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Pour voir juste sur ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les palais et les parlements du Québec, du Canada et du monde, suivez les analyses politiques percutantes de Josée legault sur son blogue.
juillet 2009 - Messages
22 juillet 2009, 9:09
Petit lexique québécois (II)

L'an dernier, j'ai inauguré en cette page une nouvelle tradition estivale. Du moins, la mienne! Soit de lister quelques exemples d'ajouts récents à ce que j'appelle le "petit lexique québécois". Noms communs et noms propres confondus...

Question de voir comment, au gré de l'actualité, notre vocabulaire socio-culturo-politico-machin-truc s'est métamorphosé au cours des derniers mois. Et comme une tradition est une tradition, je vous invite à nouveau à venir y ajouter vos propres suggestions sur mon blogue au www.voir.ca.

Adoption d'un code d'éthique par l'Assemblée nationale: voir "la semaine des 12 jeudis".

S'autoproclamer "Grand bâtisseur": nouvelle forme de publicité trompeuse en politique québécoise.

Burqa: cage de tissu dans laquelle on enferme les femmes pour mieux les isoler du monde, mais que nos premiers ministres refusent de condamner.

Hôtel de ville de Montréal: nouveau quartier général de la Sûreté du Québec. Rebaptisé: Institut municipal des aveugles, des sourds et des muets.

Régis Labeaume: un agent d'artistes qui se prend pour un maire.

Journal de Montréal: voir www.ruefrontenac.com.

Barack Obama: nouveau président américain admiré pour sa force intellectuelle. Antonyme: Stephen Harper.

Mario Dumont: l'art de savoir quitter la politique sans se plaindre ad nauseam qu'on n'aurait jamais dû démissionner...

ADQ: Action Déclinante du Québec.

Corruption: LE mot de l'année politique au Québec! S'applique à des pratiques toujours niées par ceux qui s'y livrent allègrement.

Coalition: concept respecté dans la plupart des parlements, sauf au Canada.

Plan Marois pour la souveraineté: vise à renforcer le Québec à l'intérieur du Canada. Voir aussi: "un Québec indépendant dans un Canada uni!" (Yvon Deschamps).

Toronto: l'art de copier des initiatives prises à Montréal, de les financer avec l'argent d'Ottawa et de "clencher" Montréal en bout de piste.

Jacques Parizeau: dans une société mature, serait considéré comme un vrai "grand bâtisseur", mais souvent traité ici comme un lépreux tout juste bon à faire enfermer.

Se faire passer un "Rousseau": se dit d'un magicien connu mondialement pour sa capacité unique à faire disparaître 40 milliards de dollars, à empocher malgré tout une généreuse prime de départ et à atterrir sur de beaux gros coussins de satin brodés à l'effigie de Power Corporation.

Avoir les deux mains sur le volant: récupérer sa majorité tout en laissant la population sans ceinture de sécurité.

Commémoration de la bataille des plaines d'Abraham: activité récréo-touristique très prisée à Ottawa.

Amir Khadir: seul député de "gauche" à l'Assemblée nationale, mais aux déclarations souvent "adroites". Aussi: athlète reconnu pour son redoutable lancer de la pantoufle.

CHUM: Centre Hospitalier Ultra Microscopique. Synonyme: phobie de la "pépine".

Facturer "à la Mulroney": en toute impunité, fournir un travail imaginaire en échange d'épaisses enveloppes d'argent comptant impossibles à retracer et reçues d'obscurs lobbyistes corrompus. Synonyme: rire du monde.

Jean Chrétien: ancien premier ministre honoré de l'Ordre du mérite par la reine Elizabeth II pour: le rapatriement de la Constitution sans le Québec, le scandale des commandites, le pelletage du déficit fédéral dans la cour des provinces, sa quasi-défaite au référendum de 1995, l'envoi de troupes en Afghanistan et la création d'une nouvelle langue combinant un mauvais français à un anglais approximatif: le canadien. Comme dans: "Que voulez-vous? Moi, je parle canadien, la plus meilleure langue du monde!"

Mafia & Hells Angels: sous-traitants très "recherchés" pour la construction d'infrastructures payées par les contribuables. Leur maxime: "On lave votre argent plus blanc que blanc!" Leurs livres préférés: Comment se faire des amis et Les plus beaux yachts du monde. Leur émission préférée: Les Anges de la rénovation.

"C'est pas moi, c'est les autres!": voir Henri-Paul Rousseau, Gérald Tremblay, Frank Zampino, Brian Mulroney, etc.

"Passe-moi le lac de ragoût!": nouveau plat servi à la Saint-Jean. Aussi connu sous le nom de Lake of Stew.

Et, enfin, les grands disparus de l'actualité: Julie Couillard, les partenariats public-privé, la question linguistique, le Bye Bye, Monique Jérôme-Forget, François Legault, Stéphane Dion et les accommodements raisonnables.

(*) Sur ce, vous me permettrez de faire une petite pause. De retour dans la deuxième semaine du mois d'août.


21 juillet 2009, 3:07
Les «bonnes intentions»

 

Les «bonnes intentions»

Difficile d'ajouter à ceci:

http://www.ledevoir.com/2009/07/21/259784.html


Franchement, je signerais chacune des lignes de ce texte.

