Bienvenue sur Voir
ouvrir session
FAQ
devenez membre
www.voir.ca
Voix publique
Voix publique
Pour voir juste sur ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les palais et les parlements du Québec, du Canada et du monde, suivez les analyses politiques percutantes de Josée legault sur son blogue.
février 2009 - Messages
27 février 2009, 4:18
Québec solidaire et la Caisse

Moins couvert, voici le point de vue de Québec solidaire sur les pertes de 39,8$ milliards à la Caisse de dépôt et placement du Québec:

*******************************************************************************

Pertes de la Caisse de dépôt : Une commission parlementaire maintenant, une enquête indépendante ensuite

    MONTRÉAL, le 27 févr. /CNW Telbec/ - Le député de Mercier Amir Khadir et
la porte-parole de Québec solidaire Françoise David demandent la tenue d'une
commission d'enquête indépendante pour faire toute la lumière sur les
résultats de la Caisse de dépôt et réitèrent leur volonté de voir comparaître
le premier ministre Jean Charest en commission parlementaire. Ils formulent
également un certain nombre de questions qui devront trouver réponse lors de
ces audiences.
    «M. Charest se lave les mains de tout blâme alors que chacun sait
maintenant qu'il a imposé par une loi-bâillon une modification au mandat de la
Caisse de dépôt en 2004 pour la soumettre à la seule loi du rendement maximum
à court terme. M. Charest doit se comporter en homme d'Etat et se présenter en
commission parlementaire», a martelé la porte-parole de Québec solidaire
Françoise David.

    Une commission d'enquête est nécessaire

    «Cette commission sera toutefois loin d'être suffisante pour faire toute
la lumière sur les résultats désastreux de la Caisse. Il faut aller plus loin
que la simple dénonciation politique à laquelle cet exercice donnera lieu et
mettre en place une commission d'enquête. C'est à toute une culture de la
spéculation et du boursicotage qu'il faut s'attaquer pour que les Québécois et
les Québécoises se réapproprient leur bas de laine et le placent à l'abri des
aléas de l'économie casino. Le modèle économique actuel est en crise, il est
temps d'agir en conséquence en misant sur une économie qui ne soit plus
assujettie aux marchés financiers et plus solidaire», a ajouté Amir Khadir.

    Des questions jusqu'ici sans réponse

    La porte-parole de Québec solidaire et le député de Mercier aimeraient
qu'à l'issue de la commission d'enquête, les questions suivantes trouvent une
réponse :

    <<
    - Au-delà de l'illusion des rendements à court terme, pourquoi la Caisse
      a-t-elle acheté pour près de 13 milliards de dollars en PCAA ? Y a-t-il
      un lien à faire avec le positionnement de la Bourse de Montréal ?
    - La Caisse s'est-elle placée en conflit d'intérêt en achetant du papier
      commercial adossé à des actifs (PCAA) d'une banque d'investissement
      dont elle était le principal actionnaire (Coventry) ?
    - Quelle était l'urgence de modifier le mandat de la Caisse de dépôt en
      2004 ? D'où venaient les pressions pour que soit modifié le mandat ?
    - Est-ce judicieux d'investir autant de capitaux à l'étranger ?
*****************************************************************************************

26 février 2009, 5:31
Parizeau et la Caisse

Pendant que ce que j'appelais dans ma chronique cette «partisannerie exacerbée» bloque toute entente entre les trois partis pour la suite des choses dans le dossier des pertes à la Caisse de dépôt et placement, Jacques Parizeau, un de ses fondateurs, en a parlé ce soir, 19h00, à RDI.

En avançant avec autant de certitude, et d'expérience, que le gouvernement SAVAIT ce qui se passait à la Caisse, mais qu'il n'est pas intervenu pour limiter les dégâts, le débat vient de prendre une autre tournure. À voir maintetant comment réagira le premier ministre.

******************************************************************

Quelques extraits tout chauds de l'entrevue avec Jacques Parizeau:

«Le gouvernement savait très tôt que ça allait de plus en plus mal.»

«J'ai été ministre des Finances» (...) «et je peux vous dire que le ministère des Finances sait.»

«On a décidé de ne rien faire et d'attendre que ça saute.»

«C'est très sérieux

«On a besoin de changements profonds« (...) «mais on a nié la réalité.»

«Et on n'a pas le rapport annuel encore!»

Dès 2008, «c'était partout dans le journaux la crise des papiers commerciaux».

«C'est sûr (qu'à la Caisse), il y a des questions de compétence.»

«Il faut une commission parlementaire d'abord, mais s'il y a blocage, une commission d'enquête

«Il faut qu'on change le fonctionnement de la Caisse.»

«Ce n'est pas une entreprise privée.»

«Il faut protéger l'indépendance du président de la Caisse.»

«Le premier ministre a un pouvoir sur la Caisse qu'aucun premier ministre n'a jamais eu.»

 «Il y a eu un vent de panique, un moment donné.»

«La Caisse a emprunté pour prendre des risques.» (70$ milliards).

«La Caisse emprunte de plus en plus sur elle-même.» «C'est comme si la Caisse emprunte en utilisant les pensions comme caution à la banque

«Ces pertes seront donc soustraites des pensionnés.» (Mais les pensions sont en sécurité). «Ceux qui ont à craindre, ce sont les contribuables d'ici un an ou eux.» (JP parle alors d'augmentations prévisibles des tarifs).

