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9 juin 2009, 8:10

Un jugement sévère

Les journaux débordent d'exégèses du nouveau "plan Marois". Vous savez bien? Celui où un prochain gouvernement péquiste se transformerait en Incroyable Hulk de la question nationale! Il combattrait les ingérences fédérales; occuperait tous les pouvoirs du Québec, même ceux de compétence partagée; s'en prendrait des nouveaux; et adopterait une constitution, une loi sur l'identité et une nouvelle loi 101. Gérald Larose y va même d'une Cour suprême québécoise et d'un nouveau président. Tant qu'à y être...

Ah oui. J'oubliais. Le plan serait livré à l'intérieur de la fédération canadienne. Peut-être bien avec des référendums sectoriels. Mais peut-être bien que non. Le tout pour faire "avancer" le Québec "en attendant" que tout ça débouche sur un référendum sur l'indépendance. Mais seulement si la victoire est garantie d'avance (comme si une telle chose existait en démocratie...). Vous me suivez? Bravo. Trois étoiles et deux anges sur votre cahier de bon citoyen!

Et les exégètes de sonder les reins du plan Marois. Est-il autonomiste ou étapiste? Est-ce de l'affirmation nationale? Un clone du rapport Allaire servi à la sauce moumoune? Une guérilla permanente faite pour provoquer des crises, de la chicane et la nausée constitutionnelle? Un hold-up politique? Un retour aux conditions gagnantes de Lucien, aux 1000 jours de Landry ou au coffre à outils de Boisclair? On y perd son latin.

Maintenant, retournons sur le plancher des vaches. Car au-delà des exégèses, il existe une donnée crue, plate et brutale. Soit qu'une majorité de Québécois, toutes options confondues, ne croit plus, ou peu, que la souveraineté se fera. À hauteur de 74 %. Du moins, selon un sondage Angus Reid-La Presse paru le 9 juin. Mais comme ça vient de La Presse, certains seront sceptiques. À tort.

Voyez donc aussi celui-ci. Le 6 juin, Jacques Parizeau, en conférence, parlait d'un sondage de 1003 répondants, effectué en mars pour le Bloc. Sous toutes réserves, il montrerait que 34 % seulement des Québécois, dont 38 % de francophones, croient encore que la souveraineté se réalisera. Par contre, 56 %, dont 62 % de francophones, penseraient que la souveraineté est réalisable. Et M. Parizeau d'observer: "les gens sont persuadés que c'est possible, mais ils pensent que ça ne se fera pas". Ces chiffres traduisent un jugement sévère posé par la population. Un jugement qui interpelle l'"élite" souverainiste avant tout. "Pourquoi est-ce qu'ils ne croient plus en nous?" demande-t-il. "On a besoin d'un examen de conscience", "qu'est-ce qu'on doit changer dans notre façon de faire?". Le constat est lucide et la question, pertinente. Vous pouvez visionner sa conférence si son analyse vous intéresse (*).

Ces données confirment que même s'il mène dans les intentions de vote, il y a comme un bris de confiance entre une majorité de Québécois et le PQ quant à sa volonté ou sa capacité d'atteindre son objectif. Les causes? Multiples. La principale? Sûrement la mise en veilleuse constante de son option depuis 1996. Et la constatation que dans l'opposition ou au pouvoir, même avec tous les outils de l'État, peu de son énergie est allée à la préparation de tout ce qui se rapporte à l'avant, au pendant et à l'après d'un éventuel référendum. Quel qu'en soit le moment.

LA DOUBLE IMPASSE

Mais un constat plus général s'impose tout autant: c'est la question nationale dans son entier qui est dans un cul-de-sac. Pour les fédéralistes, l'impasse date de l'échec de Meech en 1990. Depuis, l'opposition d'une forte majorité de Canadiens anglais à tout statut particulier pour le Québec condamne d'avance à l'échec toute ouverture de la Constitution. Résultat: zéro possibilité de réformer en profondeur le fédéralisme. Même la reconnaissance de la "nation" québécoise demeure une coquille vide sans enchâssement constitutionnel.

Dans La Presse du 9 juin, on lisait qu'avec 40 % d'appuis, le sondage Angus Reid indique que la "ferveur souverainiste est peu élevée". Concluons alors aussi qu'avec 41 %, la "ferveur" fédéraliste ne vaut pas plus cher la livre. Donc, l'impasse est double. Rien n'est réglé. Dans un sens ou dans l'autre. Les Québécois sont encore divisés en deux blocs de plus ou moins 40 %. Plus 20 % d'indécis et de discrets.

De fait, depuis 1996, le nationalisme québécois n'inquiète plus beaucoup au Canada. Parce que le PLQ ne demande plus rien de compliqué. Parce que les dirigeants du PQ ont peur de tenir un autre référendum "perdant" sur l'indépendance. Vu d'Ottawa, le Québec est comme un chien qui tourne en rond et se mord la queue. Et qui n'aboie plus très fort.

Ce qui ramène à la question du bris de confiance. Est-ce que le plan Marois peut la rétablir? Il est vrai que sa principale vertu est de promettre de "bouger". Beaucoup. Mais le problème est aussi qu'il tire dans toutes les directions et s'éloigne encore du but principal. Qui trop embrasse, mal étreint...

On a dit que si M. Parizeau avait pu faire son référendum, c'est qu'il avait profité de l'échec de Meech. Vrai. Mais il avait aussi passé quatre ans dans l'opposition, et une année au pouvoir, à le préparer sans trop s'éparpiller. Il reste justement quatre ans au PQ. Une éternité en politique. Mais s'il échoue d'ici là à rétablir sa crédibilité quant à son option, combien en restera-t-il dans cinq ou dix ans pour croire encore que la souveraineté se fera un jour? Et ce, même si le PQ est au pouvoir...

(*) http://www.vigile.net/J-Parizeau-Discours-de-cloture-au

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Louise Teasdale a dit :

re: Un jugement sévère

Mme Marois a gros a faire pour  virer la tendance et elle devrait comprendre que

Canadians don't give  a damn anymore.

Elle parle dans le vent et si elle veut faire la séparation...

Good Luck. !!.we wont fight her., Go Pauline Go !!!!

40 ans ......trop long.  Vos jeunes prets a mettre un  grand X sont nés dans les années 90...IMAGINE!!!!

# 09 juin 2009, 21:06

Réjean Asselin a dit :

re: Un jugement sévère

Je suis assez divisé sur cette question de référendum . Je ne crois pas que ce serait le moment pour le PQ de revenir avec cette formule . L'idée du " plan Marois " me plait . Si je me souviens bien la question du premier référendum demandait a la population du Québec le mandat de NÉGOCIER avec Ottawa . Ce qui voudrait dire qu'a la  prochaine élection provinciale si le PQ l'emporte cela signifie  que les Québécois veulent que le gouvernement Marois en finisse avec l'aplatventrisme de Charest et des paroles en l'air des autonomistes a l'ancien Mario le Conquérent pour ainsi passer a l'action.

Bourassa avait le Québec a ses pieds lors de l'échec du Lac Meech et il a fait dans ses culottes . Mario Dumont avait la faveur populaire lors de l'avant dernière élection et il s'est empressé de cacher le drapeau du Québec et tout ce que son programme contenait comme demandes autonomistes pour sortir le drapeau a la feuille d'érable et aller courtiser les juifs anglophones de Montréal , il était soudainement devenu un grand fédéraliste et un fidèle ami du PM Canadien , Harper .

Chose sûr , si la souveraineté est a la baisse le fédéralisme canadien bat de l'aile depuis des lustres au Québec. Juste a constater le succès du Bloc pour que nos fédéralistes ne trépignent pas trop de joie au moindre petit sondage de la maison Desmarais .

