
Mais combien de guitares acoustiques Francis Cabrel a-t-il apportées pour sa tournée actuelle? Quatre? Cinq? Le préposé à la scène, hier au Théâtre St-Denis, ne cessait de lui en mettre de nouvelles dans les mains. Sans oublier le ukulélé qui agrémentait quelques morceaux dont Je l'aime à mourir, en solo. Belle idée, car il doit en avoir un peu marre de la jouer, tout comme Petite Marie; Les chemins de traverse; Encore et encore et autres Sarbacane. Par respect pour le public, elles étaient toutes au programme.
L'élégant chanteur s'est tout de même permis, pour sa première montréalaise, de faire quelques entorses à la liste de chansons prévues. En ouverture, il a troqué Saïd et Mohamed pour La fille qui m'accompagne (on ne s'en plaindra pas). Par contre, quand Cabrel remplace Octobre par Je t'aimais, je t'aime, je t'aimerai, quand il raye Rosie des rappels, on grince un peu.
Il a chanté une large part des nouvelles chansons de l'extraordinaire Des roses & des orties, un des meilleurs disques de 2008 et de toute sa carrière. On l'aurait bien pris au complet, car il manquait à l'appel entre autres les excellentes Des gens formidables ou Elle m'appartient (c'est une artiste), reprise de Dylan.
Cabrel a livré un spectacle bien foutu, professionnel, quoiqu'un peu machinal. Ça se sentait qu'il le refaisait depuis une quarantaine de fois en France, au Nouveau-Brunswick et au Québec. Et que ça se poursuit encore et encore. Malgré la qualité du répertoire, l'humour entre les chansons, on a cru lire un peu de lassitude dans ses yeux. Mais le public, lui, en redemandait, ravi.
Quant à Catherine Durand en première partie (une petite demi-heure), elle a su séduire, mais elle aurait fait encore plus fort avec les chansons de Diaporama, plus accrocheuses.
Francis Cabrel, au Théâtre St-Denis, Montréal, 21 avril 2009.
En tournée au Québec (Brossard, Trois-Rivières, La Baie, Québec) jusqu'au 2 mai.