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Voix publique
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Pour voir juste sur ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les palais et les parlements du Québec, du Canada et du monde, suivez les analyses politiques percutantes de Josée legault sur son blogue.
septembre 2009 - Messages
30 septembre 2009, 4:29
Clair comme de l'eau de roche

C'est clair comme de l'eau de roche: l'influence du Québec au sein de la fédération canadienne fout de plus en plus le camp.

Certains s'en réjouiront. D'autres s'en désoleront. Mais seul un troupeau d'autruches professionnelles prétendrait le contraire.

Quelques indices:

1) En démissionnant avec fracas de son poste de "lieutenant québécois" de Michael Ignatieff, Denis Coderre dénonçait la "garde rapprochée torontoise" du chef libéral, incapable de "comprendre ce qui se passe au Québec". Pourtant, conseillers, avocats et financiers "torontois" en menaient déjà large sous Paul Martin et Stéphane Dion.

2) Autant le chef libéral que le premier ministre conservateur fonctionnent avec très peu de Québécois dans leur cour immédiate.

3) Sous prétexte de mieux "refléter" la croissance démographique de certaines provinces, le gouvernement Harper s'apprête à tenter d'augmenter le nombre de sièges à la Chambre des communes de 308 à 342. S'il réussit, le Québec n'aurait toujours que 75 sièges. Mais l'Ontario passerait de 106 à 127, l'Alberta, de 28 à 34 et la Colombie-Britannique, de 36 à 43. Le Québec verrait donc son poids politique au sein du Parlement glisser de 24,3 % à 21,9 %.

Pour Harper, l'objectif est double. Il se rapprocherait d'une majorité en augmentant le nombre de sièges en Alberta et en C.-B. Même en Ontario, où ses appuis grimpent hors des grands centres urbains. Le tout, bien sûr, sans le Québec. Si l'on ajoute son intention d'éliminer le financement public des partis s'il est réélu, le PLC et le Bloc s'en trouveraient d'autant plus affaiblis.

QUELQUES RAISONS

Quelle est la raison de cette perte d'influence? La réalpolitik. Hormis quelques paranos patentés, à Ottawa, on ne croit tout simplement plus à la possibilité d'un troisième référendum au Québec. De fait, le PQ affirme depuis des années ne plus vouloir en tenir un sans une garantie bétonnée de victoire. Ce qui sent les calendes grecques. Quant au PLQ, depuis Meech et Charlottetown, il n'ose plus rien demander, de peur de provoquer un autre "refus" du Canada anglais et, donc, une montée de la souveraineté. La recette parfaite pour une impasse.

Résultat: la peur du PQ de perdre un référendum combinée à la peur du PLQ d'en provoquer un font que plus personne à Ottawa n'a peur du PQ ou du PLQ! Bonjour le rapport de force... Ottawa peut donc se contenter d'offrir une reconnaissance purement symbolique de la "nation" québécoise. En plus, non seulement personne ici ne s'en plaint, mais tous les partis s'en sont même félicités.

Cette réalpolitik, à laquelle il faut ajouter la résilience du Bloc, fait que les chefs libéraux et conservateurs ont de moins en moins besoin de conseillers québécois. Le What does Québec want? les intéresse de moins en moins parce que la question du Québec menace de moins en moins la pérennité du Canada. Sans compter que son poids politique et démographique au sein du pays amorce en même temps un déclin certain. Quant au "cas" Ignatieff, avouons aussi que sa méconnaissance du Québec est proprement abyssale...

PIERRE FALARDEAU: UN HOMME UNIVERSEL

Et toi, qu'en dirais-tu, mon cher Pierre? Si je pouvais encore avoir le plaisir de piquer une bonne jasette avec toi sur l'avenue du Mont-Royal, je suis pas mal sûre que tu me dirais quelque chose comme: "C'est bien beau tes analyses, Josée. Pis j'aime bien ça les lire, tu le sais. Mais c'est juste une preuve de plus que si le Canada est un bien beau pays, qu'est-ce que tu veux que je te dise, c'est juste pas le mien. C'est juste pas le nôtre. Ils donnent rien. Les gagnants donnent rien! Mais c'est justement parce qu'ils donnent rien qu'un jour, ça passera plus." Pierre, tu ne perdais jamais espoir.