# 09 juin 2009, 21:36

Maxime Lalanne a dit :

re: Un jugement sévère

Que ce soit pour une province ou pour un individu, la souverainté est un état d'être et de faits, un niveau de liberté et de responsabilité qui se mérite par des actions, des accomplissements beaucoup plus grands que ceux que nous, Québécois de toutes langues et de toutes origines faisons dans le moment.

La femme ou l'homme qui pourrait prétendre à guider une province vers la souveraineté devrait avoir gagné cette souveraineté dans sa propre vie et l'exprimer clairement tout d'abord par une vraie liberté de penser. Ce qui semble faire défaut à Mme Marois.

Maxime Lalanne 10 Juin 2009

# 10 juin 2009, 01:35

Armand a dit :

re: Un jugement sévère

Voici ma réponse à Pratte:

vigile.net/Davantage-de-responsabilites-A

Je souhaiterais prendre un petit instant pour répondre à André Pratte concernant son éditorial très objectif et non partisan du 9 juin 2009 : Plus de pouvoirs ? Pour quoi faire ?

Pour débuter, après avoir lu le titre, j’ai tout de suite pensé à des formules du genre « Plus de liberté ? Pour quoi faire ? », « De la confiance en soi ? Pour quoi faire ? » ou encore « Se prendre en main ? Coudonc, pour quoi faire ? ». Enfin, seulement en lisant le titre, je soupçonnais que ce qui allait suivre allait ressembler à une argumentation de gourou lèche-cul (nous sommes habitué avec Pratte, mais il me surprend toujours de la longueur de sa langue. Il n’a pas de verve, mais une bien longue langue !).

Présetement, je me dis « Écrire un article pour Vigile ? Pour kessé faire tsé ? » Simple, pour répondre aux débilités d’André Pratte.

La première : Il n’y a tout simplement aucune raison d’expulser le gouvernement du Canada de la culture au Québec.

Pourtant, le Québec est maintenant une nation reconnue par Stephen Harper et tous les partis politiques au Québec. Est-ce que Pratte accepterait qu’un Chinois l’oblige à dépenser la moitié de son budget alloué à l’alimentation dans une épicerie chinoise ? Bien sûr, Ottawa ne décide pas de la "production de l’art" en tant que tel, mais choisir les artistes c’est en partie imposer un résultat. Bref, ça m’étonnerait que Pratte accepte de se faire dicter l’endroit où il doit faire ses emplettes, mais selon lui, la nation québécoise doit accepter une chose similaire, mais pour sa consommation d’art.

Deuxième insignifiance de Pratte : D’aucuns voudraient voir la présence fédérale au Québec réduite à sa plus simple expression.

Ça c’est la meilleure ! Que veut dire « sa plus simple expression » ? Pratte parle de l’autonomisme et du rapport Allaire au début de son texte. Pour moi, l’autonomisme, c’est justement que le fédéral soit réduit à sa plus simple expression. Qu’est-ce que Pratte ne comprend pas dans le mot « autonomisme » ? Ça ne signifie pas justement être autonome ?

À 18 ans, j’ai quitté le nid familial, donc je suis devenu autonome. Peut-être pas nécessairement responsable, mais comme mon père(comme tout bon père)a réduit sa présence à sa plus simple expression, donc ses interventions hyper-paternalistes normalement réservées à un adolescent, j’ai pu devenir autonome et ainsi prendre mes propres responsabilités. Aujourd’hui, mon père ne décide pas ce que je mange, avec qui j’ai des relations sexuelles, ce que je regarde à la télévision, ce que je lis ou bien dans quelle langue je lis.

De toute évidence, Pratte croit que les Québécoises et les Québécois sont des adolescents attardés que l’on doit garder dans le sous-sol avec un micro-onde, un petit frigo pour la bière et des pinottes. Il suffit de lire la passage sur l’éducation et la santé pour comprendre à tel point son mépris pour le Québec est infini. J’ai un peu de pitié pour Pratte, car sa vie professionnelle se résume à être tout sauf autonome et libre de s’exprimer comme bon lui semble, alors on ne s’étonne pas de son désir de faire subir le même sort à ses petites brebis égarées.

# 10 juin 2009, 09:42

Pierre Samuel a dit :

re: Un jugement sévère

Très pertinente votre analyse, Madame Legault. En effet, cette politique d'«attentisme» dont se plaignent  ce temps-ci les principaux ténors souverainistes sans se douter un seul instant qu' ils en sont les principaux responsables par manque de courage politique en n' ayant jamais eu la franchise et l'honnêteté de  poser aux Québécois la seule et unique véritable question qui aurait permis de vider LA QUESTION une fois pour toutes: «ETES-VOUS, OUI OU NON, EN FAVEUR DE L'INDEPENDANCE DU QUEBEC?»

Question assurément trop transparente et risquée pour ces politiciens tellement »convaincus» du bien-fondé de leur «fluctuante» option, qu'Ils sont passés maîtres dans l'art de l'esquive dans le but premier de préserver, d'abord et avant tout, leurs partis et leurs carrières de fieffés opportunistes, autant à Québec qu'à Ottawa, se foutant bien éperdument de maintenir le Québec dans un état perpétuel d'incertitude politique, économique et sociale!

# 10 juin 2009, 10:31

David Lépine a dit :

re: Un jugement sévère

Au moins M. Parizeau est transparent, il pense que cette stratégie peut et doit "susciter une crise" qui elle pourrait mener à un référendum gagnant.

Ça fait bien des si, si le PQ est élu, si on trouve un sujet qui provoque une crise, si la crise provoque un ressac anti-Québec au ROC,  si ce ressac provoque une montée de nationalisme au Québec, si cette montée est suffisante pour aller en référendum etc etc . Pas très inquiétant pour le Canada effectivement, mais plutôt révélateur sur le mouvement souverainiste qui cherche desespérément une façon de revigorer son option.

# 10 juin 2009, 10:52

Claude Perrier a dit :

re: Un jugement sévère

Le "plan Marois" me semble avoir principalement pour objectif de rallier les militants souverainistes, de les rassurer qu'en cette traversée du désert qui est actuellement la leur, le Parti Québécois prépare activement le menu qu'il pourrait éventuellement leur servir.

Toute formation politique se doit d'ailleurs de veiller à maintenir l'intérêt de ses troupes, de faire en sorte d'éviter qu'une certaine lassitude ne finisse par s'installer en attendant de pouvoir effectivement passer à l'action.

Ci-dessus, Madame Legault note que ce "plan", par ailleurs, "tire dans toutes les directions" et y va même du dicton "Qui trop embrasse, mal étreint"...  Mais le contenu de ce "plan" pourrait, à mon avis, s'avérer deux fois plus copieux que cela n'y changerait pas grand-chose.

Son but premier, sinon le seul, est vraisemblablement de raviver la ferveur des partisans, de secouer l'apathie qui risquerait autrement de s'installer chez plusieurs.  Un "plan" qui constitue essentiellement une démarche stratégique nécessaire en ce temps mort.

Par ailleurs, j'ai lu avec intérêt le commentaire passablement outré de Monsieur Racine, ci-dessus.  Une indignation à trancher au couteau relativement à un éditorial d'André Pratte.

Sauf qu'il y a erreur d'interprétation quant à la teneur des propos de l'éditorialiste de La Presse.  En effet, la question posée par celui-ci n'était pas "Pourquoi faire?" mais plutôt "Pour quoi faire?".  Et il il existe une très grosse différence de sens entre "Pourquoi" et "Pour quoi".

Si André Pratte avait écrit "Pourquoi faire?", cela aurait effectivement signifié "À quoi bon?" - et Monsieur Racine Racine aurait été tout à fait justifié d'être aussi indigné qu'il paraît l'être.  Mais André Pratte a dans les faits écrit "Pour quoi faire?", ce qui correspond à "Pour faire quoi?".  Et c'est relativement à ce "quoi" que se questionne l'éditorialiste, y allant d'exemples qui, selon lui, démontreraient que beaucoup peut déjà être accompli dans le cadre canadien, et se demandant dès lors ce qui pourrait être fait en surcroît.

