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Impertinences
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18 mars 2009, 2:52

La bataille pour rien

Cette histoire de commémoration de la bataille des plaines d'Abraham m'a vraiment laissé perplexe. La levée de boucliers émotive et immédiate de la plupart des souverainistes m'a fait tiquer. J'ai beau trouver que ce Juneau de la Commission des champs de bataille nationaux est un bien sombre personnage, j'ai beau trouver que l'existence même d'une Commission des champs de bataille nationaux en tant que patente fédérale est bien suspecte, je n'aime pas avoir l'impression de me retrouver dans le camp des irrationnels écorchés vifs. Un peu plus et on ressemblait à ces musulmans qui remplissent les rues à la moindre caricature se moquant de l'islam.

Mais je suis encore plus hérissé par l'attitude de tous ceux qui voudraient nous faire croire qu'il n'y a rien là, ces noyeurs de poissons qui s'inscrivent parfaitement dans l'offensive tous azimuts lancée par La Presse pour discréditer systématiquement l'idée d'indépendance (et tous ceux qui la défendent) avec cette imbuvable condescendance de parvenus idéologiques. "Voyez comme on est bien, calmes, sereins et harmonieux quand on ne se soucie plus de ces vilaines choses comme l'identité québécoise, et qu'on accepte la réalité." De véritables lobotomisés politiques.

Où se trouve la voix de la vérité dans cette cacophonie? J'ai eu envie d'aller à la source, d'en parler avec quelqu'un qui ne ferait pas que rationaliser des positions politiques actuelles sur le dos de l'Histoire mais qui s'interrogerait vraiment sur le sens à donner dans notre mémoire collective à la bataille des plaines d'Abraham. Qui de mieux que l'anthropologue Serge Bouchard? En plus, c'est le fun, quand il en parle, on a vraiment l'impression qu'il était là quand c'est arrivé.

Selon lui, on ne doit pas trop s'offusquer de cette volonté de se déguiser pour rejouer une bataille de l'Histoire. C'est quelque chose que les humains font. C'est plus un trip de nerds qu'une volonté mesquine de danser sur les tombes de nos aïeux. Ça ne veut rien dire de plus qu'un regroupement de propriétaires de vans avec l'intérieur en tapis shaggy. Ou qu'un rassemblement de Trekkies. Vivre et laisser vivre. En fait, vivre et laisser faire semblant de mourir.

Mais il faut quand même savoir ce qu'on commémore. Et selon Serge Bouchard, le problème vient du fait que notre Histoire nationale est une supercherie. En fait, deux supercheries, l'une fédéraliste Canadian et l'autre nationaliste québécoise, qui s'affrontent dans le champ de bataille des esprits.

Dire que la France a perdu et que l'Angleterre a gagné le territoire du Québec, c'est faux. La France a carrément abandonné l'Amérique aux Anglais. Montcalm était un incompétent sans doute envoyé à Québec par punition. Le destin de la France était en Europe. La bataille des plaines n'aura été qu'un baroud d'honneur pas très honorable.

Et de toute façon, nous n'étions déjà plus des Français! Les Canadiens d'alors (au sens de l'époque qui signifiait un francophone né dans la vallée du Saint-Laurent) avaient pris racine en terre d'Amérique. Déjà les Français les considéraient comme autres, transformés par leur contact avec les Indiens ("ensauvagés" qu'on disait). Cette culture naissante, généralement dépréciée par les Européens, n'en représentait pas moins une nouvelle réalité, un véritable métissage, une espèce de faux départ de l'Amérique dont nous sommes les héritiers.

Et cette nouvelle identité avait de la vigueur. Chaque fois, en Amérique, que les forces anglaises ont affronté des milices de Canadiens et leurs alliés autochtones de la Huronie, elles ont mangé une claque. Devant ces habitants qui connaissaient le terrain et qui menaient une guérilla mieux adaptée à la situation stratégique, l'armée britannique ne faisait pas le poids. Nous étions partis pour être le Viêt Nam de l'Angleterre. Et la France le savait.

Mais la France a refusé de suivre la stratégie des Canadiens. Tant pis pour elle. À la limite, si les Français avaient gagné, il aurait fallu qu'on les batte nous-mêmes plus tard, comme les Américains ont fait avec les Anglais!

