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Voix publique
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Pour voir juste sur ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les palais et les parlements du Québec, du Canada et du monde, suivez les analyses politiques percutantes de Josée legault sur son blogue.
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Le Québec est riche!
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Attachez vos ceintures.
J'ai tout un scoop pour vous: le Québec est riche!
Du moins, suffisamment riche pour se priver de 624$ millions en allègements fiscaux accordés aux compagnies minières entre 2002 et 2008;
suffisamment riche pour couvrir les 264$ millions que coûtera, au bas mot, le nettoyage de 345 sites souillés par des minières;
suffisamment riche pour se contenter de 259$ millions en redevances plutôt que des deux milliards de dollars que le gouvernement aurait pu percevoir;
suffisamment riche pour laisser 14 minières sur 22 ne payer aucune redevance au gouvernement, et donc, à nous; etc., etc., etc...
http://www.ledevoir.com/2009/06/30/257268.html
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Un peu plus, et on se croirait de retour à l'ère Duplessis...
Et pourtant, aussi riche que le gouvernement semble croire le Québec, et pendant qu'on laisse les minières, entre autres, se moquer de l'assiette fiscale collective, les deux partis principaux, en bons disciples des «Lucides», songent très sérieusement, une fois que la récession sera passée, à presser encore plus le citron de la classe moyenne et des travailleurs à petits salaires en augmentant à nouveau toute une brochette de tarifs, incluant l'hydro.
Cherchez l'erreur....
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Le mythe du référendum gagnant
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Je vous jure dur comme fer que je n'aurais jamais songé à aborder un tel sujet en plein début d'été! Mais un article paru dans La Presse du 29 juin m'a mis la puce à l'oreille... et les doigts sur le clavier.
L'article portait sur l'intérêt qu'a suscité à Ottawa le mémoire de maîtrise de François Yale, déposé à l'Université de Montréal en janvier 2008, dirigé par la professeure Claire Durand et au titre politiquement aguichant: L'évolution de l'appui à la souveraineté du Québec: effets de la formulation de la question et effets de contexte. Avouez que ça pique la curiosité...
Plus j'avançais dans la lecture du mémoire, plus j'y trouvais la confirmation d'une hypothèse que j'avance depuis des années. À savoir qu'il est pour ainsi dire impossible depuis 1995 de savoir avant la tenue même du vote quelle option l'emportera. Mais les derniers chefs du PQ ont plutôt opté pour ce que j'appelle le mythe du référendum gagnant en affirmant qu'ils ne peuvent en tenir un sans être sûrs, ou presque, de le gagner. À force de l'entendre, ce mythe s'est installé dans notre lexique collectif. Alors, on le répète mécaniquement sans le remettre en question ou réfléchir à ses implications.
Lucien Bouchard disait ne pas pouvoir tenir de référendum sans «conditions gagnantes». Bernard Landry attendait l'«assurance morale de gagner». Et Pauline Marois en veut un «s'il est gagnant». On promet le Grand Soir, mais seulement s'il vient avec une garantie de livraison. Ce qui évacue les éléments d'incertitude inhérents à un tel vote. Et nie le fait qu'une campagne puisse avoir un impact réel sur le résultat.
On a beau dire, les victoires ou les défaites garanties d'avance, ça n'existe pas. À moins d'être en déni ou de chercher un prétexte à ne rien faire.
Prenons comme exemple les moyennes mensuelles des appuis au Oui compilées par Léger Marketing, après répartition, pour l'année du dernier référendum.
En janvier 1995, 10 mois avant le vote, le Oui tourne autour de 45 %. Rien de garanti ici! Parizeau «enclenche» néanmoins la dynamique référendaire. En avril, le Oui passe à 55 %. En juin, le PQ, le Bloc et l'ADQ s'allient et le Oui est à 48 %. En septembre, il remonte à 50 %. En octobre, M. Parizeau nomme Lucien Bouchard «négociateur en chef», le Oui revient à 47,2 %. Mais le 31 octobre, il termine à un cheveu de 50 %. En novembre, comme si l'impression restait d'une question non réglée, il remonte même à 54,8 %!
Bref, aucun sondage préalable à la décision d'y aller n’annonçait le score final.
VOCABULAIRE ET CONTEXTE
Ce qui nous ramène au mémoire, basé sur 826 sondages depuis 1962, et se penchant sur l'impact dans les sondages du contexte politique et de l'usage des termes «souveraineté-partenariat», «souveraineté», «indépendance» et «séparation».
Sans surprise, le chercheur note que l'échec de Meech en 1990 est l'événement dont l'effet fut le plus puissant. Les appuis au Oui frôlent alors les 70 %!
Le chercheur note que cet appui augmentait néanmoins depuis l'automne 1989. (Mon hypothèse: après le recours à la clause nonobstant par Robert Bourassa en décembre 1988 pour protéger l'affichage en français, les Québécois ont assisté à des mois de Québec bashing venant du Canada anglais et débouchant sur un rejet de Meech par l'opinion publique.)
L'autre hausse, jusqu'à 54 %, suivra le scandale des commandites. Ce qui est aussi le niveau, sans crise, qu'avait atteint le Oui en avril 1995.
Quant à l'impact du vocabulaire sur les appuis au Oui, le mémoire note une chose fascinante: depuis 1995, les termes «indépendance» et «souveraineté» engendreraient des appuis similaires.
Donc, lorsqu'on dit que la question de 1995 était «trompeuse» parce qu'elle ne parlait pas d'«indépendance», ou qu'Ottawa, par conséquent, doit «juger» de la «clarté» d'une prochaine question, c'est de la bouillie pour les chats.
De fait, selon ce mémoire, à mesure qu'approche la date du vote, «la force du débat politique dans les médias incite possiblement les répondants à se faire une opinion sur le projet politique et à être ainsi moins influencés par la formulation de la question lors des sondages. Dans une telle perspective, les répondants ne répondent donc plus à la question précise qui est posée, ils répondent à un réel projet politique à venir. Nous pouvons donc suggérer que l'effet de la formulation de la question est davantage important lorsque l'enjeu n'est pas sous les feux de la rampe et qu'il ne s'est pas incarné en un projet concret».
En d'autres termes, répondre à un sondage dans l'abstrait est une chose. Mais face à un projet concret, depuis 1995, les Québécois, quelles que soient la question ou leurs propres motivations, savent sur quoi ils votent.
Si le contexte peut influer en partie sur les appuis au Oui et au Non, le vocabulaire, lui, semble avoir de moins en moins d'influence.
En fait, de 1996 à 2009, les appuis au Oui ont beaucoup fluctué entre un sommet de 54 % lors du scandale des commandites, et des bas de 39-40 % dès que le sujet sort de la dynamique politique.
Bref, lorsque vous entendrez dire qu'un référendum ne peut être tenu que s'il est presque gagné d'avance, vous saurez qu'une telle garantie n'existe pas.
Et vous vous demanderez peut-être alors pourquoi ce mythe est autant véhiculé des deux côtés de la clôture constitutionnelle...
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Pauvre, pauvre Montréal...