À un point tel où c'était d'ailleurs un des sujets de chronique que je me réservais pour cet été.

Oups...

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Moi aussi, j'en ai assez de me faire regarder comme une meutrière lorsque j'OSE ne PAS avoir de sac réutilisable sur moi.

Du moins, un de ceux de la collection que je me suis constituée bien involontairement à coup d'achats trempés dans la culpabilité la plus primaire...

Je comprends la nuisance écologique des sacs de plastique, mais comme Claire Gagnon, je ne peux croire qu'on ne peut en fabriquer de plus écologiquement responsables.

Ni pourquoi les commerces en profitent maintenant pour nous «charger» le prix de sacs fournis auparavant gratuitement.

Ni pourquoi rien n'est fait pour réduire l'emballage plastifié de plus en plus ridiculement exagéré de centaines d'items de consommation... De véritables armures de plastique pour des produits pourtant anodins!

Et puis, prenez la SAQ avec sa collection de sacs réutilisables.

Bravo pour les bonnes intentions.

Très joli.

Très bien.

Mais pouvez-vous me dire QUAND cette belle société d'État, aussi écologiquement correcte puisse-t-elle se dire, décidera de faire recycler les bouteilles qu'elle vend?

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18 juillet 2009, 3:41
Excuse my french...

 

Cette histoire dégage un sérieux parfum de francophobie. Ou, si vous préférez le dire de manière plus politiquement correcte, disons plutôt d'«intolérance»...

http://www.ledevoir.com/2009/07/17/259360.html

«Dans une réponse non signée, le théâtre montréalais s'emporte en précisant que les spectacles étant en anglais, le message l'est aussi par la force des choses. Et d'ajouter, dans la langue de Shakespeare: «Vous ne pouvez bien sûr pas lire l'anglais, parce que vous êtes un sectaire ignorant [uneducated bigot]», avant de poursuivre avec l'insulte suprême: «Go fuck yourself.» Rencontré hier en fin de journée par Le Devoir au Théâtre Sainte-Catherine, Eric Amber, le directeur de l'établissement, visiblement ébranlé par la tournure des événements, a reconnu être l'auteur de ces lignes
«M. Amber se défend toutefois de vouloir chercher l'affrontement avec les francophones. «Si j'ai décidé de relancer ce petit théâtre de la rue Sainte-Catherine il y a huit ans, c'est parce que j'aime Montréal. Je suis Québécois, j'aime la diversité culturelle qu'il y a ici.»»
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Mais c'est aussi le reflet de ce qui se vit à nouveau à Montréal depuis quelques années.

Cette attitude où parler français à ses concitoyens, dans les commerces, en art, dans les affaires, lorsque le «produit» vendu ou présenté est de langue anglaise, redevient lentement superflu.

Cette attitude où on s'adresse aux gens en anglais, comme ça, parce que ça semble normal et qu'on s'attend à ce que l'on réponde, aussi, en anglais. Même plus moyen d'avoir droit au classique «Excuse me, but I don't speak French»...

La raison pour cela étant que souvent, maintenant, on SAIT parler français. Au moins minimalement. C'est seulement qu'on ne s'en donne plus la peine. À moins, bien sûr, que le client ou l'interlocuteur n'insiste.

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C'est le genre de fruits que l'on cueille aujourd'hui suite à près de quinze ans de laissez-aller sur le front linguistique. Sous les deux grands partis.

Pensez-y deux minutes. La Loi 101 fut adoptée en 1977, affaiblie à plus de 200 reprises par les tribunaux et depuis 1996, plus ou moins oubliée par le législateur et l'Office québécois de la langue française...

Comment s'attendre à ce qu'une telle négligence n'ait pas d'impact sur la manière dont la langue française est perçue ou sur sa capacité de s'imposer en tant que langue nationale?

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Pourtant, cet homme dit aimer la «diversité» de Montréal. Il est permis d'en douter. Fortement.

Peut-être qu'un petit séjour à Québec lui ferait du bien... Là où on peut passer une journée au complet sans se faire répondre, ou dans son cas, insulter, en anglais.

Mais oups! En lisant ceci:

http://mechantblogue.canoe.ca/2009/07/16/lgo_fuck_yourself_r

et la réponse du «very charming» Amber en question (en espérant que cette réponse ne soit en fait qu'un canular...):

 

«Due to the overwhelming racism and bigotry in French society toward minorities and non-french cultures, Theatre Ste-Catherine will be closing in protest. Effective immediately TSC will no longer be accepting bookings and will closed permanently Dec. 21, 2009.»

...peut-être que ce serait mieux qu'il ne se rende pas à Québec.

Le pauvre homme risquerait la crise d'apoplexie.

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(*) Pour le détail de la correspondance en question, voir:

http://louisprefontaine.com/2009/07/16/eric-amber-sages-fous

dont ceci:

http://louisprefontaine.com/eric-amber.txt






15 juillet 2009, 12:47
Cancer du sein et pathologie (petit retour)

 

Petit retour nécessaire sur le «retestage» de milliers de femmes atteintes du cancer du sein suite au fait scandaleux qu'au Québec, il n'y ait toujours pas d'obligation imposée à TOUS les laboratoires de pathologie de se donner des mesures strictes de contrôle de qualité externe. Et ce, pout TOUS les types de cancer.