Cette nouvelle version n'invalide pas les batailles politiques en cours au Québec pour autant. Elle ne fait que les recentrer sur nous, sur ce que nous sommes vraiment, notamment sur notre lien avec les peuples autochtones, et non sur une espèce de Guadeloupe du frette, orpheline et nostalgique, qui veut venger l'Histoire. Nous n'avons rien à venger. Tout à construire.

Serge Bouchard dit qu'il faut en finir avec les Histoires nationales montées de toutes pièces pour glorifier un pays ou victimiser un groupe minoritaire, et qui ne servent qu'à justifier les pouvoirs en place. Il faut rendre justice à la complexité de l'Histoire, à ses nuances. La commémoration de la bataille des plaines d'Abraham aurait pu être un bon prétexte pour amorcer l'exercice. Il reste à faire, comme bien d'autres choses.

À lire sur le sujet /
Plaines d'Abraham, l'histoire sans fin, un texte de Pascal Leclerc à paraître dans Le Couac du mois d'avril

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Steve Boudrias a dit :

re: La bataille pour rien

"Montcalm était un incompétent sans doute envoyé à Québec par punition."

Remplacé Montcalm par Jean "je reste zen" Charest et vous obtenez étrangement la phrase suivante:

"Montcalm était un incompétent sans doute envoyé à Québec par punition."

La punition ?  Ne pas avoir sauvé le Canada comme premier ministre à Ottawa ou comme fossoyeur du "progressisme" du Parti Conservateur.

Vous voulez savoir d'où le Bloc Québécois tire toute sa puissance ?

Elle vient de là : Jean Charest et son oeuvre de double supercherie.  À la fois fossoyeur d'une option politique fédérale complète et le faux monnayeur du fédéralisme extra mou québécois.

--

Citation : "Le destin de la France était en Europe."

Question : "Le destin du Québec sera-t-il enfin au Québec ?"

--

Citation : "À la limite, si les Français avaient gagné, il aurait fallu qu'on les batte nous-mêmes plus tard, comme les Américains ont fait avec les Anglais!"

Question : "Et si nous avions été partie prenante du "rêve américain" de Washington, notre émancipation de l'Angleterre aurait-elle nécessairement impliqué une émancipation éventuelle de la "Nouvelle-Angleterre ?"

Autrement dit, notre sauvagerie - malgré le mythe du bon colon métissé avec les "sauvages" - n'aura pas fait long feu puisqu'il n'a pas permis l'émancipation des "canadiens français" du joug de l'Église catholique - qui nous a vraiment vendu aux Anglais en l'échange de la dîme et des privilèges accordées à l'Église.

En d'autres termes, si notre Foi avait pris des airs un peu plus protestantes, peut-être que nous parlerions encore français et que nous sentirions davantage que notre Destin est enraciné en terre d'Amérique.

Enfin, on rêve, on rêve, nous ne sommes pas des américains.

Nous sommes des Québéco-Canadiens.

Super.

Alors, pourquoi plus de 75 % de nos échanges commerciaux se font avec les États-Unis à partir du point de vue de Québec et à plus de 80 % à partir d'Ottawa ?

J'ai comme l'impression qu'on en est pas à une "supercherie" près...

--

Dernière citation éclairante :

"La commémoration de la bataille des plaines d'Abraham aurait pu être un bon prétexte pour amorcer l'exercice. Il reste à faire, comme bien d'autres choses."

Dernière question avant la grande guerre :

"Comment se fait-il qu'on passe de la commémoration de la bataille des plaines d'Abraham au passé alors que l'événement est prévu pour juillet ?"

nota bene : il y a toujours une guerre à faire puisqu'il il y a toujours une guerre à finir  (puisque la politique est une forme de guerre poursuivie par d'autres moyens... et personne ne me fera croire que la démocratie des États-Unis d'Amérique est inférieure à la monarchie constitutionnelle parlementaire qu'on essaie de me vendre comme le nec plus ultra de la civilisation mondiale... give me a break !)

post scriptum : en tant que natif d'Hochelaga-Maisonneuve, j'assume à 100 % mon passé sauvagement chevaleresque

pps : alors, oui, je serai à Québec cet été et l'exercice de compréhension de mon histoire ne sera jamais terminé avant qu'on me place moi-même dans une rubrique funéraire

# 18 mars 2009, 17:24

J-F. Couture a dit :

re: La bataille pour rien

Bien d'accord avec l'ensemble de cette chronique à une exception près: Ce ne sont pas les Américains qui ont donné une «claque» aux Anglais.

