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Jacques Bélanger
Jacques Bélanger
6 août 2009, 4:12
Un film qui fait du bien
Un «feel good movie», c'est ce qui me manquait depuis des lustres! Pas un «feel good» américain, hyper prévisible et moralisateur, comme ceux qu'on nous pousse à toutes les deux semaines, mais quelque chose de délicieusement amoral, qui nous donne envie de nous encanailler un peu. Assister à une projection de Les doigts croches, c'est se donner le droit de sortir des sentiers battus (ici, au propre et au figuré) et s'amuser à voir jusqu'où la cupidité peut mener cinq personnages à la moralité plus que douteuse. J'aime cette ambiance bon enfant où on sent que les acteurs prennent plaisir à habiter leurs personnages. Des personnages très typés, brossés à gros traits que l'on savoure comme ces vins que l'on dit «de soif». Le pépé (Noël), le dur (Dupuis), le nerveux-violent-compulsif-kleptomane, etc. (Legault), le tarla (Robitaille), le renfermé (Bergeron), sans oublier le «born again», à la fois fucké ben dur et tellement assoiffé de rémission (Sabourin). De cette galerie de personnages, j'ai particulièrement aimé celui qu'incarne Jean-Pierre Bergeron. Ce comédien, qui a été un des acteurs fétiches de Marc Forcier, est admirable de retenue. Loin des coups de gueule, le jeu se fait tout en subtilités. Tout est dans le regard -parfois dur, fuyant ou blessé-, la posture et l'économie des gestes. Le jeu de Bergeron est d'une efficacité redoutable. Il en met juste assez pour satisfaire les papilles sans les saturer. J'ai gardé Aure Atika pour dessert. (Vous comprendrez... avec cette bouche taillée à merveille, tant pour la morsure que pour le baiser, je n'avais pas le choix!) À la fois complice et manipulatrice, la jeune femme pose des jalons et brouille les pistes à qui mieux mieux. De son personnage, on retiendra qu'elle est à la fois légère comme une mousse aux fraises, et voluptueuse comme une ganache au chocolat noir. Un pur délice! J'en reprendrais bien un peu, tiens... Cela étant dit, Les doigts croches ne réinventent pas la gastronomie et c'est tant mieux comme ça. On a l'impression d'être attablé à un bistrot sympathique en train de savourer une cuisine conviviale que l'on connaît bien, mais qui réserve tout de même quelques belles surprises.
4 août 2005, 5:19
Rien n'arrête le progrès!
La Chine a maintenant accès aux fruits de la civilisation occidentale. Avec quelques bémols cependant. Ainsi, meme si la vie sexuelle via Internet s'avère prétexte à publier les résultats de conversations en direct ou de blogs, il reste que les bloguistes ne doivent pas écrire des mots subversifs comme «liberté» ou des expressions décidément trop osées pour etre émises comme «droits de la personne». Une fois ces deux «obscénités» effacées de la mémoire collective chinoise, restent ces magnifiques oeuvres littéraires (!!!) comme celle de Madame Mu Zimei faisant état de récits de ses orgasmes multiples. Grand bien lui fasse! Ah, mes frères et mes soeurs, l'émotion m'étouffe tellement que je ne peux en dire davantage. Laissons donc le mot de la fin à Confucius: «Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté.»
4 août 2005, 4:23
Toute une expérience, bravo!
