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26 novembre 2008, 2:15

Tranche de campagne

Je voulais éviter d'écrire à quel point cette campagne électorale est plate parce que c'est déjà ce que tout le monde dit, partout. J'aurais aimé trouver un angle différent à cette élection désespérante d'ennui, débusquer un enjeu sous-estimé caché sous la rhétorique partisane. Mais rien à faire. Au moment d'aller sous presse, j'ai encore un vague petit espoir que le débat de ce mardi nous fasse tous mentir et transforme cette empoignade de guignols en débat passionnant sur l'avenir de notre société. En fait, ce n'est même pas un espoir, c'est tout juste une gymnastique mentale pour me rappeler comment on espère.

Mais il y a pire que le désintérêt. Il y a une sorte de délectation morbide généralisée dans ce désintérêt. C'est avec passion que les gens méprisent cette élection non désirée. Ceux qui n'ont déjà pas un grand appétit pour la chose politique vivent cette unanimité comme une victoire, comme si tout le monde se rendait enfin à leur point de vue. Alors que ceux qui d'ordinaire en bouffent, de la politique, avouent comprendre pour une fois le je-m'en-foutisme qu'ils avaient l'habitude de dénoncer. Le Québec aura rarement été aussi uni. Contre ses chefs.

En fait, tout se passe comme si le peuple avait envie qu'on mette un moratoire sur les élections. Comme si au fond, ça nous arrangerait de crisser toute la gouvernance de l'État sur le pilote automatique, aux mains des hauts fonctionnaires qui connaissent leur affaire puisque c'est déjà eux qui font tout le travail en dessous de ministres interchangeables, et de sacrer notre camp au chalet pour 10-15 ans.

On aurait juste à installer quelques alarmes pour avertir si le taux de langue française passe sous les 60 %, si les algues bleues viennent à boucher les tuyaux ou si le déficit prend feu; on donnerait la clé à quelques journalistes pour aller tchèquer ça une fois de temps en temps et qu'on nous achale plus. Faites-nous plus accroire que vos plans de carrière sont des projets de société. Arrêtez de faire passer votre petit tournoi de hockey cosom pour un débat d'idées et vos recettes de pâté chinois pour des programmes économiques. En plus, on sauverait des arbres à éviter d'utiliser inutilement des millions de bulletins de votes et de p'tits crayons à mine pas d'efface.

Et pourtant les voilà, à se lancer des bêtises, à trouver leurs adversaires ben épouvantables de n'avoir un programme qu'à 80 % similaire au leur. Et on se retrouve plongés contre notre gré dans une lancinante chicane de famille sans but précis.

Matante Pauline est là avec son beau rêve d'époque, si fragile qu'on laisse la housse en plastique transparent dessus même quand la visite est là. Elle l'époussette de temps en temps en disant qu'il faudrait bien faire refaire les pattes un jour, mais ça peut pas être cette année. Elle est toute fière quand elle en parle, mais elle a quand même peur que les termites pognent dedans, alors elle le montre seulement si on lui demande.

Le cousin Mario est là, parle fort même s'il n'a rien à dire, toujours en bras de chemise dans la cuisine, à se mêler de ce qu'il ne connaît pas. On le laisse dire, pauv' ti-pit, même si tout le monde voit ben que c'est pus pareil depuis son accident de tracteur.

Même Françoise et Amir se sont invités, avec leurs idées de monde mal habillé. Les autres restent polis, mais on leur accorde pas trop d'attention. Ça vient de la ville, ce monde-là. Ça a des amis bizarres qui croient en toutes sortes de complots, pis y en a même dans leur gang qui ont déjà été communistes. Comment des gens qui ont déjà eu si tort peuvent-ils encore penser qu'ils ont raison?

Pis y a mononc' Johnny, avec ses connexions pis sa belle gang de rassurants pragmatiques. Il a eu le talent suprême de nous fourrer quand c'était le temps, quand on regardait pas, pis quand on l'a pogné à essayer de dealer la shed qui lui appartenait même pas, y a fait semblant de rien jusqu'à temps que le hockey commence pis qu'on passe à autre chose. Y est là dans le cadre de porte, le coat de poil su'l'dos, ben crampé de voir tout le monde courailler ses affaires parce qu'il vient de dire que là, fallait y aller, pis que c'est lui qui a les clés du char.

