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Jean-Serge Baribeau
Jean-Serge Baribeau
12 mars 2010, 9:44
Utiliser les CLOCHARDS pour confirmer une thèse douteuse!

Je vais éventuellement lire ce livre de Yasmina Khadra.  J'ai déjà lu et apprécié certains de ses livres, très révélateurs, passablement lucides et bien écrits. 

Mais si je me fie à l'entrevue que je viens de lire, je pense que Khadra confond tout.  J'aimerais bien savoir quel est le lien entre la modernité et une certaine décomposition de nos univers.  D'ailleurs qu'est-ce que c'est, cette fameuse modernité dont on parle beaucoup depuis un siècle ou deux?

Khadra est pessimiste et c'est son droit le plus respectable.  Quant à moi j'apprécie peu ce pessimisme presque totalitaire qui paraît très bien dans certains cercles. On sent aussi cette vieille accusation du méchant Occident qui serait responsable de tous les maux.  On fait appel au sanglot de l'homme blanc

Aussi, je ne pense pas que Khadra connaît très bien l'univers des clochards.  Et moi non plus! Il utilise les clochards et la clochardisation pour étoffer sa thèse que je trouve un peu simpliste.  Mais je me trompe peut-être.

JSB


4 mars 2010, 10:07
Une tonifiante vision anthropo-sociologique!

Très intéressantes sont les réflexions de Gonzalo Lizerralde.  Il y a là un respect qui honore et grandit cet architecte «engagé».  

 Ce qu'il faut craindre le plus, c'est de voir arriver, avec leurs gros sabots, les compagnies «ultralibérales», assoiffées de profit. 

Le peuple haïtien existe depuis quelques siècles.  Il a ses caractéristiques anthropologiques et ethnologiques.  Il faut donc éviter les vieux réflexes de colonialisme et d'impérialisme.  

Il faut aider ce peuple remarquable.  Mais il faut le faire avec respect et en misant sur la résilience spectaculaire de ces humains.  

JSB


28 février 2010, 10:40
Le rapetissement scolaire: tous perdants!

Monsieur Perrier a profondément raison lorsqu'il affirme que TOUS sortiront perdants dans le cadre d'une «dégradation» du système scolaire. 

Je prétends toutefois qu'il y a là une sorte de logique structurelle et institutionnelle qui fait que les dominants et les «nantis» ne réalisent pas toujours qu'ils vont perdre eux aussi (moins que les «défavorisés») si l'école se ratatine et ratatine les jeunes. 

En fait de nombreux «employeurs» (gros et petits) ont peur d'embaucher des jeunes qui sont bien armés en ce qui concerne le sens critique et les nombreuses connaissances acquises.  On fait un très mauvais calcul en favorisant LES COMPÉTENCES plutôt  que LES CONNAISSANCES.  Mais le problème avec la culture et le sens critique, c'est que cela ne permet pas d'embaucher des employés soumis et dociles, ce qui est le rêve de nombreux employeurs, pas nécessairement majoritaires.

Il importe de noter aussi que de nombreux employeurs ont réalisé que des employés cultivés et critiques peuvent apporter beaucoup à leur entreprise.  Ce sont des employés souvent plus innovateurs et plus dynamiques.

Il y a, dans tout cela, une profonde contradiction structurelle et institutionnelle qui fait en sorte que le débat sur l'école est d'une infinie complexité. 

Mais la logique actuelle est celle du rapetissement.  Nous devrons tous en payer le prix, lequel, n'en doutons pas, sera très élevé.

JSB


26 février 2010, 2:34
La «gnochonisation» des enfants

Le philosophe français Alain Badiou a déjà affirmé que l'école fonctionne à la réforme de la même façon qu'une automobile fonctionne à  l'essence. 

J'ai enseigné pendant 37 ans au niveau collégial (collèges classiques au début et cégeps plus tard) et j'ai constaté que nous allions de réforme en réforme, c'est-à-dire de recul en recul, de régression en régression. 