On pourra bien sûr longuement débattre de ce qui pourrait être effectivement fait en surcroît, et c'est précisément là que se situe le noeud de la question opposant fédéralistes et souverainistes.  En somme, ce qui a si vivement exaspéré Monsieur Racine résulte tout simplement d'une malencontreuse interprétation, d'un désolant glissement de sens.

Mais je m'arrête.  D'autres que moi y iront à leur tour d'appréciations pouvant largement différer de la mienne.  Et ce sera fort instructif d'en prendre connaissance!

# 10 juin 2009, 11:36

Serge Gingras a dit :

re: Un jugement sévère

Bravo! Mme Marois et votre équipe. Vous êtes rendus là où Meech avait conduit le Québec : beaucoup de pouvoirs et quasiment l'autonomie. 23 conditions sur 27, le PQ a dit mon merci, ça n'est pas suffisant, et de plus, cela risque de satisfaire les québécois et anéantir leur désir de souveraineté.

Aujourd'hui, vous favorisez l'opération salami, tranche par tranche. En 1990, on nous offrait le salami en entirer et vous avez craché dessus. Soyons logiques et demandons Meech comme point de départ, minimum. Qu'en pensez-vous? Ce serait du réchauffé, mais l'art d'accomoder les restes demeure un art, et des restes bien accomodés peuvent être délicieux entre les mains d'un bon chef cuisinier.

Je donne raison à M. Parizeau : une bonne crise pourrait repartir la machine, avec l'espoir dans le fond de la boîte de Pandore. C'est tout ce qui nous reste : l'espoir.

Comme tout cela est désolant. Les séparatistes ne sont pas assez séparatistes, les fédéralistes ne sont pas suffisamment fédéralistes. Une chatte n'y retrouverait pas ses petits. Les Canadiens des autres provinces peuvent bien nous mépriser. On a raté le coche en 1980, il fallait le faire, voter non, (ironie) et depuis, on se tord les mains de désespoir. On aurait donc dû, en 1980. Nous sommes pitoyables.

Je vais aller jouer au golf et oublier tout ça. Au moins, sur le terrain, je fais le vide.

Cordialement.

# 10 juin 2009, 13:02

Armand a dit :

re: Un jugement sévère

M. Claude Perrier,

non, j'ai très bien interprété le "pour quoi faire". Lisez moi, et j'ai écrit dans mais exemple au début "« Plus de liberté ? Pour quoi faire ? », « De la confiance en soi ? Pour quoi faire ? » ou encore « Se prendre en main ? Coudonc, pour quoi faire ? »

De la liberté, on en fait quoi? De la confiance en soi, on en fait quoi, et ainsi de suite... Grosso modo, mon point de vue c'est afin d'être totalement autonome et responsable. Dans le titre de Pratte, que j'ai très bien compris, il y avait justement un piège dans lequel je n'ai pas tomber. Au bout du compte, l'argumentation de Pratte voulait démontrer que les Québécoises et les Québécois n'avaient pas besoin de davantage d'autonomie, possiblement parce qu'ils sont, d'un point de vue gescaien, trop imbéciles pour être autonomes.

# 10 juin 2009, 13:32

Pierre Bellefeuille a dit :

re: Un jugement sévère

Pour se sortir de l'impasse, on doit revenir aux éléments de base de ce qu'est une culture : «manières distinctes d'être, de penser, d'agir et de communiquer».

Source wikipedia : fr.wikipedia.org/.../Culture

On doit rêver d'une culture différente, plus respectueuses de l'humain, des travailleurs, des valeurs humanistes, des immigrants, etc. Le Québec pourrait aussi faire des concessions territoriales aux Inuits et Métis, ces peuples ont aussi pleinement droit à leur autonomie.

Il est tout à fait possible de reconfigurer le Canada. Ça prendra une volonté et une ouverture politique sans précédent.

Et par ailleurs, il est virtuellement impossible de préparer tous les éléments avant que la transition soit faite, aucun système politique ne peut donner des garanties 100% à ce niveau, car une société sera toujours trop complexe pour qu'on puisse y prévoir toutes les lois et mécanismes qui feront que tous s'entendront… Les mentalités collectives évoluent constamment, et la société doit pouvoir évoluer avec ces changements de mentalité.

Lorsqu'on a rapatrié unilatéralement la constitution canadienne sans le Québec au début des années 1980, tacitement dans cet acte, en ne reconnaissant pas le Québec dans cette constitution, on a presque signé l'acte d'indépendance du Québec.

Les grands changements sociaux durables proviennent toujours de la masse. Lorsque le peuple québécois en aura assez, les changements surviendront d'eux-mêmes, et ce peuple ne demandera pas la permission à qui que ce soit, la souveraineté sera simplement déclarée par les instances politiques qui en reconnaitront les signes évidents. De toute évidence, nous ne devons pas la quémander, ce qui ne sera jamais accordé. Un mandat clair doit provenir du peuple québécois dans son ensemble. Et tout le reste, ainsi que le raffinement de détails, ça appartiendra à ce peuple souverain de les définir.

Le droit à la souveraineté fait partie intégrante du traité des droits de l'Homme à l'ONU.

# 10 juin 2009, 15:03

Claude Perrier a dit :

re: Un jugement sévère

@ Monsieur Racine

Puisque vous affirmez qu'il n'y a pas eu erreur d'interprétation de votre part en ce qui concerne le titre de l'éditorial d'André Pratte, veuillez excuser ma méprise.  Laquelle tient sans doute à l'impression contraire que j'ai eue à lire votre argumentation.  Mais votre déni étant si catégorique, c'est sans doute moi qui n'ai rien compris...

N'empêche que notre utilisation des mots, ici au Québec, est parfois si ambigüe qu'il n'est pas toujours facile de vraiment si retrouver.  Prenons le mot "autonomiste", par exemple.  Un mot qui qualifie la position officielle de l'ADQ.  Un mot qui devrait - selon sa définition au dictionnaire - être synonyme de "séparatiste".

Et pourtant, à moins qu'on nous l'ait fort habilement caché ou que la position officielle de l'ADQ ait changé, ce parti ne se dit pas en faveur de la séparation.  Plutôt, il recherche simplement davantage de pouvoirs.  Ce qui amène tout naturellement l'éditorialiste de La Presse, selon cette interprétation entendue de la signification du mot "autonomiste", à écrire que le Parti libéral du Québec a une position similaire, quoique moins maximaliste.  Une nuance que nous comprenons bien, ici.

Mais je dois être particulièrement buté pour ne pas parvenir à comprendre, même après quelques relectures de votre premier commentaire, Monsieur Racine, où se trouve cette "insignifiance" de la part d'André Pratte lorsqu'il écrit "D'aucuns voudraient voir la présence fédérale au Québec réduite à sa plus simple expression".  D'autant plus que cela fait directement référence au texte qui précède (dans l'éditorial)où il est question du PQ, dont c'est précisément l'objectif avoué.

Le PQ aurait-il changé d'orientation alors que j'avais le dos tourné?  Vraiment, le motif de cette indignation m'échappe.  Mais peut-être suis-je un peu dur de comprenure*, comme on dit ici.

* (Comprenure: un mot qui, cette fois, n'est même pas dans le dictionnaire...)

# 10 juin 2009, 15:43

Christian Montmarquette a dit :

re: Un jugement sévère

Le «Plan Marois» : Réalisme politique ou opportunisme électoral ?

Et : «Jacques Parizeau reconnaît que l’indépendance pourrait se faire par un vote de l’Assemblée nationale»

Le «Plan Marois» : Réalisme politique ou opportunisme électoral ?

