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Impertinences
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18 juin 2009, 7:18

Fêtons avec nos Acadiens!

J'ai vraiment été choqué de la réaction de rejet total par certains indépendantistes (plusieurs desquels étant par ailleurs des militants respectables et estimés d'une quête qui est aussi la mienne) à l'idée que les groupes québécois anglophones "Lake of Stew" et "Bloodshot Bill" puissent chanter en anglais dans le cadre d'un spectacle secondaire de la fête Nationale du Québec le 24 juin, dans le quartier Rosemont de Montréal, appelé l'Autre St-Jean.

Dans les deux cas, on parle ici d'artistes qui s'expriment en anglais, des anglophones natifs de Montréal, des enfants de la loi 101, qui savent s'exprimer au moins un peu en français, contrairement souvent à leurs grands-parents ou même à leurs parents directs. Ils font de la musique et des chansons dans leur langue maternelle, qui est la langue d'expression chez des familles entières au Québec depuis des générations. Mais ils ont quand même envie de fêter la "St-Jean", la fête nationale des Québécois, le jour où les rues deviennent des rivières de fleurs de lys et que des millers de "frogs" ben saoûls avec leur king can de Bleue crient "Québec libre, ostie!" à tous les 10 minutes. Ils sentent pourtant que c'est leur party à eux aussi.

Et puis un jour en 2009, parce qu'ils sont bons dans ce qu'ils font, quelque part dans un comité formé de Québécois francophones qui aiment faire des shows qui lèvent, on pense que ça lèverait avec eux dans un party de la St-Jean en mixant ça avec Vincent Vallières, Malajube, les Dale Hawerchuck et Marie-Pierre Arthur, et on les invite à faire partie du spectacle. Et ils sont très heureux d'embarquer.

Bien sûr que c'est d'abord une "gig", une paye, et que ces groupes-là ne roulent pas sur l'or. Enfin, je ne sais pas pour eux précisément mais on ne parle pas ici de Simple Plan (d'ailleurs, qu'aurait-on dit dans le cas de Simple Plan? Ils doivent éviter soigneusement la question...). Et c'est toujours le fun de jouer devant de bonnes foules.

Mais pour faire cette gig là, il faut quand-même reconnaître l'occasion qui la porte. C'est à Rosemont en plus, pas à Beaconsfield. Il faut minimalement avoir du respect pour ce qui entoure cette fête là, et ne pas reculer devant sa charge de connotations politiques. Il faut que, quelque part, l'identité québécoise qu'on célèbre ce jour-là fasse au moins un peu partie d'eux.

D'ailleurs, voir ce papier à propos de Bloodshot Bill sur le blogue de "Rue Frontenac": http://ruefrontenac.com/philipperezzonico/6818-bloodshot-bill-fete-nationale

Le Québec en est là. Des groupes d'anglos ont le goût de fêter la Fête Nationale avec nous, avec tous les Québécois. Et des francophones ont l'idée de les y inviter. Yeah! C'est cool en ostie! Vous imaginez une telle chose du temps d'avant le samedi de la matraque? Quel progrès formidable!

Savez-vous à quel point c'est précieux que des indivivus d'expression anglophone, natifs d'ici, en viennent non seulement à reconnaître mais plus encore à vouloir célébrer une identité au sein de laquelle ils sont linguistiquement minoritaires? Ils sont nos Acadiens! Ne trouverait-on pas scandaleux, comme franchophone, que des artistes acadiens ou franco-manitobains soient exclus de la fête du Canada à cause de la langue dans laquelle leur créativité s'exprime, et ce même si le Québec ne faisait plus partie du Canada?

Je vous accorde qu'ils peuvent parfois être des Acadiens un brin arrogants, nos anglos, et plus connectés sur le reste de l'Amérique qui parle leur langue que sur leurs voisins francophones. Mais ils représentent la même responsabilité d'ouverture à une minorité nationale que les francophones représentent envers le Canada partout en-dehors du Québec.