Ce qui frappe tout d'abord le spectateur dans Last Days, c'est la lenteur de l'action. Chacun des gestes de Blake (brillamment interprété par Michael Pitt) est décomposé, histoire de nous mettre au diapason de ce chanteur à la veille de se donner la mort. On remarquera également la différence très marquée entre l'extérieur somptueux de la demeure (solides murs de pierre, gazon tondu de près) et le délabrement (tant physique que moral) qui sévit à l'intérieur, avec son téléphone qui sonne continuellement et le comportement erratique du chanteur, de plus en plus incohérent. À ce sujet, la scène avec le représentant des Pages Jaunes se méprenant de l 'identité de Blake (il le croit propriétaire d'un atelier de mécanique) et discutant avec le chanteur (disjoncté à souhait et déguisé en femme) est une véritable pièce d'anthologie d'humour grinçant. La présence des autres membres du groupe (eux aussi, totalement pétés) et la musique (quel tour de force que d'avoir pu créer une ambiance musicale «à la manière de» Nirvana) font de ce film de Gus Van Sant une expérience sensorielle dans laquelle nous devenons quasiment des participants à ce «party de mort», de là, le terrible malaise qui s'empare de nous. Oui, l'exercice n'est pas facile et il est meme terriblement dérangeant. Mais il nous fait vivre dans nos chairs ce qu'ont pu etre les dernières heures d'un artiste arrivé au bout de sa détresse et de sa solitude. Bravo M. Van Sant!
16 juillet 2005, 3:04
Le cynisme, une meilleure arme que l'ironie
"L'homme qui pense, s'il a de l'énergie et de la nouveauté dans ses saillies, vous l'appelez cynique", a écrit Stendhal. Si l'on jette un coup d'oeil sur la littérature mettant en scène des histoires d'horreur, on constate bien vite que le cynisme est, pour l'écrivain, la seule issue possible, sinon il risque de verser dans le reportage journalistique ou, pire, le mélodrame. Et dieu sait que les escadrons de la mort sont à des années-lumières de ce qu'on peut appeler des joyeux drilles. Cette démarche de Horacio Castellanos Moya n'est pas sans rappeler celle de Romain Gary lorsqu'il évoque les camps de la mort. Dans un roman dont je ne me souviens plus du titre, le narrateur décrit la visite d'un homme dans un camp de concentration après la Seconde Guerre mondiale. Arrêté devant un baril rempli de dents en or, il écrit "il tentait de retrouver le sourire de sa mère". Ce genre d'approche est mille fois plus efficace que le recours au "pathos" qui n'engendre qu'une douleur diffuse, facile à oublier. Longue vie donc, à ces cyniques, qui nous remettent les yeux en face des trous!
10 juillet 2005, 4:26
Le temps de se faire bercer
Mon premier contact avec Moustaki, je l'ai eu au tout début de la vingtaine. À cette époque, la douceur du poète et le rythme lent de ses chansons m'indifféraient. Mais, le zèle de mes professeurs de littérature a eu tôt fait de me convaincre d'aller l'écouter au Grand Théâtre. Bien mal m'en pris: je me suis endormi et j'ai été réveillé par un coup de coude du voisin qui m'avait dit que je ronflais... Ce n'est que beaucoup plus tard, où j'ai eu l'âge de mes professeurs, que j'ai redécouvert Georges Moustaki avec la justesse de ses rimes et la richesse de son verbe. Il y a en Moustaki quelque chose qui nous berce et nous enveloppe. À 20 ans, on n'a pas envie de se faire bercer, on veut que ça bouge. Mais je dois avouer qu'à l'orée de la cinquantaine, j'éprouve ce besoin de me faire serrer par la douceur des chansons de ce métèque que j'ai, à ma courte honte, trop longtemps méconnu.
10 juillet 2005, 4:12
L'ère médiévale: romancée à l'os
Il me semble que la période médiévale a été tellement romancée qu'il ne reste plus rien de ce à quoi ça ressemblait vraiment à l'époque. Seulement à regarder le joli minois de la page couverture du roman, qui évoque une "belle d'Ivory", on a l'impression que les gentes damoiselles étaient toute grâce et toute beauté et que leurs damoiseaux auraient tous pu jouer des rôles de jeunes premiers. Si on laisse le "glamour" de côté, on réalise bien vite que durant le Moyen Âge, l'espérance de vie était ridiculement courte et que les conditions d'hygiène, quasiment inexistantes. On mourait de trucs bien anodins après avoir purulé et pustulé pendant des mois, les dents pourrissaient, se déchaussaient et finissaient par tomber et le parfum était de mise puisque la crasse formait carapace. Quant aux supposés progrès, ils ne semblent pas s'être tassés aux portes puisque le Moyen Âge nous a légué l'adjectif "moyenâgeux", qui signifie "suranné" et "vétuste". Romatique le Moyen Âge? Pour moi, pas tant que cela!