Et tous nous autres aussi on est là, les scribouilleurs, fidèles paroissiens qui n'y croient plus vraiment, mais qui vont encore à la messe juste pour pas faire de peine à grand-maman, à écouter le sermon en bâillant, en se disant que la Vierge Marie dans le vitrail ressemble vraiment à une fille qu'on a connue au cégep.

Les plus jeunes s'en foutent, eux autres, sont dans le salon à regarder le hockey. Le chat dort sur le rebord de la fenêtre, les bouts de pattes agités des mille souris imaginaires qu'il attrape dans ses rêves. Le chanceux. C'est le seul à qui on n'a pas dit qu'il fallait arrêter de rêver.

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Dany Pigeon a dit :

re: Tranche de campagne

Amen!!! Votre texte est une véritable prière! Je l'ai lis et relis avec l'aisance d'un gymnaste roumain!! Je trouve que vous avez réussis en une page à conjuguer la folie téthargique du Québec pour la politique. D'ailleurs j'ajouterais que ce symptôme du «je m'en fou» vient de ces soi disants chefs de partis. Il est vrai que leur rêve de société tangue d'avantage vers leur réussite. Mais en plus, ils demandent à leur hauts fonctionnaires (qu'ils placent à l'occasion pour les remercier de les avoirs appuyés) de lles informer succinctement sur les demandes. Ayoye c'est évident qu'ils vont comprendre. Un document de 60 pages démontrant toute l'étendue de la problématique synthétisé en une page. En plus, c'est hauts fonctionnaires, font dans leur cuulottes quand c'est le temps de dire à ces politiciens qu'ils sont dans le champs avec leurs idéaux. Alors on demeure obliger de recevoir des décisions politiques que nous n'aviosn même pas demandé, mais qui se palce bien dans la gazette nationale pour sa propre pérénitée.

Monsieur Parenteau, votre verve m'a plus car il était censé simple et efficace. Totalement à l'opposé de celle de nos politiciens. D'ailleurs pour faire suite à votre question sur le débat. Je l'ai regardé une heure et j'ai compris que j'aurais regarder une fête d'enfant autour d'une table qui se chicanait pour le gâteua m'aurait été plus agréable. Je suis profondément déçu de notre monde politique. Le pire c'est que je ne vois pas le temps ou nous retrouverons la fougue d'écouter et d'aller voter par conviction et non par obligation. Allons donc voter pour le ou la moins pire!!! Qu'elle tristesse politique.

# 26 nov. 2008, 16:28

Steve Boudrias a dit :

re: Tranche de campagne

C'est René Lévesque qui disait que la politique du pire est la pire des politiques.

Et c'est Pierre Elliot Trudeau qui ajoutait : "On ne fait pas un pays comme les pharaons bâtissaient leurs pyramides pour les laisser en place défier l'éternité.  Un pays se bâtit à partir de certaines valeurs de base."

D'après moi, lorsque nos valeurs de base se cassent la gueule dans les Bourse du monde entier... ça ne me donne pas le goût de relire Karl Marx ou de devenir anarchiste.

Je comprends simplement que le plus grand combat pour sauvegarder les fondements mêmes de notres démocratie vient tout juste de commencer.

--

"Le parlement est l'endroit où votre liberté et la mienne sont maintenues et préservées."

C'est ce que disait Diefenbaker en 1972, l'année où je suis né... ça fait un peu plus de 35 ans à peine... et j'ai l'impression que ces paroles ont été prononcées il y des siècles.

Comme si on était revenue au Temps des Cathérales... avec pour seul espoir le retour à la terre, la colonisation du grand Nord québécois et la prière pour ne pas disparaître et à peine subsister.

--

Les Jean Marc Chaput et les Roger Drolet de ce monde vont faire une fortune ben vite, c'est moi qui vous le dis... si jamais la "tempête économique" qu'on nous prédit est aussi forte qu'on le prétend, la tempête du verglas va avoir l'air d'un voyage à Disneyland à côté de ce qui s'en vient.

# 26 nov. 2008, 17:22

Jean Pierre Bouchard a dit :

re: Tranche de campagne

Monsieur, vous pourriez changer votre cassette. On là connaît par coeur votre plainte: nous n'avons plus de René et Barack n'est pas né ici au Québec. Le PQ veut remplacer la souveraineté par des mesures de souveraineté une à la fois. C'est plate et le PQ m'ennui.

