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3 décembre 2008, 2:07

Le putsch sympathique

Décidément, tout se peut. Des libéraux fédéraux qui applaudissent Gilles Duceppe, des souverainistes qui appuient Stéphane Dion pour qu'il devienne premier ministre du Canada, des néo-démocrates du fédéral qui aspirent à devenir ministres: on croirait voir là des signes de l'apocalypse. C'est fou comme la donne peut changer vite en politique.

Stephen Harper a poussé sa luck. Habitué à faire face à un Stéphane Dion qui reculait toujours, il a gardé la même tactique de toujours foncer. Mais voilà, Stéphane Dion le chef de parti s'est avéré plus coriace politiquement mort que vivant. Quelle existence étrange que la sienne. Stéphane Dion est un champion d'échecs, dans le sens que ses échecs finissent toujours par lui rapporter...

Ce brouhaha parlementaire sans précédent dans l'histoire du Canada provoque aussi les réactions les plus diverses. Plusieurs applaudissent le fait qu'enfin, les partis progressistes mettront leurs voix en commun pour prendre la place qui leur revient: le pouvoir. D'autres crient au putsch. Il y a des fédéralistes outrés de voir des séparatistes décider de qui va gouverner le Canada, des souverainistes scandalisés de voir le père de la Loi sur la clarté soutenu par Duceppe. Le déchirage de chemise est à son comble. Ajoutez à ça la cerise d'absurde sur le sundae de saugrenu: c'est la mascotte en chef du gouvernement, la gouverneure générale Michaëlle Jean, qui devra trancher.

Ce qui fait le plus peur avec cette grande première, c'est que ces coalitions deviennent une habitude, et qu'on se retrouve après chaque élection avec des gouvernements IKEA, en pièces détachées modulaires, à configurer selon les caprices des partis. Bref, qu'on ne sache plus trop pour qui ou pour quoi on vote.

Chose certaine, un qui prend du galon dans toute cette affaire, c'est Gilles Duceppe. Avant la dernière élection, on le sentait complètement en dehors de sa game. Mais il a repris du mordant depuis et voilà qu'il ose, qu'il sort des sentiers battus et, quoi qu'on en dise, qu'il fait la plus belle démonstration de l'utilité du Bloc. Bien sûr qu'il n'est pas dans le fan club de Stéphane Dion. Mais Duceppe a eu la sagesse de dépersonnaliser le débat, de voir plus loin que la petite politique partisane. Les derniers gestes de Harper, surtout celui visant à étouffer les partis politiques adverses en coupant le financement public, étaient absolument inacceptables. Et en obtenant que toutes les mesures de l'éventuel gouvernement de coalition libéraux-NPD soient soumises au Bloc d'abord, il s'assure qu'aucun coup fourré envers le Québec ne pourra se tramer.

C'est d'ailleurs cette clause qui rend furieux les plus fédéralistes des Canadiens, et c'est sur cet aspect que Harper tape afin de rameuter le peuple derrière lui. Le separatist bashing est la sauce à spagatte de la politique dans le ROC. Vous ne savez plus quoi faire pour rallier des Canadiens? Réchauffez-en un pot et vous êtes sûr de faire la une. C'est à croire que le jour où le Québec deviendra indépendant, c'est en tant que "vilain de service" qu'il manquera le plus au Canada...

En passant, je suis toujours étonné de voir avec quelle désinvolture les plus patriotes des Canadiens vilipendent les séparatistes en disant qu'ils veulent détruire le Canada. Détruire le Canada? On imagine tout de suite les bombardements, les villes en ruine... Pourtant, ce n'est que de votes démocratiques qu'il s'agit. Ce pays qu'ils aiment tant serait donc si fragile qu'il ne survivrait pas à l'indépendance de la province qui énerve toutes les autres les trois quarts du temps à vouloir être "différente", à recevoir de la péréquation et à "fuckailler" leurs élections en faisant du vote ethnique? Allons donc.