À mon sens le PQ donne dans l'autonomie à fond la caisse. Fidèle à son habitude électoraliste, le «Plan Marois» péquiste n'est qu'une autre stratégie électoraliste pour tenter d'un seul geste à la fois de courtiser le vote autonomiste de l'ADQ dans Rivière-du-Loup et de tenter de calmer le jeu sur l'insoutenable mutisme du PQ sur la question nationale ; un mutisme , qui par ailleurs, aurait même pu provoquer l'éclatement du parti.

Toutes ces dérives sur la question nationale ne font pour moi que raffermir mes propres convictions et que j'ai publiées chez Vigile dans un récent article titré  :

«L'erreur fondamentale du PQ : Le référendum, une stratégie perdante»

Mais, ma conviction la plus profonde restera toujours que, si le Québec ne parvient pas à accéder à son indépendance politique, la meilleure option qu'il nous restera sera de travailler à ce qu'il devienne le plus progressiste que possible ; ce qui était à l'origine même de la fondation du mouvement souverainiste.

«L'erreur fondamentale du PQ»

Le référendum : Une stratégie perdante :

www.vigile.net/L-erreur-fondamentale-du-PQ

* * *

« Jacques Parizeau reconnaît que l’indépendance pourrait se faire par un vote de l’Assemblée nationale»

En réaction à l'article " Parizeau: il faut une crise politique" de Robert Dutrisac au Devoir et au commentaire  Nestor Turcotte :

Merci beaucoup pour cette récapitulation Monsieur Turcotte.

Lorsque qu’on y voit moins clair par en avant, il n’y a rien comme de prendre du recul pour comprendre ce qui s’est passé.  

Pour moi, la constante dilution de la question nationale par le PQ, fût aussi le résultat d’une «paresse politique» assez fondamentale, qui tentait de faire l’économie du travail d'éducation et de mobilisation politique pour convaincre l'électorat.  

Ce n’est pas pour rien qu’il y a toute cette quasi-infinie variété de souverainistes et que la question nationale monte et descend presqu'autant que la météo du Québec…  

D’une part le PQ perçoit l’indépendance comme une véritable «patate chaude» qui pourrait nuire à son élection, et d’autre part, il a laissé tomber, faute de militance et de mobilisations politiques, tous ces à «demi convaincus» sur le bord de la route.  

Mais consolons-nous...  

Si les partis politiques éprouvent visiblement des difficultés majeures à porter pleinement la question nationale, il me semble que les chiffres publiés dans le présent article sont plutôt encourageants.

Mais un point majeur de ces prises de position est que notre ancien premier ministre reconnaît la légitimité de l'indépendance par un simple vote du parlement ; une position avec laquelle je suis entièrement d'accord !

Bravo donc à Jacques Parizeau, pour son audace et son courage politique !

«Il n’y a que trois façons de réaliser l’indépendance : par la violence, par un vote au Parlement ou par un référendum»  - Jacques Parizeau  

_______________________

Christian Montmarquette

Membre de Québec solidaire

Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec

Références :

Parizeau: il faut une crise politique :

www.ledevoir.com/.../254293.html

A tous les lecteurs et lectrices de VIGILE – Nestor Turcotte

www.vigile.net/A-tous-les-lecteurs-et-lectrices

Madame Duplessis : Nestor Turcotte :

www.vigile.net/Madame-Duplessis

.

# 10 juin 2009, 16:06

Serge Gingras a dit :

re: Un jugement sévère

Et : «Jacques Parizeau reconnaît que l’indépendance pourrait se faire par un vote de l’Assemblée nationale»

Étonnant! Le Québec a joint la Confédération par un vote de l'Assemblée nationale de l'époque, et on s'en est plaint tout le long de notre histoire en affirmant que ça n'avait pas été démocratique. Et maintenant, on pourait abandonner le navire par le même processus. Chechez l'erreur.

J'aime beaucoup M. Parizeau, il a de l'étoffe, comme on disait à l'époque. Mais parfois, il est diffificile à suivre.

Si nous ne votons pas, en masse, pour l'indépendance lors d'un référendum, nous serons confrontés à un refus de légitimité. C'est la seule façon d'en imposer à l'adversaire : le peuple s'est prononcé, démocratiquement. Maintenant, taisez-vous et laissez-nous vivre en paix, pourrons nous dire. Toute autre approche sera lourde d'ennuis de toute sorte.

L'adversaire est de mauvaise foi. Nous ne pouvons le confondre que dans l'enthousiasme populaire de la sécession. La victoire doit être totale et indiscutable. L'ambiguité n'a pas sa place.

Vingt fois sur le métier... Cela dit, comme je dis souvent, on peut mener le cheval à l'abrevoir, mais on ne peut le forcer à boire. Nous y sommes depuis longtemps, à l'abrevoir. En 1990, M. Bourassa a tout fait pour éviter de crever l'abcès: 70 % des Québécois aurait voté pour quitter la Confédération. Il a préféré noyer le poisson. Merci M. Bourassa. Ironie :-)

Entre nous, j'aime comprenure. -:)

# 10 juin 2009, 18:00

Pierre Bellefeuille a dit :

re: Un jugement sévère

Avec ironie et sarcasme!

Pour se sortir de l'impasse, scène 1 prise 2 : je déclare unilatéralement l'indépendance du Québec. Hum! En ce mercredi 10 juin 2009, 17 h 45, le Québec est déclaré officiellement souverain.

Oh! Mais que se passe-t-il? Nous sommes soudainement inondés de dépêches, tout se bouscule :

-- Bernard Derome nous annonce que si la tendance se maintien, le soleil se couchera ce soir et se lèvera demain. Hum!

-- Ottawa dépêche l'armée américaine en territoire québécois pour nous protéger d'un soleil trop ardent risquant d'assécher nos précieuses ressources en eau potable. Les Américains se chargeront des rations d'eau potable : d'immenses pipelines iront directement au Texas où l'eau sera purifiée et raffinée. Le prix de vente sera 8 fois supérieur à celui du pétrole.

-- Pendant ce temps, on enregistre un tremblement de terre de 9.0 sur le territoire du Saguenay, au cœur même du pays des Tremblay.

-- Une tempête de grêlons gros comme des ballons de football tombent sur nos régions agricoles, forçant les agriculteurs québécois à adopter les semences ultra résistantes de Monsanto.

-- Il neige sur Montréal, nous attendons dix centimètres.

-- Pendant ce temps, à Québec, la nouvelle capitale du pays souverain, on s'affaire à écrire les nouveaux accords internationaux. Le Québec joint les rangs du BRIC (Brésil, Russie, Inde et la Chine).

-- La région de Gatineau, touchée par un immense glissement de terrain s'enfonce sous le territoire d'Ottawa.

-- On peut enfin exploiter le moteur-roue de Pierre Couture. Les voitures électriques made in Québec s'envolent comme des pains chauds.

-- Power Corporation prend le contrôle de la Société Radio-Canada, dont la nouvelle entité sera la Société Power Radionada.

-- Harper se dirige vers les abris nucléaires, car apparemment des bombes terroristes se dirigeraient directement sur nos territoires. Le pays étant déchiré, on profite du moment de faiblesse. Ignatieff cogne à la porte pour qu'Harper le laisse entrer, cependant il essuie un refus. La politique ne fait pas de cadeau.

Catastrophe! Non! Tout va trop vite! On n'en peu plus! ZZzzzz zzzz zzz zzz ZZ zzz

Y a-t-il encore quelqu'un? Alo! Alo! Plus rienzzzzzz ZZZZz zzz, la noirceur totale.

Oh! Mon Dieu, mais qu'avons-nous fait? Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font! Heu, eu eux, snif, snifent, sniff!