À force de crier que le vide est partout, je le fais entrer dans mon salon en lui tapant dans le dos:

-bonjours le vide, je t'aime pas, mais tu sais tu donne quand même du sens à ma vie-.

Comme si au premier chef depuis la seconde guerre mondiale, ce n'était pas la civilisation occidentale qui l'avait façonné réellement ce vide en créant l'économie de consommation faisant de la publicité télé et radiophonique, la première forme de communication sociale immédiate. L'individu issu de la consommation et qui lit Voir afin de savoir quels produits culturels se procurer est lui même un agent du vide, il sème le vide partout autour de lui, il regarde ses DVD au salon et écoute ses CD dans le même salon sans trop chercher à communiquer avec ses voisins de rue. Il communique oui mais par internet indirectement et il communique aussi à distance avec son cellulaire.

Le vide est un phénomène issu de notre civilisation économique et technologique avant d'être un phénomène politique. Le vide repose sur l'établissement de la prospérité et de la sécurité des individus, les deux premières valeurs de la civilisation libérale reposent justement sur la prospérité et la sécurité. Nos politiciens tous y compris ceux de Q.S et du P.V ne peuvent se permettre d'établir leur programme sans considérer ces deux aspects de la prospérité et de la sécurité. Charest lui en fait tout un plat de la sécurité et de la prospérité c'est: l'économie d'abord oui. Le parti maître de l'idéologie officielle.

À partir du moment que nous tous, sommes colonisés par la prospérité et la sécurité comment les politiciens tous libéraux de culture politique vont nous en délivrer. Si tous les citoyens pouvaient apprendre à escalader le Mont Everest, tous nous en serions transformés mais on en est loin. Nous vivons dans la société du spectacle dont parlait un certain Debord puis après un Jean Baudrillard faite de simulations et de stimulations multiples. Le degré zéro de la politique ou de la société, il a commencé sous la forme métaphysique. Ce qui fait en sorte que la sécurité individuelle, la sécurité sociale sont cousines du politiquement correct et de la peur de faire peur des politiciens. Pauline Marois prendrait donc un mauvais pli oui certainement mais Charest lui c'est une corde à linges! Tout comme Harper, Charest lui ne jure que par ses petites valeurs hypertrophiées qui sont celles de la prospérité et de la sécurité. Ces valeurs qui sont celles du grand empire économique, militaire et métaphysique des États-Unis. Comme un mantra: nous pourrions réciter sécurité, liberté et prospérité, sécurité, prospérité et liberté, etc.. Parce que bien sûr la liberté est la grande valeur fédératrice des deux autres. Mais c'est un paradoxe parce que la liberté libérale ne peut se passer de la sécurité, pas de liberté sans sécurité.

Ce paradoxe là inclut aussi les Q.S et P.V. La sécurité est partout et l'un de ses effets est d'engendrer des sociétés climatisées en hiver comme en été, façon d'exprimer que le vide social est le corollaire de notre civilisation chrétienne qui s'est métamorphosée après le choc des révolutions américaines et françaises sous la forme de la civilisation libérale dont les principes se sont étendus en Asie et sur toute la planète. La philosophie socialiste s'étant construite sur les fondations de la cathédrale de la philosophie libérale, Québec Solidaire fonctionne aussi à travers le duo ou trio; sécurité, prospérité et liberté tout comme le PQ et tout comme évidemment le P.L.Q, l'A.D.Q et le P.V. Or, pour le meilleur et pour le pire, vouloir vivre dans la prospérité, la sécurité et la liberté passe par une impression de vivre dans une bulle dans le mode du déplacement du foyer au travail avec l'arrêt incontournable dans les lieux publics commerciaux. En caricaturant à peine.

Obama aussi magnétique et hypnotique soit t'il va remettre de l'ordre dans l'économie de la prospérité américaine en remettant de la sécurité dans les emprunts. En réinstallant le bien être pour ses compatriotes, Obama va relancer la consommation individualiste comprenant toute la vacuité qui vient avec. La force mobilisatrice des idéaux finit toujours par s'émousser devant l'entretien du confort. La révolution du grand soir a toujours été nourrie par de grands idéaux de liberté et d'égalité qui concrètement se transposent sous la forme ennuyeuse de besoins en prospérité et sécurité.

Je peux référer au philosophe Nietzsche qui au 19ème siècle a expliqué comment notre civilisation à travers le confort pouvait engendrer l'ennui.