Pour contrer cette rhétorique, Stéphane Dion et d'autres (Ignatieff, notamment) ont bien pris soin de préciser que cet appui du Bloc renforçait l'unité canadienne. Ça pourrait pourtant, au contraire, mettre cette unité artificielle au défi plus que jamais. C'est hautement hypothétique, c'est vrai, mais imaginez un instant le scénario:

Harassé par ce maelström fédéral face auquel on lui demande de se positionner, Jean Charest tombe en mode grognon et révèle son vrai visage de torpille au service du fédéralisme. Pauline Marois gagne l'élection provinciale. Elle achemine ensuite quelques demandes bien senties à Ottawa (rapatriement des pleins pouvoirs en matière culturelle, peut-être même les points d'impôt qui vont avec, des petits trucs comme ça qui ne coûteraient pas une cenne au reste du Canada mais qui sont des petits morceaux de souveraineté). Et le gouvernement de coalition ne peut pas les lui refuser puisque le Bloc détient la balance du pouvoir! Hilarant, n'est-ce pas?

Et ne me dites pas que c'est impossible. S'il y a une chose que les dernières semaines nous ont clairement démontré, c'est bien que rien n'est impossible...

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Dany Pigeon a dit :

re: Le putsch sympathique

M Parenteau, vous me faite rêver. Même si plusieurs pourraient penser que vos propos ne sont que des divagations. Je crois que la politique mériterait de subir une telle métamorphose.

Mais je ferai mon rabat-joie de service et je crois plutôt que la réalité qui nous guette sera du genre, Élection Majoritaire de Charest et la coalition se dissocie durant les fêtes. Harper revient sur la notion du financement des partis et le tour est joué. Nous sommes repartis pour un méchant bad trip pour les 4 prochaines année! Alléluïa!

# 03 déc. 2008, 15:06

Michel Bertrand a dit :

re: Le putsch sympathique

"En passant, je suis toujours étonné de voir avec quelle désinvolture les plus patriotes des Canadiens vilipendent les séparatistes en disant qu'ils veulent détruire le Canada...  Pourtant, ce n'est que de votes démocratiques qu'il s'agit... "

Opinion typiquement souverainiste qui veut minimiser l'impact de la souveraineté...

C'est pas si simple que ça. Il y a une réalité géo- politique complexe qui fait qu'un Canada sans Quebec s'en trouverait très affaibli... Et si on les méchants  du ROC, attendez juste voir après une séparation! Le Québec subira une pression politque et économique Canada-US d'une  ampleur jamais vue jusqu'a maintenant...

Juste comme exemple de belles chicanes en vue: A qui va appartenir la voie naviguable du St-Laurent?

Un autre exemple: Il y a une communauté francophone hors Québec assez sustantielle...  Pensez-vous qu'un Canada sans Québec va vouloir continuer à être bilingue? Cette communauté-là va souffrir...

Mais c'est vrai, pour les souverainistes, les francophones hors-Québec n'existent pas, alors pas de problèmes...

Encore quelques jours.  Je me croise les doigts...

# 03 déc. 2008, 15:17

Et si… Notre 4% ? « Le Satellite Voyageur a dit :

Et si… Notre 4% ? « Le Satellite Voyageur

Pingback depuis  Et si… Notre 4% ?  « Le Satellite Voyageur

# 03 déc. 2008, 16:27

Jean-Claude Bourbonnais a dit :

re: Le putsch sympathique

Donc, résumons. Duceppe s'en va signer un accord avec le partitioniste Dion, maître d'oeuvre de la loi sur la Clarté Référendaire adoptée majoritairement par le Parlement, pour vaincre le méchant Harper et faire avancer la cause de la souveraineté. C'est fameux. Churchill doit se retourner dans sa tombe! Et Staline aussi, dans l'autre sens!