Et comme d'habitude, nous entendant jaser et nous obstiner gentiment quelque part entre la Caisse pop et la boulangerie, des passants se joindraient à notre discussion. Comme d'habitude, ils seraient vachement impressionnés de parler avec Pierre Falardeau - un homme qu'ils aimaient parce qu'ils sentaient tout de suite combien tu les aimais, toi, sans même les connaître. Jamais tu n'as fait sentir à qui que ce soit qu'il ne valait pas ton temps. Si je te disais "généreux" de ta personne, je commettrais un euphémisme scandaleux...

Pierre, tu es un homme universel. Et on ne te l'a pas assez dit. Ton universalité prenait racine dans ton amour et ton respect pour ton propre peuple, avec ses forces et ses faiblesses. Après tout, comment aimer le reste du monde si on déteste ce qu'on est?

Tu le sais, j'aimais te dire que tu es doux comme un agneau, mais pas mouton pour deux sous! Comme ton grand ami et complice, Julien Poulin.

Au revoir, Pierre. Tu vas me manquer. Tu vas nous manquer terriblement. Avec Gaston Miron et d'autres, ça commence à en faire pas mal trop de cette trempe qui sont passés de l'autre bord de la vie.

(*) À redécouvrir: son dernier Elvis Gratton: La Vengeance d'Elvis Wong. Descendu en flammes par les critiques, c'est en fait un regard dévastateur et monty pythonesque sur les médias québécois, la convergence à la sauce Power & Quebecor, de même que sur l'uniformisation de l'"information". Ce que Bob Gratton, devenu patron de Gesca pour le film (!), appelle d'ailleurs de la "formation"...


30 septembre 2009, 1:37
Les économistes à cravate

 

Rien de pire pour l'intelligence que de devoir subir, collectivement, le tir groupé de ce que j'appellerais maintenant les «économistes à cravate».

Vous savez bien? Ceux qui, se défendant bec et ongles d'être «idéologiques», le sont pourtant clairement. Car de fait, ils penchent toujours à droite. Les Montmarquette, Fortin, Facal, l'Institut économique de Montréal, les Lucides, Cirano, et on en passe.

Depuis des années, ces économistes à cravate dénoncent ces pauvres inconscients que nous sommes, trempés jusqu'au cou, semble-t-il, dans une espèce de «culture de la gratuité» qui nous ferait croire, pauvres ignares, que les services publics, on ne sait trop comment ni pourquoi, seraient «gratuits»!

Donc, pour mieux nous «rééduquer», il faudrait, selon eux, prenant prétexte d'un déficit purement conjoncturel, hausser considérablement une pléthore de tarifs gouvernementaux.

Comme si de payer déjà des impôts, ou d'être trop pauvres pour le faire (!), c'est selon, ne suffirait pas à nous faire voir la «lumière» des Lucides de ce monde.

Et maintenant, comme je le prédisais d'ailleurs dès le mois d'août dans les pages de The Gazette, le gouvernement Charest entend, lui aussi, nous «rééduquer».

http://www.montrealgazette.com/news/Sacrifice+back+Quebec+political+agenda/1914612/story.html

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Prenant les contribuables pour des valises, des ministres disent même que l'important est de trouver la manière de «payer pour la santé». Les mêmes qui, en passant, ferment les yeux ou légifèrent carrément pour ouvrir de plus en plus grande la porte au privé en santé...

Cherchez l'erreur.

Pour mieux nous rééduquer, il semble donc qu'on devra payer plus cher encore pour l'hydro-électricité. Et tant qu'à y être, abolir carrément le bloc patrimonial.

Mais pourquoi arrêter là? Ajoutez dix coups de fouet par famille, et ce sera encore plus efficace!

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Et tant qu'à rééduquer, il paraît, du moins selon les économistes à cravate et le gouvernement, qu'en payant plus cher pour nous chauffer et nous éclairer, indépendamment de notre revenu, ça nous apprendra, irresponsables chroniques que nous sommes, à ÉCONOMISER l'électricité.