Vouloir une plus grande égalité sociale ou l'indépendance nationale c'est intéressant parce que c'est du bien être mais cette béatitude n'est ou ne sera pas dépourvue d'un vaste ennui procurant une impression de vide infinie. La marche pleine des idéaux est fantastique mais après la possible réalisation de ceux ci, le vide se fera intersidéral.

De nos jours, l'économique domine contre le statut national inférieur du Québec dans le Canada, l'économique domination du marché entretenant l'esprit du vide cohabite tout en maintenant de fortes inégalités sociales et en affectant l'environnement. Donc, l'existence de partis qui sont plus que (l'économie d'abord) n’est pas dépourvue de pertinence. Encore faut t'il reconnaître la capacité de voir l'actualité pas seulement dans son quotidien mais à travers la perspective de savoir dans quelle civilisation l'on vit.

Et que de s'abstenir de voter consiste ni plus ni moins que de s'évaluer que comme un strict consommateur dévoré ou mangé de l'intérieur par son ennui. L'élection est plate, on ne me parle que d'économie plate, donc en ne votant pas, je me trouve à encourager le parti le plus plate qui a une forte machine électorale: le Parti Libéral de l'avocat politicien professionnel Jean Charest. Le problème est là. Selon moi, voter PQ, c'est toujours opter pour le parti de l'alternance qui en dehors de ses erreurs a construit la BNQ au quartier Latin, a installé les CPE, l'assurance médicaments et qui reste nationaliste avec Louise Beaudoin pour l'avenir de Montréal comme ville francophone. Mais autrement, si vous en êtes incapables de voter Pauline Marois qui n'est pas vraiment celle que vous croyez, voter P.V ou Q.S mais votez et faites savoir que vos besoins de prospérité et de sécurité ne sont pas de la couleur de l'abstention ni de celles des libéraux et des adéquistes.

Les chroniqueurs de Voir sont t'ils des irresponsables en encourageant sans s'en rendre compte indirectement l'abstention, la non participation aux élections? Une démocratie tiède et riche de ses problèmes reste une démocratie aussi vide soit t'elle.

# 26 nov. 2008, 20:17

Iris Gagnon-Paradis a dit :

re: Tranche de campagne

Les chroniqueurs de Voir sont avant tout des chroniqueurs, qui partagent leurs impressions sur le monde qui les entoure, qu'il s'écroule ou se répande vaseusement dans les méandres de l'ennui. Si quelqu'un encourage la non-participation aux élections, c'est bien les trois chefs de parti qu'on a vus mardi passé, ces trois enfants qui se croient grands et qui se traitent mutuellement de menteurs, étalant au grand jour plus que jamais que la vérité, dans notre monde, n'est qu'une question de perception. Impossible de trouver une quelconque réponse dans ce fouillis.

Ne pas voter n'est pas seulement une réaction de consommateur non satisfait du produit. C'est une réaction à un monde construit sur des balises qui sont en train de s'effondrer. Qui débat sur le repas à servir ou la sonate à jouer quand le navire est en train de sombrer? Qui veut réparer une vieille bagnole quand on n'a plus de carburant pour la faire rouler?

Du vide, peut naître un autre monde. Mais notre monde n'est pas vide. Il est rempli à craquer et dans un fouillis innommable. Ça déborde de partout et plus personne ne sait où mettre la prochaine patch pour éviter l'inondation. On patche donc à grand coups de milliards en oubliant que, peut-être, l'argent n'est qu'une autre invention de l'esprit humain. Peut-être est-il temps de passer à une autre façon de faire fonctionner le monde. Mais ça, il faudra la grande débâcle avant qu'on se mette même à considérer l'idée.

D'ici là, le capitaine du navire va-t-il vraiment faire une quelconque différence?

# 27 nov. 2008, 11:21

Paul Proulx a dit :

re: Tranche de campagne

Voilà un bel article de cégépien. L’idéologie et l’écriture sont caractéristiques des jeunes de 18 ans. Ce n’est pas un article impertinent. C’est du cynisme qui tourne en ridicule un acte démocratique. Jamais, une élection n’a été aussi importante. La situation financière exige des mandats forts pour affronter la crise. Un gouvernement minoritaire n’a pas les coudées franches pour adopter les mesures qui s’imposent. Les partis d’opposition travaillent tous à découdre les propositions mises de l’avant par le parti au pouvoir. En fait, ils jouent à la chaise musicale en attendant le moment qui les avantage pour occuper le siège du Premier ministre. Il y a de l’hypocrisie quand Mario Dumont affirme que l’on devrait être à l’Assemblée nationale pour s’attaquer à la récession annoncée. Il tente de faire mal paraître les dirigeants en laissant pourrir les problèmes à l’agenda faute de les régler pour aller en élections quand les sondages le favoriseront. Ceux qui se présentent ne sont pas plus guignols que les citoyens qu’ils représentent. Jean Charest répond à l’orthodoxie des détenteurs du pouvoir économique; Pauline Marois tente de satisfaire les apparatchicks de son parti qui défendent l’idéologie socialiste des années 1970. Il ne faut pas se leurrer : Johnson, Bouchard, Landry, Boisclair, et Marois si Charest l’emporte, n’avaient pas la stature du leader de gauche. Dumont représente la droite. Son discours peut plaire dans les chaumières parce qu’il vendrait Hydro Québec pour rétribuer les géniteurs. Jean Lesage a nationalisé les compagnies d’électricité parce qu’elles se montraient trop arrogantes à l’égard du gouvernement. Un retour en arrière qui sent les politiques de Duplessis, un autonomiste lui aussi. On a donc trois choix. Charest comme représentant de la rectitude de l’establishment, Marois comme représentante d’apparatchicks sournois et Dumont comme représentant d’Exterminator. Les deux autres factions sont des partis exclusivement montréalistes. Elles ne connaissent rien aux besoins des résidants du rang Croche situé à huit milles du village.

# 27 nov. 2008, 12:27

Jean Archambault a dit :

re: Tranche de campagne

Monsieur Parenteau, la politique est le miroir très peu déformé de ce que nous sommes. La montée du fascisme et du nazisme, dans les années 20, origine de cette désespérance du peuple exacerbée par leurs intellectuels et leurs artistes. Comme Nietzche, ils recherchaient le surhomme. Ils ont élevé Hitler et Mussolini, ce assassins au rang de surhomme.

Il y a pas de surhomme et nous nous désolons. Nos projetons notre impuissance et cherchons des coupables. Vous avez remarqué qu'il y a moins de femmes et d'homme de qualité qui sont prêts à devenir l'agneau sacrifié sur l'autel de notre individualisme crasse. La recherche d'un sauveur (en pensant à Obama) est le piège le plus dangereux pour tout homme qui incarne le changement. Nous sommes son pire ennemi. Nelson Mandela avait compris qu'il ne pouvait s'échapper à ce piège quand quittant la scène politique. Sa grandeur en est plus noble.

Monsieur Parenteau, j'aurais aimé, au lieu de ce texte mal ficelé et indigne de votre intelligence, une page blanche. Comment peut-on être avoir ce regard consternant et noir à la Denys Arcand ou à la Serge Chapleau. Rien ne trouve grâce à vos yeux, alors viennent le cynisme et la dérision. Les humoristes qui sont incapables d'auto-dérision créent des humeurs malsaines qui écrasent l'espoir et entretiennent la désillusion. Cet état plutôt morbide et contagieux tue, comme la peste, l'âme et le coeur de l'homme. Nous n'avons pas besoin de surhomme, ni d'humoristes blasés. Arrêtez de faire du bruit, laissez les hommes et les femmes n'être que des hommes et des femmes. La liberté commence par un grand silence propice à une réflexion constructive. Le rêve n'appartient pas qu'aux enfants. Martin Luther King a dit:"I have a dream"....

# 27 nov. 2008, 13:15

Denis Thibodeau a dit :

re: Tranche de campagne

M. François,

Merci pour ce texte. C'est vraiment pas mal ce que je pense aussi. Si j'ai les mêmes allégeances politiques que vous, M. Parenteau, j'ai voté toutes mes élections avec le mince espoir de voir le Québec avec son siège à l'ONU. Mais dans cette élection-ci, je ne ressens rien de rien. C'est la première fois que je n'ai même pas le goût d'aller voter. De plus, lors du débat, je me suis mis un film que j'ai écouté avec un plaisir coupable. Coupable de ne pas avoir assisté à quoi ? Pas grand-chose finalement. Mais je reviens sur le goût de ne pas aller voter. Je suis conscient que j'ai la chance de vivre dans un pays démocratique qui m'offre la possibilité d'aller voter pour le gouvernement que je veux et blablabla... PIS ! Après tout ce temps, je ne l’ai pas plus mon pays ! Je suis pour un message clair aux gouvernements : comme vous le dites si bien, j'irai bien louer un chalet avec vous pour 10-15 ans. J'apporte la bière !