Ensuite l'élection du 8 décembre reconfirmera le PQ dans son rôle d'Opposition à l'Assemblée Nationale. Forte de ce mandat clair, madame Marois passera sur le corps du gouvernement minoritaire de Charest pour aller chercher le rapatriement des pleins pouvoirs en culture, négocié par Condoleezza Beaudoin de Rosemont. Ce premier chapitre , un avant goût de la pleine souveraineté, sera  accepté avec une joie incommensurable par les libéraux fédéraux et les néo-démocrates à Ottawa, tandis que l'ouest du Canada, avec l'Alberta en tête, au bout d'une courte colère, se ralliera courageusement, laissant de côté son grand rêve de devenir le centre économique et politique du pays.Magique!

Les USA, de leur côté, ébahis par ce chef-d'oeuvre de "realpolitik", acquiesceront sans hésiter, heureux comme des enfants de voir surgir au nord un nouveau pays dirigé par des politiciens qui les ont toujours haï joyeusement et qui se sont opposés aveuglément à toutes leurs politiques depuis vingt ans.

Et plus personne, au Québec et au Canada, ne parlera  jamais d'indépendance. Et comment donc,mon kiki!!!

# 03 déc. 2008, 16:38

Steve Boudrias a dit :

re: Le putsch sympathique

@ monsieur Bourbonnais

Je suis indépendantiste et je n'ai jamais détester les États-Unis (ma conjointe est franco-américaine) et je ne vois pas pourquoi un éventuel Québec indépendant serait mal vu par un président américain fraîchement élu qui a dans la tête de faire son indépendance du pétrole et du charbon EN PLUS de vouloir réouvrir l'accord de libre-échange qui associe les États-Unis, le Canada désuni, et le Mexique.

De plus, je ne vois pas où vous allez pêchez que le Québec ou les péquistes détestent les États-Unis puisque c'est Wallstreet et non Baystreet qui a financé la nationalisation de notre pouvoir hydro-électrique ET qu'un certain René Lévesque était fasciné par la Constitution de ce pays.

Pour toutes ces raisons et bien d'autres encore meilleures, rien n'est impossible en ce moment puisque la politique est redevenue l'art de faire affaire ave ce qui est possible de faire advenir dans un contexte de crise propice au changement.

"Un moment de crise doit être perçu comme le perçoive les Chinois : comme un moment propice au changement et à la nouvelle gouvernance."

traduction libre de feu

Winston Churchill

# 03 déc. 2008, 19:43

Jean-Claude Bourbonnais a dit :

re: Le putsch sympathique

Hum!!! mon cher Steve Boudrias, en lisant un peu partout ce qui se dit de cette coalition, qui commence déjà à montrer des fentes dans sa carapace,l'indépendantiste que je suis et qui doute se pose tout d'un coup une question bizarre:

Si Duceppe avait appuyé Harper, est-ce que Pratte et ses mercenaires de "La Presse" seraient encore du côté des conservateurs?

Hum????

# 03 déc. 2008, 21:50

Jean-Pierre Dubé a dit :

re: Le putsch sympathique

M. Bourbonnais : " Donc, résumons. Duceppe s'en va signer un accord avec le partitioniste Dion, maître d'oeuvre de la loi sur la Clarté Référendaire adoptée majoritairement par le Parlement, pour vaincre le méchant Harper et faire avancer la cause de la souveraineté. C'est fameux. Churchill doit se retourner dans sa tombe! Et Staline aussi, dans l'autre sens! "

N'oubliez pas M. Bourbonnais que l'(ex)-souverainiste Stéphane Dion, fils de l'autre, a aussi dit pendant la campagne électorale récente "JE SUIS NATIONALISTE QUÉBÉCOIS".

Dion n'est pas partitionniste. S'il l'a dit ce qu'il se fait HAUT-PARLEUR de "penseurs" canadians qui font dans la magouille ... inutilement entre vous et moi. Heille, le "Canada" sans le Québec, c'est tout de même encore le deuxième plus vaste pays au monde non ??? Pourquoi se battre pour quelques kilomètres carrés sur le territoire québécois !??