Pour la classe moyenne, les travailleurs à petits revenus et les pauvres, ce sera quoi alors? Descendre le chauffage l'hiver à 62 degrés? Se coucher avec un manteau? Arrêter de prendre une douche par jour par personne? Plastifier les fenêtres ET les murs intérieurs?.... C'est quand la dernière fois que Jean Charest ou Raymond Bachand ont dû s'acheter des plastiques pour leurs fenêtres chez Rona et les installer? Et qu'ils ont constaté que le vent passait quand même... On veut des dates.

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Ah, mais ils promettent des «mesures compensatoires» pour palier le tout. Si vous les croyez, vous êtes mûrs pour croire aussi au Père Noël.

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Et puis, que nous disent les économistes à cravate: même en Italie, on paye l'électricité moins cher qu'ici! Une vraie honte. Comme s'il y avait de gros hivers à Rome ou à Venise...

Se moquant de l'intelligence des gens, les économistes à cravate affirment même, la main sur le coeur, que le bloc patrimonial, dans les faits, «subventionnerait» les plus riches en leur permettant de consommer à moindre coût.

Pourtant, dans ce cas-là, la solution est simple.

Si on voulait vraiment cesser de «subventionner» les plus riches (et faudrait voir ce qu'être «riche» veut dire au Québec), on retirerait au moins les baisses d'impôts des derniers 15 ans qui les ont systématiquement favorisés pour plus de 10$ milliards.

On leur demanderait plus que 7$ par jour pour faire garder leurs gentils rejetons par l'État.

On leur demanderait les mêmes 20,000 à 25,000$ par année que coûtent aux parents les écoles vraiment privées, non subventionnées, de l'Ontario. Etc., etc, etc....

C'est pas comme si les idées manqueraient.

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Des fois, franchement, il y a de quoi à se demander dans quelle bulle vivent les économistes à cravate?

Une bulle proprement idéologique.

Et ce, même s'ils le nieront jusqu'à ce qu'ils aient réussi à réduire suffisamment à leurs yeux le rôle de l'État dans la redistribution de la richesse.

Pendant ce temps, les gouvernants s'apprêtent à pomper, les yeux fermés, 42 milliards de nos dollars dans des infrastructures SANS procéder au préalable à une enquête en profondeur sur les liens possibles entre l'industrie de la construction, certains syndicats et le crime organisé...

Et où sont les économistes à cravate pour dénoncer cela?

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Terminons sur quelques autres questions, comme ça :

- Si on augmente les tarifs de la population en général, va-t-on aussi le faire pour les blocs d'énergie vendus à des entreprises dans les contrats secrets?

- Quel sera l'impact de la perte de l'avantage comparatif dont le Québec jouit avec ses tarifs d'électricité plus bas à la population et aux entreprises en général ?

- Quel sera le coût en terme d'émission de carbone du ralentissement de la conversion du chauffage à l'électricité, une énergie propre, puisque ses coûts augmenteraient de manière notoire?

- Qui, ou quelles compagnies, auraient intérêt dans cette politique ?

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Et on aurait nationalisé l'hydro-électricité pour en finir là?

On croirait presque que plus les tarifs augmenteraient, plus ça rendrait Hydro-Québec un jour «vendable» /sic/ au privé...

Une vulgaire «théorie de complot de la go-gauche», vous dites?

Voyez plutôt ceci:

http://www.iedm.org/main/show_mediareleases_fr.php?mediareleases_id=187




29 septembre 2009, 12:29
Harper: un homme chanceux

 

On pourrait dire que Stephen Harper est un homme chanceux.

Ou du moins, que sa survie politique repose sur une combinaison de volontarisme et de chance:

Côté «volontaire»:

Un cas avancé de stratégite aigüe.

Pendant que la «droite» canadienne demeure unie depuis la fusion de l'Alliance canadienne et du Parti conservateur, le centre - ou, si vous préférez: tout ce qui est à «gauche» de Harper - demeure irrévocablement divisé. PLC, NPD et Bloc... Et depuis que Michael Ignatieff est devenu chef du PLC, Exit toute possibilité même d'une coalition.