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Oh, la, la. Voilà que les scandales à la Ville de Montréal se retrouvent dans le magazine «prestigieux», comme on dit, The Economist.
http://www.economist.com/research/articlesBySubject/displaystory.cfm?subjectid=1198560&story_id=13905546
*** Et si vous cliquez sur «view all comments» à la fin de l'article, c'est encore pire. Un mélange de Québec bashing et d'autres ingrédients tout aussi indigestes...
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Étant lui-même un ancien ministre provincial libéral, le maire Gérald Tremblay, doit sûrement se souvenir avec douleurs d'un autre épisode où un article peu flatteur sur le chef du Parti libéral de l'époque, Daniel Johnson jr., paru en février 1998 dans le même The Economist, avait eu ici l'effet d'une petite bombe. Pavant même la voie, avec d'autres facteurs, à sa démission surprise en mars 1998...
La rumeur, à l'époque, était que des personnes «influentes» du camp fédéraliste, auraient quelque peu aiguillé le magazine. Question de convaincre M. Johnson de manière sans équivoque de quitter. Et de quitter au profit de Jean Charest, que ces mêmes personnes influentes, ici et à Ottawa, voyaient alors comme un adversaire nettement plus redoutable contre le premier ministre péquiste Lucien Bouchard...
http://archives.vigile.net/plq/vennedifference.html
Mais comme la mémoire est une faculté qui oublie...
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Un cadeau pour Jean Charest
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Lorsque François Legault s'est joint à nous le 8 mai dernier à notre revue hebdomadaire de l'actualité à l'émission de Christiane Charette, je lui ai demandé comment il se faisait que Pauline Marois, en tant que chef, intervenait si peu sur les questions économiques?
Il baissa les yeux, un peu gêné, comme il se doit. La question n'était pas facile. Mais le connaissant tout de même un peu depuis des années, je le sentais déjà loin, un peu comme celui qui sait qu'il a fait tout ce qu'il devait faire, et plus encore, dans son rôle de critique officiel, mais dont la tête, comme on dit, est déjà ailleurs...
http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2008-2009/chronique.asp?idChronique=80260
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On dit qu'il n'y a jamais de bon moment pour quitter, mais avouons que le départ de François Legault est un méchant beau cadeau de fête, tout involontaire soit-il, pour Jean Charest! Et ce, avec seulement un tout petit 12 heures de retard...
Tenez. Ça me rappelle la démission de Lucien Bouchard le 11 janvier 2001... date d'anniversaire d'un certain Jean Chrétien...
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Le départ de M. Legault est un formidable cadeau pour le premier ministre non seulement, comme l'ont observé les médias, parce que Pauline Marois perd son «meilleur compteur» sur les questions économiques au moment où c'est LE sujet principal de préoccupation dans la population. Non seulement parce que ça vient ajouter à une fin de session difficile pour elle.
Mais aussi - même si, comme on sait, les cimetières sont remplis de personnes irremplaçables! - parce qu'elle peinera à en trouver un ou une dans son caucus d'aussi efficace et bien informé que lui. Et parce que ce sujet crucial n'est pas tout à fait une force chez Mme Marois. Même si elle fut déjà ministre des Finances...
Ceux et celles qui me lisent savent déjà que je partage une bonne partie du même diagnostic que fait François Legault sur le «déclin tranquille» du Québec, économique et démographique; le sentiment croissant chez des Québécois de ne pas pouvoir se réaliser pleinement ici; un système d'éducation public ne répondant plus aux besoins de tous, indépendamment de leurs revenus; un système de santé croulant sous la bureaucratie au détriment des services directs aux gens; et cette impasse sur la question nationale, des deux côtés de la clôture constitutionnelle! Nous différons seulement sur les solutions...
Ainsi que sur ce discours, come celui, entre autres, de M. Legault, où des politiciens se réclament du «cynisme» et de la «perte de confiance» du peuple envers la classe pour ne pas oser proposer des projets audacieux, plutôt que de proposer des projets audacieux ET mobilisateurs pour rétablir le cynisme et la perte de confiance qu'ils ont provoqués eux-mêmes. Barack Obama, ça vous dit quelque chose?...
Voir la transcription de son point de presse: http://www.assnat.qc.ca/fra/conf-presse/2009/090625FL.HTM
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(Pour ce qui est de l'analyse de ses commentaires sur la souveraineté, j'en ferai état dans ma chronique qui paraîtra vendredi matin dans The Gazette, que j'ajouterai bien sûr sur ce blogue.)
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Cela étant dit, le départ de M. Legault pourrait fort bien n'être que temporaire du moment où, disons, le PQ ne réussissait pas à gagner la prochaine élection générale...
À cette enseigne, son «diagnostic» fait ce jeudi sur l'«état» du Québec, ressemblait plus à un squelette de programme politique qu'à un testament. Incluant sur la question nationale, dont il dit ne plus considérer la «souveraineté» que comme un «défi parmi d'autres» pour le Québec...
À ajouter peut-être maintenant comme formule aux «conditions gagnantes», à l'«assurance morale de gagner», à l'«union confédérale» (plateforme électorale de 2003). Etc...
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Et tel que promis:
http://www.montrealgazette.com/news/likely+haven+seen+Fran%C3%A7ois+Legault/1733707/story.html
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Retour sur Rivière-du-Loup
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Retour sur les élections partielles de lundi soir.
Marguerite-Bourgeoys: rien à dire sur les résultats. L'ancien comté de Monique Jérôme-Forget demeure un château fort libéral. Donc, 72% pour le candidat libéral Clément Gignac avec un taux de participation de 23%, c'est dans la nature des choses.
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C'est à Rivière-du-Loup que c'est nettement plus intéressant.
Jean D'amour du PLQ a obtenu 47% des voix. Paul Crête a eu 36% pour le PQ. Gilberte Côté de l'ADQa obtenu 14,8%.
Ce matin, les journaux titraient: «Défaite amère pour le PQ», «Dur coup pour le PQ», etc. À la une du Devoir, une chronique était coiffée du titre «Merci, Monsieur!», faisant de cette mention récente par Jacques Parizeau dans une conférence de possibles «crises» pour mousser la souveraineté, un des principaux facteurs de la victoire de Jean D'Amour. Auquel il faudrait donc aussi ajouter l'impact présumé du «Plan Marois» pour la souveraineté...
Bon. Prenons le tout une chose à la fois.
Vous me permettrez donc de mettre mon chapeau de politologue et de vous soumettre mes propres hypothèses.
- Sur le présumé «facteur» Parizeau:
Avec tout le respect que je dois à mes collègues, je n'achète pas cette explication. Comme facteur mineur, peut-être. Mais pas comme facteur majeur.
De fait, une telle explication soulève une question corollaire: est-ce que le PQ aurait REMPORTÉ l'élection dans Rivière-du-Loup si les électeurs n'avaient jamais entendu parler de cette conférence de M. Parizeau (*) et si Pauline Marois n'avait pas rendu publique son fameux «Plan»?
J'avancerais l'hypothèse que cela n'aurait pas plus permis au PQ de remporter ce comté.
