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Jean Turcotte
Jean Turcotte
17 décembre 2008, 10:41

Les journaux intimes... de «quelle famille!»

Nous avons tous, du moins les plus vieux d'entre nous, belle souvenance de cette série télévisée écrite par Janette Bertrand/Jean Lajeunesse et qui mettait hebdomadairement en scène leurs histoires de famille. «Quelle famille!» en était le titre et combien de Québécois/ses s'y sont reconnus à travers ces épisodes.

Le premier jour du reste de ma vie va dans le même sens, mais de l'autre côté de l'Atlantique, un enfant en moins et le chien, eh bien! on l'enterre au tout début. Grande maison, que le grand-père se fait un malin plaisir à rappeler qu'il la finance; un père, chauffeur de taxi et une mère au foyer; un fils étudiant en médecine (plasticien, ironiquement!), un deuxième - formidablement interprêté par Marc-André Grondin qui adopte l'accent français avec beaucoup de panache - ce deuxième, qui ne sait trop que faire de lui, de son avenir et se réfugie dans la musique et les rêves; une fille, la cadette, qui tente de survivre dans cet univers parfois tendu mais univers qui répond intelligemment bien à la définition de la famille moderne des années 1980 à 2000.

Construit en cinq épisodes, le fim aborde les réalités parfois tragiques, souvent au bord du précipice mais toujours portées par la réconciliation voire la rédemption de cette famille qui éclate mais sait se reconstituer selon les événements, les plus malheureux favorisant leur réunion. Et il y en a des événements! Afin de nous les mieux rendre, le réalisateur a choisi de focuser un regard introspectif sur une journée dans la vie de chacun/chacune tout en démontrant sans plaidoyer moralisateur ou prêchi-prêcha que vivre ensemble n'est pas simple mais que vivre séparé n'est guère mieux. C'est touchant, absolument pas mélo-dramatique, entièrement dévoué à la clarification de ces personnages qui évoluent intimement et beaucoup aussi au contact des expériences de leurs proches (parents, grand-parent, frères et soeur). 

On nous fait passer, en deux heures, dans l'âme d'humains qui ont en commun le réel de la vraie vie, autant celle que l'on souhaite cacher dans un journal intime, dans des recoins, des jardins secrets de soi mais que l'obligation de partager le même espace et le même temps oblige tout doucemnent à se découvrir soi-même puis se révéler aux autres.

La famille c'est le premier nid, le premier cocon, celui qui ne fera plus notre affaire et cela assez tôt pour qu'on veuille le quitter; mais la famille c'est aussi, et beaucoup, ces liens inextricables qui font que l'on se revient, se redécouvre et qu'on s'aime... pour la vie et pour la mort.

C'est beaucoup cela que le film réussit. Non pas à porter un jugement critique sur une institution vieille comme les hommes, mais sur ce comment on vit lorsqu'on y arrive, s'y plait, la quitte mais qui toujours ressemblera  à ce que nous y avons appris.

 

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