------------------------------------------------------------------- bip, bip, bip.

OK, on va arrêter là, vous lecteurs attentifs, vous avez déjà tout compris depuis un bon moment.

ZZzzzz zzzz zzz zzz ZZ zzz, Ah non! ça va pas recommencer ZZzzzz zzzz zzz zzz ZZ zzz Vi z zzz VIVE z zzzz zzz LE z zzzz zzzz zzzz zzzQu z zzz  z zzzQUÉBEC

z zzzz zzzz zzz LIIIIBBRE!

Méchant Buzz!

P.-S. Je sais, c'est une sujet sérieux. Veuillez m'excuser, je n'ai pas pu me retenir.

# 10 juin 2009, 18:25

Réjean Asselin a dit :

re: Un jugement sévère

Coudonc ! Est-ce que je rêve ou nous sommes encore représenté par un parti souverainiste a Ottawa ?

Selon Pratte , le fédéralisme canadien actuel est la solution idéal pour l'émancipation du Québec français ????

Comment expliquer ce manque de confiance TOTALE envers ce fédéralisme canadien depuis belle lurette au Québec ? Comment expliquer le succès du Bloc d'élection en élection si ce cher Canada de Monsieur Pratte a tout pour faire du Québec une nation heureuse et épanouie ???

Encore une fois Pratte nous prend pour des valises ! Par contre faut le comprendre , a vouloir faire plaisir constamment a son patron on fini par répéter la même cassette machinalement .

Petites questions a Monsieur Montmarquette !

Quel est le plan de Québec Solidaire pour accéder a la souveraineté du Québec ? Quel est votre stratégie souverainiste ? Si demain QS prend le pouvoir de quelle façon deviendrons nous souverain ?

Nous savons tous que vous rêvés ( le mot n'est pas trop fort ) d'une société merveilleuse ou les riches partagerons avec les pauvres la main dans la main et que nous serons heureux jusqu'à la fin de nos jours ! Mais la souveraineté ..hein..comment ..?

# 10 juin 2009, 18:37

Marc Audet a dit :

re: Un jugement sévère

Quoi qu'il en soit de ce plan Marois, soit un retrait par rapport à des objectifs plus ambitieux pour les uns, soit une stratégie qui ne peut déboucher que sur une crise constitutionnelle pour les autres, ce plan dérange.  Il le fait à un point tel que Capitaine Canada lui-même est comme un diable dans de l'eau bénite pour tenter de tuer dans l’œuf cette remontée aux barricades constitutionnelles.  A contrario, si ce plan était si dépourvu d'une quelconque efficacité, pourquoi déchaînerait-il à ce point l'ire des fédéralistes.  Par ailleurs, s'il s'éloignait à ce point des objectifs de ceux qui le trouvent peu ambitieux, ces derniers n'auraient pas à lui reprocher de leur voler des arguments en faveur de ce qu'ils considèrent comme étant l'objectif à atteindre.  D'une manière ou d'une autre, voilà donc que le débat et l'action sont relancés et qu'au final, ce sont les fédéralistes qui ont le plus de raisons de le craindre ce plan.

# 10 juin 2009, 18:40

Gilles Bousquet a dit :

re: Un jugement sévère

Vive Monsieur !

M. Parizeau est ouvert, il n'a pas la langue de bois, il sait ce qu'il faut faire et le dit sans s'inquiéter des grenouilles de bénitiers qui grouillent grenouillent et scribouillent.

C'est notre De Gaule, un homme d’État et Charest, notre Sarkozy...genre.

# 10 juin 2009, 19:02

Christian Montmarquette a dit :

re: Un jugement sévère

À  Serge Gingras

Parizeau a PARFAITEMENT raison  de défendre cette position.

Et je serai d'emblée d'accord avec "TOUTES"  positions ou stratégies qui avantageront de manière déterminantes l'indépendance.

Je ne ferai pas de srucpules contre des crapules.

Un vote de l'Assemblée nationale est bien assez démocratique comme ça !

Ou alors, autant dire que les élections elles-mêmes ne sont pas démocratiques !

-------------------------------------------------------------------------

À Réjean Asselin,

Vous dites..

" Quel est le plan de Québec Solidaire pour accéder a la souveraineté du Québec ? Quel est votre stratégie souverainiste ? Si demain QS prend le pouvoir de quelle façon deviendrons nous souverain ?"

Voici...

Toute la documentation essentielle  est toujours disponible sur le site de Québec Solidaire.

Mais, nous sommes tous actuellement  mobilisés et en "pleine révision"  de la question nationale pour notre Congrès de l'automne prochain.

Mais, je puis affirmer que notre dite position n'a " jamais"  été creuse, superficielle ou expéditive !

La position classique de la gauche de Québec solidaire est la convocation d'une large assemblée constituante et  démocratique, un peu à l'image de la France.

Bonne lecture...

____________________

Christian Montmarquette

Membre de Québec Solidaire

Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indéopendance du Québec

Références :

La Gauche :

www.lagauche.com/.../index.php

Les enjeux du débat sur l’indépendance nationale et de la stratégie pour y parvenir :

www.lagauche.com/.../spip.php

Une Assemblée constituante pour tracer ensemble les contours d’un Québec indépendant  - Document de réflexion, Octobre 2005

www.lagauche.com/.../spip.php

Engagements 2008 de Québec solidaire

www.quebecsolidaire.net/engagements_2008

Axe 7 Faire du Québec un pays par la souveraineté populaire

Québec solidaire veut impliquer tout le Québec dans l’atteinte de notre souveraineté nationale. L’engagement de l’ensemble du peuple dans la définition de nos institutions et de notre organisation sociale est la stratégie que Québec solidaire propose pour nous mener vers ce pays à construire. Pour Québec solidaire, notre projet de société et notre projet de pays sont intimement liés et la démocratie repose au coeur de ces deux volontés. Notre démarche vers la souveraineté se fera dans le respect des nations autochtones.

7.1 Réalisation de la souveraineté

(7. 1. 1) Procéder à l’élection d’une assemblée constituante qui devra élaborer une constitution pour le Québec dans le plein respect de la souveraineté de son peuple :

a) L’élection de cette assemblée se fera au suffrage universel. L’assemblée constituante sera composée en nombre égal d’hommes et de femmes élu-es et les différentes composantes de la société québécoise y seront représentées;

b) L’assemblée constituante devra organiser un processus de démocratie participative pour consulter la population du Québec sur son avenir politique et constitutionnel de même que sur les valeurs et les institutions politiques qui y sont associées;

c) Le mandat de l’assemblée constituante sera de définir les valeurs essentielles, une charte des droits sociaux, écologiques et économiques et la structure des institutions politiques nécessaires à la représentation du peuple québécois. Québec solidaire y défendra l’option de réaliser la souveraineté du Québec;

d) En fonction des résultats de cette démarche, qui devront être connus de la population et dont l’assemblée constituante aura l’obligation de tenir compte, les propositions de l’assemblée constituante seront soumises à la population québécoise par voie de référendum.

(7. 1. 2) Québec solidaire reconnaîtra que les peuples autochtones vivant sur le territoire québécois forment des nations à part entière, qu’ils ont eux aussi le droit à l’autodétermination, qu’ils jouissent de droits ancestraux inaliénables, ces droits incluant des droits territoriaux à définir par voie de négociation.

(7. 1. 3) Dans le cadre de sa démarche constituante, l’Assemblée nationale du Québec invitera les nations autochtones à définir – dans la démarche de souveraineté populaire qu’elles choisiront-les rapports à entretenir avec la nation québécoise y compris dans le processus de définition de nos institutions politiques.

7.2 Promotion de la souveraineté

(7. 2. 1) Faire la promotion de la souveraineté du Québec et viser à construire un soutien majoritaire à cette option.