Pourquoi?
Parce que la question constitutionnelle, à de rares exceptions près, n'est à peu près jamais une préoccupation primordiale des électeurs dans une élection partielle. Et aujourd'hui, encore moins en situation de difficultés économiques!
Logiquement, si la question nationale avait le moindrement préoccupé les électeurs de Rivière-du-Loup, c'est vers le PQ qu'ils se seraient tournés puisque le «Plan Marois» est dans les faits un plan de nature autonomiste. Et donc, qui aurait dû plaire à un comté adéquiste depuis 1994...
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Ce qui m'amène à mon hypothèse principale quant à la victoire du PLQ:
Ce qu'on voyait monter dans ce comté, adéquiste depuis 1994 alors que Mario Dumont devenait chef de l'ADQ, était une volonté de tourner la page sur cette ère Dumont, maintenant qu'il a quitté la politique.
Et surtout, d'en profiter pour retourner au «pattern» habituel du comté, soit de voter du côté du POUVOIR.
J'en veux pour preuve ceci: à l'exception de l'ère Dumont, Rivière-du-Loup vote du côté du pouvoir.
Le comté fut donc péquiste en 1976 et 1981, sous René Lévesque.
Il fut libéral en 1970, 1973, 1985 et 1989 sous Robert Bourassa.
Il fut Union nationale en 1966 sous Daniel Johnson père!
Et il fut libéral en 1960 et 1962 sous Jean Lesage.
Et depuis lundi, avec le départ de M. Dumont, il devient libéral sous Jean Charest.
Bref, ce comté a voté avec le pouvoir même lorsque les gouvernements sortants connaissaient des difficultés.
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Maintenant, est-ce que le PQ a VRAIMENT reçu une gifle ce lundi soir dans Rivière-du-Loup?
Voici les résultats du PQ dans Rivière-du-Loup depuis l'arrivée de Mario Dumont:
1994: 27%
1998: 27%
2003: 18%
2007: 11%
2008: 14%
Et ce lundi soir? Le PQ a eu 36%. Soit son meilleur résultat depuis 1989. Et face à un candidat libéral dont le parti est au pouvoir.
Cela étant dit, Pauline Marois a tout de même commis deux erreurs tactiques importantes dans cette campagne:
Si elle avait fait l'analyse du «pattern» de vote dans Rivière-du-Loup, elle aurait vu qu'il était fort peu probable de le remporter dans des circonstances où Mario Dumont n'y est plus; où le PLQ est au gouvernement; et où Jean D'Amours, maire de Rivière-du-Loup de 1999 à 2007, est un homme populaire dans le coin qui, de plus, en était à sa troisième tentative pour le PLQ (il s'était présenté en 1994 et en 2007).
Que le PQ y ait néanmoins fait son meilleur score en 20 ans en dit long sur la qualité objective de la candidature d'un Paul Crête. Avec ou sans Pauline Marois.
Mais à l'impossible, il n'aurait pas dû être tenu par Pauline Marois qui ce faisant, a commis sa seconde erreur tactique en créant des attentes et donc, en «brûlant» un très bon candidat dans un comté quasiment gagné d'avance pour le PLQ.
De fait, c'est l'ADQ qui a mangé une gifle en passant de 52% le 8 décembre 2008 à 14% ce lundi.
La preuve ultime que le comté a bel et bien tourné la page sur l'ère Dumont et est retourné du «bon bord» - celui du pouvoir.
D'autant plus que ces fameux «messages» que les élections partielles envoient habituellement au gouvernement en place en votant pour l'opposition se matérialisent surtout en FIN de mandat. Et non à son début...
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(*) Dans les faits, la plupart des médias ont braqué les projecteurs sur cet aspect secondaire d'une conférence donnée par M. Parizeau le 6 juin, alors que l'aspect central de son discours portait sur une critique sévère envers les «élites souverainistes» quant à la promotion de leur option. (Voir ma chronique «Un jugement sévère»)
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Tu penses que je m'en aperçois pas...
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Désolée. De mémoire d'analyste, les six derniers mois ont été une des pires périodes en politique québécoise et fédérale qu'il m'ait été donné de voir. Alors qu'on regardait aller Barack Obama avec envie, ici, le portrait était, disons, moins inspirant...
Ottawa n'est plus qu'un mauvais film. La stratégite aiguë des libéraux pour prendre le pouvoir, et des conservateurs pour le conserver, a pris le dessus sur cette petite chose qu'on nomme la GOUVERNANCE. À Québec, les chefs de partis n'auront jamais autant eu le mot "nation" à la bouche. Mais jamais, depuis la Révolution tranquille, on n'aura vu autant de politiciens se gouverner de manière aussi provinciale.
SIX MOIS DE PRIMES ET DE DÉPRIMES
Caisse de dépôt et placement: Malgré 40 milliards de dollars de pertes, le gouvernement refuse d'enquêter et l'ancien PDG, Henri-Paul Rousseau, refuse d'expliquer pourquoi. Zéro imputabilité. La ministre des Finances se tire au Mexique avec sa sacoche, sa prime de transition et sa pension. L'an dernier, M. Rousseau s'est tiré chez Power Corporation avec sa prime de 400 000 $. Les Québécois, eux, dépriment. Moqueur, il répond que c'est "un mystère de la vie" si la Caisse a acheté pour 40 % au Canada de papiers commerciaux toxiques. Puis lui succède Michael Sabia, le parachuté doré. Seul moment de vérité: Amir Khadir accusant M. Rousseau face à face d'être de ces "évangélistes du libre marché devenus ces nouveaux monarques qui se croient tout permis et au-dessus de tout jugement".
Ma majorité à moi: Jean Charest retrouve sa majorité et met les deux mains sur le volant. Mais les électeurs se réveillent sans ceinture de sécurité avec une récession qu'il avait niée, un déficit qu'il avait juré ne pas faire et des pertes à la Caisse qu'il disait ignorer. Le "grand bâtisseur" pratique aussi l'art de l'inaction dans plusieurs dossiers, dont celui de Montréal. Comme s'il s'était déjà désintéressé de son beau joujou neuf - un troisième mandat de suite - et préférait s'amuser avec la boîte.
Un Québec indépendant dans un Canada uni: Pauline Marois présente un "plan pour la souveraineté" qui prône l'affirmation du Québec à l'intérieur du Canada. Et un référendum seulement s'il est gagné d'avance.
Pas sur mes plaines: La société civile a obtenu d'Ottawa qu'il annule la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham pendant que la plupart des élus de la Belle Province y réfléchissaient.
Maudite démocratie: On répète mécaniquement que les GENS ne veulent PAS d'élections ni de référendums pendant qu'on meurt ailleurs pour des votes. Avec Harper et Ignatieff, même le concept noble de "coalition" devient une hérésie.