# 04 déc. 2008, 12:08

Jean-Pierre Dubé a dit :

re: Le putsch sympathique

Michel Bertrand : "En passant, je suis toujours étonné de voir avec quelle désinvolture les plus patriotes des Canadiens vilipendent les séparatistes en disant qu'ils veulent détruire le Canada... "

Oui. Vous avez raison. Il faut dénoncer cette désinvolture extrèmement dangereuse. Pourquoi ? Parce qu'elle est ferment de racisme ...

Évidemment, si on parle de la DESTRUCTION DU CANADA DE LA NOUVELLE-FRANCE, rebaptisé PROVINCE OF QUÉBEC, on passe pour revanchard, passéiste ou nationaliste dangereux ...

Avant-hier, on voulait LA DESTRUCTION DU CANADA (de la Nouvelle-France), qu'on s'en souvienne ... Si on entend LET'S DESTROY QUÉBEC bientôt, ne soyons pas surpris s'il vous plaît ...

" Canada delenda est " disait kékun en Nouvelle-Angleterre dans une lointaine galaxie près de chez nous. Vous vous en souvenez ?

# 04 déc. 2008, 12:13

Jean-Claude Bourbonnais a dit :

re: Le putsch sympathique

Jamais je n'aurais pensé un jour être d'accord avec Matthieu Bock-Côté, un nationaliste pur et dur dont la pensée politique répugne à l'indépendantiste continentaliste que je suis. Pourtant, dans "Le Devoir"du 3 décembre, Bock-Côté frappe fort sur le bon clou et emet l'opinion que j'avançais ici dans mon blogue avant-hier, à savoir que cet appui du Bloc à la coalition ne peut servir à long terme qu'à renforcer les visées centralisatrices des fédéralistes à Ottawa. Donc, de ce strict point de vue, qui n'a rien d'une lubie, le putsch du Bloc joue contre les intérets supérieurs du Québec,et contre ceux de l'Alberta. Le gâchis au max!.

Mais il y a bien plus grave encore. Ce geste spectaculaire du Bloc montre jusqu'à quel point les stratèges de ce parti n'ont rien compris à la politique avec un P majuscule, celle qui se sert des plus petits pour mieux les écraser par la suite.C'est quand même ahurissant ce qui se passe ici sous nos yeux quand on prend un peu de recul, le spectacle de Duceppe qui confond l'essentiel avec le secondaire. L'irréparable avec l'aléatoire. Un énoncé économique aussi maladroitement fait, il est facile de corriger ça, de négocier, bref de bien se positionner politiquement sans tout casser, cela fait partie du jeu politique le plus solide en démocratie, entre les différents partis,ce jeu qui consiste à voir à ce que l'aléatoire ne nous jette pas cul par dessus tête dans l'irréparable,le chaos.

Car l'irréparable est bien là, présent plus que jamais suite à la fronde du Bloc. Il se trouve impitoyablement du côté de la coalition. La Loi sur la Clarté Référendaire, la partition, et plus loin encore dans le temps, le Rapatriement unilatéral de la Constitution, la Loi des Mesures de Guerre,tout cela fait partie de l'artillerie lourde des fédéralistes. Un bagage historique dont il est infiniment plus difficile de se débarasser qu'un énoncé économique qui n'a aucune force de loi et qui peut être amendé considérablement.

Mais alors,comment se fait-il que Duceppe n'ait pas compris que son pouvoir de négociation se trouvait augmenté de beaucoup s'il s'était allié aux Conservateurs,ou encore mieux, s'il avait choisi la neutralité, se réservant ainsi un pouvoir de médiateur extraordinaire qui ne l'aurait pas engagé de façon aussi insensée avec le partitioniste Dion? Qui en plus lui aurait donné sur un plateau d'argent un capital politique imposant, inespéré dans l'Ouest canadien? Cette coalition mal ficelée serait taillée en pièces si Harper la portait à l'attention des instances internationales.D'ailleurs,ce n'est pas la coalition elle-même qui est fautive, cela se fait courammenet entre pays en désaccord, c'est son contenu, sans aucune mesure avec le putsch qui l'accompagne.Je ne suis pas sûr que Dion, ou son futur remplaçant Ignatieff, sortiraient vivants politiquement, de l'ONU en allant défendre contre Harper une telle cochonnerie.

