Pour commencer, un rappel, une évidence douloureuse: nous ne sauverons pas la planète. Elle se sauvera toute seule, avec ou sans nous. Puis un jour, elle périra à une heure qui ne sera même pas la sienne ni la nôtre, mais celle imposée par notre soleil devenu trop chaud. À moins qu'une comète imprévue entre temps, venue le diable sait d'où, nous rentre en pleine gueule et nous renvoie tous à l'âge de pierre...
Et nous n'avons pas à penser le monde, puisqu'il se pense et se dépense sans cesse sans nous demander notre avis, avec son propre système nerveux, ses neuronnes, ces milliards de galaxies dans un univers dont nous n'arrivons pas encore à mesurer l'étendue. Si étendue mesurable il y a. Monsieur Hervé Kempf affirme que nous devrons sortir du capitalisme, et vivre autrement.Je voudrais bien , mais à défaut de l'éternité et de son paradis à la fin de nos jours, une croyance plus que jamais mise à mal depuis qu'on peut l'entrevoir, l'éternité, dans l'oeil magique des télescopes Hubble et Kepler, je me demande quel autrement pourrait faire notre bonheur.
Le communisme a été essayé, on connait le résultat, même si la gauche fait semblant de ne pas le voir et n'en parle jamais. Les autres utopies ne valent guère mieux qui nous annoncent le paradis en ce bas monde, une foutaise encore plus considérable,aussi dangereuse que celle des religions. Les Témoins de Jéhovah essaient de nous faire accroire que le monde fut créé il y a 6,000ans. Greenpeace nous promet l'apocalypse dans moins que ça. Au total, les Témoins de Jéhovah et Greenpeace, c'est le même fanatisme, le même négationisme vis-à-vis la raison scientifique.Pourtant le cosmos, ce n'est pas le monde que nous croyons encore être les seuls à habiter avec notre intelligence supérieure, le cosmos, il ne nous regarde pas, il nous consume et nous tue sans s'en apercevoir.
L'univers est impitoyable,il ne nous fera pas de crédit. Avec lui, on paye toujours comptant. Et toutes nos épargnes d'énergies finiront à plus ou moins long terme dans un quelconque de ses innombrables trous noirs. Notre sagesse présumée, il en fait déjà sa réserve secrète d'anti-matière. Si l'univers était vraiment intelligent, nous le ferions rire.
Pour combattre la misère, la pauvreté, l'ignorance, nous avons inventé le capitalisme, l'économie de marché. Et la libre circulation des biens et des personnes. Dans le dictionnaire, ça définit le commerce. Et accessoirement, la liberté tout court.Le plus beau des commerces, c'est l'amour. Le pire, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Ces deux formes de commerce sont aussi dangereuses l'une que l'autre, à l'image de l'homme, foncièrement imparfait, pour ne pas dire dégueulasse, quand il exagère ses talents. Notre porte-feuille, c'est notre humanité, qui n'a rien à voir avec les purs esprits.
Rien ne nous définit mieux dans l'usage que nous avons fait du capitalisme que l'invention de la carte de crédit. Voilà bien résumée notre nature dans ce tout petit document, qui se ratatine à la grosseur d'une puce à mesure qu'augmente notre imprévoyance. Comme le virus de la grippe, il évolue à notre rythme...La carte de crédit fut inventée au début du siècle dernier et mise en circulation par la Western Union, une compagnie de télégraphie américaine.Avant d'être une machine à fric,cette carte fut donc un passe-port, un moyen de communication et d'échange extraordinaire , qui vint à son heure remplacer le troc et civiliser un peu l'homme. Peu à peu,il devint illégal en nos contrées de vendre sa femme et ses enfants pour trois vaches. Ou l'inverse. Il n'est pas inutile de rappeler que le commerce de l'argent, le capitalisme, prit son essor dans les pays où la démocratie fut et est encore la mesure des droits de chacun.
La crise financière qui nous frappe, c'est une grosse grippe qui vient mettre à l'épreuve les différents systèmes immunitaires de nos sociétés. Rien ne fait plus réfléchir, entrer l'homme en lui-même que la maladie. S'il s'en sort, c'est en s'économisant au maximum, pas en s'épuisant dans l'autrement ou autres potions magiques. L'économie est un art qui s'apprend jeune. C'est long ,difficile, et les virus se recommencent en nous éternellement... Économiser de l'argent , ce n'est au fond pas très différent que d'apprendre à bien doser ses idées, car il est bien plus difficile pour un intellectuel, mettons, de retenir sa plume que sa langue.
On y peut rien, la nature a fait de nous des êtres paradoxaux. C'est la définition la plus simple de ce que nous appelons le libre-arbitre. Ca rime avec libre-échange, cette forme évoluée du capitalisme. Désormais, on ne pourra plus passer outre. Le commerce nous nomme comme il peut, c'est-à-dire comme nous sommes. Neutraliser le capitalisme, ce serait nous ravaler au rang des animaux, des créatures inférieures qui n'obéissent qu'à la loi du troupeau. Comme viennent d'en donner l'ordre aux Madelinots les imbéciles de l'Union Européenne.
Monsieur Hervé Kempf est chroniqueur en environnement au quotidien français "Le Monde". En tout respect pour la définition la plus large du mot "monde", il devrait savoir que le vrai péril qui menace l'humanité, ce n'est ni le réchauffement climatique, ni le capitalisme, mais bien plutôt la surpopulation. Là, on peut affirmer sans craindre de se tromper, que l'homme a très mal économisé ses énergies. La vraie crise, qui ne fera que s'accentuer, elle est là. Et quand on en est rendu à accorder plus d'importance à l'avenir d'une espèce animale qu'à celui de l'homme, j'ai bien peur que ce n'est pas demain la veille que nous serons plus intelligents de ce côté-là des choses. À moins de croire que le phoque en Alaska est l'avenir de l'homme....