26 juin 2005, 4:36
Les mille et une contradictions des chanteurs pop
Bono est l'archétype du chanteur pop bourré de contradictions et écartelé (tout écartillé?) entre une hyper sensibilité et une sincère volonté de faire changer les choses. À la fois riche à craquer et proche de ces gens ordinaires qu'étaient ses parents, Bono peut également passer de l'humilité des grands à une prétention de diva. À ce titre, rappelons-nous l'épisode de l'enregistrement d'un disque bénéfice où il a exigé qu'on lui confie la ligne la plus percutante de la chanson, sinon il refusait de la faire. Et il n'en est pas à une contradiction près. Rappelez-vous son étroite collaboration et sa presque amitié avec Paul Martin, dont la famille au complet pourrait obtenir un doctorat honorifique pour sa connaissance encyclopédique des paradis fiscaux... Il est vrai que John Lennon avait, lui aussi, fait passablement dur en disant que Pierre E. Trudeau était un chef d'état exceptionnel. Tu l'as dit, mon Johnny, exceptionnel au point de faire emprisonner arbitrairement des "maudits séparatisses" durant la crise d'octobre 70. Enfin, bien que leur personnalité ait souvent l'aspect d'une courtepointe, il reste que les gens de la trempe du chanteur de U2 sont fascinants et gagnent à être connus davantage.
25 juin 2005, 10:53
Que retenez-vous des chansons de Plamondon? Les paroles ou la musique?
Je suis un peu mal à l'aise face à cette médiatisation à outrance de Luc Plamondon. On a salué Starmania, avec raison à mon avis, une oeuvre où le livret était à la hauteur de la musique de Michel Berger. Par la suite, Plamondon a fait une sortie mémorable (et justifiée) lors d'une soirée de l'ADISQ, où il dénonçait l'inéquité des droits d'auteurs (cette stupide loi du 3 cents) versée aux paroliers. Mais, ce qui me dérange davantage, c'est le fait qu'à chaque fois que l'on parle de musique, il faut citer Plamondon comme un exemple, un étalon de mesure pour les auteurs-compositeurs d'ici. Pourtant, les Leloup, Desjardins (Richard, pas l'anaphabète Bing-Bang-Boum), Tabra et plusieurs autres, écrivent des chansons signifiantes et prenantes. Je pense à "Que sont devenus mes amis?", sur Kanasuta de Richard Desjardins, écrit par Michel X Côté, autrement plus puissant que "Je dedddddddaanse dans ma tête" ou "donne moi des mots qui sonnent", perçus comme le nec plus ultra de notre industrie (ah qu'elle porte bien son nom!) culturelle. Que Luc Plamondon cesse de faire des rimes à cinq cennes et qu'il retourne à son crayon pour nous écrire des textes puissants. Il en est capable, je vous jure, mais l'appel du dollar (et de l'euro!) ont tendance à ramollir l'inspiration...
20 juin 2005, 11:17
Ah, la prose vivifiante de Mononc'!
Cher Mononc' Serge, J'ai lu et relu ton épître aux Quêteux à cheval et à toutes ces autres têtes croches dont la finalité est de faire de la Saint-Jean un Dollarama à ciel ouvert. Ta plume incisive vise juste et dénonce la main-mise du Capital sur la gratuité, un phénomène qui, j'en ai bien peur, est appelé à se répandre comme une traînée de poudre sur la cuvette des toilettes des bars chics. En ce qui me concerne, j'ai passé l'âge d'assister aux grands rassemblements et j'ai fait ma part, crois-moi. Mais ce qui me chagrine le plus, c'est de voir les jeunes générations non seulement se faire exploiter à l'os pour pouvoir célébrer dignement, mais payer pour avoir du plaisir. Ça ressemble à de l'amour tarifé, ne crois-tu pas? Aussi -et c'est peut-être la pire chose qui peut arriver- ces mêmes jeunes prendront l'habitude de payer et, dans quelques années, trouveront le phénomène tout à fait normal pour ensuite l'appliquer sans vergogne sur leurs cadets. Une chance qu'on peut profiter des beaux rayons du soleil, gratuits jusqu'à ce qu'un "petit wise" décide de le faire breveter. Un soleil à deux vitesses?!? Pourquoi pas, une fois partis...