Côté «chance»;

Dans le département du «on est toujours fort de la faiblesse de nos adversaires»: disons qu'avec Paul Martin, Stéphane Dion & Michael Ignatieff, ça fait tout de même trois chefs ineptes de suite à la tête du Parti libéral du Canada.

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Ce qui nous ramène au dénouement spectaculaire de la guéguerre Martin Cauchon-Denis Coderre pour le contrôle du comté d'Outremont et surtout, du territoire québécois du PLC.

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/200909/28/01-906194-coderre-quitte-son-poste-de-lieutenant-politique.php

Denis Coderre ayant raison sur le fond: la garde torontoise d'Iggy a nettement plus l'oreille du chef libéral que ses troupes «locales». What else is new? Puisque tel était aussi le cas pour Paul Martin ET Stéphane Dion...

Mais la garde torontoise a aussi raison de voir en Denis Coderre un petit lieutenant qui se prend déjà pour le général et qui, de surcroît, ne se choisit pas nécessairement les meilleurs soldats pour monter au front électoral...

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Autre observation:

La politique étant souvent une question de «perception» plutôt que de substance, l'ironie est que si Iggy était déjà vu comme un chef «fort», la «démission» d'un Coderre et de sa cour immédiate serait sûrement vue comme la résultante d'un chef ayant su se débarasser d'un petit lieutenant «provincial» à l'égo gonflé à l'hélium...

Mais dégageant de plus en plus l'impression qu'il est un chef au leadership problématique, la démission d'un Coderre en devient le reflet. De même que celui d'une lutte interne qui se perpétue entre les clans Martin et Chrétien par autres personnes interposées...

D'autant plus que cette guégerre bien locale a déjà des échos importants dans le reste du Canada...

Ce que Iggy ne semble pas trop voir.

Se pourrait-il que le chroniqueur Rick Salutin ait peut-être mis le doigt sur un certain bobo lorsque, avec un certain brio, il arguait vendredi dernier dans le Globe and Mail que le handicap principal d'Iggy serait son «narcissisme» politique? Et donc, son incapacité à se sentir concerné par ce qui arrive autour de lui...

http://v1.theglobeandmail.com/servlet/ArticleNews/TPStory/LAC/20090925/COSALUTIN25ART2003/Columnists/Columnist?author=Rick+Salutin

Ce que, par un pur hasard, cette citation tirée de l'article fraîchement posté par sa collègue journaliste, Jane Taber, semble illustrer:

«In an interview published this past weekend in Britain's Observer newspaper - that seems now to have been timed with precision - Mr. Ignatieff reflected on the bruising world of political life. «I married the right woman. That has turned out to be the most important single fact. I'm not going to die out there if people don't like me because there's someone at home who thinks I'm okay. I can't put it more directly than that."

http://www.theglobeandmail.com/news/politics/party-rifts-exposed-ignatieff-must-rebuild/article1304795/

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Vous ais-je dit que Stephen Harper était un homme chanceux?...

 


26 septembre 2009, 9:04
La mort d'un patriote

 

Pierre Falardeau est mort. Le cancer. Encore. 

Je ne veux pas le croire. Colère et peine.

Ça se précipite. Trop de souvenirs, trop de moments mémorables, trop de regards complices échangés, trop de discussions enjouées et passionnées au fil des ans me reviennent au coeur et à la mémoire pour que je puisse vous en dire quoi que ce soit en ce moment.

Peut-être demain. Peut-être.

Quatre choses seulement pour le moment:

Comme tant de Québécois, je t'aime Pierre.

Toutes mes pensées et condoléances vont à ta conjointe et tes enfants, que tu adorais, de même qu'à tes amis fidèles. 

Repose en paix.

Et, si tu le veux bien, tu prendras Gaston Miron dans tes bras de ma part.... Dis-lui que j'ai conservé sa lettre précieusement... Il comprendra.