La plus grande réussite politique du peuple québécois à ce jour demeure la loi 101. Or même sous sa première version, la loi de Camille Laurin prévoyait une exception aux règles d'affichage extérieur dans le cas des commerces à vocation culturelle liés à une autre langue que le français, comme une librairie anglophone, par exemple. Les artistes venus d'ici devraient tous pouvoir bénéficier de cette même sensibilité qui démontrait, et démontre toujours, que le projet indépendantiste, s'il a été porté historiquement par une majorité francophone, n'a pas à être craint pour autant comme étant fermé ou exclusif.

Et en passant qu'est-ce qu'on fait des artistes québécois autochtones de plus en plus nombreux qui s'expriment dans leur langue maternelle, comme en Innu? On les confine à leurs festivals locaux ou on les embrasse comme étant Québécois eux aussi?

Mais là, pour de l'anglais, on s'objecte. Selon certains, ce serait contraire à l'esprit de la St-Jean (qui est soudain comme un peu moins la Fête Nationale, on dirait...) que de permettre à la langue anglaise de venir coloniser jusqu'à notre plus ardent retranchement de "Nouvelle-France" orpheline, cette belle fête d'été où nous nous permettons d'être chauvins pour compenser le fait d'être dépressifs le reste de l'année.

Chers confrères de lutte, la St-Jean n'est pas une espèce de case sur un grand damier symbolique où des puissances immémoriales se joueraient une partie de dames entre des petites langues bleues et des petites langues rouges. C'est un moment de célébration, un moment qui se partage, un moment de rencontre, de souvenirs de brosse, de communion. Et mine de rien, c'est aussi une occasion de dire au monde qui on est. Y'a de la visite à ce party là, aussi, ne l'oublions pas.

Et cette communion-là ne se fait pas en l'honneur de la langue française. Elle se fait au nom du Québec, de l'identification que la collectivité québécoise fait naître chez ceux qui en font partie. Bien sûr que la langue française est incontournable dans l'existence de cette identité. Mais elle ne se réduit pas à elle seule. La culture française du Québec n'a pas à être une déesse devant laquelle les anglophones d'ici doivent se prosterner tous les 24 juin pour prouver leur allégeance. On ne parle pas de la langue de travail au quotidien dans une shop ou une boîte d'infographes, on parle d'une fête où tous les artistes de talent d'ici sont invités à venir pousser leur toune pour fêter ce que nous sommes. Si c'était la fête de la langue française, je ne dis pas. Mais là, c'est la Fête Nationale des Québécois. Ces artistes en sont, ils chantent en anglais, ils sont bons, je les veux dans mon party. Point final.

S'ils ne s'adressaient pas à la foule en français ou que le show au complet se faisait en anglais, je trouverais pour le moins que ça manque effrontément de sensibilité culturelle de la part des organisateurs et des artistes en question. Mais ce n'est pas de ça qu'on parle. On parle de chansons, donc, d'oeuvres artistiques, une activité dont personne ne peut dicter le mode d'expression, pas même la langue. Bien sûr, on applaudit les Jim Corcoran qui choisissent de créer en français. Mais il ne peut pas y avoir que ça. Je suis fier que Leonard Cohen soit Québécois. Je suis fier que Montréal soit une ville créative dans deux grandes langues internationales.