16 juin 2005, 1:33
L'ascension quotidienne de l'Everest
Dans notre société, où le paraître l'emporte trop souvent haut la main sur l'être, l'engagement de Gilles Kègle a quelque chose d'héroïque qui s'apparente à l'ascension de l'Everest, et ce, sans le sensationnalisme. Et c'est justement dans la pose de ces petits gestes quotidiens envers des personnes démunies que l'héroïsme retrouve son véritable sens. En effet, une mère Térésa et un Gilles Kègle sont autrement plus considérables que ces alpinistes kid kodak qui nous bassinent avec l'importance de préserver "la beauté du geste". Pourtant, il y en a, de la beauté dans les gestes de ceux qui soignent, pansent et écoutent, mais trop souvent, les caméras préfèrent les Jos Bellegueule, les Miss Pitoune-Impersonnalité ou ces arriérés mentaux jack-assés jusqu'au coude. Ça donne des images spectaculaires. remplies de calories vides! Mais il arrive parfois, qu'un humble artisan de la pellicule, professionnel et humain, utilise son talent pour faire du bien. C'est à cette belle ascension que s'est adonné Éric Côté, qui a suivi l'ange gardien de la Basse-Ville dans son quotidien, recueillant un geste, un regard ou un sourire. Il en résulte un puissant message d'appel à l'entraide, un cri d'autant plus nécessaire qu'il arrive dans une période où les pauvres sont de plus en plus pauvres et les nantis, de plus en plus.
12 juin 2005, 12:50
Le petit rire jaune sera toujours préférable au grand rire bleu
Je suis d'accord avec Mike Ward lorsqu'il dit qu'aucun thème ne devrait être tabou. L'humour n'est-il pas le propre des êtres humains? En cela, je partage son opinion lorsqu'il dit que le fait de ne pas faire de blagues sur les handicapés est, en quelque sorte, un manque de respect envers eux. Écoutez seulement les arguments de ceux qui condamnent ce genre d'humour. "On ne rit pas de ça", disent-il. ÇA, pour définir une personne humaine affligée d'un handicap? Franchement! Avouez que ce genre de comportement est, pour le moins, passablement méprisant et, qu'à tout prendre, un handicapé préfèrera de beaucoup faire rire de ses travers comme tous les êtres humains dits normaux. En revanche, tout est dans la manière et je ne suis pas sûr que de pimenter cette forme (délicate) d'humour à coup de grossièretés soit la formule tout indiquée.
4 juin 2005, 8:54
Lansouflon
Lorsque ma mère nous annonçait, à ma soeur et moi, que nous allions à l'Anse-aux-Foulons, nous comprenions que nous allions sur la plage nous baigner dans le fleuve Saint-Laurent. Quant au toponyme de ce lieu, il avait une consonance de langue étrangère, quelque chose qui sonnait à nos oreilles comme "Lansouflon". Plus tard, dans une traduction amusante du groupe Les Cyniques, l'Anse-aux-Foulons est devenue The Handle of The Long Crazy (!) Bien sûr, la douce morsure du soleil et la fraîcheur de l'eau étaient au rendez-vous, mais la magie aurait été bien incomplète sans le goût unique des hot-dogs qu'on savourait après s'être bien baignés. Ajoutez une frite bien chaude et un bon Coke bien froid et le bonheur était total. À cette époque, j'avais entre 4 et 7 ans et, lorsque ma mère nous a appris qu'on ne pourrait plus y aller parce que l'eau était polluée, j'ai dû connaître un de mes plus gros chagrins. Avec l'aménagement des berges qui s'en vient, j'ose espérer qu'un jour, les jeunes générations auront la chance de connaître ce que c'est que de passer un après-midi à l'Ansouflon avec maman et la petite soeur.
