2008 fut une véritable année de fous! L'astrologie chinoise prédisait pourtant une année chanceuse! Bon. Ce fut peut-être le cas pour la Chine avec les Olympiques de Beijing. Quant au reste du monde, le bilan a plutôt oscillé du meilleur au pire...
Barack Obama: Dans le département du meilleur, les Américains ont pris le monde par surprise en élisant le premier président noir de leur histoire. Mais il entrera aussi à la Maison-Blanche croulant sous le poids d'attentes démesurées créées par ces huit longues années sous le savant fou George W. Bush. Pour Obama, 2009 sera donc l'année de tous les dangers.
La crise économique: Côté "pire", la cupidité de grands financiers et le silence complice des gouvernements ont accouché de la pire crise économique depuis 1929 - récession, dépression, stagflation, you name it! Constat: les politiques néoconservatrices héritées de Ronald Reagan et Margaret Thatcher sont un échec total et absolu.
Sarah Palin: Elle aura prouvé qu'il est encore possible chez les républicains d'atteindre les sommets de leur parti tout en étant de la race des crétins finis. Et après, on se demandera pourquoi l'autre crétin termine son règne en se faisant balancer une paire de souliers irakiens par la tête!
Sarko-Bonaparte: Comme Dieu, le président de la France fut partout. Voulant "refonder" le capitalisme, il a aussi trouvé le temps de profiter du 400e de Québec pour jeter aux poubelles de l'histoire la formule consacrée de "non-inférence, non-indifférence".
Michaëlle Jean: Au Canada, 2008 fut l'année de la G.G. Que ce soit en volant la vedette lors du lancement du 400e en France, ou en permettant à Stephen Harper de fermer le Parlement pendant un mois et demi pour esquiver un vote de non-confiance, la gouverneure générale a joué un rôle démesurément politique pour une non-élue.
La majorité, d'abord. Oui!: Deux premiers ministres de gouvernements minoritaires, à Ottawa et à Québec, ont préféré déclencher une élection pour tenter de devenir majoritaire plutôt que de s'occuper de la situation économique, dont ils affirmaient en faire leur ultime priorité!
Élection québécoise: Au Québec, 2008 se termina sur la renaissance de Jean Charest, les adieux un peu tristes de Mario Dumont, le retour en force du PQ et l'élection d'Amir Khadir. Ouf... Bémol: le tout se joua sur un taux de participation atrocement bas de 57 %! Comme quoi, nos élus seraient sages de méditer sur ce que 43 % des Québécois n'ayant pas daigné voter ont tenté de dire aux trois principaux partis...
Élection fédérale: Le Bloc a atteint son objectif: bloquer la majorité aux conservateurs. Pour la première fois, bien des Canadiens anglais ont remercié le Bloc d'exister! En cachette, bien sûr... Le premier projet de gouvernement fédéral de coalition s'en est suivi - une fort belle idée, mais mort-née depuis le couronnement de Michael Ignatieff à la tête du PLC. Quant à Stephen Harper, les historiens retiendront que mené par sa hargne obsessionnelle contre les partis d'opposition, il aura créé un précédent nettement moins noble en tentant de les étouffer financièrement. C'est ce qui arrive lorsqu'un PM rêve en secret d'un régime à parti unique...
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Maintenant, résumons:
Les grands disparus (politiques) de 2008: Mario Dumont et Stéphane Dion.
Les grands apparus: Michael Ignatieff et Amir Khadir.
Le revenant: Jean Charest.
La surprise: une opposition officielle forte pour le PQ.
La routine: un autre de nos collègues journalistes a fait le grand saut en politique. Comme nouveau député adéquiste, Gérard Deltel est allé rejoindre Christine St-Pierre, Bernard Drainville et la G.G.! Qui seront les prochains en 2009?...
Notre lexique politique: En 2007, deux nouvelles entrées - "girouette et gouvernement de cohabitation" - avaient fait fureur. En 2008, il s'est enrichi des expressions "prorogation", "coalition", "tempête économique" et, ma préférée toutes catégories: "on ne peut pas avoir trois paires de mains sur le volant!".
L'héritage Bush: Mais loin de nos très petites misères et de nos chicanettes de procédures à l'Assemblée nationale, impossible d'oublier, qu'en 2008, le sang a continué de couler en Irak et en Afghanistan - celui de civils innocents et celui de jeunes soldats, dont les nôtres en terre afghane.
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En attendant 2009, je vous souhaite surtout de passer ce Noël avec ceux et celles que vous aimez. Après tout, le sens originel de cette fête n'est pas de vider son compte de banque, mais de célébrer son message tout universel: aimez-vous les uns, les autres. Dans cet esprit, crise économique ou pas, bien plus encore que ce qui s'achète, la présence et l'attention que l'on donne aux autres demeurent le plus beau cadeau d'entre tous.
Joyeux Noël! Et merci à tous, lecteurs et lectrices de Voir, pour votre fidélité! Ça, c'est le vrai cadeau que vous me faites à longueur d'année!