"C'est quoi ça, maman, l'"ÉTHIQUE"?": Très bonne question. Surtout au moment où les histoires de corruption font un retour en force. Mais la réponse n'est pas venue des goinfres de la finance exposés par la crise économique. Ni de l'Assemblée nationale toujours sans code ni commissaire à l'éthique. Ni de la Ville de Montréal avec son maire qui dit maintenant avoir vu de la "corruption" et des "enveloppes brunes" circuler depuis huit ans. Ni d'une petite élite tricotée trop serré, dont certains membres à l'éthique élastique s'échangent de plus en plus entre eux les faveurs et contrats gouvernementaux. Ni de cette partie de l'industrie de la construction frayant avec le crime organisé. Ni d'une ministre envoyant des clowns chez les vieux sans s'assurer qu'il y ait AUSSI des préposés mieux formés. Ni d'un ministère de la Santé ayant trop tardé dans le dossier des labos de pathologie dans le cas du cancer du sein. Ni de Brian Mulroney et des enveloppes de cash reçues du lobbyiste Karlheinz Schreiber, dont on ne saura jamais non plus dans quelles autres mains sont allés les 20 millions de dollars qu'il a distribués en pots-de-vin. Ni des ministres dont la compagnie fait affaire avec leur propre gouvernement, avec la permission du premier ministre.
La politique spectacle: La session se termine sur la crisette du présumé appel de Jacques Parizeau à créer des "crises", alors que son propos principal, certes moins sensationnel, portait sur l'échec des élites souverainistes dans la promotion de leur option.
Le pelletage par en avant: Et, bien sûr, un autre six mois, ajouté à une pile d'autres six mois, où RIEN n'a été fait pour protéger le français à Montréal; bâtir le CHUM et le CUSM; combattre plus activement le déclin démographique; renforcer les écoles publiques avant que les écoles privées ne prennent le dessus. Et j'en passe.
Mais, attention. Les électeurs voient et comprennent. Comme chantait le Ti-Cul Lachance de Gilles Vigneault aux élites d'un temps qu'on croyait aujourd'hui révolu: "Tu penses que je m'en aperçois pas. Parce que je vois pas la caisse, tu te penses en haut, tu me penses en bas. (...) À semer du vent de c'te force-là, tu te prépares une joyeuse tempête. Peut-être bien que tu t'en aperçois pas."
En espérant que l'automne sera plus inspirant...
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Fin de session en queue de poisson...
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Vient tout juste de se terminer la première session parlementaire depuis que Jean Charest a récupéré sa majorité et mis les deux mains sur le volant en pleine tempête économique...
Donc, une session où:
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CÔTÉ GOUVERNEMENT:
- La Caisse de dépôt et placement a confirmé une perte de 40$ milliards en 2008, dont 10$ millions pour cause de mauvaise gestion. Et des investissements de moins en moins importants au Québec. Mais le gouvernement refuse toute enquête publique.
- Parachutage controversé de Michael Sabia à la tête de la même CDP.
- Comparution à Québec de son ancien PDG, Henri-Paul Rousseau. Il prend une part de responsabilité, mais refuse quand même de remettre sa prime de départ de 400 000$ en fonds publics. Et refuse d'expliquer pourquoi la CDP et d'autres institutions québécoises ont perdu gros en achetant pour 60% au Canada de ces papiers commerciaux toxiques. «Un mystère de la vie», qu'il avait dit plus tôt à la Chambre de commerce de Montréal...
- Premier déficit depuis plus de dix ans. Mais nécessaire dans le cadre d'une récession!
- Enquête sur la mort de Fredy Villanueva. Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, confirme qu'il est incapable de gérer un dossier aussi délicat.
- Un rapport confirme qu'une grande part des préposés dans des résidences privées pour personnes âgées n'ont aucune formation. Un autre confirme un nombre élevé au Québec de cas d'abus auprès des personnes âgées et de décès dûs à de la négligence passive ou active. (Si on se posait les mêmes questions pour les autres personnes vulnérables, dont les personnes handicapées intellectuellement, on trouverait peut-être des données semblables...).
- Toujours pas de code ou de commissaire indépendant à l'éthique pour les parlementaires...
- L'«exécution» publique du président de la SODEC.
- Plus de 2 000 femmes atteintes du cancer du sein sont en attente de savoir si elles ont eu le bon médicament après leurs traitements. Car on apprend que le ministère de la Santé n'a toujours pas imposé à tous les laboratoires concernés l'obligation d'un contrôle de qualité externe, même s'il est au courant du problème depuis quelques années.
- Refus du gouvernement de tenir une enquête publique suite aux reportages qui s'accumulent sur l'infiltration de l'industrie de la construction par le crime organisé. Un vieille histoire qui refait surface...Un des traits moins glorieux, je crois, de notre «société distincte».
- Refus du ministère des Affaires municipales d'intervenir malgré les enquêtes de la SQ qui se multiplient auprès de l'administration Tremblay à Montréal.
RÉSULTAT: Depuis au moins deux mois, les sondages montrent que le PLC est devancé par le PQ chez les francophones. Mais comme l'élection ne sera que dans trois à quatre ans, cela a peu d'impact sur l'attitude du gouvernement.
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Soit dit en passant, le prix de la clownerie de fin de session revient à la ministre des aînés, Marguerite Blais:
Ce jeudi matin, lors de la période de questions, la députée péquiste Lisette Lapointe, la questionne sur la question des préposés, la guéguerre entre la ministre et le Conseil des aînés, etc...
Et voici la réponse finale de la ministre:
«Ils me posent des questions parce qu'ils veulent provoquer des crises. C'est la souveraineté qu'ils veulent, eux autres! Hein!»
Misère....
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CÔTÉ PARTI QUÉBÉCOIS:
- Retour à l'Opposition officielle.
- Une grande lenteur à intervenir dans le dossier du 250e de la bataille des Plaines d'Abraham.
- Retour en première position chez les francophones dans les sondages.
- «Plan Marois sur la souveraineté»: approche d'affirmation nationale proactive dans le cadre canadien. Appuyé par le PQ et le Bloc.
- Certains critiques de l'Opposition officielle se détachent du lot par la qualité et la pertinence de leurs interventions, dont François Legault (finances); Bernard Drainville (santé); Lisette Lapointe (questions sociales et aînés), Pierre Curzi (culture).
- Mais, malgré les difficultés du gouvernement, le PQ vit une fin de session en queue de poisson:
a) le gouvernement récupère à son avantage un propos de Jacques Parizeau sur les «crises» et la souveraineté (mais les partis et la plupart des médias ignorent son propos principal, moins sensationnel, sur l'échec des «élites» souverainistes depuis des années quant à la promotion de leur propre option);
b) le même François Legault se range derrière les Lucides de Lucien Bouchard, pourfend des présumées «vaches sacrées» et défend de nouvelles compressions dans les services publics et des augmentations de tarifs qui, par définition, pénaliseraient la classe moyenne, les travailleurs à petits salaires et les plus démunis.
Mais comme l'élection ne sera que dans trois ou quatre ans... Comme le chantait George Harrison, All things must pass...
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CÔTÉ ACTION DÉMOCRATIQUE:
Réduit à une peau de chagrin, le caucus adéquiste se prépare pour une course au leadership. Trois candidats: Gilles Taillon, Christian Lévesque & Éric Caire.