Ayant été pendant longtemps membre du PARTI RHINOCÉROS, je me rappelle que l'un de nos slogans a été, de manière moqueuse, sarcastique et ironique:  DE DÉFAITE EN DÉFAITE JUSQU'À LA VICTOIRE FINALE. Et en cette année 2010, je constate que le grand handicap des centaines de réformes proposées au niveau collégial (et dans les autres paliers du système scolaire), ce fut le recul constant des connaissances et la progression ininterrompue de la transmission de certaines compétences. Cela me laisse croire que nous nous dirigeons vers LA VICTOIRE FINALE des cossus, des nantis, des Lucien Bouchard et de ceux que tente de servir Lucien le poussiéreux. 

Il y a, dans tout cela, une profonde erreur anthropologique, voire philosophique et sociologique.  En effet, quiconque connaît le moindrement l'humaine espèce sait pertinemment que, selon des modalités variables (d'une société à l'autre), le rôle des «vieux», des adultes, des «aînés», c'est un rôle de transmission des connaissances et codes.  SANS TRANSMISSION PAS DE SOCIÉTÉ POSSIBLE.  Dans un autre texte présenté dans VOIR, j'ai parlé de cette «génération de connards incultes et pseudo-modernes qui ont investi le ministère de l'Éducation.  Ces abrutis ont oublié que les enfants ne sont pas des rois ou des petits "boss"».  J'ai aussi parlé de ce dont parle probablement Normand Baillargeon:  la «gnochonisation» des enfants.  Les enfants, on veut en faire des gnochons et des incultes.  On les  prend pour des nonos, pour de gros «bébés-la-la».  Dans cet univers, les gagnants, comme le proclame Baillargeon, ce seront les enfants des milieux déjà nantis, déjà privilégiés, disposant déjà d'un vaste réservoir de livres et d'un imposant bagage culturel.  Les perdants, ce seront les enfants des milieux défavorisés. 

 Tout comme Baillargeon je pense que l'éducation se doit d'être «un outil de préparation à l'exercice critique de la citoyenneté et un instrument de réduction des inégalités sociales».  

En somme, à l'instar de Baillargeon et de nombreuses autres personnes, je suis pétrifié et désespéré quand je regarde les tendances délétères qui sont en train de détruire le processus «normal» de l'éducation et de l'instruction.  

Aussi, à l'instar de Jean-Claude Michéa (L'enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes), je constate «le déclin régulier de "l'intelligence critique", c'est-à-dire de cette aptitude fondamentale de l'homme à comprendre à la fois dans quel monde il est appelé à vivre et à partir de quelles conditions la révolte contre ce monde est une nécessité morale».  Dans son livre tonifiant Michéa explique que les progrès de l'ignorance ne sont pas l'effet d'un dysfonctionnement regrettable de notre société.  Au contraire, ces progrès de l'ignorance sont une condition nécessaire de l'expansion de cette société.

Alors je terminerai avec une certaine candeur en affirmant qu'il va falloir «dé-réformer» le système d'éducation et qu'il va falloir en faire un système de transmission des connaissances, un système valorisant l'éclosion du sens critique requis pour être un citoyen «compétent». 

Espérons qu'il n'est pas trop tard!

 

Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias

Enseignant pendant 37 ans au niveau collégial


23 février 2010, 10:36
Y aura-t-il un «après-capitalisme»?

Lorsque l'on présente des films tels que celui portant sur Coca-Cola, je me rappelle que, vers 1989, l'horrible système communiste s'est effrité et effondré.  Après cela ce fut le triomphe insolent et baveux du capitalisme, du néolibéralisme et de la dictature des marchés.

 Si je dis cela, c'est que je sais que ce film sur COKE ne concerne pas seulement la compagnie Coca-Cola.  Il met en lumière l'implacable dureté de la loi du profit, de la loi du marché.  Il m'arrive de me demander si nos enfants et petits-enfants vont devoir vivre pour l'éternité dans ce système apparemment moins hideux que le vieux système communiste

 Le marché est devenu une sorte de BIG BROTHER qui, avec mille nuances, rappelle le Big Brother du roman 1984 de George Orwell.

Alors, la question que je ne cesse de me poser, c'est de savoir s'il y aura un jour un système de rechange qui consacrera le début de l'après-capitalisme. 

Grosse question!

JSB


5 février 2010, 1:46
Caroline Fourest: des idées stimulantes et discutables!