(7. 2. 2) Promouvoir le droit du Québec à la souveraineté sur la scène internationale.

7.3 Élargissement de la souveraineté populaire

(7. 3. 1) Mettre sur pied une commission de la vie démocratique et de la citoyenneté (CVDC) ayant comme mandat de favoriser les conditions nécessaires à une participation réelle des citoyens-ennes à la vie politique et aux institutions publiques du Québec. Cette commission intègre les mandats dévolus actuellement à Direction générale des élections du Québec (DGEQ). Prioritairement, cette commission abordera les questions suivantes :

a) L’imputabilité de tous les élu-es, notamment en obligeant la tenue d’au moins une assemblée publique par année;

b) L’établissement d’un mécanisme de révocabilité permettant de destituer des élu-es (incluant le premier-e ministre) en cours du mandat;

c) La représentation paritaire femmes-hommes à l’Assemblée nationale par l’instauration de mesures incitatives et légales;

d) L’instauration de mesures incitatives visant une meilleure représentation de la diversité ethnoculturelle québécoise;

e) La modification de la Loi sur la consultation populaire afin de permettre aux citoyens-ennes ayant récolté un nombre suffisant de signatures fixé par règlement d’adopter, de modifier ou d’invalider une loi.

(7. 3. 2) Changer la loi électorale et améliorer notre démocratie représentative :

a) Adopter un mode de scrutin proportionnel mixte et compensatoire à l’échelle nationale;

b) Instaurer un scrutin qui se fera en deux votes : un premier pour élire 77 député-es représentant des circonscriptions et un deuxième pour élire 50 député-es de façon proportionnelle;

c) Imposer un seuil minimal à 2 % du vote populaire pour obtenir une représentation « compensatoire » à l’Assemblée nationale;

d) Déterminer une date fixe pour la tenue de toutes les élections;

e) Tenir les élections scolaires et municipales le même jour;

f) Réviser les règles de financement et de remboursement électoraux;

g) Modifier les règles de la couverture médiatique pour plus d’équité entre les partis et les candidat-es;

h) Favoriser la participation de toutes et tous au scrutin, par exemple en ayant un bulletin de vote avec une photographie des candidates, l’inscription des noms en gros caractères et les logos des partis.

(7. 3. 3) Envisager et évaluer, en concertation avec la population et les instances locales et régionales, la décentralisation de certains pouvoirs, responsabilités et budgets vers les régions et les localités :

a) Instaurer l’élection au suffrage universel des préfets des municipalités régionales de comtés (MRC) ;

b) Permettre la présence de représentant-es d’organisations sociales diverses aux instances locales et régionales, pour qu’ils et elles puissent participer aux structures de gestion administrative et ce, suite à leur élection dans leur organisme respectif;

c) Développer des mécanismes de démocratie participative au sein des conseils municipaux et de ces instances. ;

d) S’engager, comme députés-es de Québec solidaire, à tenir au moins une assemblée citoyenne par année, lors de laquelle un processus permettra aux personnes habitant la circonscription de soumettre des propositions à l’assemblée citoyenne et d’étudier les actions de la personne élue.

L’indépendance pourra se faire par un vote de l’Assemblée nationale :

www.vigile.net/L-independance-pourra-se-faire-par

# 10 juin 2009, 19:39

Pierre Bellefeuille a dit :

re: Un jugement sévère

Merci Monsieur Montmarquette!

Ce sont des arguments solides, comme je les aime, allant droit au but!

Parlez-moi de ça, des propositions sans ambiguïté et sans détour!

# 10 juin 2009, 20:09

Jean-Claude Pomerleau a dit :

re: Un jugement sévère

Alors que la situation de l'État du Québec est critique. Il importe de se faire une tete sur la strategie a suivre pour pour arrêter le déclin. Et le reprendre en mains pour lui donner de la consistance. Cette État est le seul que nous aurons jamais et sur les assises duquel nous dépendons pour assurer notre pérennité comme peuple français en Amérique. A la vitesse ou les fossoyeur creuse notre tombe nous n'avons pas tout notre temps pour sortir de notre confusion stratégique.

D'où vient la confusion: De notre manière d'aborder la politique. Or il n y en a qu'une: La géopolitique, le reste c est de la littérature.

Le Plan Marois s'apparente au Plan Larose que j'ai commenté (Le Devoir Janvier 2008) a partir d'une lecture géopolitique 101. Et que j'ai repris sur Vigile:

www.vigile.net/Un-pays-sous-nos-pieds

Grosso modo le changement de statut politique de l'État du Québec dépend uniquement du rapport de force en présence au moment de passer a l'acte . Si ce rapport de force n est pas favorable le statut n est pas effectif (oublier les obligations démocratiques ). C est exactement de crainte du chaos que le peuple a d'instinct mis de coté le grand saut du référendum.  On confond ce refus a un non a la souverainete alors que c est un non a la marche a suivre, trop perieuse pour rien. Car il y en a une autre: Le gain de potentialité de l'État jusque qu a ce que le rapport de force soit favorable; (on pense ici a la Révolution tranquille qui contenait dans son germe les 2 référendums de 1980 et 95.)

Le Plan Marois est le bon. La seule question qui se pose est de savoir si la direction politique du Plan sera a la hauteur. Cela dépendra du tonus que le mouvement va lui insuffler. A condition que l on sorte de la confusion stratégique; et quoi de mieux pour y arriver qu un petit cour de géopolitique 101.

Vous allez y apprendre  que la politique est affaire d'intérêt de rapport de force et d'effectivité. Ce qui vaut pour un État vaut aussi pour un individu.

# 10 juin 2009, 20:42

Louise Teasdale a dit :

re: Un jugement sévère

@ M Bousquet qui dit::

C'est notre De Gaule, un homme d’État et Charest, notre Sarkozy...genre.

Charest n'est pas caché en Angleterre a ce que je sache.

# 10 juin 2009, 20:44

Gilles Bousquet a dit :

re: Un jugement sévère

Mme Teasdale,

Sarkozy non plus, comme M. Charest, de s'est pas caché en Angleterre.

De Gaule est un héros national en France et en Algérie et considéré comme un des grands chefs d'État ayant existé dans le monde.

Difficile pour vous de comprendre ça.

# 10 juin 2009, 22:23

Réjean Asselin a dit :

re: Un jugement sévère

Mr. Montmarquette !

J'étais sur que votre  stratégie d'accès a la souveraineté était tellement compliquée qu'une chatte en perdrait ses chats en moins de temps qu'il le faut pour dire pitou !

Pourquoi faire simple quand ont peut faire compliqué !

Lors du premier référendum du PQ beaucoup de gens trouvaient la question compliquée . A comparer a votre démarche ce n'était que de la petite bière .

Vous voulez réellement attirer la majorité des souverainistes avec ce charabia ?

Finalement je ne suis pas plus avancé avec votre stratégie car mise a part les voeux pieux de votre démarche je reste sur mon appétit . Soyons  sérieux , déjà un simple référendum a une question fait peur aux gens imaginez votre démarche d'assemblée constituante !

Non Merci ! Je préfère et de loin l'équipe du PQ a ce niveau !

# 10 juin 2009, 22:39

Voix publique a dit :

L'assiette au beurre «royale»

Pour la plus récente d'une longue liste de présumées «affaires Parizeau». (À mon âge, franchement

# 10 juin 2009, 23:58

Armand a dit :

re: Un jugement sévère

Monsieur Perrier,

Dans un monde globalisé comme le nôtre, il n'existe plus à mon avis d'autonomie "originelle", et c'est temps mieux.   En Europe, les nations sont souveraines et autonomes puis le Parlement européen agit dans sa plus simple expression. L'Union européenne est en fait une grande confédération. Le Québec aspire donc au même statu d'état confédéré.

