Madame Lehmann,
De retour de vacances, je viens tout juste de prendre connaissance sur le site du Voir de votre article « Exil politique » consacré à l’humoriste Dieudonné paru le 11 juin dernier. Je dois avouer que la dernière phrase de l’article, dans laquelle vous me faites dire que la société québécoise est "fondamentalement catholique, avec un fond antisémite lié à la question de la langue et de l'argent" m’a fait sursauter ! Non seulement je n’ai jamais prononcé cette phrase mais en plus elle va à l’encontre de ce que je vous ai dit au téléphone. Je crois en effet que le public québécois de Dieudonné, contrairement à son public français qui est très au fait de ses prises de positions extrémistes des dernières années, garde l’image du premier Dieudonné, celui qui défendait des idéaux antiracistes et s’en prenait au Front national. Et si j’ai effectivement mentionné au cours de notre entretien la résolution de l'Assemblée nationale qui en 2000 dénonçait les propos d’Yves Michaud, c’est précisément pour insister sur le fait que la représentation politique québécoise condamne aujourd’hui de façon claire et unanime tous les relents d’antisémitisme et non l’inverse : que la société québécoise est travaillée par un fond antisémite.
Bien à vous, Jean-Philippe Uzel