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J'ai eu la bonne fortune de connaître un homme d'âge mûr. Quarante ans. Toutes ses dents. Raffiné. Instruit. Ses qualités malheureusement n'étaient pas ce qu'elles devraient être; il venait d'ailleurs. D'un autre pays. Ailleurs, c'est l'inconnu, c 'est l'indicible, l'obscurité. Et l'internet est partout. Les satellites, les caméras, les journaleux, aussi. Un chaînon manque, celui de l'information véridique. L'on se marie à Baghdad. L'on y fréquente des discothèques. Le savez-vous? Je fis ce que je pus. Je lui suggérai la pharmacie, le recyclage en un terrain à sa mesure, celui du sur-qualifié exclus. Lui qui avait un MD, il se contenta de petits boulots. L'alcool, les pillules n'y firent rien. Sa femme, ses enfants l'abandonnèrent à son triste sort de pariah. Eh! bien, depuis vingt ans, il fait l'OBM. Moi, j'ai épuisé toutes mes ressources. Et si tu retournais dans ton premier pays?
Dans un univers soudain privé d'illusions et de lumières, l'homme se sent un étranger.Cet exil est sans recours puisqu'il est privé des souvenirs d'une patrie perdue ou de l'espoir d'une terre promise (Albert Camus).
Comment peut-on accepter d'être un étranger toute sa putain de pseudo-vie? Quand mettra donc fin à l'immigration indésirable?
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