Vous prêtez à nos miliciens et aux miliciens américains, tous deux par ailleurs courageux et intrépides,  une force qu'ils n'avaient pas face aux «réguliers» des armées britanniques. Gagner des escarmouches terrestres est une chose; Défaire une flotte de guerre quand on n'a pas de marine en est une autre.

La bataille de Yorktown, celle qui fut décisive à cause de la seule défaite de la Royal Navy en Atlantique, fut gagnée grâce à la flotte de l'Amiral de Grasse qui a «planté» la flotte britannique puis maintenu un blocus empêchant ainsi Cornwallis de recevoir des renforts.

En plus, il faut tenir compte des 6000 (oui, six mille) soldats du Comte de Rochambeau qui étaient débarqués un an auparavant et qui ont effectué une jonction avec ceux du Marquis de La Fayette. Au total, les Français avaient là 11000 hommes de troupe engagés dans la bataille contre les 8000 de Lord Cornwallis et les miliciens américains n'étaient que 6000. Je vous laisse imaginer ce qui se serait produit si les miliciens, sans marine, avaient été seuls à cette occasion.  

Cette denière victoire Française en Atlantique a même permis à la France de récupérer quelques îles perdues antérieurement.

Et quel aurait été notre avenir si La Fayette et consorts avaient décidé de remonter le fleuve Saint-Laurant au lieu de mettre les voiles vers la France? Après tout, le Traité de Paris n'était même pas vieux de 20 ans.

D'une part, nos ancêtres auraient certainement été tentés de renvoyer les Anglais chez eux et d'autre part, les Anglais n'auraient pu nous  envoyer les «Loyalistes», nos premiers «séparatistes» qui, principalement installés dans ce qui est devenu l'Ontario, ont exigé et obtenu la partition de l'ancienne Nouvelle-France en Haut et Bas Canada.

Mais ça, nous ne le saurons jamais.

# 20 mars 2009, 11:10

Alain Lavallée a dit :

re: La bataille pour rien

Assez intéressants les propos de Serge Bouchard, même s’ils sont bien connus. Toutefois dans votre propos vous vous centrez sur les liens avec la France et très peu sur ceux avec l’Angleterre, hormis le fait que vous soulignez que l’Angleterre a réalisé que l’ex Nouvelle-France (le Canada français) était « « partis pour être le Viêt Nam de l'Angleterre » » puisque nos ancêtres pouvaient adopter le style guerilla à l’amérindienne.

C’est pourquoi il est important de distinguer comme le font beaucoup d’historiens et d’anthropologues qui se sont investis dans l’histoire des Amériques et la « « rencontre » » entre Européens et Amérindiens, deux types de conquête : la « Conquête » militaire à laquelle vous référez, celle de 1759 et la « conquista » (selon l’expression de Chaunu, Gruzinski et plusieurs autres)… c’est-à-dire la « conquête des esprits ». Les britanniques ayant renoncé une fois la conquête militaire acquise ont mis en place un appareil de « conquista » de conquête des esprits…  la résistance de nos ancêtres a fait qu’ils ont semblé renoncer à nous imposer « leur » religion. Puis « leur » langue… révolte de 1837…. Rapport Durham…. Statue que nous sommes un peuple sans histoire, des illettrés… FX Garneau, greffier à Québec, est piqué au vif… il pense que nous sommes mieux que ces  « moins que rien » décrit par le représentant de l’empire Lord Durham.. . Garneau écrit notre histoire nationale qui se dresse menue en face de l’histoire impériale britannique.

Vous semblez vous désoler que ce  250e de la bataille des Plaines aurait pu contribuer à « « recentrer sur nous, sur ce que nous sommes vraiment, notamment sur notre lien avec les peuples autochtones, et non sur une espèce de Guadeloupe du frette, orpheline et nostalgique, qui veut venger l'Histoire » » « La commémoration de la bataille des plaines d'Abraham aurait pu être un bon prétexte pour amorcer l'exercice. Il reste à faire, comme bien d'autres choses » » »

Ne vous désolez pas trop, d’abord M. Juneau et la CCBN font l’exercice de commémoration « orientée » depuis près de 15 ans et que je sache, il est toujours en poste et à peu près toutes les activités prévues sont toujours au programme (à part la « « mascarade » des reconstituteurs).