Mais oups. Mauvaise nouvelle pour l'ADQ. Un quatrième mousquetaire annonce qu'il se lance: Jean-François Plante, le plus à droite des quatre, mais sûrement le moins adroit. Et l'auteur de propos très controversés sur les femmes.
Par contre, la cheffe intérimaire, Sylvie Roy, surprend agréablement. Toujours d'un calme stoïque, ses interventions à l'Assemblée nationale sont souvent justes et pertinentes. Ses questions sur ce qui se passe à Montréal en sont le meilleur exemple.
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CÔTÉ QUÉBEC SOLIDAIRE:
Le nouveau député de Mercier, Amir Khadir, a livré la marchandise qu'il avait promise. Ses interventions se sont souvent distinguées par leur originalité, leur absence de langue de bois et un souci pour des questions qui semblent moins intéresser les trois autres partis.
Un moment d'anthologie et d'authenticité pure: lorsqu'il a dit ses quatre vérités à Henri-Paul Rousseau!
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Voter ou faire le 911?
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Dans La Presse du 15 juin, voici comment se terminait la lettre d'une lectrice remerciant la bonne Samaritaine qui lui avait rapporté son sac à dos perdu lors d'une balade à vélo: "N'est-ce pas une belle histoire, en ces temps de menteurs, de tricheurs, de fraudeurs, de voleurs, que de rencontrer des gens qui nous permettent d'espérer?"
Ouch. À qui ou à quoi pensait-elle? Qui sait? Mais disons que depuis le scandale des commandites, les réponses possibles sont nombreuses. Et de par le monde, les pratiques malhonnêtes d'une kyrielle de profiteurs révélées par la crise économique ajouteraient à la brochette d'exemples. Mais voilà, le problème est que ces pratiques ont été rendues possibles par des gouvernements qui ont trop souvent laissé faire. Et là, on touche à un gros bobo: cette tendance des gouvernements, depuis la fin des années 80, à se DÉLESTER d'une partie des pouvoirs que leurs citoyens leur confèrent pourtant à chaque élection! L'État n'est plus ce qu'il était.
Ce délestage en est aussi un de responsabilités. On le voit lorsque les élus pelletent des dossiers trop "délicats" dans la cour de juges non élus. Dans les partenariats public-privé. Ou dans cette propension à tasser la fonction publique dans le processus d'octroi de contrats. La Ville de Montréal, devenue l'exemple le plus troublant de cette pratique, demande à des firmes privées de choisir d'autres firmes privées pour des contrats publics lucratifs! Ce faisant, la Ville délègue à des non-élus très "intéressés" la distribution de fonds publics. D'où le parfum de possibles conflits d'intérêt.
Le délestage est dans cette remise constante par l'Assemblée nationale de l'adoption d'un code d'éthique. Comment se fait-il que le Québec soit un des derniers bastions au pays où un premier ministre peut changer les règles d'éthique comme il change de chemise? Bienvenue au Québec: terre de l'éthique à géométrie variable!
Le délestage, vous le voyez aussi à la période de questions. À Québec et à Ottawa. Atmosphère de cour d'école, refus systématique de répondre et syndrome chronique du "en face, ils ont fait pire que nous!". À Québec, les députés de l'opposition sont également soumis à un lexique particulièrement fourni en termes "non parlementaires". Peuvent pas dire "girouette", "tromper", "tricher", "mentir", "cacher", etc. Même pas lorsque c'est vrai. Et étayé. En confondant décorum et débat, ce lexique limite la liberté d'expression. Surtout, il infantilise les élus face à un président de l'Assemblée réduit trop souvent à jouer au préfet de discipline et au censeur.
BONJOUR LA POLICE!
Le délestage est dans le refus d'enquêter de manière publique lorsque ce serait nécessaire. L'excuse? S'il y a quelque chose d'illégal, la police s'en occupera! Comme si dorénavant, il fallait faire le 911 plutôt que d'aller voter! Ça me rappelle un certain Jean Chrétien. Dans le scandale des commandites, il disait non à toute enquête publique. S'il y avait quelque chose de croche, disait-il, il fallait "appeler la police" pour que des juges jettent les bandits "en prison"! "Bonjour la police? C'est le premier ministre du Canada. Pourriez-vous faire mon boulot à ma place? Merci. C'est gentil de votre part."
Même chose pour Jean Charest. La Caisse de dépôt perd 40 milliards de dollars, dont dix par mauvaise gestion? Pas d'enquête publique. Certains fonds d'investissement "régionaux" sont dirigés par des amis du régime et ont investi plus d'argent à l'extérieur des régions? Pas d'enquête. Québec s'apprête à mettre 42 milliards en infrastructures pendant qu'apparaissent des liens entre l'industrie de la construction et le crime organisé? Un vieux travers qui se réveille. Pas d'enquête.
Même le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, se cache derrière le bouclier de la police: "(...) il y a des enquêtes policières, la meilleure façon d'entraver leur travail serait justement de donner une commission d'enquête publique" (*)! Wow. Fallait y penser. Mais attachez vos ceintures pour le reste de son raisonnement. Ce n'est pas vrai que le gouvernement ne fait rien, dit-il, parce que quand les policiers enquêtent, "ils sont des agents de l'État. C'est parce que l'État travaille pour débarrasser la société de gens qui voudraient agir illégalement"! Bref, l'État fait son travail parce que la police fait le sien. Comme si l'un empêchait l'autre. Ou que leur travail était de même nature! Serait-ce là une définition involontairement ironique de l'expression "État policier"?
Dans une autre belle imitation de Chrétien, voici ce que Raymond Bachand, ministre responsable de Montréal, disait de ce qui s'y passe: "(...) je pense que quand il y a des allégations de corruption, il faut appeler la police, il faut qu'elle enquête. Et j'espère que, si les allégations sont exactes, ils vont arrêter les bandits"! Il ne manquait qu'un petit "que voulez-vous", bien senti...
La police serait donc la dernière justification en date de l'inaction des élus.
Face au délestage et à un certain recul des mœurs politiques, le PQ s'est donné un nouveau slogan: "franchise et intégrité". Louise Harel, candidate à la mairie de Montréal, en fait aussi son cheval de bataille. Ce n'est pas un hasard.
Mais il faudra plus que des slogans. Les citoyens exigeront des preuves. Concrètes. Et à l'avance.
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(*) On rapporte qu'aujourd'hui, le ministre Dupuis n'aurait pas dit non à une enquête publique.... mais seulement lorsque la police aura terminé les siennes!
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Iggy & François
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1) Pas d'élection fédérale cet été:
Non? Êtes-vous sérieux?
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/200906/17/01-876470-les-elections-evitees-au-moins-jusqua-lautomne.php
Bon. Blague à part. Il me semble qu'il y avait pourtant ZÉRO SUSPENSE.
ZÉRO.
Pourquoi?
- Avec des taux de participation déjà de plus en plus bas en des périodes d'activités plus normales, une élection en plein été aurait été suicidaire pour TOUS les partis.