Donc, lorsque Pratte écrit que "d'aucuns voudraient voir la présence fédérale au Québec réduite à sa plus simple expression", c'est une insignifiance car les souverainistes, toujours plus de 40% de la population, c'est ce qu'ils souhaitent. Comment ne pas trouver la déclaration de Pratte totalement insignifiante?

# 11 juin 2009, 02:00

Gilles Bousquet a dit :

re: Un jugement sévère

M. Sylvain Racine a raison, ça prendrait un genre de vraie confédération pour satisfaire fédéralistes et souverainistes québécois.

M. Deschamps avait deviné ça avant le temps quand il traduisait le désir constitutionnel du Québécois moyen : un Québec indépendant dans un Canada uni.

En 1867, on nous a passé une fédération comme une confédération en nous prenant pour des cons, les cons de la fédération, c'était NOUS.

# 11 juin 2009, 07:33

Vibol Ing a dit :

re: Un jugement sévère

En 1980, 1485851 québécois ont dit oui à la souveraineté, c'est 40,44% de la population. Quinze ans plus tard, en 1995, 2308360 québécois ont dit oui à la souveraineté, c'est alors 49,42% de la population. Encore quinze ans plus tard, en 2010, qu'importeront les sondages, le Québec en tant que nation aura quand même réussi de considérables gains à travers cette incessante réflexion identitaire. Les progrès en matière de laïcité des institutions publiques, d'égalité des sexes, de droit des homosexuels, d'intégration des ethnies dans une nation multiculturelle et respectueuse de la diversité, d'exploitation énergétique durable et de protection de l'environnement, de créativité et d'innovation dans les domaines du design, du génie, de l'entrepreneurship, de la télécommunication, mais encore et surtout, de la culture font du Québec une nation exemplaire à l'échelle du globe. Que nous ne parvenons pas encore à mettre le mot juste sur notre propre identité n'empêche pas qu'elle n'aura jamais été aussi forte ni en aussi bonne santé. Que nous doutons plus que jamais de notre projet de souveraineté ne fait qu'asseoir et annoncer une inestimable maturité démocratique. Si nous doutons encore, c'est parce que nous ne méritons pas encore notre destin. Il y a encore beaucoup de travail à faire et de responsabilité à assumer avant de se donner soi-même le droit de décider de son propre destin. Par conséquent, en AUCUN cas, la souveraineté du Québec ne doit pas être le commencement d'un banal projet de société. Au contraire, elle doit être le terme final de notre cheminement collectif, celui qui aspire à la pleine autonomie de son gouvernement, à la pleine responsabilité civile des choix solidaires qu'il faut poser, à la pleine expression de sa culture et de ses langues, à la pleine honnêteté de son leadership sur les enjeux internationaux et planétaires. Soyons réalistes, la souveraineté n'est que la cerise symbolique sur un sundae que nous nous serons mérités. Mettons cette idée au loin, là où elle peut nous orienter et travaillons fort à devenir de meilleures personnes, une bien meilleure nation.

# 11 juin 2009, 08:09

Christian Montmarquette a dit :

re: Un jugement sévère

«L’électrochoc» Parizeau

Parizeau  a raison. - Et parfaitement raison !

En tous cas, le moins qu’on puisse dire… C’est que ça marche !

Nous nous sommes plaints durant des années durant que nos politiciens parlaient la langue de bois, et quand il y en a un qui se pointe pour dire franchement ce qu’il pense, on se jette dessus à bras raccourcis ! Franchement… Faut l’faire…

On en parle là … De la foutue d’indépendance ?

- Tant mieux !

… Et de manière pas mal moins plate et drabe que le fait le PQ depuis belles lurettes !

Bien dommage tout de même,  comme le souligne Michel David dans le Devoir de ce matin, que ce soit faute d’avoir travaillé assidûment à raffermir les convictions l’électorat du Québec sur les enjeux et la haute pertinence de l’accession du Québec à sa souveraineté mais de plutôt miser, sur une réaction impulsive et émotive de l'électorat du Québec ;  ce qui contribue, voius le reconnaitrez, à la volatilité des appuis à l’indépendance de la part de la population du Québec.  

Mais, même si les aspects les positifs de l’indépendance du Québec m’apparaissent à moi comme évidents,  il faut tout de même reconnaître que cette  dite «volonté de l’indépendance» passe «AUSSI», par un raz-le-bol collectif de l’oppression du Québec par le  fédéralisme Canadien ET par les abus économiques des libéraux provinciaux.

À mon sens, jamais le référendum de 1995 n’aurait «scoré» si fort s’il n’avait été la suite de l’échec de «l’Accord du Lac  Meach».  

Nous venons tout juste d’être les témoins vivants d’une remontée significative des appuis à l’indépendance du Québec, lorsque Harper a ressorti  «l'épouvantail séparatisse»  lors la tentative de coalition PLC-NPD-Bloc.

Est-il si important de «faire des scrupules avec des crapules» et de savoir de que bois seront les flèches qui nous permettront de faire accéder le Québec à une de ses revendications les plus légitimes ?

La politique est un combat, et quand il faut aller au front, on ne fait pas de caprices sur les canons…

* * *

«Parizeau a raison ! ..Mais il y a crise et crise...»

Il y a «crise» et «crise» ! Qu’on se l’dise !

La «crise» dont parle Jacques Parizeau est «théorique» et fait référence à des choix politiques et peut être hautement salutaire pour faire sortir le Québec de l’impasse et la stagnation politique.

Alors que la «crise des libéraux», ces prétendus «épris d’économie» est bien réelle et relève de la pire catastrophe financière jamais vécue par le Québec !

Pour mettre remettre à l'ordre de notre démagogue en cheuff et cowboy du volant Johnny-James la Charette...

Je lui rappellerai que s'il y en a un qui vient de foutre le Québec dans une crise colossale de plus de 40 milliards $ c'est bien lui ! Austin d’boeuf !!!

Non ! Mais ! Quel culot ! !

Il ne faut pas manquer  de toupet pour ne pas regarder - non pas «la poutre» - mais le véritable «pylône électrique» qu’on a dans l’œil  avant  de critiquer les autres !

____________________

Christian Montmarquette

Membre et militant de Québec Solidaire

Dernière parution chez Vigile.net :

«L’indépendance pourra se faire par un vote de l’Assemblée nationale» :

www.vigile.net/L-independance-pourra-se-faire-par

.

# 11 juin 2009, 10:30

Christian Montmarquette a dit :

re: Un jugement sévère

@ Réjean Asselin

Vous m'aviez demandé l'information .

Je vous l'ai donnée dans son état actuelle que l'on pourrait même qualifé d'obsolète, puisque que je vous ais aussi dit que :

" Nous sommes tous actuellement mobilisés et en "pleine révision"  de la question nationale pour notre Congrès de l'automne prochain".

Je suis "PARFAITEMENT D'ACCORD " avec vous que l'approche de Québec Solidaire en ce qui concerne la question nationale  "DOIT"  être simplifiée et harmonisée avec la situation objective  de l'éclatement du mouvement souverainiste au Québec.

Et c'est ce à quoi je m'affaire actuellement.

Je viens d'ailleurs d'amorcer une petite discussion ce matin avec notre chef et Secrétaire général Benoit Renaud à cet effet..

Je vous propose d'y revenir après notre congrès de l'automne prochain où toutes les cartes seront véritabblement sur table.

Mais de mon point de vue, la chose est simple.

Ce que Québec Solidaire souhaiterait...

C'est qu'il ne s'agisse pas d'une indépendance "couquille-vide" comme le popose le PQ,  mais bien qu'elle soit assortie d'un projet de société progressiste.

CM

# 11 juin 2009, 10:45

Guy-Michel Lanthier a dit :

re: Un jugement sévère

Encore une fois, plusieurs rêvent et les autres s’offusquent. Il n’y a pourtant rien à s’énerver. Madame Marois l’a trop bien dit : Le plus tôt possible.