Suite à son congrès, l'Association canadienne des pathologistes (ACP) propose trois mesures importantes, dont celle-ci:

«L'ACP a annoncé aujourd'hui son adhésion formelle aux protocoles concernant le cancer mis au point par le College of American Pathologists en collaboration avec un grand éventail de professionnels de la santé et d'établissements médicaux

Voir:

http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/July2009/15/c6337.html

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Voici ce que j'en disais le 9 juillet, dans un billet sur mon blogue:

«Et comment se fait-il que contrairement au CHUM, les hôpitaux du réseau McGill avaient déjà leurs propres systèmes de contrôle externe? St-Mary's, par exemple, utilise celui du College of American pathologists. Alors, pourquoi le CHUM a-t-il tant tardé?»

Une question à laquelle, en passant, le ministre de la Santé n'a jamais répondu. En fait, sous toute réserve, elle ne lui a même pas été posée...

Et j'avais d'ailleurs déjà donné l'exemple du protocole du College of American Pathologists sur ce blogue dès le 4 juin dernier..

http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/06/04/cancer-et-politique-une-mixture-224-233-viter.aspx

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Alors, si une chroniqueure politique le savait, si plein d'oncologues le savaient, et si l'ACP le sait, pourquoi est-ce que le ministère de la Santé prend autant de temps à tenter de réinventer une roue qui existe déjà?...




14 juillet 2009, 5:30
Le vote n'est pas une science exacte
Depuis 2004, les gouvernements minoritaires se succèdent à Ottawa comme les heures d'attente dans une urgence d'hôpital. Ce qui amène les sondeurs à poser régulièrement leur question à 300 millions de dollars (le coût d'une élection fédérale): Êtes-vous pour ou contre les gouvernements minoritaires?

Selon le dernier sondage en date du 13 juillet - un Harris/Décima fait pour La Presse Canadienne - 64 % des répondants préféreraient maintenant un gouvernement fédéral majoritaire. Tellement qu'ils "sont prêts à voter de façon stratégique à cet effet". Eh bien. Bonne chance!

Désolée, mais voter n'est pas une science exacte! Dans notre mode de scrutin, le vote dit stratégique tient carrément du fantasme. Essentiellement pour trois raisons: 1) Les députés sont élus par circonscription. 2) Les grands partis jouissent d'une brochette de "comtés sûrs" où même un chimpanzé borgne se ferait élire s'il est du "bon" parti. 3) Le parti avec le plus grand nombre de députés forme le gouvernement tant qu'il a la confiance de la Chambre. Qu'il soit minoritaire ou majoritaire.

Si on ajoute l'impact imprévisible sur le résultat d'un taux de participation de plus en plus bas, on comprend que "vouloir" un gouvernement majoritaire ou minoritaire, c'est une chose. Mais que penser en "produire" un en additionnant une multitude de petits "x" apposés de manière dite stratégique par des électeurs isolés les uns des autres à travers divers comtés, c'est prendre ses rêves pour la réalité!

De toute façon, la chose à faire n'est-elle pas de voter selon ses convictions? D'autant plus que voter "stratégique" est à peu près futile dans notre système.

ROMANTISME VS NOSTALGIE

La réalité est que la préférence exprimée pour un gouvernement majoritaire ou minoritaire est éminemment circonstancielle. Ce que ce dernier sondage confirme surtout, je dirais, est qu'une majorité de Canadiens considèrent que le gouvernement Harper fonctionne peu ou mal. À un point tel où 44 % souhaiteraient un gouvernement majoritaire libéral plutôt que conservateur! Au Québec, malgré le scandale des commandites, le chiffre grimpe à 51 %! C'est tout dire...

Force est de constater que le spectacle d'un premier ministre néoconservateur et hyper-partisan commence à user les nerfs des électeurs à l'est de l'Alberta. Et à leur faire souhaiter qu'une majorité mette fin à cette mauvaise joute tenant lieu de gouvernement. L'homme est partisan au point d'avoir été obligé de s'excuser pour avoir attaqué Michael Ignatieff au G8 pour des propos qu'il n'avait même pas tenus. Partisan au point d'avoir transformé la Chambre des communes en un western spaghetti sans fin où chaque session tourne au duel avec les libéraux pour quelques votes de plus...

L'an dernier, Stephen Harper a tellement joué avec son petit jeu de stratégie, que la gouverneure générale en a même fermé le Parlement face à la possibilité qu'une coalition PLC-NPD prenne le pouvoir. Le Canada est ainsi devenu le seul pays en Occident dont le Parlement fut fermé pendant des mois en pleine crise économique! Pas surprenant que l'appétit des Canadiens pour les gouvernements minoritaires ait viré en indigestion chronique.

Pourtant, ils sont habitués à la chose. La dernière élection leur donnait leur 11e gouvernement minoritaire depuis 1867! Mais avant Harper, cela signifiait une certaine collaboration entre les partis et des menus législatifs variés et parfois même consistants. Bref, si cette préférence pour les gouvernements minoritaires venait d'une vision quelque peu "romantique" de la chose publique, elle était également formée par des expériences passées plus heureuses que celles vécues sous M. Harper.