Bien sûr, j'ai envie que la langue française "gagne" au Québec, qu'elle perdure, florisse et continue de servir à nous distinguer face au reste du monde et à nous unir entre Québécois. Et oui, il m'arrive souvent de rager en constatant qu'elle perd du terrain en certains lieux ou qu'on lui manque de respect (le service dans les commerces de notre crisse d'aéroport de PET est une insulte). Mais je n'ai pas envie qu'elle soit imposée mur-à-mur par décrêt jusque sur les scènes, SURTOUT PAS à la St-Jean (ok, c'est juste plus le fun dire "St-Jean", je veux encore entendre "Fête Nationale" quand je dis "St-Jean"). Ce serait une mascarade qui ne reflèterait pas notre réalité. Comme beaucoup d'autres Québécois, j'écoute tout de même beaucoup de musique anglophone J'aime quand une oeuvre vient me rejoindre peu importe la langue, même si ça me rejoint un peu plus profondément quand c'est en français. Et je trouve très "winner" que des artistes francophones et anglophones puissent cohabiter sur scène dans un même show et que ça fasse quelque chose d'assez cohérent et trippant pour faire lever un party. Vous ne voyez pas à quel point c'est prometteur?

Et vous n'avez pas idée du message que ça envoie que de vouloir renvoyer ces artistes chez eux le soir du party. Déjà que les médias anglophones peuvent voir de la fermeture d'esprit (et souvent pire) de la part des indépendantistes là où ce n'est pas de ça qu'il s'agit du tout, imaginez ce que ça leur fait quand il y en a pour vrai. L'ensemble de nos voisins culturels et politiques reçoit alors l'écho d'une société frileuse et contrôlante qui n'est pas celle dans laquelle je vis. Ni celle dans laquelle je veux vivre. Je peux comprendre que c'est sans doute bien plus de l'insécurité que de l'intolérence qui est à l'oeuvre ici. N'empêche. Notre fête est l'occasion idéale de passer par-dessus.

Parce que ça s'arrête où, l'insécurité? Les Dale Hawerchuck auraient-ils du s'appeler les Mario Lemieux? Malajube, c'est dans quelle langue ça? Dans sa chanson"Tom", Vincent Vallières fait référence à un gars qui écoute du Metallica, ce serait pas mieux qu'il ait écouté du Offenbach à la place? Et Marie-Pierre Arthur, je ne suis pas sûr, mais je crois que j'ai entendu de la guitare hawaïenne sur une de ses tounes. Franchement, quand on a des belles guitares françaises...

Quand René Lévesque a changé le nom de la St-Jean Baptiste pour "Fête Nationale", c'est qu'il voulait faire sortir le canadien-français de l'ethnie, . Nous étions invités à devenir Québécois, et à le devenir tous ensemble. Ça devenait la fête de l'identité québécoise.

On nous a parlé d'intentité territoriale versus culturelle, on nous a dit d'un bord que le nationalisme ethnique était dangereux et de l'autre que le nationalisme civique était désincarné. Bien sûr que l'identité Québécoise tire la légitimité de célébrer en son nom propre précisément du fait qu'elle est est différente, qu'elle est née dans l'Histoire de la rencontre d'une autre culture, venue de France, avec ce continent, ses possibilités et ses contraintes. Ça doit se refléter dans notre Fête Nationale. Mais cette culture habite un territoire où elle n'est pas toute seule. Elle y est majoritaire mais elle n'y est pas monolithique. Il faut savoir célébrer ça aussi. C'est vrai maintenant et ce le sera demain, peu importe de quoi demain sera fait.

Tous ceux qui ont des racines dans le territoire du Québec devraient donc être invités à se joindre à cette identité nationale. Puisqu'on s'est lancé le défi de faire de la fête d'une ethnie (sans aucun sens péjoratif, c'était une réalité démographique) une vraie fête nationale comme en ont les pays, puisqu'on a voulu que la St-Jean devienne comme une espèce de pratique annuelle du pays que nous voulons devenir, il serait peut-être temps de se montrer à la hauteur de cet idéal. Et, quand on fait partie de la majorité francophone, d'agir en majorité responsable et confiante. D'autant plus quand on est indépendantiste! Qu'il y ait des artistes anglos et leurs amis "backstage" à un show de la St-Jean est une inestimable avancée. Après l'indépendance, tout ces gens seront encore ici. Déjà que les médias qui s'adressent à eux dans leur langue ont tendance à les faire capoter sur toutes sortes de scénarios d'apocalypse, faudrait pas leur donner l'impression que c'est vrai.