La seule réponse que je suis en mesure de donner à ma question posée plus haut, le pourquoi du geste du Bloc, c'est le pli idéologique qui y règne en maître, cette manie de l'affrontement à tout prix, très à la mode au Québec chez une élite syndicale de la Fonction Publique, très présente au Bloc. Souvenons-nous de ces faramineuses assemblées syndicales où une minorité de syndiqués réussissaient par toutes sortes de détournement du vote à plonger tout le Québec dans des grèves aussi désastreuses qu'interminables, il y a dix,quinze ans.N'y a-t-il pas ici une ressemblance étonnante avec la tactique du Bloc qui prétend imposer sa loi au restant du Canada avec moins que 10% du vote?

Quoi faire alors? Pour moi,la réponse est claire tant elle jaillit de la source la plus limpide de notre Histoire récente. Le grand absent de cette crise, c'est précisément celui qui devrait s'y trouver au premier rang. Le silence assourdissant de Lucien Bouchard m'est insupportable. Car il s'agit ici d'un événement politique d'une telle envergure qu'il doit obligatoirement mettre en scène, dans le premier rôle, le fondateur du Bloc Québécois, monsieur Lucien Bouchard,le seul premier ministre québécois depuis René Lévesque qui se soit élévé au rang de chef d'État par sa participation au référendum et par sa gestion de la crise du verglas.Et qu'on ne compte pas sur moi pour présumer de quelque manière que ce soit la nature et le contenu de son imtervention, surtout si Lucien Bouchard décidait de livrer aussi son message au Canada anglais.

# 04 déc. 2008, 14:32

Hieu Ly a dit :

re: Le putsch sympathique

Durant les années Chrétien, Stéphane Dion était, à l'égard des souverainistes, très dur et intransigeant. Mais jamais on n'a  senti en Stéphane Dion le mépris qu'affiche aujourd'hui, et sans gêne, Stephen Harper à l'égard des "separatists".

Les conservateurs dont la plupart sont issus du Reform Party ont le culot de se prétendre maintenant défenseurs de l'unité canadienne afin de s'attirer de la sympathie auprès de la population. Outre le fait que les reformistes-alliancistes avaient tenté de pactiser avec le Bloc durant leurs années dans l'opposition pour renverser Paul Martin, on retient surtout que l'École de Calgary(idéologue de la garde rapprochée de Harper) a toujours proné l'idée que les Maritimes et les Frogs étaient des parasites...

Contrairement à beaucoup d'entre vous, je vois dans les évènments des derniers jours, une occasion de briser le mythe des deux solitudes. Pour reprendre une partie de vos propos, M. Parneteau; lorsque que le père de la Loi sur la clarté  et Gilles Duceppe se tendent la main, que Jacques Parizeau appuie la coalition, ou que Margaret Atwood donne son appui au Bloc, je vois surtout qu'il y a en somme bcp de liens qui unissent le Québec et la Canada progressiste. On ne s'entend pas sur le statut du Québec, mais d'ici la tenue d'un référendum, on a tout à gagner de travailler ensemble pour redresser notre économie.

Dommage que Michaelle Jean n'a pas été aussi audacieuse que les membres du trio insoupçonné.

# 04 déc. 2008, 15:01

Michel Bertrand a dit :

re: Le putsch sympathique

@ J-P Dubé:

Tu es en retard... J'attendais tes commentaires beaucoup plus tôt...

" Canada delenda est " disait kékun en Nouvelle-Angleterre dans une lointaine galaxie près de chez nous. Vous vous en souvenez ?"

Ça sonne wishful thinking pas mal fru ça!