- Le Parti libéral n'est toujours pas «prêt» à une élection. Manque encore d'argent, d'organisation et de sondages suffisamment solides pour aider, justement, à rentrer plus d'argent.
Bref, Michael Ignatieff a encore livré une performance frôlant le cabotinage politique.
Comme il l'avait fait lorsqu'il a succédé à Stéphane Dion. Question d'étirer la sauce et de garder l'attention des médias sur lui, il avait tenté de faire croire qu'il croyait au projet d'une coalition PLC-NPD. Alors, que dans les faits, il n'y croyait pas du tout. Au point où, comme prévu, il a fini par mettre une grosse croix dessus.
Cette fois-ci, il a tenté de faire croire à la possibilité qu'il ferait tomber le gouvernement Harper, même s'il savait qu'il ne pourrait pas le faire. (Ce que Stephen Harper savait aussi). Encore une fois, il a entretenu un faux suspense. Ce qui lui a permis de garder l'attention médiatique sur lui.
Reste à voir ce que penseront les Canadiens de cet autre épisode de politique-spectacle...
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2) Le PQ «lucide»?
«Le Québec fonce droit dans un mur et les Québécois sont à l'heure des choix difficiles. Le gouvernement Charest doit appliquer des solutions tirées des rapports Ménard, Castonguay et Montmarquette: revoir les «vaches sacrées» que sont devenus certains programmes sociaux et augmenter les revenus de l'État par des hausses de taxes et de tarifs. C'est le plaidoyer qu'a livré hier le député de Rousseau et porte-parole en matière de finances, François Legault, alors qu'il commentait le projet de loi 40, présenté par le ministre des Finances, Raymond Bachand, qui encadre le retour aux déficits.» Extrait de: http://www.ledevoir.com/2009/06/17/255467.html
Ce qu'ont en commun ces rapports, doit-on le rappeler, est la position néoconservatrice classique: il faudrait augmenter taxes et tarifs en tous genres pour augmenter les revenus de l'État plutôt que de réformer la fiscalité pour rétablir un certain équilibre entre la contribution des particuliers et des entreprises à l'assiette fiscale (les particuliers assumant maintenant la grosse part de cette assiette).
Le second modèle est ce qu'on appelle «progressif» parce qu'il opère les ponctions fiscales selon le revenu et donc, la capacité de payer.
Tandis que le premier est «régressif» parce qu'il s'applique selon l'usage et indépendamment de la capacité de payer, avec comme résultat qu'il tend à pénaliser la classe moyenne, les travailleurs à petits salaires et les plus démunis, alors qu'il favorise ceux dont les revenus sont supérieurs.
Donc, doit-on comprendre que sur les questions économiques, il y aurait à l'Assemblée nationale trois partis sur quatre qui seraient de centre-droite ou de droite, soit le PLQ, le PQ, et l'ADQ (ce dernier étant clairement le plus à droite des trois)?
Les Québécois doivent-ils comprendre qu'hormis la question nationale, ils devraient se demander la chose suivante: c'est quoi la différence entre le PQ et le PLQ dans le domaine économique?...
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3) De la liberté d'expression:
Dans son éditorial de ce matin, André Pratte, éditorialiste en chef de La Presse, revient sur la «controverse» de l'Autre Saint-Jean.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/editorialistes/andre-pratte/200906/17/01-876343-le-nationalisme-douverture.php
Et voici, entre autres choses, ce qu'il en dit: «Il faudrait aussi que les organisateurs de la Fête nationale aillent plus loin dans leurs efforts d'inclusion. En particulier, on devrait décourager les artistes participant aux grands spectacles de la Fête de profiter de l'occasion pour lancer des appels à l'indépendance du Québec. Ces appels ne produisent rien d'autre qu'un profond malaise chez les Québécois ne partageant pas cette idéologie et qui devraient avoir le droit de fêter en paix.»
Doit-on alors comprendre que cette '«inclusion» devrait «exclure» toute prise de position souverainiste en public lors de la Fête nationale? Bref, que cette «inclusion» devrait «exclure» cette petite chose qu'on appelle la «liberté d'expression»?
Drôle de suggestion venant d'un journal. Et donc, tributaire lui-même pour sa propre existence de cette même petite chose qu'on appelle la «liberté d'expression». Laquelle, en démocratie, s'applique à toutes les opinions (qui, selon la loi, ne sont pas prouvées haineuses). Pas seulement à celles qu'on partage.
Exprimer un désaccord, débattre et critiquer sont des pratiques assez fondamentales en démocratie. Mais suggérer qu'on «décourage» l'expression libre d'une idée ou d'une conviction? Ça, c'est une autre histoire.
Tenez. Ça rappelle ce principe:
«Je désapprouve ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire.»
Ce qui, on pourrait le croire, devrait aussi normalement s'appliquer à un certain ancien premier ministre, invité pourtant récemment à se taire sous le couvert de la suggestion imagée suivante: «Enfermez-le!»...
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La Saint-Jean à qui?
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Un P.S. sur la «controverse» du jour...
Le débat est fascinant et vos commentaires confirment à quel point cette situation appelle une analyse plus large que celle portant strictement sur cette «Autre Saint-Jean» dans Rosemont-Petite Patrie.
Pour ma part, je persiste et signe. Il me semble qu'on a télescopé beaucoup d'éléments dans cette nouvelle «controverse»... Et surtout, qu'il y en a eu, qui ont eu de bien gros mots à la bouche. Ou à leur plume. Comme quoi, le sens de la mesure et des «nuances» n'est pas toujours au rendez-vous lorsqu'on aborde la question linguistique...
Alors. Oui. Sur une vision plus large des choses:
Il y a ce recul, visible et audible, de la langue française à Montréal depuis au moins un bon 15 ans. (Sans oublier la situation fragile dans l'Outaouais!) Un problème, comme la plupart d'entre vous l'avez souligné, qui commanderait des actions réelles et concrètes. Mais des actions qu'aucun gouvernement, péquiste ou libéral, n'a daigné entreprendre depuis.
Résultat: l'inquiétude monte, avec raison, chez les francophones de la grande région de Montréal. Il arrive par conséquent que cette inquiétude, fondée, se métamorphose en un réflexe de préservation qui recouvre tout. Même ce qui n'a pas besoin de l'être. Comme dans toute cette histoire...
Car, qu'avons-nous ici? Deux groupes anglophones québécois invités à participer à un spectacle de six heures avec une brochette de groupes francophones québécois dans le cadre des festivités de la Fête nationale. C'est tout. Deux groupes dont le répertoire est de langue anglaise, comme l'est, encore une fois, celui d'un Leonard Cohen.
On parle donc ici d'ARTISTES, dont l'ART s'exprime en anglais. Point à la ligne.
Et deux groupes qui se seraient probablement fait un plaisir de pousser une chanson ou deux EN FRANÇAIS (on sait que Lake of Stew le fait déjà en régions).
Primo: parce qu'ils ont été INVITÉS à se joindre à la Fête nationale. Secundo: par conscience du fait que leur auditoire dans Rosemont-Petite Patrie, serait francophone. Et que c'est en effet la langue officielle du Québec. Moitié courtoisie. Moitié respect et lucidité. (* On vient d'apprendre que ces deux groupes «désinvités» viendraient d'être réinvités. Mais la décision finale viendra mercredi).