Et puis, chez les indépendantistes, ne regarde-t-on pas souvent de haut les artistes qui décident de s'aligner à un spectacle de la fête du Canada? Moi, oui, j'avoue, même si je suis plein de miséricorde si les artistes en question ont la qualité de faire du stock qui me fait tripper. Mais si les Québécois francophones qui acceptent de participer à la fête fédérale peuvent être considérés même juste sourire en coin comme des traîtres à la cause de l'indépendance, que celà fait-il des anglophones qui acceptent de fêter le Québec? Des traîtres au fédéralisme? J'vas les prendre, bordel!

Parce que les vrais artistes ont généralement la capacité de reconnaîtres les vraies Fêtes. Et le fédéral peut bien continuer de gaspiller des millions, presque seulement au Québec, pour tenter de nous faire vibrer une corde identitaire qu'on n'a pas, je prédis qu'un jour le vrai fun va gagner...

Chers collègues militants qui vous êtes sentis choqués par cette présence de la langue anglaise dans ce que vous voyez comme votre Fête, je sais, vous avez des fois l'impression qu'on recule et vous voulez avancer. Mais là, j'ai l'impression que vous préférez reculer de l'autre bord. Par réflexe, vous me semblez parfois habités d'une idée du Québec qui est un rêve avorté, que ce que vous cherchez, c'est de venger le passé, pour retrouver une sorte d'Eden de Nouvelle-France en Amérique qui n'a jamais vraiment existé.

Mais nous sommes devenus autre chose. Et ce que nous pouvons devenir encore de mieux, c'est d'assumer pleinement ce que nous sommes. Un pays francophone avec une minorité nationale anglophone respectée dans ce qu'elle est, fière de son appartenance à ce nouveau pays majoritairement français et heureuse d'y vivre, exactement ce que nous souhaitons à nos frères et soeurs francophones du reste du Canada au lendemain du Grand Soir. On ne fera pas l'indépendance en allant chercher la portion acadienne du Nouveau Brunswick, ni en sacrifiant le West Island au Canada. On va faire le Québec avec tout le Québec et tous ceux qui sont dedans. Chaque peuple portera ensuite en lui le germe de l'autre, comme le Ying et le Yang. On devrait tous être un peu plus Zen, là dedans, ça ferait du bien.

Alors, voulez-vous revenir en arrière ou aller de l'avant? Parce que si vous voulez avancer, je pense que ce n'est pas de ce bord là. Suivez donc le bord où on a le plus de fun, vous pouvez pas vous tromper. Le fun va gagner, je vous le dis. Le fun va gagner. C'est d'ailleurs pour ça qu'André Pratte fait fausse route lui aussi en exigeant qu'on retire toute connotation politique à cette fête. Cette fête Nationale tire en grande partie sa "drive" du fait qu'elle est politique, c'est ce qui lui donne sa tension créatrice. Mais elle est aussi trippante parce qu'elle est assez festive pour ne pas à être que ça. C'est pourquoi j'acceuille avec beaucoup d'enthousiasme cette Autre St-Jean qui est aussi un peu la St-Jean de l'Autre.

Je vous la souhaite très bonne à tous. And I mean it.

PS: Heille, les boys. Les deux groupes, là, Bloodshot Bill et Lake of Stew: Un peu de français sur vos sites Internet SVP?...
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Pour en finir avec l’Autre St-Jean | La terre va trembler a dit :

Pour en finir avec l’Autre St-Jean | La terre va trembler

Pingback depuis  Pour en finir avec l’Autre St-Jean | La terre va trembler

# 18 juin 2009, 12:16

Claude Perrier a dit :

re: Fêtons avec nos Acadiens!

Vous faites preuve de beaucoup d'ouverture en vous exprimant de la sorte, Monsieur Parenteau.