J'ai souvent lu des textes «commis» par Mme Fourest, textes qui ont paru dans la revue CHARLIE-HEBDO (avant la grande scission qui a ébranlé ce magazine irrévérencieux).  J'ai lu un de ses livres LA TENTATION OBSCURANTISTE.  

 En général, je suis d'accord à au moins 75% avec ses idées, ce qui est très bien.  

Si j'ai bien compris ce qu'elle dit concernant le Québec et le Canada, je dirais que je suis d'accord avec elle et j'ajouterais que les résultats de la commission Bouchard-Taylor ont été marqués au sceau d'un «VERTUISME» intolérable et toxique.  Les commissaires et leurs collègues avaient tellement peur de n'être pas conformes à une certaine correctitude qu'ils y sont allés avec le dos de la cuillère.  Conséquence de cette prudence:  un rapport timoré et idéologiquement «correct»;  aussi, un rapport dans lequel on blâme, de mille manières plus ou moins subtiles, la majorité (concept flou); un rapport dans lequel on ferme les yeux face à la montée de certains intégrismes toxiques qui menacent, dans une certaine mesure, la plupart des sociétés occidentales.

 

Je pense que les deux commissaires étaient bien intentionnés mais ils ont culpabilisé les Québécois dits «pure laine» de même que des Québécois venant de divers horizons.  Parmi ces Québécois de divers horizons, certains sont ici depuis longtemps.  Aussi, ils n'ont pas tenu compte de certaines personnes (surtout des femmes) «immigrées» qui expliquaient leur satisfaction de vivre dans une société dans laquelle elles se sentent libres et en sécurité.

 Les deux commissaires sont des intellectuels de grande envergure mais ils n'ont pas su «gérer» cet «exercice de démocratie participative».  

Les remarques de Caroline Fourest sont donc assez visionnaires.  J'ose espérer que l'on va finir par «déculpabiliser» des millions de Québécois qui, pour la plupart, ne sont radicalement pas racistes.  Par ailleurs, un certain ETHNOCENTRISME (voir les autres à travers le prisme de sa culture) n'est pas nécessairement dangereux s'il reste dans les limites d'une certaine «normalité anthropologique».

Bravo donc aux «vérités» énoncées par Caroline Fourest.

 

Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias et de la québécitude


24 janvier 2010, 2:40
Haïti est une perle!

**********Haïti: la perle de l'immigration**********

Sans la moindre flagornerie et sans le moindre souffle de «correctitude» politique ou sociogique, je me dois de dire que les personnes venues d'Haïti pour vivre ici sont la «perle» de l'immigration.  Très sincèrement!  Je me dois d'ajouter que je trouve qu'actuellement on parle trop de «la perle des Antilles» alors qu'on devrait en parler mieux.  Et surtout il faudrait  que l'on parle encore et encore d'Haïti au fil des mois et des années.  Ce pays n'est pas qu'un lieu de catastrophes et de dictatures.  Haïti, c'est vraiment une perle, veuillez excuser ma redondante répétition!

Essayons de ne pas oublier ce splendide coin de terre et ses habitants si résilients!


Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias


17 janvier 2010, 9:02
AUTREMENT, DITES-VOUS! DANS QUELLE MESURE?

C'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai parcouru, lu et relu l'entretien avec Bruno Blanchet.  Je suis de ces personnes qui valorisent «les alternatives», «l'autrement», la recherche d'un «ailleurs», la quête de «quelque chose de différent et autre». Il faut, à mon humble avis, éviter le triomphe du MÊME, du TOUJOURS PAREIL, du conformisme lénifiant, suicidaire et abrutissant. 

 

Et pourtant je trouve qu'il y a «quelque chose» de snobinard et de méprisant dans les propos de BB. Qu'il préfère le voyage («heureux qui fit un beau voyage») à l'écran de 53 pouces, c'est là sa prérogative la plus absolue.  Mais je me méfie de toutes les personnes qui font de la télévision le symbole absolutiste de l'abrutissement et de l'aliénation.  Tout comme les voyages, la télévision présente de multiples facettes et elle peut être utilisée de mille manières, parfois même de manière telle qu'elle enrichit les esprits et ouvre des portes sur l'imaginaire, sur l'ailleurs