Sur tout ce qui se passe maintenant: «Je trouve ça désolant.» «À l'heure actuelle, on aurait tellement besoin d'elle pour protéger certaines de nos grandes entreprises, comme ALCAN.»

«Au plus sacrant, changeons la formule, le mandat», etc...

*******************************************************************

 


26 février 2009, 3:43
La bonne nouvelle JL

En pleine crise financière, ai trouvé cette bonne nouvelle dans le Globe and Mail de ce matin:

http://www.theglobeandmail.com/servlet/story/LAC.20090226.CMA26/TPStory/?query=canadian+medical+association

Voilà qu'on nous apprend qu'après des années de médecins-présidents favorables à une plus grande privatisation du système de santé, l'Association médicale canadienne s'apprête à s'en donner un, ou une, qui croit dur comme fer à la nécessité de renforcer le système public!

Mieux encore: un de ces candidats dit que chez plusieurs jeunes médecins résidents, il observe ce même tournant vers un appui plus prononcé au système public. 

C'est l'Institut économique de Montréal et Philippe Couillard qui ne seront pas contents...

**********************************************************************

(*) Et merci de l'inspiration pour le titre de ce billet à M. Boudrias en ayant mentionné, même avec ironie, «la bonne nouvelle GM»...

Je sais. Celle-ci aurait également pu s'appeler «la bonne nouvelle GM» puisqu'elle vient du Globe & Mail. Ah, ah, ah....

 


25 février 2009, 4:39
Une hypothèse

Mario Dumont quitte la politique. Il le fait sans tambour ni trompette. Sans conférence de presse où, de toute façon, il n'aurait fait que se gratter le bobo de la décapitation de l'Action démocratique à la dernière élection.

De toute façon, le diagnostic est posé depuis des mois: équipe faiblarde; manque de substance; un alignement miraculeux de planètes en 2007 dû à l'impopularité de Jean Charest et André Boisclair; et un positionnement idéologique trop à droite pour une majorité de Québécois. Ce qui fut d'ailleurs confirmé par le rejet des conservateurs à l'élection fédérale d'octobre. Bref, 15 ans après avoir pris la direction de l'ADQ, l'homme a tiré ses conclusions. Le PQ, aussi un rejeton du PLQ, n'avait pris que huit ans après sa formation pour arriver au pouvoir. Mais quinze ans, ça ne pardonne pas. Pourtant, en raison de ce qu'il aura néanmoins contribué à la vie politique, sans oublier son immense courage lorsqu'après l'échec de Meech, il a quitté une carrière prometteuse et confortable au PLQ pour des raisons de principe, Mario Dumont peut partir la tête haute.

Je me permettrai tout de même une hypothèse: et si, d'une certaine manière, la politique avait aussi quitté Mario Dumont? Et bien d'autres, d'ailleurs. J'entends la politique telle qu'elle en est venue à se pratiquer ici depuis une dizaine d'années. Cette politique de la gouvernance à courte vue, d'une partisanerie exacerbée et d'invectives personnelles érigées en substitut de débat. Cette politique où les grandes idées, les rêves, les projets mobilisateurs et les grands orateurs ont pris le fossé. Cette politique où un premier ministre fédéral ferme le parlement pour éviter de perdre le pouvoir. Cette politique où on laisse la Caisse de dépôt et placement sans capitaine en pleine "tempête" économique. Cette politique où le défi démographique et le décrochage laissent de glace.

Que l'on partage ou non les idées de l'homme, rappelons-nous qu'il arriva au début des années 90 où, sans verser dans la nostalgie bonbon, les questions nationale, sociale, économique et identitaire se vivaient encore avec audace et effervescence. Les débats portaient surtout sur les idées. Tenez. On aurait mal imaginé un Robert Bourassa traitant un Jacques Parizeau de "girouette" et s'amusant en plus de pouvoir aligner un lexique complet de synonymes! Et pourtant, Mario-la-supposée-girouette avait bel et bien raison lorsqu'il a prédit des pertes massives à la Caisse de dépôt et que le gouvernement le ridiculisait...

Ce n'est pas pour dédouaner Mario Dumont de ses erreurs, ni pour ignorer ce qui se fait aussi de bien dans nos parlements. Mais à regarder la "joute" politique ces temps-ci, il me semble qu'une sérieuse réflexion sur le "pourquoi" et le "comment" de la politique active ne serait pas un luxe. L'élection d'un Barack Obama montre que cette mission est loin d'être impossible. De fait, des taux de participation de plus en plus faibles témoignent de son urgence. Espérons que l'exemple obamien encouragera enfin une nouvelle génération à investir ici le champ politique. Question de la faire, cette satanée réflexion sur le "comment" et le "pourquoi"! Et d'en tirer le courage d'agir.

LA CONQUÊTE DES CLASSES

Dans la saga de la commémoration de 1759, les projecteurs furent braqués sur l'annulation de la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham par la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN). Mais la CCBN s'"intéresse" aussi aux écoles primaires et secondaires en leur offrant une pléthore d'activités "récompenses" qu'elle qualifie de "pédagogiques"...