Au Québec, même s'il n'y a eu que deux gouvernements minoritaires - 1878 et 2007 -, bien des Québécois leur étaient favorables en 2007 et 2008. D'autant plus que Jean Charest, contrairement à M. Harper, s'était métamorphosé en "Monsieur Consensus" et prêchait les vertus de la "cohabitation" du haut de la Grande-Allée. Mais paradoxalement, il fut reporté au pouvoir en décembre avec une majorité.

Et pourtant, voyant les crises des derniers mois, c'est à se demander si les Québécois, contrairement à ce qu'ils souhaitent à Ottawa, n'éprouveraient pas maintenant ne serait-ce qu'un brin de nostalgie pour un gouvernement minoritaire à Québec...

Mais qu'ils soient minoritaires ou non, les gouvernements au Canada souffrent d'un mal bien plus inquiétant encore: celui d'une chute dramatique du taux de participation due à une érosion croissante de la confiance des citoyens à leur endroit. Pour une brochette de raisons. Dont cette impression que certains élus ont l'éthique de plus en plus flexible; qu'ils exercent de moins en moins leur pouvoir; que leurs premiers ministres en exercent trop; et que les lobbys d'affaires prennent trop souvent le dessus sur la société civile et le bien commun.

Tant et aussi longtemps qu'une ou un chef de parti ne se pointera pas avec une vision et une équipe que les citoyens sentiront capables de stopper, ou au moins de ralentir ce glissement du pouvoir politique, le taux de participation restera anémique. Parce que les citoyens verront que rien ne change. Que leurs gouvernements soient minoritaires ou majoritaires.


13 juillet 2009, 2:22
Avoir mauvaise mine...

Le 22 juin dernier, dans mon billet «Les «vieux» partis», je revenais sur le fait étonnant selon lequel et le PQ et le PLQ avait chacun un militant très, très haut placé faisant du lobbyisme pour Osisko, la compagnie se préparant à creuser une gigantesque mine d'or à ciel ouvert à Malartic, en Abitibi. Un projet dénoncé vertement à l'Assemblée nationale par Amir Khadir de Québec solidaire.

(Tel que rapporté le 19 juin sur le site des lock-outés du Journal de Montréal:

http://ruefrontenac.com/nouvelles-generales/politiqueprovinciale/7010-yves-chartrand-isabelle-fontaine-malartic-mine-pq-osisko

et repris le lendemain dans les pages du Devoir.)

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(*) En complément d'info, voici d'ailleurs aussi deux articles parus le lendemain de ce billet:

http://www.theglobeandmail.com/news/national/tiny-quebec-town-is-sitting-on-a-gold-mine/article1217078/


http://www.ledevoir.com/2009/07/14/258976.html

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Depuis, le BAPE a rendu son rapport public, ouvrant la porte à une autorisation possible du projet controversé.

Le sujet est peut-être moins sexy que la mort de stars de la pop ou de la boxe, mais pour le Québec, ce retour à certaines pratiques de la part de compagnies et de gouvernants, rappelant celles d'avant la Révolution tranquille, mériterait sûrement qu'on s'y arrête plus sérieusement.

Même en été...

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À titre d'information, voici donc le communiqué émis aujourd'hui par la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine!


«Communiqué - Pour diffusion immédiate

Rapport du BAPE sur le projet de mine à ciel ouvert d'Osisko à Malartic

Constats flagrants, recommandations timides

Québec, 13 juillet 2009. Dans son rapport rendu public jeudi dernier, la commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) conclut que le projet de mine à ciel ouvert d'Osisko «pourrait être autorisé à certaines conditions», et ce, malgré une série de constats flagrants que la commission dresse elle-même concernant les bévues et les torts occasionnés aux citoyens, les cadres règlementaires déficients, les risques de contamination des eaux souterraines et l'absence d'analyse détaillée pour la restauration des résidus miniers et de la fosse une fois les opérations terminées. La commission constate également qu'en l'absence des redevances minimales, les lendemains de la ville de Malartic ne sont pas garantis et signale que «des efforts restent à faire» afin d'assurer la relance économique de la ville.

Face aux constats du BAPE et le précédent créé par ce projet au Québec, la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine! maintient sa demande d'exiger une consultation plus élargie afin de déterminer s'il est dans l'intérêt de la région et du Québec d'aller de l'avant avec les mines à «fort tonnage faible teneur» au cours des prochaines décennies. Ce type de mine a des conséquences sur l'environnement, les territoires et les populations qui sont, à bien des égards, irréversibles et beaucoup plus importantes que les mines souterraines.

La ville, le gouvernement et le promoteur blâmés

C'est à peine à mots couverts que la commission critique la façon dont s'est déroulé le déménagement massif des résidents et les torts que plusieurs ont subis, avant même que le projet minier ne soit autorisé. La commission blâme l'encadrement gouvernemental inadéquat et s'interroge «sur le plan éthique et humain» de la façon d'agir de la compagnie dans ce processus. La ville de Malartic n'y échappe pas non plus. Selon la commission, la ville «aurait pu assujettir la délivrance d'un permis de construction ou de lotissement à l'obligation de conclure une entente avec le promoteur» et ainsi exiger des conditions optimales pour protéger les citoyens. Ce sont là des critiques que la coalition et ses membres, notamment le Comité de vigilance de Malartic, avaient déjà formulées à de nombreuses reprises.