Et il sera vraiment intéressant de lire les réactions que vos propos susciteront.  Parce que nombreux sont ceux qui ne partagent aucunement votre idéal, un idéal qui se veut pourtant rassembleur.

Et puis, Saint-Jean-Baptiste lui-même, quelle langue parlait-il, hum?

De l'araméen, il me semble avoir déjà lu quelque part.  Ce qui fait que, si seule la langue française (québécoise) devait avoir droit de parole lors de la Fête Nationale, St-Jean lui-même en serait exclu...

# 18 juin 2009, 20:09

Claudia Blais a dit :

re: Fêtons avec nos Acadiens!

Au Québec, on veut se montrer toujours plus ouvert que les autres. On scande haut et fort le droit à la liberté d'expression, on ne se dit jamais au grand jamais raciste... On est du bon monde les québecois, t'sé. Par contre, suite à la dernière nouvelle, peu se sont retenus de lancer un: "Bon..! Les ostie les d'anglais!"... Moi je dis "Wo!". On va arrêter d'se conter des menteries! Soit on ne fait que prétendre être ouvert au progrès, soit on se plait à chialer pour chialer! Depuis que le Québec est Québec, il y a des anglophones des Outaouais aux Iles-de-la-Madelaine, alors pourquoi le nier! Les francophones ne se font pas envahir pour autant. Le fait d'enfin accepter et assumer la langue anglaise lors de la Fête Nationale n'est selon moi qu'un pas de plus vers notre but. On a nos anglophones de notre bord!! "Come on"! On cracherait dessus? Voyons donc! Qu'on les accueille!!!          

# 18 juin 2009, 22:23

Claude R. Giroux a dit :

re: Fêtons avec nos Acadiens!

Il n'y a qu'une seule langue : l'humain... Suivant la position géographique de la mère (nous disons "langue maternelle"), l'ordre des syllabes et des lettres ainsi que leurs dessins et leurs prononciations, peuvent varier sans aucun préavis... (rires)

Cela me fascine de lire tous ces élans d'amour pour notre langue. Mais selon moi, c'est comme parler à sa blonde (ou à son "chum") des vertus de l'amour, alors qu'il suffit de dire "je t'aime". Je veux dire par là, à l'intention des défenseurs de la langue, qu'il faut parler des vraies affaires, se servir de sa langue et lui faire dire de belles choses. La rendre attrayante et attirante..., elle deviendra irrésistible et tout le monde voudra l'épouser! Il faut prendre le temps d'aimer.

Et, il y a plusieurs façons d'aimer, mais pour la langue maternelle il faut en appeler à la mère de sa mère et apprendre à la connaître. Elle s'appelle Grammaire et pour certains c'est synonyme de "belle-mère". :)))))))))

# 19 juin 2009, 09:13

Catherin Fortin-Lauzier a dit :

re: Fêtons avec nos Acadiens!

Réflexion très intéressante, qui mène ailleurs que dans l'éternel combat anglophones versus francophone. Comme vous le dites si bien:«Mais nous sommes devenus autre chose. Et ce que nous pouvons devenir encore de mieux, c'est d'assumer pleinement ce que nous sommes..» C'est de cette manière qu'il faut présenter les choses afin de rallier les gens au rêve nationaliste!

# 22 juin 2009, 11:07

François Champoux a dit :

re: Fêtons avec nos Acadiens!

Bravo et merci François Parenteau.