Quelques exemples, qui ne s'inventent pas. "Enrôlez-vous comme milicien canadien avec le général Wolfe ou le général Montcalm et participez à de palpitantes manœuvres militaires. Drill au tambour, quiz historique, chargement de canon, manœuvres militaires sur le champ de bataille". Ou encore: "Participez à l'entraînement militaire sous le commandement des généraux Wolfe et Montcalm: analyse des stratégies militaires utilisées en 1759, animation théâtrale et grande revue militaire sur le site des batailles".

Attendez! Ce n'est pas fini: "Dans votre école: Wolfe et Montcalm en classe: Devenez spectateur d'une confrontation amicale entre les généraux Wolfe et Montcalm".

Ça ressemble drôlement à une tentative de faire entrer dans les classes une vision révisionniste et banalisée de cet événement et d'influencer ainsi la vision de jeunes esprits. On se croirait presque de retour en plein programme des commandites lorsque Patrimoine canadien - le ministère également responsable de la CCBN - distribuait dans les écoles des unifoliés, des kits et des jeux sur le Canada. Et après, on nous dira que de rapatrier les plaines d'Abraham et leur administration serait une idée de fou! Y a-t-il un gouvernement dans la salle pour le revendiquer?


25 février 2009, 4:01
J'ai mal à ma Caisse...

 

C'est confirmé. LA nouvelle de la journée. Sûrement LE thème dominant de la prochaine session parlementaire.

Et certainement LA raison pour laquelle Jean Charest a déclenché une élection AVANT que ces chiffres ne soient rendus publics. On comprend que si son gouvernement était demeuré minoritaire, il serait probablement tombé d'ici quelques semaines. Et il serait tombé en position extrêmement vulnérable.

Donc, la Caisse de dépôt et placement confirme une perte de plus de 25 % en 2008. C'est 39,8 milliards de dollars. Et son pire score depuis sa création en 1965.

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/2009/02/25/003-cdpq-perte-mercredi.shtml

Il y aura donc une commission parlementaire pour tenter de savoir ce qui a bien pu se passer! Mais il reste aux trois partis de s'entendre sur son fonctionnement...

L'inquiétude ici est que la partisannerie finisse par prendre le dessus. Qu'elle vienne d'un, deux ou des trois, le résultat serait désastreux si les trois chefs ne réussissaient pas ensemble à s'élever au-dessus de la partisannerie pour faire le MÉNAGE qui s'impose à la Caisse aux niveaux de sa gouvernance, de son manque de transparence, de son système de boni, du mode partisan de nomination de son PDG, sa propension troublante à avoir autant «investi» /sic/ de notre argent à l'étranger, et ce, à des coûts nettement supérieurs que si ces investissements avaient été faits ici au Québec. Un peu plus, et on aurait appris que la Caisse jouait aussi dans les machines à sous de Las Vegas...

Il importera aussi - mais, là-dessus, j'ai peu d'espoir -, que l'on identifie les responsables. Qu'ils aient été à la Caisse, ou du côté du gouvernement. Mais constatant la tendance de plus en plus accentuée au Québec, du moins chez ses «décideurs», de ne plus identifier, ni imposer de sanctions à ceux qui sont responsables de certains des grands fiasco financiers des dernières années (et je ne pense pas seulement à l'Ilot Voyageur...), je ne retiendrai pas mon souffle.

Surtout, le débat sur la MISSION de la Caisse est maintenant un incontournable. Sur ce sujet, l'article suivant, paru dans Le Devoir de ce matin, identifie des pistes intéressantes. Il pose aussi LA bonne question : «bas de laine ou levier de développement?».

La réponse étant évidemment qu'elle doit être les deux, mais que son rôle doit en effet «marquer profondément la structure et la dynamique de notre activité économique» (...) «Ce qui démontre d'ailleurs que la tentative en 2004 de «neutraliser» l'impact politique de la Caisse était un leurre. Cantonner la Caisse dans un mandat de rendement financier signifiait d'orienter son activité vers le développement d'une sphère financière de plus en plus spéculative, à court terme et vorace de rendements, sans égard à son impact sur l'économie réelle.» (...) «La Caisse, dès son origine, a été conçue pour être plus qu'un «bas de laine». Elle est un outil d'intervention et de souveraineté économique.» (...) «Nous devons à nouveau faire face à des défis économiques cruciaux pour notre avenir.» (...) «Plusieurs analystes plaident pour un plan de sortie de crise qui réorienterait significativement le développement de nos économies vers un modèle plus écologique, moins dépendant des marchés internationaux et plus solidaire. La Caisse, tant le poids de son actif que l'imagination et la créativité de ses travailleurs, pourrait être mise au service de ce projet de sortie de crise. Et, je suis certain que de miser sur le développement de notre souveraineté économique rapportera à long terme les rendements nécessaires au maintien de la croissance responsable et réaliste de nos épargnes collectives.»

Pour l'article complet, voir: http://www.ledevoir.com/2009/02/25/235835.html

******************************************************************


 



24 février 2009, 11:49
Obama et la Caisse de dépôt

Bon. D'accord.

Je sais bien que ce soir, devant le Congrès, Barack Obama ne parlait ni de la Caisse de dépôt et de placement, ni du laissez-faire du gouvernement québécois dans ce dossier, lorsqu'il a dit:

«Short term gains were prized over long term prosperity».

(Des gains à court terme ont été préférés à une prospérité à plus long terme.)

Je sais bien qu'il faisait référence à la crise financière et économique des États-Unis. Et à la «culture» de l'avidité qui l'a créée.