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Mardi, 29.09.09: les informations pour les funérailles viennent d'être rendues publiques:

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/nouvelles/nouvelle-cinema/9567-Les-funrailles-de-Pierre-Falardeau-auront-lieu-samedi.html


 


26 septembre 2009, 12:12
La mort d'une sirène

 

Le rapport d'autopsie saura dire si oui ou non, Nelly Arcan se sera donné la mort.

Je ne la connaissais pas «personnellement», comme on dit dans le milieu des communications, autre que de l'apercevoir de temps en temps dans ce quartier qu'on partageait avec tant d'autres.

Mais comme pour toute mort prématurée, on craque. On encaisse, mais on reste muet.

Et s'il advenait que c'était en effet un suicide, on ne pourra, comme pour tous les suicides, que penser à la profonde souffrance de l'âme et de l'être qui l'aura précédé.

Et on se murmurera peut-être un mot: espoir. On se demandera comment il fait, depuis la nuit des temps, pour échapper aux uns et, parfois, en sauver d'autres.

On réalisera qu'il n'existe dans les faits aucune réponse à cette interrogation.

Une de mes chroniques préférées de Madame Arcan, de son nom de plume, était celle, superflue d'apparence, sur l'astrologie. Mais surtout, sur la fascination qu'elle exerce sur plusieurs femmes.

Son propre signe, le Poisson, lui avait inspiré ce passage, avec, bien entendu, une solide dose d'ironie:

«Personne n'en veut jamais au Poisson. Il émet des bulles. Il passe son temps à rêver, en silence, dans les algues de la vie, en attendant d'être mangé par un Lion, un Taureau, ou un Scorpion. Tout le monde s'entend bien avec le Poisson. Il parle peu ou pas du tout. Il est créatif et intelligent, mais, devant l'adversité de tous les autres signes, surtout s'ils chargent ou rugissent, le Poisson fuit. Le Poisson est neutre (nul) et c'est en fonction de cette neutralité (nullité) qu'il jouit d'une immunité. Un ticoune.»

«Nulle»? Surtout pas. Tout sauf.

«Poisson»? Plus précisément une sirène.

Dans tous les sens du mot...

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Mes plus sincères condoléances à la famille et aux amis de Nelly Arcan.

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24 septembre 2009, 11:35
Sujet tabou à Montréal

 

La «question linguistique» - un sujet dont vous risquez fort de ne PAS entendre parler pendant la campagne électorale pour la mairie de la métropole du Québec...

C'est comme si elle n'existait tout simplement plus...

Et en voici un exemple, parmi d'autres...

 http://www.vigile.net/Un-conseiller-crie-a-l-injustice

 

 


23 septembre 2009, 4:51
À qui profite le crime?

On ne s'en sort pas. La saga des compteurs d'eau soulève des questions qui transcendent les frontières de Montréal. Des questions qu'on ne peut pas ignorer. Il en va de la gestion des fonds publics. De l'éthique et de l'imputabilité des élus. Donc, de la qualité de notre démocratie.

Pourquoi? Parce que l'odeur qui se dégage de cette boue sent mauvais. Très mauvais. Parce que ce contrat n'est que l'exemple le plus spectaculaire d'une série de scandales et d'un laisser-faire en matière d'éthique publique à la "tout-le-monde-le-fait-fais-le-donc". Autant à Montréal qu'à d'autres paliers de gouvernement. On se croirait en pleine régression tranquille.

En voici les principales manifestations. Primo: la "sous-traitance" par des élus de la gestion des taxes et impôts à des firmes privées dans le processus d'attribution de contrats publics. J'en parle ici depuis des mois. Un processus devant pourtant relever des élus. Quant au privé, par définition, il n'a rien à cirer du bien commun, recherche le profit maximal, protège ses intérêts et ceux des firmes amies qu'il "choisit". La relation est taillée sur mesure pour produire des conflits d'intérêts et du trafic d'influence entre élus, entrepreneurs et, parfois même, semble-t-il, le crime organisé!

Secundo: ce délestage de responsabilités au bénéfice du privé rend les élus de moins en moins imputables. Ce qui affaiblit la démocratie. Ex.: le maire Gérald Tremblay continuant d'ânonner "je ne savais pas", "on ne m'a pas informé" et "je ne me souviens pas". Si c'est vrai, c'est grave. Si c'est faux, c'est dramatique.