 Mandat du BAPE limité

Malgré que la commission reconnaisse les «enjeux majeurs» que soulève l'encadrement gouvernemental actuel, notamment aux plans de la Loi sur les mines et d'une meilleure protection environnementale, elle estime que ces enjeux «débordent du mandat qui lui a été confié» et ne sont donc pas pleinement pris en compte dans son analyse.

Redevances insuffisantes

La coalition proposait récemment que tout projet minier soit assujetti à une redevance minimale de 2 à 5% sur les revenus bruts, dont au moins la moitié devrait être partagée avec les régions et les communautés directement touchées. Actuellement, la coalition estime que moins de 0,1% des revenus bruts seraient versés par l'entreprise dans un fond local de développement (150k$/année), ce qui paraît nettement insuffisant pour assurer la diversification de l'économie de Malartic à moyen terme. La commission s'inquiète également de ce constat, mais ne propose rien de précis pour y remédier.

Absence de plan de restauration détaillé

Jusqu'à ce jour, aucun plan de restauration détaillé n'a été rendu public et rien ne semble indiquer que des consultations publiques, ouvertes et transparentes auront lieu sur cet enjeu au cours des prochains mois. Le type de restauration à définir est pourtant fondamental dans une perspective de gestion durable et intégrée du territoire.

Risques à réévaluer

Plusieurs risques et incertitudes demeurent à mieux définir. C'est le cas, notamment, de la contamination possible des eaux souterraines, du compactage des argiles et de ses impacts potentiels sur les résidences, des risques d'effondrement de la route 117, ainsi que des risques de drainage minier acide à long terme. Sur ces enjeux, la commission renvoie la balle à la compagnie en recommandant qu'elle fasse davantage d'études.

Des questions sans réponse

À la lumière des informations disponibles actuellement, il n'est pas clair de qui des contribuables ou de la compagnie serait responsable d'assurer le remplissage de la fosse pendant les 12 à 24 années suivant la fermeture de la mine. Pourquoi, d'ailleurs, les coûts estimés pour chacun des scénarios de remplissage de la fosse ont gonflé de près de 200% entre décembre 2008 et le début des audiences publiques en mars 2009, rendant dès lors les scénarios beaucoup moins attrayants sur le plan économique? La coalition et plusieurs intervenants craignent que la fosse ne soit jamais restaurée et puisse servir à y déposer de futurs résidus industriels ou domestiques. De plus, qui des contribuables ou de l'entreprise serait responsable de rétablir la qualité des eaux souterraines en cas d'une contamination éventuelle? Enfin il reste à savoir pourquoi le rapport du BAPE reste muet sur la question du contournement probable de la route 117, qui est pourtant une préoccupation majeure de la population?

La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine! a vu le jour au printemps 2008 et est aujourd'hui constituée de plus d'une douzaine d'organismes représentant plusieurs milliers de membres au Québec. La coalition s'est donnée pour mission de revoir la façon dont on encadre et développe le secteur minier au Québec, dans le but de promouvoir de meilleures pratiques aux plans social et environnemental. La coalition juge essentiel d'engager et de maintenir un dialogue constructif avec les différents intervenants du secteur minier québécois, le gouvernement du Québec, de même qu'avec les communautés et les citoyens qui sont directement affectés.

Les membres actuels de la coalition: Action boréale Abitibi-Témiscamingue (ABAT) ▪ Association de protection de l'environnement des Hautes-Laurentides (APEHL) ▪ Coalition de l'ouest du Québec contre l'exploitation de l'uranium (COQEU)▪ Comité vigilance Malartic (projet minier Osisko)▪ Conseil central de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec ▪ Écojustice▪ Forum de l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM ▪ MiningWatch Canada▪ Mouvement Vert Mauricie▪ Nature Québec▪ Professionnels de la santé pour la survie mondiale▪ Regroupement pour la surveillance du nucléaire▪ Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE)▪ Société pour la nature et les parcs du Canada - SNAP-Québec▪»

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9 juillet 2009, 3:18
Faux et vrais scandales

C'est l'été. Et donc, ce qui remplit l'actualité laisse parfois pantois...

Comme ce faux «scandale» suite à la consommation, ou la non consommation d'une hostie par Stephen Harper lors des funérailles catholiques d'un ancien gouverneur général.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/200907/09/01-882690-harper-na-rien-fait-de-mal-en-acceptant-lhostie-affirme-larcheveque.php

Si on veut parler «religion» et politique, parlons plutôt d'un premier ministre socialement conservateur et obsédé par le clientélisme électoral ayant donné à plusieurs lobbys issus de diverses communautés de culte au Canada un accès privilégié à son gouvernement. Des lobbys qui, d'ailleurs, lui rendent très bien l'ascenseur. Autant dans l'urne que lors des levées de fonds pour le Parti conservateur...

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Maintenant, côté «vrai» scandale:

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/200907/09/01-882642-cancer-du-sein-nouveaux-tests-pour-2730-femmes.php

Le scandale, c'est celui, doit-on le répéter, d'un ministère de la Santé qui se traîne les pieds depuis des années dans le dossier de la pathologie au Québec.