Mais je n'ai pu m'empêcher d'entendre aussi dans cette phrase ce qui, dans les faits, résumerait tout aussi bien ce qui a provoqué les pertes que la Caisse de dépôt annoncera ce mercredi.

Eh oui. Des gains à court terme - et j'ajouterais même l'ILLUSION de gains à court terme -, au nom desquels la prospérité des générations à venir fut sacrifiée en partie.

Et des gains à court terme ordonnés par un gouvernement qui a modifié le mandat même de la Caisse pour marginaliser son rôle dans l'économie québécoise au «profit» de profits rapides.

Comme une course pour couvrir les pensions des Boomers. Quitte à prendre des risques de manière imprudente. Et quitte pour ce faire à ne pas investir suffisamment dans une économie apte à profiter aux générations suivantes. En passant: ce que Mario Dumont tentait de dire depuis des mois...

Mais oups! Résultat: nous n'aurons ni l'un, ni l'autre. Bien des Boomers à un cheveux de leur pension en paieront la note. Tout comme les prochaines générations la paieront avec une économie moins bien soutenue par les deniers des Québécois...

En effet. Des gains à court terme - ou plutôt, leur illusion -, ont été préférés à une prospérité à plus long terme.

 

 


24 février 2009, 4:42
Les Plaines jusque dans l'école

Oui, oui. La Commission des champs de bataille nationaux offre en effet aux écoles primaires et secondaires toute une série d'«activités pédagogiques», dont tout un collier de perles sur la bataille des plaines d'Abraham. (Le regroupement Impératif français émettait d'ailleurs un communiqué aujourd'hui sur ce sujet).

Bien sûr, les professeurs sont libres de s'en prévaloir ou non, mais là n'est pas la question. L'éducation est bien sûr de juridiction provinciale. On se demande alors ce qu'y fait une agence fédérale. Mais le vrai problème est le suivant: que ce soit 1759, ou tout autre événement de l'histoire québécoise et canadienne, son enseignement, parfois pour le meilleur et pour le pire, appartient néanmoins aux programmes du ministère de l'Éducation. Y ajouter des activités véritablement pédagogiques est une chose normale et souhaitable. Mais l'interférence d'une agence fédérale relevant, doit-on le répéter, du ministère fédéral le PLUS politisé - soit Patrimoine canadien - échappe ici à tout entendement.

***************************************************

À preuve, ces extraits descriptifs de certaines de ces «activités» trouvées sur le site internet de la CCBN : http://www.ccbn-nbc.gc.ca/, lesquels témoignent d'une approche révisionniste, banalisant, encore une fois, et le rapport réel des acteurs de l'époque et, par conséquent, les conséquences des dits événements. Et ce sont des enfants qu'on invite ainsi à banaliser l'Histoire... Sans oublier qu'on les invite aussi à «jouer» aux soldats et à transformer la guerre en jeux...

Donc, voici quelques extraits:

«La discipline ne vous fait pas peur ? Enrôlez-vous comme milicien canadien avec le général Wolfe ou le général Montcalm et participez à de palpitantes manoeuvres militaires. Drill au tambour, quiz historique, chargement de canon, manoeuvres militaires sur le champ de bataille (si la température le permet), Outils : drapeaux, tambours, canon et objets militaires.»

Ou encore: «Participez à l'entraînement militaire sous le commandement des généraux Wolfe et Montcalm : analyse des stratégies militaires utilisées en 1759, animation théâtrale et grande revue militaire sur le site des batailles (si la température le permet). Outils : plan mural du territoire en 1759, drapeaux des régiments, tambours, uniformes d'officiers et dossards aux couleurs des armées.»

«Dans votre école: Wolfe et Montcalm en classe: Devenez spectateur d'une confrontation amicale entre les généraux Wolfe et Montcalm. Participez ensuite à un enrôlement militaire, à un jeu d'identification du soldat, de son rôle, de son uniforme et de son drapeau. Outils : présentation multimédia, drapeaux, uniformes et dossards, fusils à pierre et objets d'époque.»

Et, enfin: «Gratuit. 1759: Du sentier de la guerre aux plaines d'Abraham. Plongez au cœur de la bataille des plaines d'Abraham et de ses préparatifs. L'exposition virtuelle 1759, accessible gratuitement via l'Internet, vous permet de revivre aux côtés des Français, des Britanniques, des Canadiens et des Amérindiens les hauts et les bas d'une lutte à finir pour la conquête de l'Amérique, page marquante de l'histoire militaire du pays.»

*****************************************************

Pour information, voici le texte du communiqué en question:

Le fédéral veut fêter la défaite des Plaines d'Abraham dans les écoles primaires du Québec

Le mouvement Impératif français et la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) dénoncent le projet du gouvernement fédéral et de sa Commission des champs de bataille nationaux, qui vise à poursuivre leurs « célébrations » de la défaite de la Nouvelle-France, mais cette fois-ci auprès d'une clientèle plus vulnérable, les élèves des écoles primaires du Québec qui, de surcroît,  en seront les principaux « reconstituteurs »!

