
On a beau aimer Brassens depuis
toujours, s’acheter ses nouvelles intégrales plus ou moins au fur et à mesure,
le connaître par le cœur et sur le bout des cordes vocales, on surveille
toujours les sorties de ses interprètes.
Parce qu’un jour Renaud a chanté
Le vieux Léon et que ça a été une redécouverte. Même chose quand Maxime Le
Forestier ou Anne Sylvestre reprennent Les passantes. Par la voix du bon
Georges, elles étaient un peu passées inaperçues, va savoir pourquoi. Cette
fois-ci, elles frappent l’attention et l’imaginaire.
Il y a quelques années le
guitariste de Brassens Joël Favreau était venu à Montréal célébrer le
répertoire du maître et ami. C’était au Petit Medley si je me souviens bien.
Pendant son tour de chant, il a interprété Le verger du roi Louis, méconnue
perle de Brassens (sur un texte de Théodore de Banville, poète du 19e
siècle). Émotion brute. Totale redécouverte.
Favreau a consacré quelques
albums de reprises de Brassens, dont le dernier : Brassens autour du
monde. Ça rappelle un peu ce que Jane Birkin avait fait avec Arabesque en
«arabisant» Gainsbourg. Tonton Georges en musique du monde, capté sur le vif,
avec les musiciens du cru? C'est ce que propose Favreau, qui a traîné sa guitare à travers divers pays, et dont témoigne cet opus.
Quel plaisir d’entendre La marche
nuptiale avec des percussions et du oud, enregistrée à Beyrouth! Ou Mourir pour
des idées à Cotonou au Bénin. Ou Auprès de mon arbre avec des tablas, à Kaboul!
Ça donne aux chansons connues ou
moins (L’arc-en-ciel d’un quart d’heure sur une musique de Favreau) une pulsion
nouvelle, une rythmique du tonnerre – et une terrible envie de les rechanter
encore et encore.
(Le CD Brassens autour du monde
n’est disponible que sur le site Internet de Joël Favreau)