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L'oreille de Delerm
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Vincent Delerm est sans doute un des chanteurs français les plus intéressants de sa génération. Dommage que ses albums soient à peine disponibles ici. Le 16 novembre, il sort en France un DVD-livre de sa dernière tournée: images, photos et textes. Voici qui semble très prometteur, même si je doute que ça se rende jusqu'à nous. Sa maison de disques, Tôt ou Tard, ne semble pas prête à faire des efforts de promotion pour ses artistes au Québec. À part Fersen, point de salut.
Dans le communiqué pour Delerm, on peut lire ceci. Son univers s'y trouve bien représenté:
Top 10 des phrases entendues après concert dans le hall:1. Je vous avais vu avec Jeanne Cherhal. 2.Ça va finir dans une chanson ça ! (À propos de n’importe quoi, un feutre qui ne marche pas, un gobelet qui se renverse, une écharpe qui traîne par terre.) 3. Fanny Ardant vous l’avez rencontrée ? 4. Je vais être franc avec vous, je ne connaissais pas avant de venir. 5. C’est vous qui choisissez la première partie ? 6. Si je vous envoie des textes à la maison de disques vous les aurez ? 7. On a cru qu’on allait voir Souchon apparaître et puis non. 8. Bravo pour Stéphane Guillon. 9. C’est la première fois de ma vie que je demande un autographe. 10. En fait vous êtes drôle. |
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Rock?
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Si vous êtes comme moi et que vous préférez votre rock sérieux et mûr plutôt que juvénile et déconnant, allez jeter une oreille sur Semtazone dont je parle aujourd'hui dans la page Disques:
Une décennie et une poignée d'albums plus tard, les Français de Semtazone quittent l'ombre des Têtes Raides. Fini, la fanfare un peu bancale. Pour notre plus grand bonheur, ils entrent dans un rock plus sombre et littéraire qui resplendit, qui tranche. Également, avec Alles is durven, on accorde davantage de place à la chanteuse, dont on apprécie la voix chaude. Les textes font étape à Bagdad, Berlin, Londres, et le tissu des guitares électriques envoûte. Semtazone reprend là où Les Hurleurs avaient fini en 2002, plus près des Tindersticks ou de Thiéfaine que de La Tordue. (3 étoiles et demie)
Semtazone est en tournée chez nous du 23 octobre au premier novembre. Le 24 à la SAT de Montréal. Mais aussi à Ottawa (un autre pays, je sais), Québec, Trois-Rivières et Tadoussac.
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Chantons décembre!
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«NOËL! NOËL! Peuple, à genoux Attends ta délivrance!» Avez-vous hâte de tonitruer ça? Personnellement, je préfère Renan Luce, Jean-Louis Murat et Juliette Gréco. Ça tombe bien, le premier décembre au Québec, ils sortent de nouvelles galettes. Universal sort une double compil de Gréco, alors que je viens juste d'en recevoir une autre de Frémeaux & associés... À démêler plus tard. Renan Luce lance Le clan des miros, la suite très attendue au magnifique Repenti qui avait séduit public et critiques. Quant à Murat, après le très réussi Tristan, il est retourné enregistrer ses nouvelles chansons à Nashville.
J'ai un copain qui doit frémir d'envie devant le nouveau Murat, mais il ferait mieux - au lieu de lire ce blogue - de terminer le disque qu'il a en chantier depuis trop longtemps... Au boulot!