Dans la page Internet suivante www.ccbn-nbc.gc.ca/_fr/primaire, le gouvernement du Canada annonce « des animations éducatives et divertissantes où les jeunes sont au cœur de l'action »! La CCBN invite nos jeunes du primaire « à s'enrôler comme milicien canadien avec le général Wolfe ou le général Montcalm et à participer à de palpitantes manœuvres militaires. Outils : drapeaux, tambours, canon et objets militaires. » et à « participer à l'entraînement militaire sous le commandement des généraux Wolfe et Montcalm : analyse des stratégies militaires utilisées en 1759, animation théâtrale et grande revue militaire sur le site des batailles (si la température le permet). Outils : plan mural du territoire en 1759, drapeaux des régiments, tambours, uniformes d'officiers et dossards aux couleurs des armées ».

La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et Impératif français exigent du gouvernement du Canada qu'il abandonne son projet de « reconstitution » de la défaite de la Nouvelle-France chez les écoliers québécois, qu'il reconnaisse la compétence exclusive du Québec sur son patrimoine national et qu'il rétrocède au Québec les plaines d'Abraham, dont la propriété fédérale est toujours un symbole de la défaite et de l'occupation anglaise !

Les présidents du mouvement Impératif français et de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, MM. Jean-Paul Perreault et Mario Beaulieu, seront présents à la comparution de M. André Juneau devant le Comité permanent du Patrimoine canadien le mercredi 25 février prochain.

************************************************************************

 

 

 


23 février 2009, 6:14
L'excommunication

 

Petit retour sur le conseil national du Parti québécois des 21 et 22 février derniers.

Le thème: le PQ et la «violence».

**************************************************************** 

Question de se dissocier de certains propos tenus par Patrick Bourgeois du journal indépendantiste Le Québécois contre la reconstitution de la bataille des Plaines d'Abraham par la Commission des champs de bataille nationaux, le PQ s'est voté une résolution disant qu'il «reste solidaire des organisations indépendantistes qui oeuvrent pacifiquement à la promotion du Québec». L'usage du mot «pacifiquement» laissant sous-entendre qu'il en existerait donc de moins pacifiques.

Lors de son point de presse, Pauline Marois a beaucoup insisté sur le fait que M. Bourgeois avait «incité» à la violence par certains propos: «moi, quand on veut inciter à la violence, je me dissocie. Quand les propos sont violents, je me dissocie». Parmi les dits propos, il y avait cette opinion de M. Bourgeois voulant que si la reconstitution n'était pas annulée, le résultat ressemblerait au fameux samedi de la matraque(*)?

Opinion? Incitation? C'est selon le point de vue.

Mme Marois a demandé à M. Bourgeois de «retirer» ses propos, de les «regretter» et de s'en «excuser». Sans quoi, les députés du PQ n'achèteraient plus de publicité dans son journal. Un genre d'excommunication plus ou moins temporaire, dépendant du degré d'expiation du pécheur. Le tout envoie un message bien particulier: le PQ se croit obligé de répondre de tous les propos tenus par quiconque milite pour la même cause, même à l'extérieur de ses rangs. S'il fallait que le PLC, le PC et le PLQ aient le même réflexe face à certains éléments fédéralistes plus extrêmes, il y a des époques, même récentes, où ils auraient enfilé leurs propres dissociations comme autant de perles d'un très long chapelet! Faut croire qu'on se sent moins coupable, ou moins contrôlant, de ce côté de la question nationale.

L'expiation

M. Bourgeois a accepté cette perte annuelle de 10 000$ et promis de soigner son langage à l'avenir. Par contre, le diktat ne passa pas très bien auprès de certains membres et députés, dont Marc Laviolette du SPQLibre (**). Identifié comme l'«aile radicale» du PQ, le SPQLibre commence peut-être à se demander s'il ne sera pas le prochain sur la liste des admonestés officiels, rejoignant un jour Jean-Claude St-André, cet ancien député et autre «radical» dont le PQ avait bloqué la candidature l'an dernier. Mais ça, c'est une autre histoire...

N'empêche que des péquistes ont dû se demander pourquoi une fois la reconstitution annulée, leur direction donnait ainsi l'impression qu'elle blâmait après coup les «provoqués» plus vertement que les «provocateurs», c'est-à-dire les organisateurs du 250e de la dite bataille? Ce faisant, un moment de réjouissance prenait des airs de vieux refrains chicaniers.

Certains ont vu dans l'approche de Mme Marois un bonne décision visant à écrémer le mouvement souverainiste d'éléments parfois plus gênants devant la visite. D'autres, considérant que la politique n'est pas toujours un salon de thé, y voient plutôt l'art de compter dans ses propres buts en accrochant ses propres coéquipiers au passage. Il est tout de même incongru de voir ce parti vouloir lancer un vaste «dialogue» avec toutes les forces nationaliste au même moment où il tape publiquement sur les doigts de quelques membres plus tapageurs de sa famille élargie.

Il n'est pas question ici de cautionner les propos de qui que ce soit. Force est seulement de constater deux éléments cruciaux dans ce dossier. Primo: si la classe politique, dont son parti, avait fait montre de leadership en exigeant plus tôt l'annulation de cette reconstitution, certains auraient sûrement eu moins de raison de hausser le ton.

Secundo: en se scandalisant de la sorte, cette même classe politique montre qu'elle a également mal mesuré la force avec laquelle l'opinion publique, de toutes tendances, a rejeté ce projet dès qu'elle en fut informée. Personnellement, je ne compte même plus les personnes immigrées récemment m'ayant dit que si quelqu'un dans leur pays avait tenté de venir leur jouer leur pire défaite sous le nez, ils auraient sorti les pancartes tout de suite. N'empêche que, pancartes ou non, c'est bel et bien la société civile qui aura eu raison de cette reconstitution mal avisée. Et non ses élus.