Mais cela m’apparaît une omission importante. Ne devriez-vous pas penser que c’est le 400e 1608-2008 qui aurait dû être cette occasion… Pourquoi ne l’a-t-il pas été  ?  

Simplement parce que les autorités politiques canadiennes ne l’ont pas permis (en dominant l’organisation du 400e), ils ont systématiquement empêché qu’une commémoration ait lieu.

Je vous invite à lire le « « dossier sur le 400e de Québec » dans la revue « « L’action nationale » » de décembre 2008.   Je vous recommande particulièrement le remarquable article de Pierre-Paul Sénéchal « « « Pourquoi les Québécois ne pouvaient célébrer leur naissance…le refoulement de la mémoire  ?? (p. 150-181) » » » qui décrit très bien en 10 éléments comment la « « conquista » » des esprits est en action dans le Canada actuel.   Il décrit très bien comment l’exercice du « « recentrage  sur nous » »  n’a pu s’exercer, ne peut s’exercer. Si vous ne devez lire qu’un article cette année, ce devrait être celui-là.

J’ai tenu un blogue sur le 400e et il est plein de textes dont quelques-uns montrent de diverses manières  comment la commémoration de l’histoire de nos ancêtres n’a pu avoir lieu » Je vous signale en particulier le texte du 5 décembre 2008 :« « Le “LEGS” de la France et la Société du 400e: heurs et malheurs 2000-2008 » » »  http://quebec.blog.lemonde.fr

J’ai même fait un texte sur votre passage du 14 juin à la Grande Place du 400e.

# 21 mars 2009, 11:54

Jacques Morissette a dit :

re: La bataille pour rien

Résultant de la lecture de votre chronique et des commentaires de vos interlocuteurs, j'ai trouvé les interventions de ces derniers beaucoup plus intéressants que les vôtres. Même que, si vous me permettez, il y a un peu trop de prétention dans votre façon d'écrire sur le sujet.

On peut penser ce qu'on veut d'un évènement éventuel quelconque, mais il reste que tout le monde est libre de penser ce qu'il en veut. J'étais contre cet évènement. Ça ne fait pas de moi un nationaliste pour autant. Je ne suis pas fédéraliste non plus. Je n'ai pas à m'immiscer dans ce que pense la population d'un sujet ou d'un autre. Je respecte trop la démocratie pour ça.

Jacques Morissette (Montréal)

# 22 mars 2009, 10:27

Claude Perrier a dit :

re: La bataille pour rien

Vos "Impertinences" ne courent-elles pas le risque d'aller en s'effritant si vous commencez à présent à devenir pertinent, cher Monsieur Parenteau?

Le simple fait que vous ayez osé aborder une question aussi chatouilleuse (en ce moment) que cette bataille des plaines, pour en quelque sorte amorcer une certaine séparation de l'ivraie du bon grain, du plausible et de la fabulation, me semble le signe d'une démarcation nouvelle relativement au type de propos qui caractérisaient plus volontiers vos interventions passées.

Moins frondeur, et plus réfléchi.  À moins qu'il ne s'agisse que d'un dérapage passager...

# 22 mars 2009, 21:41

Yves Capuano a dit :

re: La bataille pour rien

Votre article est intéressant à plusieurs égards.  Cependant je n'aime pas lorsqu'on se permet de falsifier l'histoire comme vous le faites.  La France a perdu la guerre contre la Grande-Bretagne lors de la bataille des plaines d'Abraham. Point à la ligne. C'est de cette défaite dont il est question. Qui dit défaite , dit guerre et pas abandon. Si la France avait vraiment abandonné la Nouvelle-France,  elle aurait vendu la Nouvelle-France comme elle a fait avec la Louisiane en la vendant aux américains au XIX e siècle. Des soldats se sont battus et ont perdus lors de la bataille des plaines.  Il y a eu plusieurs morts, viols, etc...Votre énoncé est une insulte à ceux qui se sont battus et qui sont morts pour la survie des la Nouvelle-France.!  Il s'agit d'un fait historique indéniable. Que la Nouvelle-France ait perdue de l'importance au cours du XVIII e siècle dans le destin de la France à cause de l'influence du traître Voltaire est aussi une vérité historique.  Que Montcalm était incompétent cela est aussi indiscutable. Mais,  pour me faire bien comprendre,  ce n'est pas parce que je pense que le Canadien était mal dirigé l'année dernière en séries contre les Flyers que cela signifie que les Canadiens ont abandonné la série aux Flyers!