2 juin 2005, 7:21
Un peu plus d'étoffe et c'est très bien
Les nouilles sont pas toutes dans' soupe Les beubés sont pas toutes din cârrosses Les caves sont pas toutes en ciment Les gnochons sont pas tous au parlement Les mongols sont pas trous trisomiques Les pitounes sont pas toutes su' é cartes de bingo Les belles boules sont pas toutes dans les sapins d'Noël Les chiens sont pas tous dans' police Les colons sont pas tous des gros intestins C'est ce qui arrive lorsqu'on paraphrase les titres des pièces de théâtre d'été de jadis. Cantonnées dans l'humour grossier pour les "QI à deux chiffres", les tits mononcs à veste de tartan et leurs Germaine peinturlurées, ces pièces, pour la grande majorité, décrivaient le quotidien de losers ordinaires dont la maladresse avait quelque chose de rassurant. Aussi, les spectateurs se présentaient dans la vieille grange dans un état d'ébriété qui permettait des réactions aussi subites que démonstratives. Au terme de la comédie burlesque, les couples retournaient chez eux ravis, repus, les côtes endolories d'avoir tant ri et les amygdales grosses comme des boules de pétanque à force d'avoir trop crié. Une chance que l'on a vu apparaître des pièces écrites par des dramaturges qui considéraient le théâtre d'été comme autre chose qu'un junk food pour les débiles légers. C'est ainsi que Michel Marc Bouchard, Michel Tremblay et plusieurs autres se sont mis à livrer des oeuvres qui permettent à l'être humain de s'épanouir dans d'autre chose que des farces de gars chauds et de l'étalage d'hormones déréglées de pitounes hystériques. La qualité de la programmation de cette année en fait foi. Du plus léger au plus sérieux, en passant par le théâtre lyrique, les pièces peuvent faire rire, émouvoir ou faire réfléchir, preuve que le nivellement par le haut est, de loin, préférable. Bon été à tous et à toutes!
26 mai 2005, 2:10
Cette fascination pour les mécanismes brisés
Baudelaire a écrit que l'imagination commence par décomposer et déformer le réel pour le recomposer ensuite en vertu de lois qui lui sont propres. Si l'on pousse cette définition jusque dans ses limites, nous entrons dans la folie ou, si vous préférez, dans le royaume des mécanismes brisés. Ces derniers exercent une grande fascination pour l'être humain, sans doute parce que personne n'est à l'abri de la folie, aussi parce que la normalité se vit bien, mais se raconte mal. Avec l'anormalité, cependant, nous pénétrons dans un univers qui nous est à la fois étrange et terriblement familier. L'amour que cette jeune fille éprouve pour sa mère est un sentiment accessible à tous. Mais tuer cette mère pour lui rendre service rend compte du profond dérapage que cette personne a effectué. Telle une horlogère, Véronique Marcotte se penche sur les différents rouages du mécanisme de la folie pour en faire une oeuvre. Le sculpteur Roch Plante (R. Ducharme), avec ses Trophoux, oeuvre dans la même dimension puisqu'il redonne la parole à des objets que la vie et les circonstances ont tordu. Preuve que les mécanismes brisés exercent un attrait irrésistible pour les créateurs. Et c'est tant mieux!
26 mai 2005, 1:36
La faim justifie les moyens
Peut-on être grave et lucide lorsque l'on s'attaque au thème le plus troublant de l'âme humaine? Sans doute, mais il faut que l'horloge du coeur ait retrouvé son rythme normal. Cette plongée au sein de l'attraction entre deux êtres me fait penser à un périple où l'auteur tente de décrire un phénomène comme la faim. S'il est affamé, il ne pourra pas en faire un portrait juste, trop pressé qu'il est de s'alimenter. En revanche, une fois l'appétit satisfait, il peut se laisser aller à raconter cette faim qui le taraudait et les moyens qu'il a pris pour l'apaiser. L'important, dans ce cas, c'est de ne pas laisser le lecteur sur son appétit...
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