Dernière remarque: lors de son point de presse, la chef du PQ a utilisé le mot «violence» à plusieurs reprises, comme si cela constituait tout à coup un problème au point de nécessiter une résolution du PQ en bonne et due forme. Les mots ont pourtant un sens. De fait, on croyait presque entendre André Juneau, alors que le président de la Commission des champs de bataille nationaux usait du prétexte de menaces de «violence» pour justifier l'annulation de la reconstitution de la bataille de 1759.

***************************************************************** 

Cela étant dit, toute cette histoire ne sera plus qu'un bruit de fond dès que les citoyens se verront confirmer l'ampleur des pertes à la Caisse de dépôt et placement.

Et le mot «violence» s'appliquera là où il doit l'être. Soit pour décrire la nature du choc face aux pertes de la Caisse...

*****************************************************************

(*) Samedi de la matraque: le 10 octobre 1964, des manifestations contre la visite de la Reine Elizabeth II à Québec furent durement réprimées par la police.

(**) Syndicalistes et progressistes pour une Québec libre: club politique de gauche, créé au sein du PQ sous la gouverne de Bernard Landry.

******************************************************************

Désolée si ce billet est plus long que les autres.

Dîtes-vous qu'en y ajoutant ma chronique hebdomadaire, vous en aurez eu deux pour le prix d'une!


19 février 2009, 3:46
La réhabilitation des USA

Bon. Barack Obama vient tout juste de quitter la colline parlementaire à Ottawa.

http://www.cyberpresse.ca/dossiers/obama-a-ottawa/200902/19/01-829023-obama-et-harper-sentendent-sur-des-priorites.php

Il fut généreux de son temps et de ses «bye-bye» à une foule atteinte d'Obamanie chronique. Ce qui, en ces temps de leadership politique décevant, se comprend parfaitement bien.

Et, on aura au moins pu découvrir que Stephen Harper est capable de sourire! Eh oui. On ne l'aura jamais vu sourire autant et aussi longtemps qu'aujourd'hui. Comme quoi, le sourire du président américain doit être drôlement contagieux pour que même M. Harper l'attrape...

Sur le fond, le fait que la première visite à l'étranger du nouveau président se fasse au Canada annonce des relations bilatérales nettement plus productives et sereines que sous W. Bush depuis l'invasion américaine de l'Irak.

Sur la question de l'Afghanistan, il est toutefois trop tôt pour savoir ce qu'en fera le Canada. Barack Obama veut accélérer ce «dossier», tandis que le Canada doit en sortir en 2011. Qu'adviendra-t-il de cette mission, hautement impopulaire ici pour cause de résultats déficients? S. Harper suivra-t-il l'appel d'Obama à un usage plus prononcé des voies diplomatiques, alors que le gouvernement conservateur a montré à quel point il s'y intéressait peu en nommant comme ministre des Affaires étrangères des Peter McKay, des Maxime Bernier ou des Laurence Cannon? 

*********************************************************************** 

Un fait est pourtant incontournable: le charisme et la popularité extrême d'Obama ont pour ainsi dire réhabilité les États-Unis au Canada! Incluant même son drapeau! Mais aussi, cette confiance diffuse voulant, ou souhaitant, que Barack Obama devienne un grand président.

Non que nous ayons été, ou soyons «anti-américains», comme je le lisais dernièrement dans une chronique. Lorsqu'il y a opposition ici, elle est toujours dirigée contre le gouvernement américain.

Restera donc à voir si la manière dont Obama gouvernera les États-Unis au cours des quatre prochaines années saura maintenir cette réhabilitation intacte.

 

 


18 février 2009, 1:33
D'émotions et de violence

Il y avait quelque chose de franchement troublant à entendre André Juneau invoquer ad nauseam des "menaces de violence" comme prétexte principal à l'annulation de la reconstitution militaire de la bataille des plaines d'Abraham. De la démagogie pure.

Après s'être terré pendant des semaines, le président de la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN) a eu l'audace de pérorer qu'en tant que "gestionnaire responsable", il ne pouvait tout simplement pas "risquer de compromettre la sécurité des familles et des enfants"! Au prétexte de la "violence", il ajouta celui de l'"émotivité des "gens", de la "susceptibilité", de la "sensibilité" et de perceptions qu'il dit "erronées" face aux "intentions" de la CCBN. Des perceptions créées surtout, selon lui, par la "forme" et non le "fond", soit un "visuel" quelque peu "maladroit" placé sur le site de la CCBN: une photo montrant de faux Wolfe et Montcalm se donnant la main et arborant un large sourire complice et amical. Bref, tout cela ne serait qu'un simple malentendu résultant d'un mauvais marketing! Comme si cette photo ne témoignait pas d'un révisionnisme historique visant justement à gommer les effets de la défaite et de la Conquête.