# 28 nov. 2008, 21:24

Jean-Pierre Dubé a dit :

re: Tranche de campagne

Jean Archambault : " Il y a pas de surhomme et nous nous désolons. Nos projetons notre impuissance et cherchons des coupables. Vous avez remarqué qu'il y a moins de femmes et d'homme de qualité qui sont prêts à devenir l'agneau sacrifié sur l'autel de notre individualisme crasse. La recherche d'un sauveur (en pensant à Obama) est le piège le plus dangereux pour tout homme qui incarne le changement. Nous sommes son pire ennemi. Nelson Mandela avait compris qu'il ne pouvait s'échapper à ce piège quand quittant la scène politique. Sa grandeur en est plus noble. "

Heu... n'y a-t-il pas eu un SAUVEUR DU CANADA en Trudeau dans la deuxième moitié du 20e siècle ?!? Comment expliquer autrement la trudeaumanie ?!?

Checkons ben le Justin ...

" Just watch me "  - PET, Octobre 1970

# 30 nov. 2008, 12:51

Anny Schneider a dit :

re: Tranche de campagne

Pour une fois( de plus) , même si c'est rare, François, je ne suis pas d'accord avec vous.Plate , la campagne électorale québécoise? entéka, dans notre coin de pays, celui de la Haute-Yamaska, ça grouille en titi, sur les estrades et ça argumente à qui mieux mieux. De fois en fois le débat est plus relevé , entre autre parce que cette fois-ci un record: quatre jeunes candidats se sont ajoutés au débat. Mieux encore; ils ont tous des choses intéressantes à dire et chacun a un discours argumentaire personnel assez développé. Deplus, deux femmes relèvent un peu le quota national de la non-parité de s partis (sauf chez Q.S.évidemment!)

Je trouve chouette aussi qu'on les invite tous à exposer leurs points de vue devant la population, pas juste le trio habituel. Après quatre débats dont un filmé et diffusé au moins six fois, les électeurs peuvent se faire, de leur salon,  une idée de leur vision respective.

C'est sûr que comme partout, on retrouve l'inévitable polarisation des chefs de meute qui s'entre-déchirent à coup d'arguments et de faits punchés mais ça met du piquant et pousse ces mâles alpha dans leurs retranchements. Faut dire qu'on est servis ici pour le casting. Entre le jeune député péquiste, kamikaze car trois fois transfuge en 18 mois, un ex- ambassadeur -éminence grise de Trudeau et dégociateur de la coûteuse paix des Braves (le vieux renard de service...), et son principal rival le charmant (et populaire ici) whip de l'Adq, le trio de choc est assez ragoûtant. Ensuite s'ajoute l'heureusement inévitable Vert de service, très vert et débonnaire,  mais ma foi , plutôt articulé pour son âge.

Ensuite une indépendante mère de famille et infirmière praticienne qui veut vérifier son pouvoir personnel et assurer sa job ad vitam  même si gagné d'office, intelligente mais plutôt terne. Enfin, la vaillante revenante Solidaire, Ginette, articulée, informée universaliste, forte et juste et qui n'a pas peur de lancer ses billes dans les pattes des gros joueurs et leur renvoyer les limites de leur arrogance et de leurs promesses pétards mouillés.

Le public les suit avec intérêt et même au Cegep, ça a fait salle pleine et les étudiants ne se sont pas gênés pour exprimer leur inquiétude désabusée face aux promesses de pères Noëls .

Cette semaine, ême le maire de Granby en a rajouté en dévoilant publiquement son appui au libéral...un choix discutable qui m'a attristé personnelement  vu ses anté- cédents, et  qu'il pourrait éventuellement regretter aux prochaines municipales

Les instances colllectives et les médias locaux collaborent de leur mieux à toutes ce s joutes ragoûtantes, pas mal plus palpitantes que la TV. Qui a dit que cette campagne était plate? Je prédis que la prochaine sera encore plus corsée. Vive la démocratie réellement-participative, même si  la libre parole, en même temps que les factures, reviennent  au peuple...

# 03 déc. 2008, 09:41


François Parenteau
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