Ceux et celles qui me lisent depuis des années savent à quel point je considère comme ESSENTIELLE une protection nettement plus ACTIVE de la langue française.
Mais au risque de me répéter:
Franchement, et en toute humilité, il me semble que de fermer la porte à des artistes anglophones à la Fête nationale n'est PAS la manière de renforcer le français. Vraiment pas.
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Mais je comprends aussi la frustration croissante de nombreux francophones face à l'inaction patente depuis des années de leurs gouvernants, péquistes et libéraux, dans tout le dossier linguistique.
Tentons seulement de ne pas tout confondre. Et de se souvenir que le problème, ce sont des gouvernements inertes sur cette question pourtant fondamentale. Ce n'est surtout pas deux petits groupes de musiciens anglo-montréalais qui, de surcroît, étaient bien contents et honorés d'avoir été invités à la Fête nationale...
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Parlant d'inaction gouvernementale et d'absence de nuances et de sens de la mesure, les commentaires de la ministre Christine St-Pierre en sont un bel exemple:
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200906/15/01-875808-fete-nationale-st-pierre-fustige-les-souverainistes-radicaux.php
Plutôt que de tenter de récupérer cette histoire à des fins partisanes, la ministre devrait plutôt se préoccuper de l'inquiétude fondée des francophones quant à la situation linguistique.
Oui. Oui. Je sais. Je sais. On appelle ça «rêver en couleurs»...
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Happy Saint-Jean?
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Dans la catégorie «incroyable, mais vrai», ceci:
http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/200906/14/01-875501-pas-danglos-a-une-fete-de-la-saint-jean.php
http://www.montrealgazette.com/Life/Anglo+band+ousted+from+Jean+f%C3%AAte/16 (...)
http://www.voir.ca/blogs/scene_locale/archive/2009/06/10/l-autre-st-jean.aspx
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Si cette histoire absurde est véridique - car on croirait un canular, tellement c'est farfelu et anachronique - on a hâte de savoir c'est qui, ce présumé commanditaire incapable de comprendre que la Fête nationale est pour TOUS les Québécois? Y compris les anglophones et les artistes anglos...
Mais heureusement, les organisateurs ont invité ces deux groupes - Bloodshot Bill & Lake of Stew. Et heureusement, ces deux groupes avaient ACCEPTÉ l'invitation. Et sans crise du genre «on n'y va pas sans notre unifolié!».
Non! Seulement de bons musiciens, des Québécois et, en bout de piste, du monde bien content d'être invité à la Saint-Jean!
Mais si on comprend bien, ce serait un seul commanditaire, qui aurait fait cette tentative d'exclusion...
Et si, je ne sais pas moi, par un miracle tombé des cieux, par un jour béni, Leonard Cohen était invité à chanter à la Fête nationale et qu'il acceptait de le faire, il serait tout aussi Québécois! Comme l'est aussi la brochette de chanteurs et de chanteuses francophones qui, eux également, chantent en anglais...
Et, même chose pour des artistes québécois qui chantent en portugais, en mandarin, etc...
Bref, la seule chose qui reste à faire est de régler cette situation. RAPIDO. Que ces deux groupes puissent PAR-TI-CI-PER à la Fête nationale, comme ce fut le souhait des organisateurs, de leurs fans, et de tous ceux et celles qui auraient la chance de les découvrir...
Oui, le français est menacé à Montréal. J'en sais quelque chose. J'en ai fait l'analyse à de nombreuses reprises. En 1995, alors que j'étais chroniqueure au quotidien Le Devoir, j'ai même dirigé le premier bilan fait sur la situation du français depuis l'adoption de la Loi 101, commandé en septembre 1995 par le premier ministre Parizeau.
Mais franchement, et en toute humilité, il me semble que de fermer la porte à des artistes anglophones à la Fête nationale n'est PAS la manière de renforcer le français. Vraiment pas.
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L'assiette au beurre «royale»
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Pour la plus récente d'une longue liste d'«affaires Parizeau».
(À mon âge, franchement, je vous le dis, je ne les compte plus. Ni les vraies, ni les imaginaires. De fait, j'en ai deux longs tiroirs de classeur pleins de dossiers identifiés «affaire Parizeau» et divisés par dates, années, thèmes, déclarations, réactions, contre-réactions, et bientôt, par décennies. C'est pour vous dire qu'il y en a eu nettement plus d'exagérées que de véritables..)
Donc, de retour à cette fameuse conférence de Jacques Parizeau donnée ce week-end.
Voir ma chronique à paraître dans le VOIR de ce 11 juin, et postée en ligne sur mon blogue ce mardi 9 juin: «Un jugement sévère»..
http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/06/09/un-jugement-s-233-v-232-re.aspx
Et voir la une du Devoir de ce mercredi:
http://www.ledevoir.com/2009/06/10/254293.html
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Et pour une VRAIE crise - vraiment VRAIE, aux conséquences concrètes sur la vie des gens. Pas une crise «appréhendée». Voir l'inaction depuis au moins deux ans du gouvernement Harper dans le dossier des isotopes!
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Et pour une enième histoire de mains plongées jusqu'aux coudes dans NOTRE assiette au beurre - celle remplie par l'argent des contribuables - voir http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200906/10/01-874511-lise-thibault-na-toujours-pas-rembourse-le-moindre-sou.php
Mais je vous le demande: à quand l'OBLIGATION de rembourser au même trésor public, rubis sur l'ongle, ce qui lui a été pris sans droit? Que la main trop plongeante soit ou non «royale»???
Et l'«éthique»? L'«éthique»? C'est drôle comment ce sujet a été explusé de l'actualité par une crise «appréhendée»....
Mais ce n'est sûrement que partie «remise»... sans mauvais jeu de mots!
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Un jugement sévère
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Les journaux débordent d'exégèses du nouveau "plan Marois". Vous savez bien? Celui où un prochain gouvernement péquiste se transformerait en Incroyable Hulk de la question nationale! Il combattrait les ingérences fédérales; occuperait tous les pouvoirs du Québec, même ceux de compétence partagée; s'en prendrait des nouveaux; et adopterait une constitution, une loi sur l'identité et une nouvelle loi 101. Gérald Larose y va même d'une Cour suprême québécoise et d'un nouveau président. Tant qu'à y être...
Ah oui. J'oubliais. Le plan serait livré à l'intérieur de la fédération canadienne. Peut-être bien avec des référendums sectoriels. Mais peut-être bien que non. Le tout pour faire "avancer" le Québec "en attendant" que tout ça débouche sur un référendum sur l'indépendance. Mais seulement si la victoire est garantie d'avance (comme si une telle chose existait en démocratie...). Vous me suivez? Bravo. Trois étoiles et deux anges sur votre cahier de bon citoyen!