Mais pas une fois il n'a reconnu la moindre possibilité qu'une commémoration aussi marquée de la défaite de 1759 soit une chose dont de nombreux Québécois ne veulent pas. De toute évidence, il espère qu'en annulant la simple reconstitution de la bataille, cet arbre finira bien par cacher la forêt. Cette forêt, c'est le fait que la CCBN conserve tout le reste de la programmation du 250e. Elle y ajoute même de nouveaux éléments! L'invitation tient donc toujours à "jouer les touristes dans votre propre ville"! Bref, il ne sera pas possible d'aller dans notre propre capitale cet été sans qu'on y sente flotter l'esprit de 1759. Allez hop! Et en boni: des mousquets miniatures et des petits drapeaux canadiens en souvenir! Mais combien vous pariez que la CCBN ne distribuera pas en complément de beaux dépliants, bien divertissants, rappelant les conséquences de la défaite, disons, comme l'écrasement des rébellions, l'Acte d'Union ou le rapport Durham?

L'ARBRE QUI CACHE LA FORÊT

Les prétextes de M. Juneau sentaient aussi l'amertume. Celle d'avoir eu à annuler même une partie de son programme. D'autant plus que ces prétextes lui permettent de jouer à la "victime" de "séparatistes" potentiellement violents. En insistant autant sur des menaces venues en fait de quelques personnes, il occulte surtout les nombreux arguments raisonnés contre la pertinence même de voir une agence fédérale s'arroger le droit de marquer ce qui, au Québec, est considéré comme une défaite aux impacts profonds. Lorsque M. Juneau invoque son devoir de protéger les ti-nenfants de certains méchants séparatistes, il ignore volontairement une opinion publique qui s'y est opposée sur plusieurs tribunes de manière intelligente, posée et pacifique. Elle est là, sa démagogie. Et elle est là, cette troublante habitude de certains vieux serviteurs de l'unité nationale à la sauce trudeauiste, tel M. Juneau, encore et toujours incapables de défendre leur cause sans abaisser leurs opposants.

Car, vous dit M. Juneau, ce qu'il identifie comme un "dérapage politique" serait le fait de séparatistes. Tandis que lui, bien sûr, ne défendrait aucune cause ici. Il ne fait que parler d'"histoire". Mais si sa cause n'était que celle de l'histoire, il aurait saisi tout de suite à quel point la plupart des Québécois n'ont aucun goût de revivre en touristes le "siège intensif" de Québec, pour citer le site de la CCBN, ni les "bombardements et les destructions de maisons" dont il a fait mention dans sa conférence de presse.

L'HOMME SANS CAUSE

Et si encore sa propre raison avait pris le dessus sur son idéologie, il aurait compris d'instinct ce que constatait déjà l'historien Jean-Noël Rouleau en 1959, lors du 200e de la bataille des plaines: "On a peut-être l'intention de promouvoir l'unité nationale? Mais c'est justement le genre de manifestation qui, loin de promouvoir l'unité nationale, va avoir exactement l'effet contraire." (Entrevue rediffusée ce 17 février à Radio-Canada)

Mais le voilà se disant complètement surpris de voir à quel point tout cela dérange encore ici, 250 ans plus tard! Et elle est grosse comment, la poignée que les Québécois ont dans le dos?

Alors, aucune "cause", cet André Juneau? Vraiment? Ce n'est pourtant pas tout à fait ce qu'en pense l'éditorialiste en chef de La Presse qui, face à une annulation possible, dénonçait déjà la "couardise des fédéralistes" dans ce dossier...


17 février 2009, 5:08
Monsieur 1759 n'a rien compris

Je reviendrai plus en détails demain dans ma chronique hebdomadaire sur la conférence de presse donnée ce matin par André Juneau, président de la Commission des champs de bataille nationaux et responsable de la commémoration du 250e de la défaite des plaines d'Abraham.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/200902/17/01-828225-la-reconstitution-de-la-bataille-des-plaines-annulee.php

Hormis cette déclaration surréaliste de M. Juneau, parmi d'autres, de ce matin: «La sensibilité des gens était plus élevée que ce qu'on pensait après 250 ans!», je vous donne tout de suite une petite idée de mon analyse en vous offrant le premier paragraphe de ma chronique qui sera en ligne demain:

«Il y avait quelque chose de franchement troublant à entendre André Juneau invoquer ad nauseam des «menaces de violence» comme prétexte principal à l'annulation de la reconstitution militaire de la bataille des plaines d'Abraham. De la démagogie pure.»

***********************************************************************************

Pour le moment, voici ce qui fut entendu aussi, ici et là, dans les heures suivant cette conférence de presse: finalement, le VRAI problème ne serait pas la commémoration elle-même, mais simplement que le projet aurait été «mal ficelé», «mal présenté»; que M. Juneau aurait été seulement un peu «naïf, «candide», etc... Bref, tout cela ne serait que le résultat d'un mauvais marketing...

Eh non. Ce projet a été préparé trop longuement et mûri trop longtemps par la CCBN pour qu'on se contente aujour'hui de conclure à une simple erreur de packaging.

À mon humble avis, pour M. Juneau - un bon soldat de l'unité nationale issu de l'école trudeauiste classique - la seule et vraie suprise est qu'il y ait encore au Québec un ressort suffisamment fort pour refuser ce genre de banalisation et de révision de l'histoire. Et surtout que, contrairement à ce qu'il prétend, ce ressort est exercé dans cette saga autant par des souverainistes, que des fédéralistes.

******************************************************************

À 18h20, le site de la CCBN, http://www.ccbn-nbc.gc.ca/ mentionne que le Bal masqué est ANNULÉ, mais comme le reste du programme a même été enrichi, il parle encore et toujours de l'«événement de l'été à Québec» et nous invite encore ainsi:

«Jouez les touristes dans votre propre ville et laissez-vous raconter les plaines d'Abraham comme jamais auparavant

Youppi... 

 

 


16 février 2009, 4:00
Commandites vs. liberté de presse

Le scandale des commandites s'égrenera sûrement encore longtemps. En démocratie, un tel parfum de corruption - macéré dans un bouillon indigeste fait de détournements de fonds publics à des fins partisanes, de propagande primaire & de copinage éhonté -,  se dissipe habituellement assez difficilement.

Mais voilà aussi qu'un de ses relents court maintenant le risque de menacer la liberté de presse et l'intérêt public, dans la mesure où le «système de justice» pourrait tenter d'obliger Daniel Leblanc à révéler, par déduction, qui aurait été sa source principale, connue sous le pseudonyme de «Ma Chouette». (Leblanc est ce journaliste du Globe and Mail qui avait fait éclater le fameux scandale des commandites).

On comprend facilement l'impact terrible qu'aurait une telle décision sur la liberté de presse, la protection des sources, dans ce cas-ci un dénonciateur, et donc, sur le droit du public à l'information.

Le 19 mars, tout cela retourne devant la Cour supérieure. À suivre. Et de très près. 

*****************************************************************

Sur l'histoire même de ce danger et ce qu'on en dit dans les médias québécois, la firme Influence Communication a émis ce communiqué aujourd'hui, posant quelques questions intéressantes:

«Montréal, le 16 février 2009  - Influence Communication rend publiques aujourd'hui des données sur l'affaire Daniel Leblanc citée dans La Presse et sur le site de la Cyberpresse ce matin.  Bien que l'histoire soit connue et accessible aux médias depuis plusieurs mois, elle n'a obtenu un poids que de un dix millièmes de 1 %.  C'est un poids médias comparatif à l'histoire de plagiat mettant en cause Joe Satriani et Coldplay en décembre 2008.

Pourtant, après plus de 7 ans de médiatisation, le dossier du scandale des commandites est la plus importante nouvelle des années 2000 au Québec, en termes de volume et de longévité.

Depuis 2002, 91 321 articles de journaux ont été publiés au Canada dont 28% au Québec.  L'ensemble des stations de radio et de télévision du Canada ont diffusé 403 119 mentions pour un total de 11 821 heures de temps d'antenne ou plus de 492 jours de diffusion. Les médias québécois ont contribué pour 49 % du volume grâce notamment à la diffusion des travaux de la Commission Gomery.

Aucune autre nouvelle n'a généré autant de couverture sur une aussi longue période depuis l'an 2000.   Si l'on convertissait tout l'espace et le temps d'antenne en publicité, la valeur d'une telle campagne dépasserait les 900 millions $. De ce nombre, 230 millions $ proviennent de la couverture attribuée à Jean Brault et /ou Groupaction. De son côté, Charles Guité a généré une attention médias évaluée à près de 180 millions $ en 7 ans. 

Il est pertinent de se demander quelle place la cause de Daniel Leblanc occuperait dans l'actualité s'il travaillait présentement pour un grand média montréalais.»

****************************************************************************

 


16 février 2009, 10:38
Donner d'une main...

Les gouvernements ont ce pouvoir très particulier de donner d'une main... et de reprendre de l'autre!

Prenez Jean Charest. Face à la récession et un possible déficit de 3 ou 4 milliards de dollars pour l'an prochain, le premier ministre, hormis les services de garde à $7/jour, refuse maintenant d'exclure la possibilité d'autres hausses de tarifs.

Comme je le rappelais vendredi dernier dans ma chronique de The Gazette, son gouvernement n'a toutefois pas hésité en 2007 à se priver de près d'un milliard de dollars en revenus en utilisant cette partie d'un montant envoyé par Ottawa pour supposément «régler» le déséquilibre fiscal. D'autant plus qu'il a aussi refusé de récupérer les deux points de TPS abandonnés par Harper. Pour le Québec, c'est une perte supplémentaire d'au moins 2 milliards de dollars par année!

Traduction: le gouvernement a donné d'une main, mais voyant son erreur tout en refusant de l'admettre, il se prépare aussi à le reprendre de l'autre!

Et pourtant, on sait que ce type de baisse d'impôts ou de taxes fait peu pour les contribuables, mais dégarnit l'assiette fiscale du gouvernement et donc, affaiblit les services publics.

 

 


13 février 2009, 1:39
Sarko répond...

Ce matin, le Parti québécois et le Bloc ont rendu publique la réponse de Nicolas Sarkozy à la lettre de Pauline Marois et de Gilles Duceppe l'interpellant sur ses commentaires sur le «sectarisme» et la «détestation» de l'Autre que le président détecte chez les souverainistes.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200902/13/01-827073-sarkozy-repond-aux-souverainistes.php

À noter:

- La lettre est datée du 9 février, mais ne fut rendue publique que le 13, (certains médias en ont rapporté l'existence hier soir).

- Quant à son contenu, le président adoucit à peine sa position. Dans les faits, il ne s'adresse à peu près pas aux doléances des deux chefs politiques.

- Une réponse obligée, quoi, polie, mais confirmant, une fois de plus, que pour Sarkozy, la page du «ni-ni» est tournée et que l'axe politique qu'il privilégie est définitivement le suivant: Paris-Washington-Ottawa.

Prochain appel!

 

 


Page suivante »