Personnellement mon voyage le plus exaltant a été un voyage «sur le pouce» que j'ai fait pendant l'été 1963.  Où?  Aux États-Unis, n'en déplaise à certains anti-états-uniens!  Avec le comédien Guy Thauvette, nous avons décidé, à l'âge de 19 ans, de traverser les États-Unis sur le pouce.  Quel beau périple!  Et nous avons eu la chance de rencontrer des personnes qui nous ont amenés à la Grande Marche des Noirs sur Washington.  J'ai eu la chance insigne d'entendre le discours de Martin Luther King:  I HAVE A DREAM. Depuis 1963 j'ai voyagé assez souvent.  Mais ce voyage dans le rêve de Martin Luther King a imprégné la totalité de mes rêves et de mon existence!

 

Malgré quelques réserves, bravo à Bruno Blanchet!  Sa recherche de l'ailleurs le grandit et va à coup sûr l'enrichir sur le plan humain.  Et cette recherche peut stimuler de nombreuses personnes en quête de la différence.

 

Nous vivons une période historique qui va nous forcer à rêver et, si possible, à concrétiser des perspectives autres et «alternatives», des solutions de rechange.

 Le conformisme ne peut que nous conduire vers un suicide planétaire. 

JSB, sociologue des médias

 

 


28 décembre 2009, 2:56
ET ALORS?

Quelle est l'importance «réelle» et profonde de tous ces changements, tant sur le plan humain que sur le plan socio-culturel?

 Je pense, en toute modestie, que la question mérite d'être posée, sans la moindre malice ou malveillance.  

 

JSB, vieux sociologue


6 décembre 2009, 2:40
La linguistique doit être minimalement «normative»

Je dois dire que j'aime bien lire ou écouter Claude Hagège, ce grand linguiste.  J'apprécie beaucoup ses considérations sur la loi 101.  

Mais je considère, quant à moi, que les linguistes et les amants de la langue française doivent être minimalement «normatifs».  Je veux dire qu'il faut parfois rappeler, avec vigueur si nécessaire, qu'une langue a son génie, ses us et coutumes, ses traditions, ses manières, son esprit.  Alors, il arrive qu'il faille rappeler certaines normes, certaines «règles» (quel mot effarant en cette période de fausse liberté, de fausses libertés!).  

À l'heure actuelle de nombreuses personnes voudraient simplifier (ou appauvrir) l'orthographe de la langue française.  Cette langue est trop complexe, nous dit-on.  En fait, le problème réel et fondamental, c'est qu'au Québec comme ailleurs «on» a laissé se dégrader la connaissance de la langue.  De nombreuses personnes enseignant à la maternelle ou au primaire, commettent des quantités pléthoriques de fautes d'orthographe.  Alors, la solution envisagée par certains, c'est de nier les fautes et les erreurs en acceptant à peu près n'importe quoi.  

Avant les années 60 et 70 du vingtième siècle, la plupart des institutrices et instituteurs connaissaient bien, très bien même, la langue française et commettaient peu de fautes.  Ces personnes avaient une scolarité d'à peu près 11 à 13 ans.  Et assez bizarrement la langue française n'était pas trop complexe en dépit de ses règles et exceptions qui en faisaient le charme, qui en font le charme.  

Maintenant les jeunes, les enfants ont un désir d'apprendre qui est aussi grand, sinon plus grand, que le désir des jeunes d'antan.  Mais, sauf exceptions, on leur enseigne la médiocrité et la facilité.  C'est là un crime intellectuel dont quelqu'un, je l'espère, devra payer le prix, un jour.  

Il y a une tendance vers la «gnochonisation» des enfants.  On veut en faire des «gnochons», des incultes.  On les prend pour des débiles, pour de gros «bébés-la-la».  Il y a, à l'heure actuelle, un mépris des enfants, des jeunes.  Et cela est lié à une génération de connards incultes et pseudo-modernes qui ont investi le ministère de l'Éducation.  En fait, ces imbéciles (qui, très souvent, n'ont jamais enseigné) font la promotion de l'ignorance, de l'inculture.  Ces abrutis ont oublié que les enfants ne sont pas des rois ou des petits «boss».  C'est aux adultes que revient la tâche essentielle (sociologiquement et anthropologiquement) de transmission de savoirs, connaissances, règles et normes.  Et au fur et à mesure que les enfants deviennent adultes, il leur revient la lourde tâche d'en prendre et d'en laisser dans tout cela.  Mais un système scolaire qui, très tôt, demande aux enfants de définir leurs projets, c'est un système anthropologiquement déficient et criminel.  Je ne prône pas la dictature des adultes, je ne prône pas l'autoritarisme.  Mais je prône la nécessité radicale, pour les adultes, pour les vieux, de prendre leurs responsabilités d'adultes et de vieux. 