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Bashung, le retour
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Avec la parution de la biographie de Bashung par Marc Besse des Inrocks, sur laquelle nous reviendrons, c'est l'occasion pour en apprendre plus sur les différentes sorties disques, sur la nouvelle intégrale... En voici quelques détails. Les dates sont françaises, elles peuvent varier de quelques semaines pour le Québec. -Double CD en concert, «Dimanches à l'Élysée» (16 novembre) -DVD concert, à l'Olympia (16 novembre) -Deux DVD anthologie TV, «À l'arrière des Berlines» (30 novembre)
-Intégrale 27 CD, «À perte de vue». Ça inclut 13 albums en studio, 8 en public, «La ballade de Calamity Jane & Le Cantique des Cantiques», trois albums de raretés et inédits, deux d'instrumentaux. (30 novembre) Et pour 2010: -«L'homme à tête de chou», reprise intégrale de l'album de Gainsbourg par Bashung, agrémenté d'un deuxième CD qui ne semble pas signé Bashung mais Denis Clavaizolle. On dit que c'est une BO.
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Biolay bâillonné
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C'est une belle histoire que nous conte le dernier numéro de Technikart. Dans son édito d'octobre, on explique pourquoi l'entrevue de Benjamin Biolay, réalisée plus tôt, ne paraîtra finalement pas dans ses pages. Un beau cas de censure et de manipulation de sa nouvelle maison de disques, Naïve.
Biolay, pour la sortie du précédent album (Trash yéyé) avait accordé à Technikart un entretien dans lequel il crachait sur tout ce qui bouge, y compris la chanson française dont il est un des meilleurs représentants. Déchaîné, le Benjamin. La une le citait: «La chanson française me débecte». Grosse histoire. Du coup, cette fois-ci, Naïve voulait redorer le blason de son nouveau poulain, relisser son image. Naïve a exigé de pouvoir lire l'article AVANT publication. Technikart a accepté. L'entrevue a été réalisée, l'article écrit, envoyé. Les gens autour de Biolay n'ont pas apprécié le papier, ils ont empêché que ça sorte. Si j'étais Biolay, je serais furieux d'être contrôlé ainsi. Quel beau milieu. Le nouvel album sort bientôt en France. Pour le Québec, on ne sait toujours pas.
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Renaud en Irlande
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«Rouge sang», le dernier album original de Renaud remonte à
2006. Voici qu'on annonce déjà un nouvel opus pour le 23 novembre en France et
le lendemain au Québec.
Il va s'appeler «Molly Malone - Balade irlandaise» et sera
constitué d'adaptations de chansons irlandaises. En français dans le texte bien
évidemment. Si on se fie à Vagabonds, le premier extrait, ça semble prometteur.
Musicalement, en tout cas, c'est très joli. Par contre, Renaud peine à chanter,
un phénomène qui s'aggrave depuis dix ans au moins. D'accord, il n'a jamais eu
une grande voix, mais il en avait tout de même une. Mais là, elle a de la
difficulté à suivre...
Ça sera peut-être la première fois en vingt ans où on
écoutera Renaud d'abord et avant tout pour sa musique...
N'empêche. Ceux qui aiment Renaud et La ballade
nord-irlandaise (déjà une adaptation en 1991) seront bien heureux d'en
découvrir d'autres.
Ça ouvre l'appétit.
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Trois grands compilés
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Parfois, je voudrais en attraper un, l’asseoir sur une chaise et le questionner. Pas nécessairement les yeux bandés, juste accompagné de Jack Bauer. Ça me fascine le métier de compilateur. Qui et comment on choisit les chansons à mettre sur une compilation?
Une série de Triple best of vient de sortir au Québec, et ça soulève toujours ces questions. Parues chez EMI (qui nous avait déjà donné Henri Salvador), elles sont à prix modique, offertes avec le strict minimum pour la présentation matérielle (les crédits des morceaux et quelques photos). L’ordre des chansons se veut essentiellement du plus récent au plus vieux. Et c’est (presque) toujours des enregistrements en studio.
