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Marie Uguay occupe une place à part entière dans la poésie québécoise. Sa poésie est sensuelle et chante la beauté du monde. Comme Nelligan et Saint-Denys Garneau, elle a eu un destin tragique puisqu'elle est décédée très jeune, à l'âge de 26 ans, en 1981, du cancer. Plus de 25 ans plus tard, nous avons maintenant la chance de lire son journal. Cela en fait un document unique. Sa lecture nous amène au cour de son combat contre la maladie et nous révèle une histoire d'amour impossible et secret pour son docteur.
«L'amour qui éclairait le passé continue encore ses derniers feux et j'appelle l'avenir de toutes les forces minables de mon coeur. Je suis maintenue sur le fil excentrique de mon dépit et de mon amour mêlés [...] J'ai la nostalgie d'un corps auquel j'ai si peu accédé, mais pour lequel je garde une ferveur parfois douloureuse à l'extrême, parfois sereine à force de concentration.»
La suite est donc toujours intrigante et cela nous donne le goût de continuer la lecture qui est touchante et bouleversante. Sa carrière d'écrivaine, brève mais fulgurante, a été connu grâce à Jean-Claude Labrecque qui à participé à sa consécration avec un documentaire . C'est d'ailleurs l'ouvre préférée de ce réalisateur.
Stéphan Kovacs a bien fait d'accepter de publier le journal de sa conjointe. Cela vient achever l'oeuvre de cette grande écrivaine. Évidemment, cela devait être difficile pour lui de lire cette partie d'elle qu'il ignorait. Dans ce livre, on conserve aussi des extraits de poèmes ce qui permet de voir l'évolution de son écriture en parallèle avec sa vie.
J'ai personnellement apprécié son regard sur la défaite référendaire de 1980 : «Ne revenez pas au pays, il est en deuil. La majorité s'est prononcée contre elle-même à coups de matraquage publicitaire et de rumeurs terrorisantes, elle a choisi le passé au lieu de l'avenir, la prison au lieu de la liberté, la mort au lieu de la vie.»
C'est définitivement à lire. Un pur délice !
Bonne lecture !
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