J'ai personnellement trouvé courageux celles et ceux qui osaient se tenir debout pour empêcher ces 2 groupes anglophones d'être les vedettes d'un soir de fête en l'honneur de notre langue nationale française. Mais voilà : après avoir écouté à gauche et à droite, je me suis interrogé à savoir; « mais qu'est-ce qu'on fête au juste avec ce petit frisé et sa tête guillotinée? »

Aujourd'hui, j'ai vraiment le sentiment de souligner (non plus fêter : ça viendra peut-être un jour, mais je ne l'attends pas) les efforts que nous y mettons tous, quotidiennement, à parler une langue riche et surtout, de me souvenir des efforts de nos prédécesseurs à la sauvegarder ici, dans ce quadrilatère de l'Amérique du Nord, avec toutes ses richesses géographiques et humaines, avec tous les citoyens, toutes celles et tous ceux qui veulent vivre libres et en paix.

Je me souviens de ces fêtes où il n'y avait pas que des francophones et où je ne m'en souciais guère, car chacun fêtait la liberté et la paix de notre “ province ”; certains étaient contents de prendre une bière dans ce plus beau pays du monde, d'autres prenaient leur bière parce qu'ils voulaient se prouver qu'ils avaient un pays à eux. Aujourd'hui, quelle joie de souligner cette révolution tranquille, celle qui nous a donné non pas un pays (pas encore), mais une liberté de penser et une paix sans culpabilité de penser par nous-mêmes!

Voilà pour moi ce qui mérite d'être souligné un peu plus particulièrement en ce 24 juin : pas seulement un fait français, mais surtout une mentalité de personnes qui savent accueillir l'autre, tous les autres.

Merci François Parenteau d'avoir secoué ma fleur de lys.

# 22 juin 2009, 18:05

Andie C a dit :

re: Fêtons avec nos Acadiens!

Bonjour M. Parenteau,

Je trouve que c'est très louable et noble de votre part d'inciter les Québécois à faire preuve de plus de tolérance et d'ouverture d'esprit envers la minorité anglophone du Québec, en particulier dans le cas des célébrations de la Fête nationale du Québec. Je suis tout à fait d'accord avec vous à ce sujet. Toutefois, je dois avouer, étant moi-même acadienne, que je trouve vos allusions aux Acadiens un peu maladroites et déplacées...Je crois que vous aviez de bonnes intentions mais il me semble qu'il n'est pas approprié de parler des anglophones du Québec comme étant « vos Acadiens » : « Ils sont nos Acadiens! Ne trouverait-on pas scandaleux, comme franchophone, que des artistes acadiens ou franco-manitobains soient exclus de la fête du Canada à cause de la langue dans laquelle leur créativité s'exprime, et ce même si le Québec ne faisait plus partie du Canada?

Je vous accorde qu'ils peuvent parfois être des Acadiens un brin arrogants, nos anglos, et plus connectés sur le reste de l'Amérique qui parle leur langue que sur leurs voisins francophones. Mais ils représentent la même responsabilité d'ouverture à une minorité nationale que les francophones représentent envers le Canada partout en-dehors du Québec. »

Vous créez de la confusion au sujet des Acadiens...Êtes-vous en train de comparer les Acadiens aux anglophones du Québec en essayant de dire que la société québécoise devrait nous accepter, même si la langue dans laquelle « notre créativité s'exprime » ne constitue pas un français d'aussi bonne qualité que le vôtre ?

Les Acadiens sont un peuple francophone, qui veulent vivre et s'exprimer en français...tous comme l'ensemble des Québécois, j'imagine...Nous ne sommes pas des anglophones...Votre article crée une espèce de flou artistique à ce sujet...

Bref, je le répète, je suis sûre que vous aviez de bonnes intentions, mais je recommanderais, à l'avenir, d'éviter de telles comparaisons...Il ne faut pas comparer les pommes et les oranges...La lutte de la minorité francophone du Canada pour la reconnaissance de ses droits linguistiques et celle de la minorité anglophone du Québec est similaire à bien des égards, surtout au niveau juridique, mais voilà où s'arrêtent les similarités.

Cordialement,

Andie C. une acadienne du Nouveau-Brunswick, qui souhaite à tous les Québécois une excellente Fête nationale :)

# 23 juin 2009, 09:33


François Parenteau
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