Qui a préféré créer des comités de ceci et de cela, cherchant eux-mêmes à créer une nouvelle «structure bureaucratique», plutôt que d'exiger, clairement et simplement, que TOUS les laboratoires de pathologie au Québec se dotent d'un système reconnu et homologué de contrôle externe de qualité.

Des systèmes qui existent pourtant déjà depuis longtemps sur le marché pendant qu'au Québec, plus de la moitié des labos en ont aucun.

Pis encore, on apprend que même du côté du CHUM - un réseau d'hôpitaux UNIVERSITAIRES, et donc, dont on attendrait qu'il soit à la fine pointe de la rigueur en pathologie -, «certains» établissements s'étaient dotés seulement tout récemment de contrôle de qualité externe, mais sans évaluation de son taux de concordance.

Comme quoi - et je répète ce que j'ai écrit ce printemps sur ce blogue -, même si sa manière fut inélégante, le président de la Fédération des spécialistes du Québec, Gaétan Barrette, avait parfaitement raison de sonner l'alarme publiquement sur l'état de la pathologie au Québec. Et de soulever la possibilité tout à fait logique qu'avec autant de labos de pathologie dénués de tout contrôle externe de qualité, il puisse aussi y avoir eu des erreurs quant à d'autres types de cancer.

Question naïve: alors, il sert à quoi le méga ministère de la Santé?

Et comment se fait-il que contrairement au CHUM, les hôpitaux du réseau McGill avaient déjà leurs propres systèmes de contrôle externe? 

St-Mary's, par exemple, utilise celui du American College of Pathologists. 

Alors, pourquoi le CHUM a-t-il tant tardé?

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Autre «vrai» scandale qui perdure:

«La principale action du gouvernement pour lutter contre le décrochage scolaire depuis 2002 n'a pas donné les fruits escomptés, révèle une analyse préliminaire effectuée par une équipe de chercheurs. La stratégie d'intervention Agir autrement, à laquelle Québec a consacré plus de 200 millions depuis sept ans, n'a pas permis d'accroître significativement la persévérance scolaire dans les écoles participantes.» Voir:

http://www.ledevoir.com/2009/07/09/258382.html

Tenez, une autre question naïve: alors, il sert à quoi le méga ministère de l'Éducation?

Par contre, le «décrochage» n'est pas la maladie, mais un de ses symptomes.

La maladie, c'est le fait que cette petite société qui s'appelle le Québec se «permet» le luxe d'avoir un système d'éducation à deux vitesses.

Ce qui fait de lui le seul État sur ce continent à avoir des écoles dites privées, mais subventionnées à 60% par tous les contribuables, lesquelles sont en pleine expansion pendant que trop d'écoles dites publiques peinent à offrir une éducation de qualité. Et il est là, le décrochage. 

Et qui dit un système d'éducation à deux vitesses, dit un avenir à deux vitesses pour les Québécois: ceux qui auront reçu une éducation de qualité et ceux qui, dont les parents ont des moyens plus limités, en auront été privés.

Je sais qu'il existe encore de très bonnes écoles publiques. J'en suis moi-même un produit et j'en suis très fière.

Mais force est aussi de constater que les temps ont bien changé depuis la fin de mon secondaire V, il y a de cela déjà beaucoup trop longtemps...

Car, de toute évidence, les statistiques parlent haut et fort: plusieurs écoles publiques ne répondent plus aux besoins. Entre autres, par manque de ressources humaines et matérielles, par manque de programmes plus rigoureux et plus exigeants, par manque d'évaluations plus strictes, etc...

Et c'est pour cela que de plus en plus de parents optent, lorsqu'ils le peuvent, pour l'école privée.

Le tout, sans oublier que le taux de diplomation est encore inférieur chez les francophones par rapport aux anglophones.

Si tout ça, ce n'est pas un vrai scandale...






8 juillet 2009, 1:52
Merci Monsieur Archambault!

 

Raymond Archambault, c'est la voix qui rassure.

Ou enfin, qui rassurait. Puisque Raymond Archambault, LA voix du radiojournal de Radio-Canada depuis trente ans prendra ce vendredi «les chemins de la retraite» - pour reprendre sa propre expression.

Cette voix, elle va me manquer énormément. Trente ans, ça forme tout un lien de fidélité...

Cette voix est une des dernières grandes voix dans nos médias à maîtriser la langue française avec autant de rigueur, de précision et je dirais, aussi, d'amour et de respect.

Cette voix aura été portée par trente ans d'actualités au Québec, au Canada et dans le monde.

Trente ans qui, dans notre univers à nous, nous auront fait passer, entre autres, par deux référendums sur la souveraineté, un autre sur un projet d'entente constitutionnelle - auxquels la réponse fut toujours la même (NON); quelques récessions; la montée de la droite sous Reagan & Thatcher; la chute du mur de Berlin; l'éveil de la Chine; l'arrivée d'Internet; le 11 septembre 2001; l'élection du premier président américain noir, etc., etc., etc...

Cette voix aura aussi traversé une période de changements profonds dans ce qu'on appelait les «affaires publiques»... La réduction lente, mais certaine des émissions et longs reportages d'analyse; la montée de l'«opinion» et la multiplication, à l'américaine, de «commentateurs» colorés politiquement; une concentration de la presse tout à fait exceptionnelle pour une société aussi petite que celle du Québec; etc., etc. etc...

Bref, cette voix, elle me manquera. Pour elle-même.