Alors, j'accepte que la langue française, comme toutes les autres, évolue et se modifie.  Mais je ne vois pas pourquoi on devrait écrire «nénufar»  plutôt que «nénuphar».  Je ne vois pas pourquoi on devrait écrire «éléfan» plutôt qu'éléphant.   Et ainsi de suite.

Il est certain qu'il existe des règles bizarroïdes.  Par exemple, on parle d'une pomme alors qu'on parle d'un pomiculteur.  On parle d'un imbécile alors qu'il faut parler d'imbécillité.  Certaines petites modifications peuvent être acceptées mais il faut éviter d'assassiner la richesse et le génie d'une langue.  

 Je suis intarissable lorsqu'il est question de la langue.  C'est pourquoi je m'arrête illico tout en remerciant Claude Hagège de passer sa vie à réfléchir à la question de la langue, à la question des langues.  

 

JSB


1 décembre 2009, 2:47
Très intéressant!

Toute cette démarche m'apparaît comme étant très intéressante, pour ne pas dire passionnante.  En effet, le thème de la mimesis a accompagné toute l'histoire de l'art.   Et la plupart des artistes, même les plus grands, ont, dans une certaine mesure, «copié» et «imité» d'autres artistes. 

Alors, le travail de Manuel Bujold est assurément d'un très grand intérêt et je me propose de tenter d'en savoir plus. 

 

JSB


29 novembre 2009, 12:08
Le décès d'un grand «anartiste»!
La mort d'un «joyeux drille»


C'est le samedi 28 novembre 2009 que, comme de nombreux citoyens et amants du cinéma, j'ai appris le décès de ce grand «anartiste» appelé Gilles Carle.  Samedi soir j'ai donc revu l'une des oeuvres majeures (et premières) de Gilles Carle, La vie heureuse de Léopold Z.  Quelle oeuvre jouissive!  Quelle oeuvre jouissive, conçue et réalisée par l'un des cinéastes les plus marquants du cinéma québécois, par un cinéaste à l'oeuvre profuse, par un cinéaste au talent rarement égalé!  Dans le film (Léopold Z) Léo Tremblay est un homme éminemment libre et profondément touchant, digne émule de son grandiose créateur, Gilles Carle. 

Eh oui!  Un homme libre vient de nous quitter après avoir été tragiquement «miné» par une saloperie de maladie.  Espérons que la société québécoise saura, au fil  du temps, «produire et reproduire» des centaines de Gilles Carle ou de cinéastes très libres comme le grand Marc-André Forcier!

Triste, triste est mon âme!


Jean-Serge Baribeau, cinéphile de longue date


28 novembre 2009, 4:26
À ma courte honte je dois dire que j'ai détesté le roman

Je ne verrai probablement pas le film, lequel ne semble pas très réussi. 

Personnellement je suis une des rares personnes, me semble-t-il, à ne pas avoir aimé le roman.  J'ai trouvé le tout inintéressant et «facile».  Mieux vaut lire ou relire Fahrenheit 451 (voir aussi le film de Truffaut), Le meilleur des mondes, 1984, Le zéro et l'infini, etc.  J'aime bien les romans dits d'anticipation à la condition expresse qu'ils véhiculent un contenu riche et roboratif. 

Le roman THE ROAD me semble bien facile en ce sens que l'auteur ne fait que suggérer fugacement ce qui s'est passé avant que ce monde devienne apocalyptique et «invivable».  Et les péripéties des personnages m'ont très peu touché et n'ont pas suscité chez moi un grand intérêt. 

 Mille excuses à ceux et celles qui ont dégusté ce roman comme s'il s'agissait d'un très grand cru, de toute première qualité!  Quant à moi, je vais chercher une meilleure cuvée.