Ceci étant dit,  j'aime beaucoup  le fait que vous fassiez ressortir le lien entre les amérindiens et les français dans votre article.  Là vous visez très juste sur quelque chose qui échappe à presque tout le monde et cet  oubli collectif est sans doute une des raisons profondes de notre malaise identitaire: Jean-Baptiste Colbert est le père spirituel de la Nouvelle-France.  Il est un des grands responsables de notre existence comme peuple car c'est lui qui a envoyé ici les filles du roi entre 1665 et 1672. L'objectif de Colbert ?  Créer une nouvelle civilisation issue de la civilisation française et de la culture amérindienne. Si cela était compris on verrait une statue de Colbert dans presque tous nos villages! Mais il n'en est rien.  On a oublié le sens profond de notre identité comme véritable peuple canadien. Nous sommes issus des marriages mixtes entre français et amérindiens que l'église a favorisé (et parfois forcés il est vrai) .   Nous sommes les véritables autochtones sur le territoire du Québec!  La reconnaissance des nations autochtones par René Lévesque est une supercherie et un acte de traîtrise incommensurable envers notre peuple. C'est une négation de ce que nous sommes.  René Lévesque était d'ailleurs un anti-gaulliste reconnu (il a voté pour la motion dénonçant la déclaration du "Vive le Québec libre" du général peu de temps avant de quitter les libéraux) car De Gaulle était un anti-impérialiste britannique, tout comme Roosevelt et Kennedy.

Les anglais ont donc choisis une autre voie pour la colonisation de l'Amérique:  un genre d'appartheid où les amérindiens ont été isolés dans des réserves au lieu d'être incorporés dans une culture commune. Cela est tout à fait compatible avec la philosophie impériale britannique. C'est pour cela que les anglais,  malgré leur écrasante supériorité en nombre,  ont eu besoin de plusieurs années avant de venir à bout de l'union des français ET des amérindiens comme le disait Benjamin Franklin.  C'est bien la perte éventuelle d'influence de Clolbert ,  et plus tard du colbertisme,  en France qui a sonné éventuellement la perte de la Nouvelle-France par la France. Comme vous l'écrivez avec justesse,  les français du XVIIIe ont snobé notre peuple métis et je r=précise que c'est sous l'influence du raciste Voltaire qu'ils l'ont fait.

Je suis d'avis que toute Renaissance éventuelle de la souveraineté du Québec passe par le reconnaissance du grand Colbert et de sa philosophie. Comme ministre des finances de Louis XIV,  Colbert a instauré le dirigisme économique comme mode de développement économique.  Ironie du sort, cet anti-libre-échangiste (aujourdhui anti-mondialiste) ,  grand humaniste et anti-spéculateur a été le modèle des américains lorsque ceux-ci ont voulu se débarrasser de l'empire britannique.  Le colbertisme a aussi été appliqué dans tous les pays aujourd'hui industrialisés de la planéte comme le Japon,  l' Allemagne, la Russie, et les autres pays asiatiques, etc...  La priorité aux infrastructures de transport et énergétiques,  au développement scientifique,  aux industries manufacturières nationales,  à l'éducation classique ,  tout cela vient de Colbert.   Toute personne ignorant le colbertisme est une personne ignorante du fondement de l'État-nation et du dévelopement économique.  Ignorer le colbertisme ou le mépriser ,  comme le font la grande majorité des économistes (qui ont le cerveau bien lavé par la philosophie britannique) est une preuve d'incompétence grave.

Le colbertisme est d'ailleurs la seule véritable "troisième voie" entre le capitalisme pur et le socialisme et c'est bien de colbertisme ou de Rooseveltisme (ce qui revient au même) que l'on a besoin en ce moment face aux crapules financières qui dirigent actuellement l'économie mondiale.

# 13 avr. 2009, 10:44


François Parenteau
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