Ton exaltation juvénile risque d'en prendre pour son rhume quand tu découvriras qu'il y a beaucoup plus de gens qui sont favorables au fédéralisme que tu ne voudras jamais l'admettre...

Alors, à lundi!

# 04 déc. 2008, 17:45

Jean-Pierre Dubé a dit :

re: Le putsch sympathique

@ Michel Bertrand

Merci de votre réponse. J'aime bien qu'on me réponde. Cela me permet de répondre de nouveau.

Je serais atteint d'"exaltation juvénile" ? Malheureusement pour vous, il se pourrait qu'il n'en soit rien.

Je rappelais une page d'histoire. Je ne veux pas détruire le Canada of course.

Les gens ont le droit d'être favorables au fédéralisme of course. Ne sous-estimez la connaissance qu'un petit "exalté juvénile" comme moi pourrait avoir du fédéralisme. Cela pourrait être nuisible aux intérêts supérieurs du Canada.

" Écrasons-les. "  - Claude Garcia en exaltation juvénile, vers novembre 1995

# 05 déc. 2008, 11:33

Steve Boudrias a dit :

re: Le putsch sympathique

@ Michel Bertrand

Le sondage CRAP-LaPresse devrait vous rassurer, aujourd'hui.

Sauf que...

1) la voie naviguable du St-Laurent, c'est aussi difficile à négocier que le passage dans le Nord-Ouest, alors, on repassera pour l'argumentaire fataliste ou défaitiste, svp ;

2) il y a une communauté francophone hors Québec assez sustantielle, c'est vraie, mais vous oubliée de mentionner le taux d'assimilation progressif et toujours plus intensif de ces communautés À L'INTÉRIEUR DU CANADA avec le Québec, alors, c'est argument-là, c'est de la bouillie pour les chats également... à moins que vous soyez assez naif pour croire qu'un politicien comme Jean Charest (qui n'exige rien du fédéral de manière permanente) puisse réussir à arracher des gains qui vont au-delà de l'entente admnistrative temporaire... ce qui serait insulttant pour cette communauté.

Bon vote !

# 05 déc. 2008, 11:35

Jean-Pierre Dubé a dit :

re: Le putsch sympathique

@ Michel Bertrand

Être favorable au fédéralisme ou au Canada ? Là est la question ... Vous avez le droit de ne pas vous poser la question.

# 05 déc. 2008, 12:08

Jean-Claude Bourbonnais a dit :

re: Le putsch sympathique

Une question lancinante de plus en plus forte en moi, qui revient sans cesse et qui s'impose en urgence.Pourquoi, mais pourquoi donc Duceppe n'a-t-il pas eu l'intelligence élémentaire d'appuyer Harper plutôt que les centralisateurs? Ou de se positionner en médiateur? Pourquoi? Why? Ce n'est pas léger ni passager cette crise politique.Ca ne va pas s'évanouir avec la fonte des neiges, au printemps.L'émergence de la Chine et de l'Inde comme grandes puissances mondiales, l'élection d'Obama aux USA qui va surement ébranler sérieusement le Traité de Libre Échange favorable depuis toujours aux provinces centrales, comment ne pas voir que ces grands courants de changement vont irrémédiablement déplacer le centre du Canada vers Vancouver, vers l'Ouest.

Pas "séparatiste" l'Ouest, comme l'écrit préremptoirement Lagacé dans "La Presse", aussi baveux à Calgary qu'à Montréal? Ôte tes lunettes roses, chose! ¨Ca ne prendra pas grand chose pour que le pragmatisme anglais et très terre à terre des "westerners", une vertu inconnue chez les Québécois louvoyants, d'autant plus redoutable qu'elle ne perd pas son temps en d'interminables rancoeurs, pour que cet esprit pragmatique ne vienne vite concrétiser politiquement une réalité économique déjà largement en place.

Alors, je repose la question, pourquoi cet entêtement surréaliste de Duceppe qui risque de le jeter dans les bras des centralisateurs jusqu'au-boutistes Dion, Ignatieff,et leurs libéraux ontariens? Une erreur de jugement qui marginalisera et affaiblira encore davantage le Québec dans la reconfiguration inévitable de l'espace canadien?