 

JSB


22 novembre 2009, 3:33
Plus écolo que curé ou «curaillon» de bas étage

Je me réjouis des considérations et analyses passablement optimistes proposées par Steven Guilbault.  Puisse-t-il avoir raison!  Je me réjouis aussi de constater que, dans cette intéressante entrevue, on n'a pas trop l'impression d'être en face d'un vicaire ou d'un prélat qui nous indiquerait la ligne juste, qui nous dirait comment éviter les péchés, soient-ils capitaux ou capiteux. 

 

Personnellement je considère qu'il faut absolument faire un virage radical dans le sens du transport en commun et je pense qu'il faut, de manière modérée et progressive, tout faire pour «désautomobiliser» en partie le transport et la circulation des êtres humains. L'automobile est un outil à double tranchant et il faut minimiser les effets du tranchant néfaste.

 Puisqu'il est question de curés écologistes potentiels, je me permets ici une confession.  J'admire le travail effectué par des personnes comme Guilbault et comme Laure Waridel.  Mais il m'arrive de trouver, à tort ou à raison (j'espère que j'ai tort), que ces personnes tiennent des propos gnagnan, guimauve, cuculs et marqués au sceau de la plus totalitaire des correctitudes intellectuelles et politiques

En fait, il faut prendre au sérieux les problèmes environnementaux et écologiques.  Mais comme le dit si bien Lysiane Gagnon (La Presse, samedi 21 novembre 2009), il faut éviter de fabriquer des hordes de petits dévots.  J'ajouterais que certains petits téteux, plus écologistes que nécessaire, me donnent des poussées d'urticaire et mettent à rude épreuve mon système nerveux.

 

Mais n'oublions jamais, quoi qu'il en soit, LA DETTE que nous entretenons vis-à-vis de ceux et celles qui vont habiter cette planète dans les jours, mois, années et siècles qui viennent.  

 

Bien modestement!

 Jean-Serge Baribeau, sociologue


31 octobre 2009, 3:41
Pandémie, vaccination et stratégie de communication
 La peur, l'anxiété et une piètre politique de communication


Lorsque toute une population est obligée de vivre et de subir l'anxiété qui accompagne l'annonce d'une «pandémie» qui semble plus inquiétante qu'une simple «épidémie», il est important de développer une stratégie de communication qui soit efficace et aussi précise que possible.  Lorsqu'il s'agit de vacciner toute une population, il importe de donner «l'heure juste» et de «rassurer» la population, dans les limites du possible.

Personnellement je considère que l'actuelle stratégie de communication est mal orchestrée et manifeste une profonde incompétence «communicationnelle».  Lorsqu'il s'est agi de mettre en place cette vaste entreprise de vaccination, on a d'abord désigné les cibles prioritaires, ce qui est très bien.  Mais «on» a aussitôt ajouté que l'on ne refuserait personne et que les citoyens pourraient se faire vacciner dans n'importe quelle région du Québec.  Mais comme tout est allé plutôt mal dès le début, on s'est empressé de demander aux citoyens (et patients très patients) de manifester leur civisme, d'attendre leur tour (en respectant le calendrier des vaccinations) et de se faire vacciner «chez eux».  En peu de temps les citoyens ont eu droit à des messages contradictoires, ce qui, en communication, est une grave erreur, plutôt assassine.  Je me demande si les «autorités» sont conscientes du fait que les citoyens ont l'impression d'être pris dans un jeu qui en est un de la vie et de la mort.  Il m'arrive de me demander pourquoi le docteur Alain Poirier est parfois si hargneux et si «agressif».  Je me demande pourquoi on n'a pas développé une stratégie semblable à celle qui a été mise en place lors de la crise du verglas.  Pourquoi le premier ministre Charest ne se chargerait-il pas d'être celui qui, chaque soir, serait chargé de nous renseigner sur les progrès de cette grande opération de vaccination?

Il serait possible de poser de nombreuses questions.  Mais essentiellement je pense que nos dirigeants mesurent très mal l'angoisse d'une partie de la population qui pense que la vaccination est le meilleur «remède» face à cette pandémie.

En somme, je suis déçu et un tantinet effrayé.


Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias et de la communication


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