Mais aussi pour ce qu'elle aura représenté aussi longtemps, et semble vouloir nous échapper peu à peu. Ici comme ailleurs.

Bonne retraite Monsieur Archambault. Et merci pour tout.

En espérant que ce départ, comme vous le disiez en ondes ce midi, ne sera qu'un au revoir...

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Petit souvenir délicieux:


http://archives.radio-canada.ca/societe/celebrations/clips/15088/




7 juillet 2009, 7:34
La mort en direct

Michael Jackson aura eu de ces morts qui n'en finissent plus de finir. À la une de tous les journaux, partout sur Internet et les réseaux d'information continue, sa mort, en bout de piste, aura marqué son véritable comeback.

Dans ce tourbillon médiatique (*), sa mort-surprise aura éclipsé l'élection volée en Iran, le G-8, la démission de Sarah Palin et la tuerie de musulmans en Chine. Le Paris Match a même décrété que si "le deuil est national", le "drame", lui, est "universel"... Vraiment?

On a comparé ce deuil planétaire à ceux ayant suivi les décès de Lady Diana et d'Elvis. Pourtant, cette mort a ceci de très particulier qu'elle se vit à l'ère où plus rien, ou presque, n'est privé. L'ère où des millions d'humains vivent le nez collé sur un écran quelconque. Où cellulaires et caméras captent et diffusent instantanément presque tout. Même un Michael Jackson agonisant sur une civière. Même son corps, en direct, comme momifié dans un drap blanc et transporté en hélicoptère de l'hôpital au coroner. Ne manquait plus que l'autopsie diffusée live en haute définition...

C'est la mort en direct.

Et puisqu'un spectacle, ça doit être joyeux, des voix s'élevaient pour demander qu'on cesse de parler de sa prise de médicaments ou de sa tendance à dormir à Neverland avec des petits garçons. Qu'on se concentre sur l'œuvre de l'artiste. Était-ce un réflexe de dénégation? Ou simplement un brin de compassion et de sentiment de culpabilité face à la condition humaine? Le tout venant néanmoins un peu tard.

Car Michael Jackson, comme Elvis, était de ces mégastars, de ces talents gargantuesques, qui se sont littéralement désintégrés sous nos yeux pendant qu'on faisait semblant de ne rien voir. Les médias ont fait comme si de rien n'était. Les fans, eux, se précipitaient pour acheter leurs billets à gros prix dès que leur idole exploitée, malade, droguée par des médecins-pushers et entourée de sangsues, remontait péniblement sur scène.

Dans ses derniers spectacles, même dans sa jeune quarantaine, Elvis était pourtant de toute évidence un mort-vivant. Dénaturé depuis des lunes par son gérant de cirque, gros, bouffi, la voix faiblarde, les yeux vitreux et remplis d'une tristesse abyssale. Comme s'il demandait presque à être achevé en direct, devant tous les monsieurs et les madames refusant de s'en rendre compte. On achève bien les chevaux...

Et Michael Jackson? Dangereusement maigre, il tenait par de puissants antidouleurs. Vu par la communauté afro-américaine comme celui ayant fait sauter plein de barrières pour les artistes noirs, ironiquement, il aura rendu l'âme avec un visage rendu méconnaissable par de multiples chirurgies plastiques qui l'ont métamorphosé en une créature androgyne aussi blanche que la porcelaine. Tout pour ne plus se ressembler. Tout pour quitter sa souffrance existentielle. Au point de s'être même assuré que ses trois enfants seraient aussi blancs qu'il l'était devenu lui-même au fil des ans.

Et que dire de la responsabilité du père? Un homme violent, qui battait ses enfants et monnayait le petit Michael sur toutes les scènes comme une marchandise. Qui sait entre quelles mains malveillantes s'est peut-être retrouvé le jeune Michael pendant que papa était occupé à compter ses lingots?

La vérité est qu'on s'en foutait royalement. Pourtant, on n'aurait pas laissé un animal souffrir de la sorte en public. On aurait appelé la SPCA ou Brigitte Bardot. Mais comme pour Elvis, l'important était de les voir "performer". Ce mardi, d'une certaine manière, il aura donné son dernier spectacle de l'intérieur de son beau cercueil doré. On pouvait presque l'entendre dire de sa voix toute douce: "I'd like to thank God and all my fans. I love you. I really do!".

LE RITUEL PLANÉTAIRE

Cette mort fut un véritable deuil planétaire - ce que les "experts" appellent un moment de "communion"! Sociologiquement parlant, je dirais qu'on assiste plutôt à un certain paradoxe occidental.

Celui de sociétés où, d'un côté, des hordes de gens en larmes déposent des fleurs en mémoire d'une "personnalité" en étreignant de purs étrangers pour mieux partager leur peine. Et, de l'autre côté, où les rituels entourant la mort et le deuil des proches sont aseptisés, vidés de leur sens et expédiés à la vitesse de l'éclair. Pas toujours. Mais de plus en plus souvent.

Quant au rôle des médias, dans les faits, ils n'ont rien inventé. Ils ne font que transmettre un des plus vieux spectacles du monde: celui de sujets pleurant la mort de leur pharaon, leur roi, leur reine, leur princesse, ou aujourd'hui, de leurs stars... Surtout lorsque leur vie et leur mort confirment qu'aucune fortune ne peut protéger d'un destin tragique.