Duceppe, fossoyeur du peuple québécois avec Marois, la madone des endormis qui se pensent déjà au paradis en regardant l'affiche de "Pauline"!!

Lucien, aide-nous,ils sont tous en train de devenir fous!!!

# 06 déc. 2008, 11:45

Jean-Pierre Dubé a dit :

re: Le putsch sympathique

@ Bourbonnais : " Une question lancinante de plus en plus forte en moi, qui revient sans cesse et qui s'impose en urgence.Pourquoi, mais pourquoi donc Duceppe n'a-t-il pas eu l'intelligence élémentaire d'appuyer Harper plutôt que les centralisateurs? Ou de se positionner en médiateur? Pourquoi? Why? "

Parce que Stéphane Dion est UN AGENT DOUBLE DE L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC.

Lisez-vous mes messages ou vous faites semblant ? Voulez-vous vraiment une réponse ou préférez-vous demeurer dans vos idées et me juger fou moi aussi ?

" Je suis nationaliste québécois. "  - Stéphane Dion, automne 2008

# 06 déc. 2008, 15:56

Jean-Claude Bourbonnais a dit :

re: Le putsch sympathique

Monsieur Dubé, vos messages, JE FAIS SEMBLANT DE NE PAS LES LIRE!.

C'tu assez clair!!!

# 06 déc. 2008, 16:07

Jean-Pierre Dubé a dit :

re: Le putsch sympathique

Alors, continuez à ruminer ...

Cela n'aide peut-être pas notre cause commune ...

Désolé sinon ...

# 06 déc. 2008, 16:22

Marc Audet a dit :

re: Le putsch sympathique

La seule considération de la dimension constitutionnelle qu'aurait eu la formation de cette coalition parlementaire en vue de renverser le gouvernement fédéral en exercice passe à côté de la signification première qu'elle a revêtue auprès de ceux qui en furent les acteurs.  Cette décision, elle ne fut que la conséquence des retombées fort négatives qu'aurait eu pour chacune des parties prenantes de la coalition de leur décision d'appuyer le gouvernement Harper, à commencer par sa décision de réduire sensiblement le financement public des partis, une épine dans le pied des deux membres les plus vulnérables de cette coalition au regard de cette décision.  À ce premier mobile s'en est ajouté un autre de taille, celui de la frustration du leader éjecté à terme du parti libéral qui y a vu là l'occasion de faire un pied-de-nez à ceux qui le jugeaient faible et irrésolu, surtout qu'il avait du ravaler à plusieurs reprises au cours de la session précédente en votant son appui au gouvernement parce que les sondages lui étaient défavorables, à lui et à son parti.  

Sur cette base stratégique qui les fédéraient en quelque sorte dans leur coalition, ses membres ont pu aussi compter sur un aspect idéologique qui pouvait la conforter un peu plus, soit leur répulsion plus ou moins forte selon chacun pour la vision rétrograde et conservatrice des propositions de ce gouvernement Harper.  Une division entre une droite fortement marquée idéologiquement et une gauche réaliste pouvait donc paraître plausible pour l'électeur.  La suite, nous la connaissons.  C'est la tentative du gouvernement Harper de faire passer cette coalition pour un complot ourdi contre la Constitution canadienne, ce qu'elle n’est pas et ce qu'elle ne pouvait pas être, ne srait-ce parce que jamais le Canada ne pourrait être brisé par un vote du parlement du Canada, encore moins par une coalition de partis dont la majorité refusent cette option.  

La réplique du gouvernement Harper est donc purement démagogique et destinée à un électorat obnubilé par son ressentiment composé d'une dimension ethnique à l'encontre du Québec et d'une dimension idéologique de droite.  Se poser uniquement la question de la personne appuyée pour former cette coalition revient à passer à côté de la question.

# 07 déc. 2008, 11:17


François Parenteau
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