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Il y a cinq ans, après la sortie de Chiens Sales, j'ai aperçu François Barcelo seul à son kiosque, au salon du livre. Je vais le voir avec à la main un exemplaire de Cadavres, que je venais de terminer:
-Bonjour M.Barcelo! Je voulais simplement vous dire que j'avais adoré Cadavres. C'est vraiment génial!
-Ah ouin?
Pas un mot de plus. Pas un sourire. Pas un remerciement d'avoir acheté son foutu bouquin, ce qui lui permet de vivre. Ce jour-là, j'ai compris pourquoi on n'entendait jamais parler de lui; pourquoi les Québécois ne connaissaient à peu près pas ce sympathique auteur.
Car malgré tout, c'est dommage...
Premier Québécois à publier dans la célèbre Série Noire, chez Gallimard, Barcelo à du style. Foutrement inégal d'un roman à l'autre, c'est vrai, mais quand il réussit à raconter enfin une histoire différente, c'est avec panache qu'il se démarque de la masse. Une bonne demi-douzaine de ses romans racontent à peu de variantes près la même histoire: la sienne. Celle du correcteur de textes publicitaire en retraite qui va faire le tour des états avec sa roulotte. Ceux-là sont endormants, c'est vrai. Mais son Moi, les parapluies est absolument extraordinaire. Cadavres fait fort aussi. Il est retombé un peu dans la shnoute avec Chiens Sales, mais bon...
Surtout, Barcelo fait dans la diversité, comme il nous le démontre avec ce recueil sur Montréal. Il a écrit des romans, des romans jeunesses, des livres pour enfants alouette! Barcelo, c'est le chimiste de la littérature, qui tente de nouvelles expériences qiand il s'emmerde et surtout, quand il réalise que c'est pareil pour son lectorat. Je n'achèterai sans doute pas son Carnet de Montréal (étrangement, après l'avoir rencontré, je n'ai plus jamais acheté un de ses livres!) mais je le lirai sans doute un jour dans une bibli, s'il n'y a rien d'autre...
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