Alain Souchon. Le chanteur disait lui-même qu’il ne fallait pas tout acheter ses disques, qu’une compilation suffisait. Grand coquet, va! Ça prendrait plusieurs CD pour compiler son œuvre intelligemment. Ce Best of 3 CD, quoique assez bien agencé, ne suffit pas. Il couvre seulement la seconde partie de sa carrière, à partir de l’inaudible C’est comme vous voulez en 1985. On aurait pu se contenter d’en extraire Portbail et Ballade de Jim. On ne trouve pas Le zèbre, mais sinon les grandes chansons y figurent à peu près toutes pour la période couverte : La vie ne vaut rien; Les regrets; La vie Théodore; Rive gauche; Le fil; La beauté d’Ava Gardner; Chanter c’est lancer des balles; etc
Pour compléter, je suggère trois opus : Jamais content (1977); Toto trente ans, rien que du malheur (1978) et le double public Défoule sentimentale (1995).
Françoise Hardy. Ça commence par plusieurs extraits de son disque de duos, son chef-d’œuvre La question (1971) est largement représenté, des raretés (duos avec Blur, avec Air). Assez bon tour d’horizon. Mais où diable est la chanson Dix heures en été (1996)? Une hérésie! Par contre, on redécouvre L’impasse (1977).
À ceux qui préfèrent les albums originaux, je conseillerais trois essentiels : La question; Le danger (1996) et Clair-obscur (2000).
Julien Clerc. Les hérésies, ici, sont nombreuses : pas de L’assassin assassiné, ni Les séparés, nombreux trucs plus récents sans intérêt particulier. Mais une perle en version originale : Le cœur volcan. Ou sa superbe Ballade pour un fou. En général, ses chansons des années 60 et 70 raviront le public de Pierre Lapointe qui affirmait s’être inspiré de ces classiques pour La forêt des mal-aimés. Et puisqu’il faut bien mettre des grands succès sur ces compils, quelle que soit la valeur, on n’échappe pas à Cœur de rocker ou La fille aux bas nylon…
À conseiller en originaux : Terre de France (1974) et Où s’en vont les avions? (2008). Et une autre compil, de ses chansons engagées : Utile(s).
Cette série de compilations n’est pas parfaite, loin de là, mais elle survole assez bien la carrière de trois artistes majeurs de la pop française et qui, malgré les décennies qui s’empilent, gardent un talent certain.
À suivre.
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Nelligan revit!
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 À quoi sert de chanter des poèmes? Pour les alléger et surtout pour les faire descendre dans la rue. Avec une bonne mélodie, les vers s'envolent à la portée de toutes les lèvres. Villeray avait réussi avec son album consacré à Saint-Denys Garneau. Au tour de Nelligan. Plus de trente ans après Monique Leyrac, voici un jeune homme originaire du Lac St-Jean qui repique au truc. Pour son quatrième disque, Ian Fournier a choisi seize textes de Nelligan, qu'il met en musique et chante avec une guitare classique, une acoustique et un peu de mandoline. Il fait tout sauf la basse. C'est franchement bien fait et très beau. Moins puissant que Monique Leyrac, mais plus sobre. Ce qui ne gâche rien au plaisir. Au contraire. Du petit bonheur.
Site officiel MySpace
Ian Fournier, Émile Nelligan, ma pensée est couleur...
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Bélanger casse la baraque
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Si je me fie aux statistiques de mon blogue, vous n'étiez pas tous là hier soir, à la rentrée montréalaise d'Éric Bélanger à l'Excentris. C'est bien dommage. D'abord, la salle est agréable, les chaises confortables et la bière, miracle!, bonne! Pas obligé de boire une infecte marque imposée, comme aux Francofolies. Une Cheval Blanc, ça se déguste. Le spectacle aussi valait la peine même si j'ai dû partir à l'entracte. Bélanger présentait la pop feutrée de son premier album, Bananaspleen (oui, je sais, le titre est ridicule, mais les chansons sont bonnes) et un avant-goût du prochain. Il a du charisme, de l'humour, un bel avenir dans la chanson francophone. Les amateurs de Daho ou Delerm pourraient l'adopter et l'importer en Europe. Mais les monologues entre les chansons mériteraient d'être resserrés. Et le spectacle, de commencer à l'heure.
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