Je ne sais pas si vous le comprenez mais «Le plus tôt possible», ça ne veut absolument rien dire comme je le dis sur mon blogue. Dans un mois, 10 mois, dans un an, dix ans, le plus tôt possible restera le plus tôt possible.

Dans dix mois, dans dix ans, ceux qui rêvent vont déchanter, encore une fois. Personnellement, je ne suis pas pour ou contre la souveraineté. Je ne fais que dénoncer les gens qui croient avoir du leadership en nous lançant des slogans vides de sens dans le genre, Le plus tôt possible.

g-m-l.blogspot.com/.../marois-le-plus-tot-possible.html

Guy-Michel Lanthier, ing.

Conférencier et consultant en leadership

# 11 juin 2009, 12:01

Paolo Mitriou a dit :

re: Un jugement sévère

Est-ce que Jacques Parizeau est redevenu chef du Parti Québécois sans que je m'en rende compte? J'en doute. Alors quand Jacques Parizeau s'exprime il le fait en son nom uniquement. Comme tout citoyen il a le droit de dire ce qu'il pense, mais ce qu'il pense n'engage que lui. Certains souverainistes porteront une attention particulière aux propos de Jacques Parizeau. D'autres les prendront avec un grain de sel et certains considèreront simplement que Jacques Parizeau peut parfois radoter. Peut-être que Jacques Parizeau ne veut tout simplement pas que d'autres réussissent là où il a échoué. Le fait est que Jacques Parizeau ne dirige plus le PQ et que son opinion n'a pas plus de valeur que celle de n'importe quel membre du PQ. Je me demande pourquoi on n'accorde pas la même importance à toutes les déclarations saugrenues provenant du camp fédéraliste. Il me semble que lorsque l'actuel premier ministre du Québec ne réclame rien d'Ottawa afin d'éviter de se faire dire "NON" c'est infiniment plus grave que les déclarations d'un Jacques Parizeau vieillissant. Lorsque Michael Ignatieff laisse clairement entendre qu'il ne cèderait pas un pouce de terrain au gouvernement québécois c'est drôlement plus important que les déclarations de Jacques Parizeau. Bien sûr l'attitude de Jean Charest et de Michael Ignatieff déplaît souverainement aux souverainistes mais il me semble que, jusqu'à preuve du contraire, la vaste majorité des fédéralistes québécois sont fortement opposés au statu quo. Dans les circonstances l'attitude de Jean Charest et de Michael Ignatieff devrait davantage exaspérer les fédéralistes que les déclarations sans conséquence réelle de Jacques Parizeau.

La stratégie proposée par Pauline Marois m'apparaît parfaitement acceptable. Si elle agace autant certains fédéralistes c'est peut-être parce qu'elle coupe l'herbe sous les pieds de l'ADQ et des Libéraux insatisfaits du statu quo. À une certaine époque c'était tout ou rien pour les souverainistes, probablement parce que certains craignaient qu'une partie des souverainistes pourraient se contenter de changements mineurs. On semble de plus en plus réaliser que plus les québécois occuperont seuls de nouveaux champs d'intervention, plus ils prendront goût à cette autonomie. La souveraineté leur fera de moins en moins peur et elle leur semblera alors une chose normale, saine et souhaitable pour une nation comme la nôtre. C'est sans doute ce qui explique l'extraordinaire montée de lait de Jean Charest et de certains de ses acolytes à l'endroit de la nouvelle stratégie du Parti Québécois. Si cette nouvelle stratégie était perdante je ne crois pas que les fédéralistes la condamneraient aussi vertement.

Ce qui est le plus déplorable c'est de voir que ceux qui s'opposent avec le plus de véhémence à toutes les propositions du Parti Québécois sont les mêmes qui ne proposent jamais d'alternative concrète et tangible. Ce sont ceux qui ne proposent jamais rien d'autre que du flou parce qu'ils n'ont rien d'autre à proposer, parce qu'ils savent que cela sera rejeté par Ottawa parce que trop exigeant et par les québécois parce que trop insuffisant.

Il serait temps que ceux qui n'ont rien d'autre à offrir que le statu quo cessent de critiquer ceux qui ont le courage de proposer quelque chose et de revenir à la charge quand leur proposition est rejetée et que ceux qui ont fait miroiter des changements en échange de ce rejet ne livrent pas la marchandise.

# 11 juin 2009, 13:30

Gilles Bousquet a dit :

re: Un jugement sévère

Michel Lanthier, ing. écrit : «Je ne sais pas si vous le comprenez mais «Le plus tôt possible», ça ne veut absolument rien dire»

C'est juste le contraire de : Le plus tard possible.

Autre affaire obscure ?

# 12 juin 2009, 07:21

David Lépine a dit :

re: Un jugement sévère

OK M. Mitriou,

Prenons la culture. Québec fait un référendum sur le rapatriement de la culture. Ottawa accepte et transfère les points d'impôts équivalent pour que Québec reprenne le contrôle de , disons au départ Radio-Canada. Qui va financer le service français de SRC à Ottawa, Vancouver et Toronto ? Comment on organise la chose, et ultimement on gagne quoi au juste ?

Actuellement le service français de SRC s'accapare de 40 % du budget total, le Québec ne représente que 24 % de la population canadienne et 19,7% de son économie , formule compliquée pour qu'ultimement nous pourrions nous retrouver avec un service de radio/télé appauvri. Pas très gagnant pour nous. Ibidem pour l'office national du film, le conseil des arts canadiens et d'autres.

Mais quel beau geste de fièreté pour notre nation, on pourra enfin gérer nous-mêmes la décroissance de nos institution culturelles sans entraves ! Et aprés cette première expérience gagnante  on va s'attaquer à...

"la vaste majorité des fédéralistes québécois sont fortement opposés au statu quo. "  un peu de contexte svp. Je pourrais aussi déclarer sans me tromper que la vaste majorité des Québécois seraient favorables à la bière gratuite aussi. Vous semblez croire que votre propre phobie de tout ce qui vient du Canada est partagée par la "vaste majorité" des fédéralistes, ce qui n'est pas du tout le cas.

# 12 juin 2009, 08:01

Martin lavoie a dit :

re: Un jugement sévère

Seulement ajouter que quelque soit la forme, la présentation, si l'objet que l'on nous offre parce qu'il nous appartient de le prendre, ressemble à la souveraineté, à l'indépendance, la ferveur renaîtra de nouveau. En attendant, sondages dans un vivarium aussi terne et frustrant, tant l'exploitation des Québécois est grande et que les propositions sur la table ne nous appellent point, surtout parce que politisées correctes, générons le ommm...mm...m des sages et appelons en nous l'énergie nécessaire à l'action.

J'ajoute que les gens qui écoutent Parizeau, se rappellent le crédit que cet homme a donné au Parti Québécois par sa carrure d'économiste, et que le soir du dernier référendum, il avait prévu de par sa conscience économique, un fond nécessaire à la transition que nous ferait vivre un Québec souverain; probablement l'équivalent de la somme, disparue de la Caisse de Dépôt dont il savait se servir, lui. Une réelle action du Québec dans la démarche indépendantiste aura encore besoin de ses conseils. Et quand il donne sa vision, sachez M. Mitriou, qu'un homme de son expérience n'a pas seulement une vision de citoyen, mais aussi une vision collective, et le plan de Mme Marois n'aurait jamais eu cet impact sans son intervention. Je dirais: enfin un bon synchronisme politique et continuons dans la voie de hausser ce débat.

# 15 juin 2009, 11:52

Voix publique a dit :

Le «modèle» Parizeau

Si vous le permettez, exceptionnellement, je mettrai en ligne ma chronique hebdomadaire demain après

# 16 nov. 2009, 13:58