Sur une note plus universelle, William Shakespeare a résumé le tout ainsi: Le monde entier est un théâtre, et tous les hommes et les femmes n'en sont que les acteurs. Ils ont leurs sorties et leurs entrées. Et l'homme joue plusieurs rôles en son temps...

Voilà qui est vrai pour Michael Jackson. Mais aussi, pour vous et pour moi.

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(*) Pour voir comment la folie médiatique et le lancer chronique d'hyperboles s'emparent aussi de certains élus américains prêts, semble-t-il, à déifier Jackson:

http://www.nytimes.com/2009/07/09/opinion/09collins.html?_r=1&ref=todayspaper

 


6 juillet 2009, 3:58
«Tirer la plogue»?

 

Tout le monde le sait. Le Parti libéral du Canada se prépare pour une élection possiblement automnale....

Son chef, Michael Ignatieff, multiplie les barbecues et les discours à travers le pays.

Au Québec, comme les autres chefs fédéraux, il s'est fait voir à la Fête nationale et en a même profité pour courtiser Jean Charest.

Mais, évidemment, c'est surtout son lieutenant provincial, Denis Coderre, qui fait le tour du Québec.

http://www.ledevoir.com/2009/07/06/258001.html

Se préparant pour octobre, M. Coderre a déclaré: «Si on n'est pas content, on tire la plogue, si on n'a pas respecté les gens et que l'argent ne va pas où il doit aller, on tire la plogue et on va être prêt à aller en élections cet automne»...

Mais il a oublié d'ajouter que le PLC aura surtout besoin du Bloc et du NPD pour «tirer la plogue» sur Stephen Harper...

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Une chose m'a toutefois plus frappée:

Soit la tentative du PLC de «tourner» contre Harper l'usage répété de publicités négatives à l'américaine par les Conservateurs, que ce soit lorsqu'il le font contre les Libéraux ou même contre le Bloc!

Il y a là un changement majeur par rapport à l'approche de Stéphane Dion face à ce type de publicités.

Alors que Stéphane Dion refusait de répliquer ou de les dénoncer, s'attendant à ce que les Canadiens les rejettent spontanément (ce qui n'est pas arrivé!), Iggy, lui, ne prend aucune chance!

Surtout, il tente de s'en servir pour créer un effet de contraste entre ce qu'il présente comme étant l'approche ««divisive» /sic/ de Harper et la sienne, cherchant plutôt, selon Iggy, à «unir» les Canadiens au-delà des lignes partisanes...


Eh oui. Vous l'aurez remarqué: une «ligne» parfaitement obamesque...

 




2 juillet 2009, 6:30
Les deux Jean Charest

Plus ça va, plus l'impression s'installe qu'il y aurait, en quelque sorte, deux Jean Charest.

D'un côté - le Jean Charest «mondialisé bienheureux».

Celui qui adore faire dans l'«international» - surtout avec les Européens -, dans l'«interprovincial» et le «fédéral-provincial» avec ses homologues provinciaux et fédéral; dans l'«interétatique» avec certains États américains.

Bref, il y a le Jean Charest qui n'est jamais aussi heureux, épanoui et efficace que lorsqu'il fonctionne comme le ferait un premier ministre fédéral...

Voir: http://www.ledevoir.com/2009/07/02/257466.html

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Et de l'autre côté, il y a un Jean Charest fort différent: le «provincial récalcitrant».

Celui qu'on voit poindre lorsqu'il s'occupe d'affaires strictement «provinciales».

Comme les FIERS; la Caisse de dépôt; les règles d'éthique pour les élus; la question linguistique laissée de côté; la Ville de Montréal laissée de côté; etc., etc., etc...

Voir, entre autres: http://www.ledevoir.com/2009/07/02/257426.html?fe=7141&fp=188263&fr=156477

http://www.ledevoir.com/2009/07/02/257464.html

Un peu comme si, dans ce rôle, disons, plus restreint, l'intérêt, l'efficacité, la rapidité d'exécution - la passion, quoi -, étaient beaucoup moins au rendez-vous...

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L'ART DE TOURNER EN ROND:

Et maintenant, l'art de «tourner en rond» dans une entrevue proprement surréaliste.

Le même dialogue de sourds, les mêmes clichés respectifs qui viennent inévitablement dans toute «discussion» entre un nationaliste et un média canadien-anglais, dès que ça porte sur un statut spécial pour le Québec, ou sur l'affirmation nationale, ou sur l'étapisme.

Soit sur tout ce qui place le Québec en situation potentielle de négociation tout en restant à l'intérieur de la fédération.

Depuis l'échec de Meech, la cause est pourtant entendue: le reste du Canada n'en veut pas. Un point, c'est tout.

 Depuis 1990, c'est une donnée incontournable de la dynamique politique canadienne. On peut s'en réjouir, ou s'en désespérer. Mais c'est un fait.

C'est un fait aussi au PC et au PLC. Pour longtemps. Très, très longtemps.

Ce qui explique pourquoi même le PLQ n'avance aucune revendication de ce type. Reste maintenant au PQ à le comprendre...

http://www2.macleans.ca/2009/07/02/macleans-interview-louise-beaudoin/