Je suis incapable de supporter l'humour de Dieudonné! Mais est-ce bien de l'humour? Je pense que le pauvre mec tend vers le nazisme, le fascisme, l'antisémitisme et la haine systématique. Mais je tiens à ce que Dieudonné conserve sa liberté d'expression. Ma seule restriction interviendrait s'il s'avérait que Dieudonné fasse appel à la haine systématique ou à une éventuelle violence. Je trouve qu'en France les pauvres Français ont tendance à tout «judiciariser», y compris la liberté d'expression.
Je prends ici la liberté de proposer, modestement je l'espère, un texte que j'ai déjà «commis», texte concernant la liberté d'expression.
*****Je suis sociologue des médias depuis quelques années et ma thèse sur la liberté d'expression est passablement radicale. Si la liberté d'expression existe, il faut nécessairement qu'elle aille très loin et il faut que les limitations soient justifiées et essentielles. Comme l'intellectuel états-unien Noam Chomsky, je pense que la liberté d'expression, c'est le droit de dire des bêtises, c'est le droit de dire ce qui semble être stupide et «con». Beaucoup de grand penseurs, dans le cours de l'histoire humaine, ont formulé des théories ou avancé des idées qui, dans le contexte de l'époque, semblaient «bêtes» et «sottes». Si comme Robert Faurisson, en France, je juge que l'Holocauste a été moins terrible que ce que la plupart disent, je dois avoir le droit de le dire sans que le code criminel ne vienne me sanctionner. C'est une connerie mais je dois avoir le droit d'assumer mes conneries et inepties.
La plus grande entorse à la liberté d'expression, dans l'histoire du Québec, c'est lorsqu'en décembre 2000, l'Assemblée nationale a blâmé Yves Michaud pour des propos qui, somme toute, étaient très acceptables et passablement véridiques.
Je termine en citant Normand Baillargeon (Le Couac, mars 2006): «En Occident, les intellectuels, les écrivains, les philosophes ont gagné, par de difficiles combats où certains ont laissé leur vie, le droit à la liberté d'expression. Ce droit n'est pas négociable et il implique le droit de rire de dieu, de tous les gourous et de tous ces zozos qui veulent vivre en suivant les diktats de quelque paysan illlettré ou quelque plouc illuminé ayant vécu il y a des siècles.»
ET VOILÀ! La limite à la liberté d'expression, c'est, autant que faire se peut, le respect des personnes et individus.
AU PLAISIR!*****
Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias