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Voix publique
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Pour voir juste sur ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les palais et les parlements du Québec, du Canada et du monde, suivez les analyses politiques percutantes de Josée legault sur son blogue.
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Je me sens déchirée...
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Je me sens déchirée.
La raison? Cette possibilité que la valeur des résultats de certains tests qui orientent les traitements pour le cancer du sein, et peut-être même d'autres types de cancer - ça reste à voir -, ait pu être erronée dans un nombre inconnu de cas.
http://www.cyberpresse.ca/le-droit/actualites/actualites-nationales/200905/28/01-860841-le-ministre-bolduc-ne-peut-pas-rassurer-les-femmes-atteintes-du-cancer.php
Déchirée entre mon regard d'analyste d'un côté, et de l'autre, celui de celle qui, à l'âge de 35 ans, comme tant d'autres femmes de tous âges, a eu un cancer du sein agressif, une chirurgie, de la chimiothérapie, de la radiothérapie et des années de tamoxifène. (Je touche du bois, ça va très bien depuis ce temps ! Mais comme tant d'autres survivants du cancer, j'ai aussi appris à vivre avec l'épée de Damoclès de l'incertitude qui en découle. Welcome to the club!, comme m'avait dit ma voisine de chimio, devenue ensuite une de mes plus grandes amies, et décédée à l'âge impossible de 32 ans.)
Donc, je disais que ce soir, je me sens déchirée.
1- D'un côté, il y a l'analyste, qui constate froidement et objectivement que ce gouvernement, dans ce dossier comme d'autres, ne bouge que lorsqu'il se voit coincé par des coups d'éclat médiatiques.
Dans ce cas-ci, s'il s'avérait vrai que le ministère de la Santé était déjà au courant de carences majeures existant dans le contrôle de la qualité de tests de pathologie dans certains hôpitaux, alors, il faudrait encore une fois conclure que sans le coup d'éclat de l'Association des pathologistes, ce ministère, plutôt que d'AGIR, continuerait de se noyer dans l'inaction de ses nombreux «comités», «groupes de travail» de ceci et de cela, ou «agences» de ceci ou cela...
De fait, il faudra peut-être aussi un jour constater à quel point l'héritage laissé par Philippe Couillard pourrait fort bien s'avérer être un héritage empoisonné pour son successeur. Que la bonne volonté de ce dernier soit ou non la meilleure. Et dans le cas d'Yves Bolduc, pour le moment, force est de présumer sa bonne foi.
Et de lui souhaiter, non, de NOUS souhaiter, qu'il ait la force de caractère nécessaire à nettoyer ce que son prédecesseur lui aura laissé, et NOUS aura laissé. Et qu'il ait la force de caractère nécessaire à tenir tête à l'immense «machine» de son ministère et à l'indifférence apparente de son ultime patron.
Et cet héritage, Yves Bloduc le portera sur plusieurs tableaux, dont l'inaction dans ce dossier parmi d'autres. Incluant, soit dit en passant, la porte que le bon docteur Couillard, maintenant parti faire de très gros sous chez Persistence Capital Partners, aura ouverte toute grand à l'accélération de la privatisation des soins de santé.
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2- De l'autre côté, il y a la «patiente», ou la «survivante du cancer», comme on nous appelle, qui, impuissante, constate le refus de bouger depuis des années chez les autorités concernées. Pourtant, ces carences en pathologie étaient un secret de Polichinelle dans le milieu médical. Surtout depuis le scandale à Terre-Neuve (quoique par contre, dans ce dernier cas, il y avait eu une volonté délibérée de camoufler toute l'histoire. D'où le terme «scandale», qui ne semble pas s'appliquer pour le moment à ce qui se passe ici.)
Et c'est ici que l'analyste et la patiente, ou la «survivante», se rencontrent...
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*** Ce matin, lors de notre revue hebdomadaire de l'actualité à l'émission de Christiane Charette, ma collègue Nathalie Petrowski et moi-même avons discuté de ce sujet avec Monsieur Jacques Parizeau.
Et vous pouvez imaginer que la Caisse de dépôt et placement faisait également partie de la discussion. D'ailleurs, l'ancien premier ministre - ayant constaté que rien ne semble vouloir faire bouger le gouvernement -, a profité de son passage à l'émission pour annoncer que ce matin constituait sa DERNIÈRE intervention publique sur le sujet de la Caisse
http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2008-2009/chronique.asp?idChronique=81554
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Dernières nouvelles:
Dans la catégorie «aux grands maux, les grands remèdes» (ou du moins, une tentative):
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200905/29/01-861136-caisse-de-depot-lopposition-exige-une-enquete-du-vg.php
Et dans la catégorie «chérie, mon ministère ne me transmet pas les bons documents» (histoire, malheureusement, parfaitement crédible):
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200905/29/01-861106-erreurs-de-diagnostics-quebec-avait-letude-depuis-un-mois.php
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PLQ & PQ à égalité?
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Certains membres se demandent comment il se fait que, malgré les pertes de la Caisse de dépôt, la nomination de Michael Sabia, l'histoire du port du voile, les FIER, les questions d'éthique, et autres problèmes vécus par le gouvernement Charest, le PLQ et le PQ soient encore «à égalité» selon le dernier sondage CROP? Ou que le PQ n'arrive pas à «profiter» des difficultés du gouvernement?
En espérant que ce retour sur les sondages répondra à certaines de ces questions:
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Le 27 mai, l'article portant sur le dernier sondage CROP-La Presse avait ce titre:
«PQ et PLQ à égalité»
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200905/26/01-860104-pq-et-plq-encore-a-egalite.php
Extrait: «Analyste de CROP, Maïalène Wilkins constate surtout que le parti de Pauline Marois ne réussit pas à prendre clairement les devants, et qu'il n'y a pas de tendance qui se dégage depuis trois mois. «Les problèmes des FIER, la commission sur la Caisse de dépôt, la situation économique, le débat sur l'éthique ou le port du voile, il semble que rien n'a terni la cote du gouvernement», observe-t-elle.»
Et pourtant, quelques paragraphes plus loin, la même analyste reconnaît que ces chiffres donneraient «tout de même» une victoire du PQ...
En effet.
D'ailleurs, dans Le Devoir du 25 mai, l'article portant cette fois sur le dernier sondage Léger Marketing - avec des chiffres comparables au CROP - était coiffé du titre suivant:
«Le vote francophone porterait le PQ au pouvoir»
http://www.ledevoir.com/2009/05/25/252010.html
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Bref, objectivement parlant, les deux maisons de sondage indiquent que leurs résultats confirment que s'il y avait eu élection à la mi-mai, le Parti québécois aurait pris le pouvoir. Et ce, cinq mois après que le Parti libéral ait été reporté au pouvoir avec un gouvernement majoritaire.
Donc, oui, le titre de La Presse est factuel dans la mesure où le PQ et PLQ sont à égalité dans l'ensemble de l'électorat québécois (après répartition des indécis):
PQ: 38% (CROP) 40% (Léger Marketing)
PLQ: 37% 40%
ADQ: 9% 8%
PV: 8% 5%
QS: 7% 5%
Quant au titre du Devoir il donne le fin mot de l'histoire, puisque chez les francophones - le vote décisif - les résultats sont les suivants:
PQ: 45% (CROP) 48% (Léger Marketing)
PLQ: 29% 31%
ADQ: 10% 9%
PV: 7% 4%
QS: 8% 6%
J'ajouterai ceci. Un sondage CROP-La Presse paru le 29 janvier donnait les résultats suivants (toujours après répartition), et semblables à ceux de l'élection de décembre 2008:
PQ: 33% (électorat québécois) 39% (vote francophone)
PLQ: 41% 34%
ADQ: 13% 14%
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Donc, en se basant sur CROP, entre janvier et mai, chez les francophones, le PLQ serait passé de 34% à 29% (une baisse de 5 points)
Et le PQ, de 39% à 45%. ( une hausse de 6 points)
Mais le 26 mars, un autre sondage CROP-La Presse donnait les chiffres suivants avec ce titre «Les libéraux dégringolent»:
PQ: 40% (électorat québécois) 48% (vote francophone)
PLQ: 33% 27%
ADQ: 10% 11%
PV: 7% 5%
QS: 8% 8%
Et pour ceux que ça intéresse, voici ceux du 29 avril:
PQ: 40% (électorat québécois) 46% (vote francophone)
PLQ: 38% 31%
ADQ: 8% 9%
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Et enfin, pour fins de mémoire et de comparaison. Les résultats des dernières élections générales:
2008: (Libéral majoritaire)
PLQ: 42,8%
PQ: 35,17%
ADQ: 17,37%
2007: (Libéral minoritaire)
PLQ: 33,08%
PQ: 28,35%
ADQ: 0,84%
2003: (Libéral majoritaire)
PLQ: 45,99%
PQ: 33,24%
ADQ: 18,18%
1998: (PQ majoritaire)
PLQ: 43,55%
PQ: 42,87%
ADQ: 11,81%
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** On verra maintenant aux prochains sondages l'effet supplémentaire que pourraient avoir ou non sur les appuis au gouvernement les affaires de la SODEC, de l'enquête du Coroner sur la mort de Fredy Villanueva, ainsi que cette étude de l'Association des pathologistes avançant qu'à l'instar de Terre-Neuve, la valeur des résultats de certains tests qui orientent les traitements prescrits à des personnes atteintes du cancer du sein (et peut-être aussi d'autres types de cancer, du moins, selon le docteur Gaétan Barrette), pourraient avoir été erronés. Sans compter qu'un bras de fer semble vouloir se dessiner entre le ministre de la Santé et les pathologistes. Avec comme «dommage collatéral», les patientes concernées et inquiètes, obligées d'attendre que cesse cette confusion pour savoir si elles doivent ou non être testées à nouveau!
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L'art de déconstruire
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Ce qu'il doit la regretter celle-là! Jean Charest s'est en effet attiré bien des moqueries lorsqu'il a tenté de court-circuiter les futurs historiens en s'autoproclamant "grand bâtisseur" du Québec! Du vrai bonbon pour les caricaturistes...
Mais aussi, une occasion en or pour des libéraux déçus de confier aux journalistes leur désarroi devant cette version tout de même édulcorée du "culte de la personnalité", qu'on associe normalement aux dictatures ou aux républiques de bananes!
Il est vrai que le geste laissait pantois. Car pour finir dans les livres d'histoire en "grand bâtisseur", la première condition est d'avoir au moins déjà bâti quelque chose! D'où les moqueries que le premier ministre doit - du moins, c'est mon hypothèse -, au simple principe de réalité. La réalité étant qu'un immense fossé sépare ce titre de "grand bâtisseur" d'une opinion publique, disons-le poliment, nettement plus sceptique.
Comble de malchance, cette réalité l'a rattrapé dès lundi matin avec la sortie d'un sondage Léger Marketing-Le Devoir montrant que 60 % des Québécois, dont 69 % de francophones, voteraient pour un parti autre que le PLQ. Bref, ou tout ce beau monde ne comprend rien à l'ensemble de son œuvre de "bâtisseur". Ou tout ce beau monde l'a trop bien compris. Et le verrait plutôt en homme qui déconstruit...
C'EST LA FAUTE DU PQ!
Mais lorsqu'ils se font prendre en flagrant délit de déconstruction, M. Charest et ses ministres ont pris l'habitude d'accuser systématiquement le PQ d'avoir fait bien pire avant eux! Le fait que les libéraux soient au pouvoir depuis plus de six ans ne semble pas peser très lourd dans leur balance rhétorique. Écoutez une ou deux périodes de questions à l'Assemblée nationale et vous m'en donnerez des nouvelles.
Les urgences vont mal? C'est le PQ qui a sabré dans les budgets de santé! Le taux de décrochage est trop élevé? C'est le PQ qui a coupé dans l'éducation! L'éthique prend le bord et le PM laisse faire? C'est le PQ qui copinait avec des lobbyistes! Les scandales s'accumulent à la Ville de Montréal? C'est le PQ qui l'a fusionnée et a rendu tout le monde fou! Des clowns visitent des vieux dans les résidences pendant qu'on y manque de soins de base et de préposés bien formés? Le PQ en faisait encore moins! La Caisse de dépôt a perdu 40 milliards de dollars et n'investit plus que 20 % de ses actifs au Québec? Ce serait l'enfer avec le PQ qui veut "s'immiscer" dans les affaires de la Caisse! Etc...
Pour les Québécois, évidemment, le spectacle est désolant. Mais personne au gouvernement ne semble s'en formaliser. On critique avec raison la partisanerie outrancière du gouvernement Harper à la Chambre des communes. Mais qui remarque celle qui a cours à l'Assemblée nationale alors qu'on y entend également les ministres parler plus souvent de "gouvernement libéral" que du "gouvernement du Québec"? Ce qui en dit long sur une certaine conception de l'État.
Mais cela ne veut pas dire que le PM a tout faux. Il est vrai qu'après 1995, le PQ a lui-même amorcé une certaine déconstruction d'acquis importants. Que ce soit en passant la hache du déficit zéro dans les services publics. Ou en refusant de renforcer la loi 101. Mais il est aussi vrai qu'avec les deux mains placées solidement sur le volant depuis 2003, plutôt que de reconstruire, M. Charest semble avoir préféré appuyer sur l'accélérateur du bulldozer! Que ce soit en augmentant la place du privé en santé; en multipliant les partenariats public-privé, qui dégarnissent les coffres de l'État et remplissent ceux du milieu des affaires; en diluant les règles d'éthique des élus; en refusant d'intervenir à Montréal pour stopper le fiasco; en affaiblissant le rôle de la Caisse de dépôt au Québec; en approuvant Rabaska. Etc...
Bref, s'il ne change pas de cap d'ici son départ, les chances de Jean Charest de passer à l'histoire comme un "grand bâtisseur" seront probablement aussi bonnes que celles de Stephen Harper d'hériter du titre de "grand démocrate"!
Et pourtant, quelque chose se passe. La récession et les histoires de copinage aidant à éveiller les consciences, on dirait que la société civile commence à reprendre du poil de la bête. On la sent même de plus en plus impatiente face aux déconstructeurs de tout acabit. Qu'ils soient à Québec, à Ottawa ou au niveau municipal.
Mais ce qui pose inévitablement la question à 40 milliards de dollars: à quand de nouveaux bâtisseurs au Québec? Mais des vrais...
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Dupuis & le piège de l'inaction
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Petit retour sur l'affaire Villanueva.
1- Aujourd'hui, Amir Khadir a mis le doigt sur un très, très gros bobo: est-ce que le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, ne serait pas carrément en conflit d'intérêt étant donné que depuis les débuts de toute cette affaire, il est en même temps le ministre responsable de la police ET celui qui est responsable des termes d'une enquête portant sur la mort d'un jeune tombé l'été dernier sous les balles d'un policier?
Si poser la question, c'est y répondre, il devient alors évident que cette enquête devrait tomber sous la juridiction de la ministre de la Justice.
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2- Mardi soir, en entrevue avec Anne-Marie Dussault sur les ondes de RDI, Me Alain Arseneault, coordonnateur des avocats de la famille Villanueva, y est allé de son propre verdict, sans appel, sur le ministre Dupuis:«on a perdu six mois à cause de l'intransigeance et même peut-être de l'arrogance du ministre».
Il avançait aussi que l'«entourage» du ministre serait rempli d'anciens policiers, dont la «culture» ferait ombrage à son jugement.
Possible.
Mais au-delà de cet «entourage» et du probable conflit d'intérêts, était-ce vraiment de l'intransigeance ou même de l'arrogance qui a mené le ministre à se comporter de manière à ce que le tout se termine hier dans un cul-de-sac dû à l'inégalité de traitement entre les parties concernées?
En fait, si je devais avancer une hypothèse sur ces six mois perdus, ce serait plutôt celle-ci:
Et si l'intransigeance et l'arrogance du ministre n'avait été dans les faits que de l'inaction planifiée? Comme une peur viscérale de bouger, de prendre position sur un dossier extrêmement controversé dans une situation hautement volatile, socialement et politiquement.
Comme dans la formule consacrée: il est urgent de ne rien faire!
Et si j'avance cette hypothèse, c'est qu'elle s'inscrit parfaitement dans ce que le gouvernement Charest est devenu en 2007 et 2008 après s'être retrouvé en situation minoritaire.
La solution que le premier ministre avait trouvé à ce moment pour tenter de reconquérir sa majorité - vous vous en souvenez sûrement -, était précisément de ne plus faire de vague, d'éviter toute controverse et surtout, de ne rien faire ou dire qui aurait pu lui aliéner l'électorat.
Dans tous les dossiers, y compris même celui de la Commission Bouchard-Taylor, le mot d'ordre informel était d'ignorer l'essentiel - toujours controversé par nature - tout en se concentrant sur l'accessoire - nettement plus payant politiquement.
Bref, que ce soit dans l'affaire Villanueva ou d'autres dossiers «chauds», ce gouvernement a justement très peu «gouverné». Il a surtout «géré» des crises.
Et, paradoxalement, des crises qui, de par sa propre inaction, il a souvent contribué à alimenter ou à créer lui-même..
«Trancher» coûte toujours politiquement. Et ce gouvernement avait décidé d'éviter tout coût de ce genre.
Son problème aujourd'hui est qu'il a beau être redevenu majoritaire, ses péchés d'inaction commis en 2007 et 2008 dans certains dossiers à des fins électoralistes commencent à revenir le hanter.
Le dossier de la mort du jeune Fredy Villanueva en est un. Et un gros...
Mais il n'est pas le seul où la pression publique l'oblige maintenant à «bouger», soit pour vrai, soit en apparence.
On le voit aussi dans le dossier de la Caisse de dépôt (où tout allait supposément «bien» avant l'élection); dans celui des résidences pour personnes âgées; dans celui des FIERs; dans les urgences d'hôpitaux (sous pression, le ministre de la Santé, après avoir déclaré il n'y a pas si longtemps qu'il ne s'y fixerait plus d'«objectifs» spécifiques vient aussi de changer son fusil d'épaule); etc....
Le PLQ a beau ne plus vouloir débattre dans ses propres instances, la société civile, elle, semble vouloir débattre de plus en plus de ce que fait, mais surtout de ce que ne fait PAS ce gouvernement...
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Le sacre d'un bâtisseur
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En cette magnifique fin de semaine printanière, l'auguste ville de Laval fut bénie d'entre toutes les principautés du grand royaume québécois.
Car elle fut choisie par la longue lignée des Libéraux pour être l'hôte d'un événement grandiose et rarissime: l'autoproclamation d'un «bâtisseur»!
Si, en 1804, Paris a eu droit à son empereur autoproclamé, les livres d'histoire retiendront qu'en l'an de grâce 2009, Laval fut nantie du sacre autoproclamé du très digne héritier des Godbout, Lesage et Bourassa. Un véritable sacre du printemps...
Et les historiens n'ont qu'à bien se tenir!
Voici donc comment l'onction libérale effaça d'un trait tous les mauvais souvenirs laissés par les pertes de la Caisse de dépôt, les questions portant sur l'«éthique» des uns et des autres, la récession, des clowns «thérapeutiques» soudainement embarassants, un président de la SODEC par trop aristocratique, des cours d'histoire «dénationalisés», de grands hôpitaux non construits. Et tutti quanti.
Bref, un «bâtisseur» vous est né...
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Bon. Sur une note, disons, plus sérieuse, voici donc la nouvelle:
Voir: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/politique/200905/23/01-859292-jean-charest-sacre-grand-batisseur-par-le-plq.php
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Le problème ici étant que le titre de «bâtisseur» émérite doit habituellement et justement se «mériter».
Et que ce mérite vient habituellement de la RECONNAISSANCE des autres pour services et devoirs ACCOMPLIS. Pour projets BÂTIS.
Et non pas pour des idées projetées dans un horizon lointain.
C'est pourquoi s'autoproclamer «bâtisseur» avant d'avoir bâti risque de provoquer le scepticisme plutôt que de susciter l'admiration...
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Surtout - du moins, si vous me demandez mon très humble avis -, cette autoproclamation semble aussi trahir un certain sentiment de hâte chez le premier ministre.
Comme s'il était tout à coup pressé de tenter de définir son propre héritage.
Comme si, fort d'être le seul premier ministre depuis Maurice Duplessis à avoir aligné trois mandats consécutifs, il tentait maintenant de se préparer une sortie la plus élégante possible en ajoutant à cet exploit le titre fort prisé de «bâtisseur» du Québec.
Mais de fait, même s'il est évident que personne ne le pousse vers la porte, il reste que ce week-end, M. Charest donnait l'impression d'un premier ministre particulièrement impatient de rédiger son testament politique.
Qu'il s'en serve dans les prochains mois. Ou en quelque part au cours des deux prochaines années...
Car après tout, c'est un fait que dans les coulisses, on parle de plus en plus de sa succession éventuelle...
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Mais disons aussi que ce n'est PAS la première fois que M. Charest se sert du thème des «bâtisseurs» en l'associant au PLQ.
Il le faisait déjà pendant la campagne électorale de 2003, où il rappelait «la très grande tradition libérale de bâtisseur de société» en citant huit réalisations du Québec moderne, qui allait du vote des femmes à la nationalisation de l'électricité, des systèmes publics de santé et d'éducation au français, langue officielle. Voir:
http://www.premier.gouv.qc.ca/salle-de-presse/communiques/2008/juin/2008-06-18.shtml
La diiférence notoire étant qu'aujourd'hui, le voilà ajoutant soudainement son propre nom à la liste...
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Mulroney et VOS impôts
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Non, non, non. Je ne vous parlerai pas du fait que Brian Mulroney aura finalement payé de l'impôt que sur la moitié des 225 000$ qu'il dit avoir reçus en 1993 et 1994 du lobbyiste Karlheinz Schreiber dans des chambres d'hôtel et des enveloppes brunes en trois paiements en argent de 75 000$ et en coupures de 1 000$. (M. Schreiber, lui, prétend que c'était plutôt 300 000$)
Je vous parle plutôt du fait que les contribuables canadiens devront payer pour ses frais d'avocats à la Commission Oliphant.
Soit au moins 2 millions de dollars.
En 1997, les contribuables en avaient fait de même - pour un autre 2,1$ millions - lors de l'entente conclue entre le gouvernement fédéral et M. Mulroney suite à sa poursuite intentée pour diffamation alléguant que l'ancien premier ministre aurait accepté des pots-de-vin d'Airbus en échange de l'achat de 1,8$ milliards d'avions Airbus en 1988. Donc, total seulement pour les frais de M. Mulroney:
+ de 4 millions de dollars.
C'est d'ailleurs le sujet de ma chronique d'aujourd'hui dans The Gazette:
http://www2.canada.com/montrealgazette/features/viewpoints/story.html?id=12049a40-0d38-4b1b-9f6a-2ecc299ed961
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CETTE «CHÈRE» SODEC...
Parlant de chambres d'hôtel... Le président de la SODEC, Jean-Guy Chaput - l'homme à la chambre d'hôtel à 1 300$ la nuitée - s'est fait prendre la main dans le sac des deniers publics en se tapant des dépenses «somptuaires» selon le Vérificateur général (un homme fort occupé par les temps troubles qui courent...):
http://www.ledevoir.com/2009/05/23/251829.html
Cette enième illustration de la culture du «tout m'est dû» soulève surtout, encore une fois (!), le problème récurrent, lancinant et pénible du mode de nomination des dirigeants d'organismes gouvernementaux ou de sociétés d'État.
Un mode encore et toujours éminemment partisan. De beaux postes en or offerts en récompense aux amis du régime du jour.
Parfois, ça donne quand même des gens compétents. Mais parfois, ça donne des profiteurs, des incompétents, ou les deux.
M. Chaput, quant à lui, doit ce poste fort confortable à Line Beauchamp (ancienne ministre de la Culture) - leurs liens remontant à plusieurs années.
Est-il compétent? Disons que dans les circonstances, la question se pose!
Et disons aussi que ce président sortant, et bientôt sorti, semble également peiner à maîtriser la langue française.
À preuve ces deux perles sorties de sa bouche:
- j'ai réservé «la même maudite chambre que l'autre avant allait dedans» /sic/, /sic/ et re-/sic/...
- «Je n'ai pas fraudé personne». En bon français, deux négations ne font-elles pas une affirmation?...
En passant, SODEC, ça veut dire «Société de développement des entreprises CULTURELLES»...
Une chance....
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Maxime Dernier?
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Eh bien... La course à la succession de Stephen Harper serait-elle en train de se préparer discrètement?...
Prenez le nouveau «blogue» de Maxime Bernier. Oui, oui. L'ancien ministre conservateur déchu ayant laissé des documents «sensibles» chez sa petite amie de l'époque, Julie Couillard.
http://www.maximebernier.com/
Parce que je ne sais s'il l'a remarqué, mais parmi les «commentaires» listés sur la page d'accueil, il y en a un qui lui demande carrément: «When are you going to replace the failure Harper? Soon I hope.»
Oups... Un autre incident diplomatique... Mon petit doigt me dit que son patron ne sera pas très content... Si ce message reste sur la page d'accueil, M. Harper sera peut-être tenté de le rebaptiser «Maxime Dernier»....
Mais il y reçoit aussi la bénédiction de Michel Kelly-Gagnon (sous toute réserve que ce soit bien lui, évidemment).
Si c'est le même, on parle ici de l'ancien président du Conseil du patronat et le nouveau président de l'Institut économique de Montréal - ce think tank de droite.
http://www.ledevoir.com/2009/01/06/225942.html
Bref, qui se ressemble..
Kelly-Gagnon est aussi proche de l'ADQ. Selon Le Devoir, il n'exclurait pas de se porter candidat à la prochaine élection.
On dirait bien que l'extrême proximité entre le Parti conservateur de Stephen Harper et l'ADQ ne se dément pas.
D'ailleurs, mercredi à Montréal, Mario Dumont était présent au cocktail bénéfice du PC où M. Harper a tenté, une fois de plus, de se faire croire à lui-même que ça va vraiment bien pour ses troupes au Québec...
Comme quoi, M. Dumont ne semble pas trop pressé de faire son «purgatoire» avant de commencer à animer son émission d'affaires publiques cet automne sur les ondes de TQS...
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Sur le thème «le combat des empires Power Corp & Québecor se poursuit», un événement peu banal. Dans La Presse de ce matin, le PDG de Québécor, Pierre-Karl Péladeau répond directement à Alain Dubuc qui, dans une chronique, reprenait le discours d'Henri-Paul Rousseau sur l'investissement supposément peu profitable de la Caisse de dépôt et placement dans Vidéotron.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/forums/la-presse/200905/22/01-858751-une-erreur-profitable.php
Et pour la petite histoire derrière ce débat, voir mon billet «Rousseau et ses loyautés divisées»: http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/05/20/rousseau-amp-ses-loyaut-233-s-divis-233-es.aspx
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Et enfin, si les clowns, la SODEC, Bernard Derome, Henri-Paul Rousseau et Brian Mulroney vous intéressent, ma collègue Nathalie Pétrowski et moi-même en ont discuté ce matin dans notre revue de l'actualité à l'émission de Christiane Charette. Et l'invitée la semaine était Nathalie Normandeau, vice-première ministre et ministre des Affaires municipales...
http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2008-2009/chronique.asp?idChronique=81128
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Le cirque de la ministre
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Cette semaine, La Presse publie une série d'articles sur les problèmes qui perdurent dans certaines résidences privées pour personnes âgées. On parle de préposés peu, ou pas formés, envoyés par des agences privées et mal rémunérés. On parle de résidences glauques, obscures, sans activités ou presque. On parle de bouffe qu'on ne mangerait pas nous-mêmes. D'infirmières et de médecins virtuels. D'hygiène insuffisante. De familles éclatées et/ou absentes. Etc...
Bref, on parle de déshumanisation des soins et d'une absence de respect pour ses prochains.
Et, si on se dit les «vraies affaires», on parle aussi de la chienne qui nous prend, lorsqu'on est ni millionnaire, ni né dans une grande famille, dès qu'on pense se retrouver nous-mêmes, un jour, pris à attendre qu'un étranger nous donne notre bain hebdomadaire, change notre couche qui sent le pipi, ou nous gave d'une purée jaunâtre à 4h30 de l'après-midi pendant qu'on regarde un quizz à la télé... Et je caricature à peine.
Mais dans les faits, on devrait parler de toutes les «clientèles» vulnérables, dès qu'elles se retrouvent dans des résidences privées ou publiques - personnes âgées, handicapées intellectuellement ou physiquement, ou souffrant de maladies mentales. Parfois, ça va. Parfois, ça ne va pas. Vraiment pas.
Car on oublie que même le «public» fait appel à des agences privées. Et qu'il le fait de plus en plus. En 2008, c'est 324 millions de dollars qui sont passés au gouvernement en achat de services privés pour les établissements de santé. Même dans le «public», on trouve parfois des histoires pathétiques. Vous vous souvenez des reportages passés sur St-Charles Borromée? Alors, imaginons ce qui peut se passer dans de bien plus petites résidences ou institutions?
Les solutions? La liste en serait tellement longue!
Un bon début serait sûrement d'avoir un jour des ministres responsables des «âinés», de la santé et des services sociaux qui n'ont pas la langue de bois. Qui sont capables de parler à leur premier ministre franchement plutôt que de se laisser dicter leurs «lignes» par des attachés. Ou qui connaissent, ou ont connu de près des situations de vie éprouvantes dans leur propre entourage. Question de comprendre que ces «histoires» ne sont pas virtuelles, mais réelles. Trop réelles. Et que la vraie vie, pour le vrai monde, ça ne se passe pas vraiment dans les chic restos de la Grande-Allée. J'en sais quelque chose...
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Mais ce n'est sûrement pas une Marguerite Blais, ministre responsable des aînés, avec sa cassette jovialiste au vocabulaire surréaliste, qui semble être à la veille de se faire retirer les échardes de sa propre langue de bois...
Et voilà maintenant qu'elle envoie des clowns visiter les personnes âgées! Sa propre version d'une «opération nez rouge», faut croire!
Je n'ai rien contre. La zoothérapie aussi, ça aide à calmer les angoisses et l'isolement.
Mais que voulez-vous? Ni Milou, ni un clown, ne sont capables de former adéquatement des préposés, ni de servir un vrai, bon repas, ni de donner un bain à tous les jours, ni de communiquer avec un «bénéficiaire» d'humain à humain pendant tout un «shift» de 8 heures..
Une question de priorités, j'imagine.
Comme dit la chanson: «Ça vaut pas la peine de laisser ceux qu'on aime pour aller faire tourner des ballons sur son nez»...
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/200905/20/01-858157-la-ministre-blais-defend-lembauche-de-clowns.php
On sait pourtant que notre société vieillit. Rapidement. Et que la longévité des personnes handicapées s'allongent également de plus en plus. Heureusement.
Mais que fera-t-on pour s'occuper d'autant de monde avec respect lorsque autant de lacunes existent déjà dans le système?
Et si, avec cette réalité qui nous attend dans le détour, on pensait à mieux former et à mieux payer les préposés? Mais aussi penser, pour vrai, à ce qu'on appelle les «aidants naturels»? Un mot codé pour «famille», «conjoints» et «amis»...
L'État finance à grand coût des résidences de toutes sortes pour personnes vulnérables, incluant des pièges à exploitation. Car il en faut des résidences. C'est certain. Mais des bonnes.
Mais dites-moi donc pourquoi l'État se méfie en même temps autant des familles? Qu'il s'en méfie plus que de n'importe quel quidam qui ouvre une résidence dans sa propre maison ou dans son sous-sol, en autant qu'il remplisse les bons formulaires et attende son «certificat»?
Qu'il se fait particulièrement séraphin avec les «aidants naturels» lorsque vient le temps de mieux soutenir financièrement les personnes qui voudraient pouvoir s'occuper d'un proche en situation vulnérable? Parce que, voyez-vous, dans le monde qui est le nôtre, homme ou femme, on doit travailler pour gagner sa vie! Désolée d'amener ce plat principe de réalité...
Mais cela veut dire que sans un soutien financier de l'État, il devient extrêmement difficile pour la plupart des gens qui travaillent de pouvoir travailler un peu moins afin d'avoir suffisamment de temps pour s'occuper d'un proche avec de grands besoins. Ou de pouvoir, tout au moins, se «payer» un peu d'aide. Car même les «aidants» naturels ont besoin d'«aide»!
Même Patch Adams, avec ou sans son nez de clown, comprendrait ça!
On ne s'en sort pas. «Aider» les aidants naturels devrait être au coeur - sans jeu de mots -, d'une vision plus globale et plus humaniste des services sociaux.
Ça coûterait peut-être plus cher que des clowns - aussi gentils et «intervenants thérapeutiques» /sic/ soient-ils -, mais ça rapporterait beaucoup.
Aux familles. Et à la société tout entière.
Et, à plus long terme, ça finirait peut-être même par épargner pas mal d'argent à toute la collectivité...
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Prends l'oseille et tire-toi (*)
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Je ne sais pas si Henri-Paul Rousseau, Brian Mulroney et Frank Zampino se connaissent personnellement. Mais mon petit doigt me dit que s'ils se rencontraient pour un petit dîner privé au chic Toqué!, loin des vilaines commissions d'enquête, au bout de quelques scotchs pur malt et un ou deux cigares raffinés, ces trois hommes finiraient bien par se trouver quelques points en commun...
1- Le premier est leur recours systématique à la technique typiquement judéo-chrétienne du mea-culpa. "Désolé, bon peuple, mais oups!, j'ai commis une ERREUR." Faute avouée à demi pardonnée, n'est-ce pas? M. Rousseau pour la perte de 10 milliards de dollars à la Caisse de dépôt pour cause de mauvaise gestion. M. Mulroney pour avoir accepté 225 000 $ cash dans des enveloppes brunes, non déclarés à l'impôt pendant des années, pour du "travail" non facturé pour Karlheinz Schreiber, un lobbyiste douteux aux poches débordantes d'argent comptant devant servir à acheter des faveurs au Canada pour ses clients puissants comme Airbus, dont Air Canada avait acheté pour 1,8 milliard de dollars d'avions en 1988 sous le régime Mulroney. Et M. Zampino pour ses vacances passées sur le yacht luxueux d'un entrepreneur richissime au moment où la Ville de Montréal, dont il était le "numéro 2", lui accordait un contrat faramineux de 355 millions.
2- S'ils plaident l'"erreur", celle-ci, par contre, n'est JAMAIS de LEUR faute. Appelons ça une "erreur" sans responsabilité. Pourquoi? Parce que leur "erreur" est TOUJOURS de la faute des AUTRES ou de circonstances hors de leur contrôle! M. Rousseau dit avoir été victime de la "tempête parfaite" de 2008 et de gestionnaires de la Caisse dont l'expertise faisait défaut /sic/! M. Zampino se voit en victime des médias. M. Mulroney, lui, est victime de tout: du climat hostile contre lui, de procureurs qui ne lui ont pas posé les "bonnes" questions, de ses avocats qui lui ont ordonné de ne pas fournir d'information volontairement, des "mensonges" de Schreiber et de l'acharnement du Globe and Mail et de la CBC!
3- Étant d'innocentes victimes, ils refusent évidemment de rembourser ce qu'ils ont empoché malgré leurs "erreurs". Talk is cheap. M. Rousseau gardera son indemnité de départ de 405 000 $ et toutes ses primes de "performance". M. Mulroney ne remboursera pas les 2,1 millions payés en 1997 par les contribuables pour couvrir ses frais d'avocats, même s'il avait "omis" d'informer les enquêteurs de l'argent comptant reçu de Schreiber dans sa poursuite gagnée contre le gouvernement Chrétien qui avait évoqué de possibles "pots-de-vin" versés à l'ancien PM par Airbus. Faut croire que, contrairement à M. Mulroney, ses propres avocats, eux, produisaient des factures officielles! Et des salées.
LA VRAIE QUESTION
La vraie question n'est pourtant pas de savoir s'ils ont commis ou non des "erreurs". La question est de savoir POURQUOI ces hommes réputés brillants et sophistiqués les ont commises? Était-ce par arrogance, incompétence, par appât du gain ou pis encore, par corruption? Chacun, dans sa conscience, a sa réponse. Mais ils ne vous la diront jamais! Car même si leurs ego en prennent pour leur rhume ces temps-ci, chacun retournera bientôt se reposer sur de beaux coussins de satin pendant que les contribuables, eux, paieront pour les pots cassés. Et s'ils ont zéro imputabilité, c'est que, hormis quelques petits interrogatoires publics un peu gênants tenus pour distraire les citoyens en colère, les gouvernants actuels laissent faire... Encore et encore. M. Rousseau en a même récolté un poste de rêve chez Power Corporation...
Mardi, il faisait néanmoins un aveu étrange. M. Rousseau disait n'avoir rien vu venir et, surtout, ne pas s'être inquiété de la crise en 2008 parce qu'il pensait que si le ciel devait tomber sur la tête des financiers, les "pouvoirs publics" viendraient les sauver! Comme aux États-Unis. Comme en Grande-Bretagne et ailleurs. Mais oups! Il a encore commis une "erreur" de jugement. Une autre. Pauvre lui. Surtout, pauvres nous.
Pourtant, la "tempête parfaite", la vraie, ce sont les citoyens qui la vivent en ce moment avec ces questions qui s'accumulent sur l'éthique et la gouvernance de leurs deniers! Car ici comme ailleurs, on assiste depuis des années à un relâchement certain dans le département de la probité et de l'imputabilité. Autant dans le milieu de la finance que dans la gestion des fonds publics. Et qu'on ne nous dise pas que ça prendrait plus d'"argent" encore pour attirer les "meilleurs"! Sinon je vous reparle des Rousseau, Mulroney, Zampino et Cie...
Ce que ça prend, c'est de la compétence, un sens des responsabilités, de la probité et un désir de contribuer à sa propre société sans chercher à en tirer des avantages particuliers, pour soi-même ou ses "amis". Je sais. Ça fait vieux jeu. Mais on ne peut pas toujours réinventer la roue... Bref, ça prend surtout une nouvelle mouture de gouvernants prêts à passer l'aspirateur!
(*) Inspiré du titre français du film de Woody Allen Take the Money and Run (1969).
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Rousseau & ses loyautés divisées?
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«Radio-Canada a appris qu'au début de son mandat, l'ancien PDG de la Caisse de dépôt et placement, Henri-Paul-Rousseau, a bel et bien voulu revendre Vidéotron à Rogers et qu'il en a parlé à Pierre-Karl Péladeau, patron de Quebecor.» Voir: |
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie-Affaires/2009/05/19/004-rousseau-CDPQ-videotron.shtml
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Le livre de Mario Pelletier, La Caisse dans tous ses états, (voir mon billet «Un livre qui dérange»), en parle également à la page 309: «Peu de temps après son entrée en fonction, il (Rousseau) aurait rencontré Pierre-Karl Péladeau pour lui signaler son intention. D'après des sources bien informées, il voulait revendre Vidéotron à Rogers, ce qui n'a pas eu l'heur de plaire à PKP, qui aurait été ainsi dépossédé du joyau des télécommunications qu'il venait d'acquérir.»
En note de bas de page, cette information est tirée d'un article paru le 30 janvier dernier dans le Globe & Mail, avançant à son tour que:
«Soon after taking over at the massive Caisse de dépôt et placement du Québec in 2002, Henri-Paul Rousseau summoned Pierre Karl Péladeau. Over lunch, the two strong-willed Quebec business titans discussed the future of Quebecor Media Inc., the Quebecor Inc. unit that the Caisse had fatefully backed in a $5.4-billion takeover of cable giant Vidéotron Ltée at the top of the tech bubble in 2000. The meeting was a bust and marked the beginning of a rift between the two men that endures today.
According to sources familiar the discussion, Mr. Rousseau arrived at the meeting with a bold idea: He told the Quebecor heir that he should sell Vidéotron, a crown jewel of Quebec business, to Toronto cable magnate Ted Rogers in exchange for cash and the print media of Rogers Communications Inc. What's more, Mr. Rousseau suggested he had already taken steps to smooth the way for the deal. The transaction would have allowed the Caisse to unload its 45-per-cent stake in Quebecor Media (QMI) and take shares in Rogers. But it would also have meant the dismantling of the only Quebec "champion" in the telecommunications field.Vidéotron was then on the cusp of a revolution in the provision of digital cable and high-speed Internet services. It has since been a rare bright light in the Péladeau empire, whose printing unit sought creditor protection last year and whose newspaper operations continue to struggle. Vidéotron is now set to enter the wireless telecom market.
Mr. Rousseau refused to be interviewed and a spokeswoman for Quebecor declined to comment on the Caisse chief's proposal. But it is in keeping with the dramatic shift in focus the Caisse took under Mr. Rousseau as he steered the institution away from its traditional role of favouring Quebec entrepreneurs. Instead, he made returns his first priority.»
Voir: http://www.theglobeandmail.com/servlet/story/RTGAM.20090130.wcover_side_politics31/BNStory/Business
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Ce qui soulève une question: sachant que M. Rousseau a quitté la Caisse pour Power Corporation, l'empire rival de celui de Québécor, serait-il possible que ce passage s'expliquerait, du moins en partie, par la possibilité que M. Rousseau, lorsqu'il dirigeait la Caisse, aurait eu quelques symptômes du syndrome de «loyautés divisées»?...
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Par contre, mardi, devant le comité des finances publiques, lorsque questionné par François Legault sur sa présumée suggestion de vendre Videotron à Rogers, M. Rousseau a répondu: «je n'ai pas de souvenir de ça». Une formule consacrée en situation d'interrogatoire ou de contre-interrogatoire. De cette manière, la personne interrogée ne nie, ni ne confirme ce qui lui est demandé. Elle affirme seulement ne pas se souvenir. Par hasard, on a d'ailleurs entendue aussi cette même formule, le même jour, alors que Brian Mulroney répondait à plusieurs reprises aux questions chirurgicales de Me Richard Wolson: «I have no recollection of this»...
D'où une autre question: qui dit vrai sur cette histoire de Vidéotron et de Rogers?
Bref, on voit ici la nécessité pour une vraie enquête publique sur la gestion de la Caisse. Et ce, même si Québec Inc. est divisé sur le sujet.
Petit rappel: le jour du fameux discours de M. Rousseau devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la plupart des «invités» s'opposaient à toute enquête publique, dont M. Lucien Bouchard, ancien premier ministre: «Je souhaite qu'il y ait une commission parlementaire à Québec. Une commission d'enquête ne serait pas le moyen approprié, le sujet s'y prête mal. Il n'y a pas eu de comportements suspects qui doivent être étudiés», dit-il. Dans une entrevue accordée à Argent, M. Bouchard a partagé ses impressions sur le discours livré par Henri-Paul Rousseau ce midi, devant la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain. «Il a bien situé dans le contexte de la crise internationale les déboires de la Caisse. J'ai trouvé que son exposé était transparent et factuel. On ne pouvait l'exprimer de façon plus simple que l'a fait M. Rousseau. Je n'ai pas senti de tentative de noyer le poisson, de rejeter les blâmes», indique-t-il.»
Voir: http://argent.canoe.com/lca/infos/quebec/archives/2009/03/20090309-172531.html
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Mais en à juger par les analyses entendues et lues hier de toutes parts, plusieurs trouvent plutôt que plus M. Rousseau parle et plus il donne l'impression de chercher à noyer un très gros poisson.
Un petit échantillon parmi d'autres: entendant M. Rousseau noyer justement le poisson des pertes de la Caisse dans un flot de «graphiques», «tableaux», «annexes» et «onglets» à n'en plus finir, voici ce qu'en disait Pierre Goyette sur RDI - un ancien membre du CA de la Caisse et ancien chef de la direction de la Banque laurentienne: «Je suis abasourdi d'entendre les âneries que j'ai entendues aujourd'hui!». Verbatim...
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Et on voit pourquoi PKP était absent lorsque le successeur controversé de M. Rousseau, Michael Sabia, est allé «luncher» chez Power Corp., le nouveau nid de M. Rousseau, à peine deux semaines après sa nomination...
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Un député en colère
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Entendant Henri-Paul Rousseau noyer le poisson des pertes de la Caisse de dépôt et placement sous un flot de «graphiques», «tableaux», «annexes» et «onglets» à n'en plus finir, voici ce qu'en disait Pierre Goyette sur RDI - un ancien membre du CA de la Caisse et ancien chef de la direction de la Banque laurentienne: «Je suis abasourdi d'entendre les âneries que j'ai entendues aujourd'hui!». Verbatim...
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Aujourd'hui, au comité des finances publiques, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, avait peu de temps pour interroger Henri-Paul Rousseau.
Mais il l'a utilisé à plein, se faisant le reflet de la colère de bien des citoyens face au sentiment évident de non imputabilité qui habite de plus en plus les «élites», qu'elles soient du monde de la politique ou de la finance.
Comme les députés expriment rarement des points de vue, disons, aussi tranchés et aussi indépendants d'esprit, voici de larges extraits de la transcription de ce moment fort de l'auience d'aujourd'hui, tirée du site de l'Assemblée nationale:
http://www.assnat.qc.ca/fra/39Legislature1/DEBATS/epreuve/cfp/090519/1130.htm
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M. Khadir: Merci, M. le Président. Bonjour à tous mes collègues. Bonjour, M. Rousseau. D'abord, je pense que, si on est ici, tout le monde, j'espère... en fait, je crois qu'il y a la même... j'ai déjà entendu la même profession de foi de la part de tous les partis, à l'Assemblée nationale, sur l'importance de la caisse dans le développement économique du Québec. Au-delà de ça, dans l'idée que se fait un peuple de lui-même, de ses capacités, de ce dont il a besoin pour assurer totalement sa souveraineté économique, son indépendance, sa force, d'avoir confiance en quelque sorte pour agir sur son destin, ne pas être voué, sans défense, être à la merci des puissances financières qui sont importantes, qui aujourd'hui se mesurent aux États, dans les mêmes proportions avec les mêmes capacités. Autrement dit, si on est là, dans le fond, c'est pour faire en sorte que ce qui est arrivé à la caisse, où le passage... votre passage à la caisse et celui qui va vous remplacer, de celui qui vous remplace actuellement, M. Sabia, ne soit pas instrumental, ne soit pas responsable du démantèlement, du démembrement ou de l'affaiblissement de la caisse, mais qu'on apprenne de ces erreurs pour faire de la caisse le véritable instrument de développement économique du peuple québécois qu'on s'attend. Je suis sûr, M. Rousseau, vous n'aimeriez pas, si au bout de l'exercice, au bout, éventuellement, d'une enquête publique sur ce qui s'est passé à la caisse, que l'histoire retienne de vous et de M. Sabia comme ayant été les fossoyeurs de la Caisse de dépôt et de placement du Québec.
Vous étiez banquier, vous êtes maintenant au sommet ou enfin dans la direction de Power Corporation, une multinationale tentaculaire, qui a un pouvoir économique et politique considérable dans ce pays. Vous êtes donc de la race de ces élites économiques que les évangélistes du libre-marché érigent en gloire, chantent la gloire, mais qui sont devenues ces nouveaux monarques qui se croient tout permis et au-dessus de tout jugement. Et comme, malheureusement, j'imagine M. Rousseau ne s'attend pas à un quelconque compromis de la part de nous sur ce qu'on pense vraiment. On est ici dans la Chambre du peuple et on doit dire ce qu'on pense.
(...)
M. Khadir: Alors, vous avez donc manqué, je dirais, tout le courage nécessaire pour rester dans la tourmente. Vous avez préféré vous mettre dans la réserve du secteur privé pour vous soustraire au jugement du public et éviter de rendre des comptes à la population, à ses représentants jusqu'à ce que, finalement, vous avez été forcé par les événements de vous expliquer, et alors, à ce moment-là, vous avez encore choisi le confort de vos amis de la Chambre de commerce de Montréal pour nous expier comment vous avez joué et perdu 40 milliards de dollars des épargnes de notre peuple.
Pour illustrer, s'il en fallait plus, ce que j'appelle quand même un mépris profond pour les intérêts de notre nation, c'est que vous avez refusé ce que plusieurs vous ont demandé gentiment, à mots couverts, plus directement, c'est-à-dire de renoncer à votre prime de départ, comme vient de le mentionner mon collègue de Shefford. Vous comprendrez alors qu'il est assez difficile pour le peuple en général ou pour ses représentants d'ici, de ne pas mettre ça sur le compte - ce comportement - sur le compte d'une certaine culture, culture qui, aux États-Unis maintenant, on le reconnaît, c'est dit sur la place publique, la culture de la cupidité qui a régné dans les milieux financiers américains et qui a malheureusement déteint sur aussi nos milieux financiers, nos banquiers qui, à l'exemple malheureusement des patrons américains sans vergogne, donnent tous les droits à ces chefs d'entreprise, y compris celui de donner des primes et des bonus, qu'ils soient compétents ou incompétents, qu'ils fassent fortune, la fortune du public ou qu'ils ruinent les déposants ou les petits actionnaires de leurs compagnies.
Je crois d'ailleurs que c'est assez peu rassurant, et ça m'emmène à ma question, pour les petits actionnaires de Power Corporation, de savoir que quelqu'un qui a négligé les intérêts de ses déposants quand il était...
Le Président (M. Paquet): M. le député.
M. Khadir: ...dans le secteur public peut avec autant de légèreté penser qu'il est au-dessus de toute responsabilité. Parce qu'à chaque fois qu'on vous en a parlé, par exemple le 9 août 2007, c'était la tempête parfaite, c'était un moment fatidique comme une calamité du ciel que personne n'aurait pu prédire. Or, vous le savez et je suis sûr que vous le savez si, moi, je le sais, depuis des années, depuis au moins 10 ans, les exemples foisonnent à travers le monde comment cette spéculation peut mener à la ruine des déposants, des petits épargnants, du public en général.
En 1992, nul autre que Galbraith de Harvard a écrit un livre qui a fait école, Euphorie financière , qui explique l'histoire des crises financières successives depuis quatre siècles. Vous devez être au courant. Si un néophyte comme moi est au courant, vous devez être au courant de ça, que l'entreprise de spéculation et la recherche du profit maximum conjugués au bonus, en plus vous nous dites les boni...
Le Président (M. Paquet): M. le député de Mercier.
M. Khadir: Juste un moment.
Le Président (M. Paquet): Excusez-moi. Non, sur le temps de la présidence. Il faut mentionner qu'il reste trois minutes...
M. Khadir: J'y arrive.
Le Président (M. Paquet): ...et, selon l'entente que vous avez eue au niveau des partis d'opposition...
M. Khadir: On poursuivra dans le 10 minutes qui me restent. Vous m'avez amputé de quelques instants.
Le Président (M. Paquet): Non, je ne vous ai pas enlevé aucun temps, M. le député, je préserve votre 10 minutes. Les temps de questions de règlement ne sont pas sur votre temps, sur le temps de la présidence. Sauf que je vous indique qu'en conformité de l'entente que vous avez avec les autres partis de l'opposition, vous disposez ce matin de 10 minutes incluant réponses et questions.
M. Khadir: J'y arrive.
Le Président (M. Paquet): Donc, il reste présentement trois minutes maximum pour une période de questions encore ou de réponses, si vous souhaitez avoir une réponse de M. Rousseau.
M. Khadir: M. le Président, notre oeuvre est collective. Il y a des commentaires, il y a une analyse des réponses qui ont été fournies, je...
Le Président: ...après le consentement.
M. Khadir: Je compte aussi bien sur les députés de la partie gouvernementale que de mes collègues, d'accord? Alors...
Le Président (M. Paquet): Donc, il reste moins que trois minutes. M. le député de Mercier.
M. Khadir: Très bien. Alors, vous dites que les bonus n'ont rien à faire là-dedans, que les bonis au rendement n'ont rien à faire, alors que toute la planète, en Europe comme aux États-Unis, y compris le président américain, tous les experts s'entendent à dire que cette politique de rémunération des patrons et les bonus au rendement sont une partie centrale qui explique la crise financière aujourd'hui, vous refusez encore de le reconnaître.
Tout ceci étant dit, vous avez, ça, je vous rends grâce pour ça, vous avez fait une assermentation avant de témoigner. Je voudrais vous poser la question suivante: Avant de rentrer à la caisse en 2002, est-ce que vous aviez des liens d'amitié avec la famille Desmarais ou un quelconque lien d'affaires, à titre personnel ou dans vos activités, avec Power Corporation?
Le Président (M. Paquet): Il reste 1 in 30 s, M. Rousseau.
M. Rousseau (Henri-Paul): Comme tous les dirigeants d'entreprise, la famille Desmarais est très connue de tout le monde et mes liens d'amitié ou de relations avec les Desmarais, avec les Péladeau, avec les Coutu, avec la famille Bombardier, je suis dans le milieu des affaires depuis des années et je connais beaucoup de monde.
Je voudrais faire simplement une remarque à tous les Québécois à qui, un jour, quelqu'un va demander d'être un employé, un vice-président, un directeur ou président de la caisse, je voudrais leur dire que, s'ils ont la compétence et s'ils ont le goût d'aller quand même le faire pour servir leurs concitoyens, malgré tout ce qui peut être dit et entendu, après qu'on l'ait fait de bonne foi et de lourds sacrifices dans mon cas, j'ai laissé des millions de dollars quand j'étais payé, pour venir servir les Québécois parce qu'ils m'avaient bien servi comme jeune.
Et ce n'est pas vrai qu'on va laisser attaquer les gens, les gens qui ont fait des travaux à la caisse avec moi, comme à tous mes prédécesseurs, ils étaient de bonne foi. Et, quand j'ai dit dans ma conclusion qu'ils travaillent au développement du Québec, c'est parce que chacun d'eux fait des sacrifices. Les gens à la caisse doivent accepter d'être moins rémunérés que les autres. Ils le font même s'ils sont bien rémunérés que beaucoup d'autres fonctionnaires, mais ils sont en bas du marché, ils le font parce qu'ils croient à ce qu'ils font. Et tous les matins et tous les jours ils le font au bénéfice des Québécois parce qu'ils savent qu'ils ont un rôle formidable que d'assurer des rentes et des assurances de qualité. Mais c'est devenu risqué de faire ce métier et ces positions parce que la chose publique est devenue plus difficile.
Et je suis conscient, M. le Président, qu'il y a une crise de la finance, qu'il y a un procès de la finance, mais il ne faudrait pas que le procès de la finance fasse en sorte que la caisse ne soit plus capable de recruter des gens de qualité.
(...)
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Un livre qui dérange...
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Ce matin, l'ancien PDG de la Caisse de dépôt et placement, Henri-Paul Rousseau, risque de l'avoir un peu moins facile devant les parlementaires que lorsqu'il a donné SA version des faits à la Chambre de commerce de Montréal le 9 mars dernier.
Une des raisons, parmi d'autres, en sera le livre de Mario Pelletier - La caisse dans tous ses états - paru aux Éditions Carte Blanche. (Nul besoin de rappeler que la semaine dernière, la CDP a tenté d'en bloquer la sortie).
*** (En date du 20 mai, le livre serait maintenant disponible en librairie. La Caisse ayant échoué dans sa tentative de censure.) Sur celle-ci, voir: http://www.ledevoir.com/2009/05/20/251152.html
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Ayant obtenu une copie du livre, voici donc les grandes lignes de la thèse de l'auteur quant à l'impact de l'arrivée de M. Rousseau à la tête de la CDP suite à la démission de Jean-Claude Scraire en 2002:
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Donc, selon l'auteur:
- L'arrivée d'H-P Rousseau à la tête de la CDP aurait marqué une «rupture profonde avec toute la culture développée par l'institution» depuis 1965 en passant par une «vaste réorganisation interne» et une «grande purge» de gestionnaires expérimentés - ces «bâtisseurs» -, remplacés par des «technocrates» sans mémoire institutionnelle et sans compréhension du rôle crucial de la Caisse dans l'économie québécoise.
- HPR aurait introduit «une nouvelle culture bancaire», une «banquisation» de la Caisse, partagée d'ailleurs, selon Pelletier, par Michael Sabia. Une culture «sans perspectives sociales, où seul le rendement compte, accompagné de bonis de plus en plus alléchants». Ce qui, en 2003, aurait bien coïncidé «avec un nouveau gouvernement (Charest) qui pousserait le désengagement de l'État québécois plus loin, à certains égards, que ce qui ne s'était jamais vu depuis le début des années 1960». (p. 321)
- HPR aurait également fermé des bureaux de la CDP à l'étranger et «mis la hache dans une filiale de consultation internationale qui visait à exporter l'expertise unique du modèle de la Caisse».
- Il aurait ignoré l'importance d'établir des liens avec la Chine jusqu'à ce que, selon l'auteur, Power Corporation l'ait «sensibilisé» à cette question. L'auteur pose cette question: «la Caisse pouvait-elle devenir un outil intéressant pour le développement des affaires de Power Corporation en Chine? Étrange coïncidence, Rousseau, quelque temps plus tard, allait changer d'idée et rouvrir un bureau en Chine.» (p. 320) (En 2008, après avoir annoncé qu'il quittait la Caisse, HPR s'est joint à Power Corp., comme vice-président.)
- Bref, cette «rupture» aurait été le fruit de l'obsession du «rendement à tout prix» au détriment de la mission originelle de la Caisse qui était de faire fructifier les avoirs des Québécois TOUT EN contribuant à l'essor économique du Québec.
- C'est que pour M. Rousseau, comme le rappelle l'auteur (et certains de mes billets sur ce blogue), obtenir un rendement optimal était à ses yeux LA meilleure manière de contribuer à l'économie du Québec. Un modèle que suivra d'ailleurs le gouvernement Charest lorsqu'il modifiera la Loi sur la Caisse en 2004 en mettant l'accent sur le rendement «optimal». Avec comme résultat que sous M. Rousseau, la Caisse finira par investir plus de 80% de ses avoirs à l'étranger.
(Ici, on retrouve en gros une thèse partagée et étayée dans mes billets et chroniques sur le Caisse de dépôt. Le tout s'inscrivant, j'ajouterais, dans le portrait plus global de l'affaiblissement de la force financière du Québec avec la diminution marquée des investissements de la Caisse au Québec, la perte de plusieurs sièges sociaux et de la Bourse de Montréal. )
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- Sur une note encore plus accusatrice, l'auteur avance que M. Rousseau aurait «été à l'origine de manipulations de données et de chiffres qui ont jeté encore plus de discrédit sur l'administration sortante» (p. 311). Dont des «dévaluations excessives d'actifs» acquis sous M. Scraire, une représentation volontairement négative des coûts de la construction du nouveau siège social «pharaonique» de la Caisse de l'époque M. Scaire, un «gonflement» conséquent des résultats obtenus par M. Rousseau, une «dérive dans les produits dérivés» causée par l'obsession du rendement (p. 324), incluant les fameux papiers commerciaux non bancaires dont la CDP s'est faite le principal acquéreur au Canada - causant ainsi un effet d'entraînement dans d'autres institutions financières québécoises -, et ignorant ainsi la plupart des signaux d'alarme.
- Toujours selon l'auteur, M. Rousseau aurait eu une politique de gestion du risque déficiente; aurait trop emprunté (comme le soulignait Jacques Parizeau); et aurait «délégué» à la Banque fédérale de développement du Canada (BDC) ses placements dans les PME (p. 333).
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(Ces thèses avancées par M. Pelletier seront sûrement remises en question par M. Rousseau. C'est à suivre).
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Les résultats sont maintenant amplement connus: 40$ milliards de pertes en 2008, dont 10$ milliards pour cause de gestion incompétente, soit une perte de 25% de ses actifs par opposé à 18% pour les autres caisses de retraite canadiennes. L'avoir net de la Caisse passe de 155$ milliards à 120$ milliards. Une perte pour laquelle les Québécois seront appelés à payer pour longtemps...
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Pour ce qui est de la petite histoire, M. Pelletier avance aussi que «c'est un secret de Polichinelle qu'il n'y avait pas beaucoup d'atomes crochus entre Jean-Claude Scraire et Bernard Landry. (...) Le courant ne passait guère mieux avec Pauline Marois» (p. 303).
Un problème, qui selon l'auteur, aurait culminé en 2002, alors que M. Landry était premier ministre et Mme Marois, sa ministre des Finances.
Toujours en 2002, suite aux reportages sur certains investissements problématiques de la Caisse, dont celui dans Montréal Mode, ainsi qu'un investissement de 2$ milliards pour «aider Quebecor à avaler Vidéotron» (p. 301), M. Scaire «démissionne» dans la controverse.
Henri-Paul Rousseau est nommé PDG de la Caisse et est accueilli en «sauveur». Comme «une sorte d'Hercule venu nettoyer les écuries d'Augias» (p, 309).
C'est donc une très grosse pointure qui arrive.
HPR, comme on l'appelle familièrement, avait été président de la Banque laurentienne, président des économistes pour le Oui en 1980 et secrétaire de la Commission Bélanger-Campeau créée par Robert Bourassa suite à l'échec de l'Accord du Lac Meech.
Selon l'auteur, lorsqu'il prend la barre de la Caisse officiellement, il aurait alors «remercié» Michel Nadeau, le «numéro deux» de la Caisse . Dans les semaines qui suivront, il aurait aussi «remercié» plusieurs gestionnaires expérimentés. Se perdra alors avec le temps «ce contact privilégié, cette complicité qu'elle a développée avec l'entreprenariat québécois (...) qui a permis des réussites extraordinaires au cours de trente dernières années» (p. 297).
Arrivent aussi de nouveaux membres du Conseil d'administration font leur entrée, dont le «président de la firme new-yorkaise Capital Markets Advisors et ex-président de Nasdaq International» et anglophone unilingue (p. 307).
L'auteur avance également que Power Corporation en aurait voulu à M. Scraire pour les «400 millions de dollars supplémentaires que Desmarais avait dû débourser pour acquérir la financière MacKenzie, en janvier 2001» (p. 310).
Bref, on sent ici, du moins selon l'auteur, l'effet à la CDP de cette compétition constante entre les empires Desmarais et Péladeau... Ces deux rejetons concurrents du Québec Inc. (À cet égard, on pourrait aussi rappeler que lorsque M. Sabia s'est rendu «petit déjeuner» dans les bureaux de Power Corp. après sa nomination comme nouveau PDG de la Caisse, Pierre-Karl Péladeau n'y était pas.)
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En conclusion, l'auteur avance ceci: «Par ailleurs, les liens qui semblent déjà bien établis avec un puissant conglomérat comme Power Corporation, qui compte maintenant à son service un ex-président de la CDP (*Rousseau), laissent planer des inquiétudes sur l'avenir de la Caisse. On peut se demander s'il n'y a pas là un prélude à son éventuel démantèlement, au profit du secteur privé, et notamment des filiales tentaculaires de la Financière Power. Ce serait un aboutissement logique de ce qui s'est amorcé sous Rousseau et qui a été encouragé par le gouvernement de plus en plus désengagé de Jean Charest.» (p. 358)
Enfin, je ne sais pas s'il est vraiment nécessaire d'aller jusque-là dans les prévisions désespérément pessimistes. J'ai en fait peine à croire que la CDP serait un jour démantelée...
Mais une chose est certaine, elle est affaiblie. Et de fait, la CDP n'est plus l'outil de développement économique qu'elle devait être et aura été pendant 40 ans. Et ce n'est pas l'arrivée de Michael Sabia qui rassurera ceux dont le bas de laine est nettement plus troué qu'avant...
Surtout, il reste que messieurs Rousseau et Charest en porteront sûrement la responsabilité dans les livres d'histoire...
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Retour sur la semaine...
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À quelques jours de la parution de son ancien PDG, Henri-Paul Rousseau, devant les parlementaires, la Caisse de dépôt et placement du Québec tente de se comporter en petit potentat:
http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2009/05/20090517-050549.html
Le ministre responsable de la Caisse, le ministre des Finances, devrait y voir rapido.
Bravo. Oui, vraiment, bravo au petit caporal paniqué à la Caisse qui a pris la décision de tenter d'empêcher la parution d'un livre avant même qu'on soit à même d'en juger le contenu! Et le mot «censure», vous connaissez?
On se doutait de plus en plus qu'elle se prend depuis quelques années pour un État dans l'État. Mais gare à la métamorphose en république de bananes...
Et avouez que ça prend tout de même une arrogance certaine, ou est-ce de l'inconscience, pour tenter de censurer un auteur, alors que cette institution est une institution publique, une création du gouvernement, est constituée des avoirs des Québécois, lesquels, à cause de sa mauvaise gestion, seront obligés d'en payer les coûts encore plusieurs années!
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Et deux petites observations, comme ça.
1- Sur la question du port de signes religieux dans les services publics:
On sent comme un malaise dans certains milieux. Un malaise et presqu'un agacement. On entend la question: «pourquoi est-ce que la Fédération des femmes soulève ça MAINTENANT? Il n'y avait pas de problème», etc...
Comme un malaise à débattre de la question nettement plus large que celle du «voile», soit celle de la place du «religieux» dans une société démocratique....
Pourtant, depuis la Révolution tranquille, hormis d'avoir déconfessionalisé les écoles publiques - mais tout en continuant à subventionner à hauteur de 60% des écoles «privées» à vocation religieuse -, nous n'avons pas fait de véritable débat sur la neutralité et la laïcité de l'État.
Ni sur ce que l'on pourrait faire, au-delà d'un article abstrait dans notre charte des droits, pour affaiblir le contrôle que tente d'exercer le «religieux» sur la vie de certaines femmes. Et ce n'est certainement pas Bouchard & Taylor qui ont aidé à le faire...
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2- Sur la comparution de Brian Mulroney à la Commission Oliphant, on sent aussi poindre les «deux solitudes» dans les médias canadiens. Au Canada anglais, le «cas» Mulroney intéresse vraiment beaucoup, beaucoup. Mais froidement. On a beau y avoir détesté M. Mulroney dans ses dernières années au pouvoir, il reste que son témoignage reçoit une couverture minutieuse et étendue. Disons aussi que l'émission d'affaires publiques de CBC, The Fifth Estate, creuse cette histoire depuis des années!
Ici, la couverture est également bonne. Mais on sent aussi parfois une certaine gêne à voir un ancien premier ministre se faire cuisiner de la sorte. Et on se demande à quoi cette commission peut bien servir. Ou qu'il est triste de voir cet homme de 70 ans voir son bilan de premier ministre détruit par cette histoire d'enveloppes de cash acceptées dans des chambres d'hôtels.
Un peu comme si, se souvenant de sa tentative fort honorable de réconcilier le Québec et le Canada avec l'Accord de Lac Meech, l'homme aurait encore droit ici à quelques indulgences... Du moins, pour le moment.
Mais disons aussi que le fait que ce contre-interrogatoire se fasse en anglais seulement, qu'il soit, avec raison, d'une précision maniaque sur le moindre petit détail et dure des journées entières, n'aide sûrement pas beaucoup à fasciner les chaumières... Car il faut VRAIMENT écouter ces audiences avec attention, et en entier, pour constater à quel point cette histoire est d'intérêt public. Et à quel point l'ancien premier ministre, de contradictions en restrictions mentales, n'aura que lui à blâmer si les livres d'histoire risquent maintenant de lui être nettement moins miséricordieux.
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Un «café» de $225 000...
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Aujourd'hui, avec une précision chirurgicale, Richard Wolson, procureur de la Commission Oliphant, a fait la démonstration que Brian Mulroney, lorsqu'il a témoigné en 1996 dans le cadre de sa poursuite contre le gouvernement fédéral dans l'affaire Airbus, n'avait pas dit TOUTE la vérité lorsqu'il a dépeint sa relation avec Karlheinz Schreiber APRÈS son départ de la politique comme s'étant limitée à une ou deux rencontres au-dessus d'une «tasse de café».
Une ou deux tasses de café, semble-t-il, qui valaient dans les faits au moins 225 000$... Puisqu'à trois reprises, M. Mulroney a accepté de Schreiber des enveloppes d'argent comptant, en coupures de 1 000$, en échange d'un «travail» de lobbying qui demeure non documenté.
Cette «restriction mentale» de M. Mulroney soulève de sérieuses questions quant aux vraies raisons l'ayant amené à ne pas donner cette information pourtant essentielle. Il dit que c'est parce que les avocats ne lui ont jamais posé la question en 1996. Mais comme aucun d'entre eux n'était au courant qu'il y avait même une «relation d 'affaires» entre Mulroney & Schreiber, comme le faisait remarquer Me Wolson aujourd'hui, comment auraient-ils pu lui poser la question?
Mais je vous avouerai que de tout ce que j'ai entendu aujourd'hui, ce qui m'a littéralement jetée en bas de ma chaise était l'autre démonstration faite par Me Wolson, preuves à l'appui.
Soit que Schreiber, un lobbyiste, semblait profiter d'un accès privilégié et répété au premier ministre du Canada lorsque M. Mulroney était au pouvoir.
En même temps que l'on se prend à s'interroger au Québec sur l'éthique des élus, la nature de leurs liens avec certaines entreprises et de possibles conflits d'intérêts et trafics d'influence, les révélations de la Commission Oliphant nous amène en plein sur ce même terrain!
Alors, je pose encore une fois LA question:
Comment se fait-il que pendant des années, un lobbyiste, quel qu'il fut, ait eu un accès aussi privilégié et aussi répété à la personne même du premier ministre du Canada pour la simple raison qu'il s'était lié d'«amitié» /sic/ avec au moins deux de ses plus proches collaborateurs?
D'autant plus que M. Mulroney affirmait aujourd'hui qu'il rencontrait des «centaines» de Schreiber, donc de lobbyistes, sur une base régulière?
«Inquiétant», vous dites? Tout un euphémisme.
Brian Mulroney tentait de justifier ces rencontres à répétition en qualifiant Schreiber de «lapin Energizer» - voulant dire qu'il ne lâchait jamais.
Désolée. Mais c'est bel et bien lui, le premier ministre, qui acceptait de rencontrer ce «lapin» hyperactif à autant de reprises.
Ce qui nous amène à quelques sous-questions:
- Comment se fait-il que ce premier ministre semble avoir été autant intéressé par le projet dont Karlheinz Schreiber était le lobbyiste? Ce qui ne pouvait que lancer un message fort particulier dans l'appareil gouvernemental. Car n'oublions pas qu'ici, dès qu'un premier ministre laisse le moindrement entendre qu'il s'«intéresse» à ceci ou cela, c'est comme si le Roi avait parlé.
- Comment se fait-il que les rencontres avec Schreiber se sont poursuivies plusieurs mois après décembre 1990 alors que son nouveau chef de cabinet lui apprenait que le projet de véhicules blindés coûterait 2$ millions par emploi créé (!) et que M. Mulroney dit l'avoir abandonné?
- Comment se fait-il que cette relation d'«affaires» ait été déterminante au point où, dès qu'il quitte son poste de premier ministre, Brian Mulroney devient en quelque sorte le lobbyiste du lobbyiste en acceptant de Schreiber dans des chambres d'hôtel au moins 225 000$ en argent comptant - montant qui se retrouva dans des coffrets de sûreté et ne fut déclaré au fisc que plusieurs années plus tard?
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C'est Stephen Harper qui doit commencer à se gratter sérieusement l'occiput en se demandant où et quand tout cela va finir...
La suite, mardi.
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/200905/14/01-856549-mulroney-na-pas-tout-dit-charge-wolson.php
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Parlons «signes» religieux (II)
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Encore une fois, et encore aujourd'hui, le «débat» est confus et part dans toutes les directions.
Ce matin, en entrevue, la ministre Christine St-Pierre (dont, je le répète, ce n'est même pas le dossier!), a finalement dit ce que je disais dans ce billet-ci. À savoir que le gouvernement Charest A une position sur le port des signes religieux dans les services publics. Soit le STATU QUO, ou l'opposition à leur interdiction! Me semble que c'est clair.
Maintenant, sur le «débat» lui-même.
Interdire ce port ne serait pas faire montre d'«intolérance», contrairement à ce que disait la ministre ce matin. Tout comme le permettre ne serait pas un signe de «tolérance». Puisque la question ici est ailleurs.
À savoir si l'État, à travers ses représentants et employés, doit ou non traduire sa neutralité et sa laïcité, entre autres moyens, à travers une directive portant sur les signes religieux dits ostentatoires. Point à la ligne. Et c'est un débat qui, en démocratie, peut se faire de manière tout à fait pertinente.
Mais, comme le notent certains des membres ici, avec raison, la laïcité n'est pas un trait de l'État québécois ou canadien... Ce qui ne veut pas dire, par contre, qu'il ne serait pas enfin temps d'y voir!
Bon. Ça, c'est une chose.
L'«intégration» ou l'«exclusion» des minorités en est une autre. Elle est beaucoup plus large que la simple question des signes religieux.
Et au risque de me répéter, et à mon très humble avis, le VRAI débat, celui que personne n'ose faire concerne l'intrusion du religieux ET dans l'espace public ET dans les services publics. Il concerne certains diktats antidémocratiques et antiégalitaires des grandes religions organisées que l'on «tolère» sous prétexte qu'ils sont des «croyances». Des religions, encore une fois, qui n'ont rien à cirer de nos belles Chartes des droits et de leur belle provision sur l'égalité homme-femme! Au contraire. Certaines de ces religions se SERVENT des chartes pour faire avancer leurs intérêts sous prétexte de défendre la liberté de conscience.
On parle du «voile» islamique, mais qui parle du contrôle qu'il représente des moeurs et du corps des femmes? Ou, qui parle de linterdiction des femmes d'accéder à la prêtrise et à la hierarchie catholique? On ne tolérerait pourtant pas qu'une organisation ou compagnie interdise son accès, disons, aux personnes noires ou asiatiques. Et avec raison! Mais le Vatican, et d'autres religions, excluent les femmes. Qui parle des dikats de plusieurs religions contre la contraception, contre le droit à l'avortement et contre l'homosexualité? Etc....
La ministre peut bien se réfugier derrière ses beaux principes, il reste cette réalité, cette vérité troublante qui, elle, ne fait toujours pas partie du débat public. La raison? Ce serait une question de «croyance» personnelle? Mais alors, les «droits» et l'«égalité» ne veulent plus rien dire si de simples «croyances» édictées par des leaders religieux suffisent à les balayer de la main....
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Bien sûr, en démocratie, on ne peut ni ne doit interdire les religions. Là, n'est pas la question. Mais il manque de messages clairs de la part du politique sur ce qui est compatible ou non avec les principes de démocratie et d'égalité des sexes. Un article dans une charte des droits est nettement insuffisant. La simple question du «voile», c'est l'arbre qui cache la forêt..
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