente des années ‘80. Tension et légèreté se répondent, englobés par les nappes de basse de synthétiseurs complètement rétro et dosées d’une main de maître. Couleurs nous entraîne dans un rave délirant, jusque dans les galaxies les plus colorées. Les références aux albums précédents restent par ailleurs bien présentes, comme le témoigne les nappes de synthétiseurs des sous-couches mélodiques. M83 rassemble ainsi le meilleur des deux mondes : les délires ambiant des albums précédents alliés à une nouvelle structure et une progression des pièces particulièrement soignée.
Saturday = Youth est également le premier album de M83 où l’on sent une véritable cohésion au sein des morceaux. Plutôt que de fournir une explosion de séquences de synthétiseurs qui contribuaient à la lourdeur des anciens albums, M83 réussit à créer diverses variations sur un thème, mais sans ne jamais verser dans le kitsch. C’est un exploit non négligeable, et pour cette raison ce nouvel album est particulièrement touchant. Rarement n’aura-t-on vu un album se donnant dans le rétro, mais également tout à fait actuel. Déstabilisant. À se procurer absolument !
M83 se présentera en spectacle au Cabaret Music Hall de Montréal le 31 mai
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Deux par deux rassemblés
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C'est accompagné de tout l'Orchestre Métropolitain du grand Montréal, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin que Pierre Lapointe s'est lancé sur la scène hier. Un tableau magistral, encensé d'ombres et lumières, qui, pour une fois, donnaient juste reflet de sa poésie torturée. Pierre Lapointe en spectacle ? Oubliez les relents noirs que sa voix emprunte. Oubliez le spleen caractériel de l'homme. Non, ce concert était plutôt imprégné d'une véritable folie dansante. Car Pierre Lapointe est un showman. Un véritable amuseur de groupe, qui sait manier avec élégance et berceuse son public.
Pierre Lapointe, c'est le Français pur et noble de la poésie. Il était émouvant d'être témoin de ce grand silence, laissant parler cette musique qui nous berce et nous libère, deux par deux rassemblés. Les gens écoutaient, les couples se berçaient, sous un torrent de poésie et de mots purs. Les paroles étaient sues, chantées, murmurées, telle une grande messe de ces mots qui, à coup sûr, dépeignent pour chacun un petit univers de songes.
Les Montréalais étaient beaux à voir ce soir-là. Du Français pur, exempt de toutes arrières pensées, chanté et dansé par tous à l'unisson. Voilà pourquoi ce spectacle était la meilleure chose que les FrancoFolies pouvaient organiser pour rallier les gens. Pierre Lapointe représente l'icone par excellence de ce festival. Rassembleur, charismatique, mais surtout le plus noble représentant de la poésie québécoise actuelle. Ce concert était manifestement le fruit d'un travail colossal. Fier, fier que j'ai été d'être montréalais hier soir. De l'extase suprême, sublimissime, à commencer par un prologue symphonique à en faire frissonner les morts. Imaginez tout l'aspect théâtral que ces mots peuvent évoquer. Longue cape noire, gestes lents, fumée et lumières. Si chaque artiste pouvait oser ce genre de spectacle tout en lumières plus souvent, Montréal serait définitivement le paradis culturel qu'il est en train de devenir.
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De l'oxygène distillée au grand Air !
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Maniant les sons avec élégance et brio, empourprés de nappes de basses analogiques et profondes, d'un son planant et limpide, le duo Versaillais Air n'a plus rien à prouver. Successeurs de l'Oxygène de Jean-Michel Jarre, Jean-Benoit Dunckel et Nicolas Godin ont honoré Montréal de leur présence ce 6 mai. C'est donc avec le plus grand fanatisme que j'attendais ce concert d'Air au Métropolis. Leur dernier passage remontait à 2004, et depuis je ne m'étais jamais pardonné d'avoir connu cette formation une semaine après ce passage. En bref, Air c'est Air. Ainsi pourrions-nous résumer cette musique. L'électronique old school se fait de plus en plus rare. Or, Air représente la relève de l'électro. Les vieux noms tels que Jarre ou Oldfield déclinent peu à peu. Le groupe Air a su se réinventer depuis 1996 et son Moon Safari. Réalisant au passage la bande sonore de The Virgin Suicide de Sofia Copolla ou collaborant avec Charlotte Gainsbourg, ces Français ont su imposer leur son sur la scène électronique internationale. Tellement qu'ils incarnent malgré eux ce qu'on nomme le French Touch, ce courant de musique minimaliste, emplis d'une fascination des années soixante-dix, ou plutôt ce génie incommensurable qui caractérise l'électro français. Ainsi, l'auditeur se laissera volontiers bercer par une nappe de Solina phasée, englobé d'un son de basse minimaliste. Sacrée soirée en perspective. Non-remis d'avoir rencontré les membres du groupe sur la rue St-Denis je fus témoin de deux personalités plutôt réservées, fidèles au minimalisme identitaire du groupe. Le public montréalais a semblé très apprécier le spectacle. Même, qu'ils semblaient parfois submergés de timidité face à leur oeuvre tellement certains furent enthousiastes. Atteignant un climax complètement irréel (y compris la sublime Cherry Blossom Girl) , il était évident que les musiciens ont tout donné pour le plus grand bonheur de tous. À très bientôt, et vive cette France musicale !