Et les exégètes de sonder les reins du plan Marois. Est-il autonomiste ou étapiste? Est-ce de l'affirmation nationale? Un clone du rapport Allaire servi à la sauce moumoune? Une guérilla permanente faite pour provoquer des crises, de la chicane et la nausée constitutionnelle? Un hold-up politique? Un retour aux conditions gagnantes de Lucien, aux 1000 jours de Landry ou au coffre à outils de Boisclair? On y perd son latin.
Maintenant, retournons sur le plancher des vaches. Car au-delà des exégèses, il existe une donnée crue, plate et brutale. Soit qu'une majorité de Québécois, toutes options confondues, ne croit plus, ou peu, que la souveraineté se fera. À hauteur de 74 %. Du moins, selon un sondage Angus Reid-La Presse paru le 9 juin. Mais comme ça vient de La Presse, certains seront sceptiques. À tort.
Voyez donc aussi celui-ci. Le 6 juin, Jacques Parizeau, en conférence, parlait d'un sondage de 1003 répondants, effectué en mars pour le Bloc. Sous toutes réserves, il montrerait que 34 % seulement des Québécois, dont 38 % de francophones, croient encore que la souveraineté se réalisera. Par contre, 56 %, dont 62 % de francophones, penseraient que la souveraineté est réalisable. Et M. Parizeau d'observer: "les gens sont persuadés que c'est possible, mais ils pensent que ça ne se fera pas". Ces chiffres traduisent un jugement sévère posé par la population. Un jugement qui interpelle l'"élite" souverainiste avant tout. "Pourquoi est-ce qu'ils ne croient plus en nous?" demande-t-il. "On a besoin d'un examen de conscience", "qu'est-ce qu'on doit changer dans notre façon de faire?". Le constat est lucide et la question, pertinente. Vous pouvez visionner sa conférence si son analyse vous intéresse (*).
Ces données confirment que même s'il mène dans les intentions de vote, il y a comme un bris de confiance entre une majorité de Québécois et le PQ quant à sa volonté ou sa capacité d'atteindre son objectif. Les causes? Multiples. La principale? Sûrement la mise en veilleuse constante de son option depuis 1996. Et la constatation que dans l'opposition ou au pouvoir, même avec tous les outils de l'État, peu de son énergie est allée à la préparation de tout ce qui se rapporte à l'avant, au pendant et à l'après d'un éventuel référendum. Quel qu'en soit le moment.
LA DOUBLE IMPASSE
Mais un constat plus général s'impose tout autant: c'est la question nationale dans son entier qui est dans un cul-de-sac. Pour les fédéralistes, l'impasse date de l'échec de Meech en 1990. Depuis, l'opposition d'une forte majorité de Canadiens anglais à tout statut particulier pour le Québec condamne d'avance à l'échec toute ouverture de la Constitution. Résultat: zéro possibilité de réformer en profondeur le fédéralisme. Même la reconnaissance de la "nation" québécoise demeure une coquille vide sans enchâssement constitutionnel.
Dans La Presse du 9 juin, on lisait qu'avec 40 % d'appuis, le sondage Angus Reid indique que la "ferveur souverainiste est peu élevée". Concluons alors aussi qu'avec 41 %, la "ferveur" fédéraliste ne vaut pas plus cher la livre. Donc, l'impasse est double. Rien n'est réglé. Dans un sens ou dans l'autre. Les Québécois sont encore divisés en deux blocs de plus ou moins 40 %. Plus 20 % d'indécis et de discrets.
De fait, depuis 1996, le nationalisme québécois n'inquiète plus beaucoup au Canada. Parce que le PLQ ne demande plus rien de compliqué. Parce que les dirigeants du PQ ont peur de tenir un autre référendum "perdant" sur l'indépendance. Vu d'Ottawa, le Québec est comme un chien qui tourne en rond et se mord la queue. Et qui n'aboie plus très fort.
Ce qui ramène à la question du bris de confiance. Est-ce que le plan Marois peut la rétablir? Il est vrai que sa principale vertu est de promettre de "bouger". Beaucoup. Mais le problème est aussi qu'il tire dans toutes les directions et s'éloigne encore du but principal. Qui trop embrasse, mal étreint...
On a dit que si M. Parizeau avait pu faire son référendum, c'est qu'il avait profité de l'échec de Meech. Vrai. Mais il avait aussi passé quatre ans dans l'opposition, et une année au pouvoir, à le préparer sans trop s'éparpiller. Il reste justement quatre ans au PQ. Une éternité en politique. Mais s'il échoue d'ici là à rétablir sa crédibilité quant à son option, combien en restera-t-il dans cinq ou dix ans pour croire encore que la souveraineté se fera un jour? Et ce, même si le PQ est au pouvoir...
(*) http://www.vigile.net/J-Parizeau-Discours-de-cloture-au
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Iggy & Mario
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On le savait. C'était écrit dans le ciel... De même que, si j'ose le noter, dans plusieurs de mes chroniques depuis belle lurette.
Eh oui. Michael Ignatieff, s'il devenait premier ministre du Canada, ne céderait aucun nouveau pouvoir au Québec. Même pas la culture...
http://www.ledevoir.com/2009/06/05/253503.html
Mais, alors, quelle est sa meilleure offre? Il s'engage à nommer des francophones dans son gouvernement....
Bref, à part sa reconnaissance «stratégique» d'une «nation» québécoise qui, de toute façon, comme il le confirme lui-même, est une coquille aussi vide à ses yeux qu'à ceux de Stephen Harper, Iggy refait tout simplement le coup classique de Pierre Trudeau avec le «French Power» des années 60. Il invite donc les Québécois francophones à voter pour le PLC en échange de sa promesse de nommer des Québécois dans des postes de pouvoir...
Et on a bien vu à l'usure ce que cela avait donné.... Comme si l'«origine» ou la langue d'usage d'un élu tenait lieu de programme politique...
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*** Comme à tous les vendredis, dans le cadre de notre revue hebdomadaire de l'actualité à l'émission de Christiane Charette, avec ma collègue Nathalie Petrowski, nous avons eu le plaisir de partager le studio avec des invités très spéciaux.
Cette semaine, c'est avec Mario Dumont et les Justiciers masqués que nous avons discuté du passage de l'ancien chef de l'ADQ à TQS, de l'«anglais» de Louise Harel, du discours d'Obama devant l'Université du Caire, du nouveau joujou de Guy Laliberté, des projets des Justiciers masqués, etc...
http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2008-2009/index.asp
Mais ce vendredi marquant aussi la fin de la saison pour cette émission, j'en profite pour remercier Christiane de sa confiance depuis le début, pour des vendredis tous plus surprenants et vivants les uns que les autres, de même que les membres de sa formidable équipe pour leur travail acharné, leur intelligence, leur gentillesse et leur sourires toujours accueillants, même dans la frénésie d'une régie en pleine ébullition! Donc, de retour en ondes dès le début septembre. (Évidemment, en attendant, je continue à tenir chronique & blogue à VOIR!).
Et en attendant le retour de Christiane Charette au début septembre, le témoin sera passé dès lundi matin à notre collègue Dominique Poirier, à qui je dis le mot de Cambronne pour cet été.
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