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Le son comme une fresque
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Jean-Michel Jarre est un de ces artistes à la fois rassembleur et mystérieux. Sous un certain charme charismatique se cache l'inventeur de la musique électronique. Comment ne pas rêver de cette période un peu "kitsh" des années 70 où tout semblait possible ? Toujours actuels, ses disques font rêver. Alors que le monde tourbillonne autour de nous, pourquoi ne pas pouvoir, après tout, s'élever sur un nuage momentanément ? Son oeuvre rythme maintenant ma vie depuis 10 ans, du mélancolique Équinoxe à la légèreté de l'Oxygène. À un tel point que j'en suis devenu un grand collectionneur.
Malheureusement, le Québec, pourtant célèbre pour sa scène musicale électro, connaît encore bien peu ce pionnier remarquable. Un peu comme un peintre, Jean-Michel Jarre, c'est la fascination d'être témoin d'une émotion chez l'auditeur, alors que la musique y demeure tout à fait abstraite. Sa musique est un tableau en mouvement à vivre et explorer, possédant couleurs, émotions et subtilitées.
D'autre part, ce nouvel album est malheureusement beaucoup plus froid et commercial que tout ce qu'il aura pu produire auparavant. Les compositions sont toujours teintées d'un profond souci du détail ainsi que d'une remarquable complexité dans les sous-couches mélodiques. Malheureusement, les grandes "fresques sonores" dépeintes dans les albums mythiques tels Oxygène ou Équinoxe n'existent plus. Téo & Téa est donc l'album idéal pour faire le plein d'énergie, mais le son très commercial qui le caractérise laisse plutôt froid à l'écoute, surtout en sachant ce que ce musicien est capable d'accomplir...
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Critique
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Laissant (malheureusement) pour compte leurs vieux succès (assurés auprès de l'auditoire), la majorité du spectacle était composé des pièces les plus calmes de leur répertoire. Beaucoup de l'album Meds donc, moins de hits comme Pure Morning. Dommage. Brian Molko, enchaînant sans relâche les morceaux, possède véritablement une voix majestueuse. En titre de spectateur, je dois souligner avoir été témoin d'un des personnage les plus hors du commun du rock. Tout comme celle de Thom Yorke, la voix de Molko est unique, puissante, nasillarde et surtout, à son image, androgyne. Le groupe fut plutôt froid avec le public Montréalais. Molko de saluer la foule en français une seule fois, pour ensuite enchaîner ses morceaux plus que robotiquement. Ce manque de chaleur fut remarqué. Dommage.
La première partie étant majoritairement composée de pratiquement la totalité ou presque ( citons la regrettée Post Blue) de l'album Meds, peu de gens y trouvèrent leur compte. Par contre, la dernière tranche du spectacle baignait les spectateurs d'une hypnotisante nappe de basse, grave et souple. De quoi entrer en transe, pour ensuite être transporté par des pièces plus que magistrales telles Special Needs, Twenty Years ( la voix de Brian Molko rendant particulièrement frisonnant lors de ces passages) ou bien la rythmique électronique de la basse de Taste in Man. Une tournée bien ficelée donc, mais particulièrement impersonnelle. Les gars débarquent, jouent leur matériel et repartent. Il n'en demeure pas moins que le privilège d'entendre la voix extraordinaire de Brian Molko à moins de 4 mètres de sa personne est indiscutable.
En résumé, on se souviendra de ce passage de Placebo à Montréal comme celui d'une tournée déjà bien rodée depuis 1 an, mais amputée de certaines pièces phares de leur répertoire qui auraient pu donner un second souffle à la soirée. Doublé de la froideur des musiciens, on en retiendra un très bon spectacle, mais où le dessert manque.
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