Tertio: sur l'éthique, les "élites" étant tricotées plus serré ici qu'une ceinture fléchée, il arrive des périodes de relâchement où les retours d'ascenseurs se multiplient tout à coup entre le privé et le politique. Les mêmes firmes obtiennent les gros contrats. Et les contribuables épongent les dépassements de coûts dans ce système devenu, ou redevenu, sourd, muet et aveugle.

Le rapport du vérificateur général (VG) de la Ville de Montréal sur le contrat des compteurs d'eau en dit ceci: "Notre enquête a révélé que certaines rencontres étaient planifiées, donc dans l'agenda, avec la Ville et les partenaires externes impliqués dans le projet (...), ces informations amènent un doute sur les liens de promiscuité entre ces personnes et sur l'influence que ces rencontres auraient pu avoir sur le déroulement du projet." "Promiscuité"? Au Québec, c'est un euphémisme...

Le VG parle d'un processus d'appel d'offres tronqué pour empêcher toute concurrence entre soumissionnaires. Ah, qu'en termes galants ces choses-là sont mises! Ça rappelle que pendant le processus d'octroi, l'ancien bras droit du maire, Frank Zampino, avait séjourné sur le yacht de son copain Tony Accurso, dont le consortium avait obtenu le fameux contrat, et que Zampino s'était ensuite trouvé un poste moelleux chez Dessau, une des deux firmes du même consortium.... Pourtant, en avril, le maire s'exclamait que le contrat avait été donné "dans les règles de l'art".

POLICE SECOURS

Ce n'est pas pour vous faire peur, mais s'il y a eu autant de manquements dans l'octroi d'un contrat d'un demi-milliard de dollars, on n'ose imaginer comment ça se passe pour des contrats plus modestes...

Pour les citoyens, deux questions subsistent. Était-ce de l'incompétence, de la corruption, ou un mélange des deux? Et surtout, POURQUOI des élus se sont-ils délestés de leurs responsabilités et ont-ils castré leur propre fonction publique dans le processus d'attribution des contrats en le sous-traitant au privé? Pour reprendre la formule classique: à qui profite le crime? Ou, pour le dire en termes de science politique: les intérêts de qui cela a-t-il servi?

Car le maire a beau dire maintenant, en catastrophe, qu'il "reverra" le rôle du privé, c'est son administration et la précédente qui lui ont ouvert toute grande la porte. Même chose au niveau provincial.

Mais comme les pouvoirs du VG sont limités, il remet le tout à la Sûreté du Québec. Une autre enquête policière sur la gestion de nos impôts? Rassurant....

Ce qu'on dit peu, c'est qu'il existe aussi une composante bien canadienne dans cette manie de pelleter les scandales dans la cour de la "police" plutôt que de sévir contre l'éthique élastique, le copinage et la dilapidation des fonds publics,. Ex.: le scandale des commandites. Une poignée de petits mercenaires ont pris le chemin de la prison. Mais les politiques restent intouchables. Ce pelletage, on le voit aussi à Québec. Le gouvernement "attend" que la police enquête sur une possible collusion entre le crime organisé et l'industrie de la construction. Et ce, même s'il s'apprête à "distribuer" plus de 40 milliards de dollars en contrats d'infrastructures! Maman, on a peur!

Voici d'ailleurs ce qu'observait récemment dans The Gazette William Weintraub, un journaliste montréalais retraité de 83 ans, qui a vu neiger. Son analyse est d'une justesse dévastatrice: "L'attitude de laisser-faire nous revient en plein visage. On aurait besoin d'avoir des condamnations pour corruption, mais ce n'est pas ce que nous obtenons - nous avons des enquêtes! C'est ça, le système canadien (...). Quelque chose cloche et nous créons une commission royale ou demandons une enquête policière, et ça met le couvercle sur la marmite. On ne peut plus en parler pendant que l'enquête se fait (...). Puis on finit par perdre le fil des histoires et on passe tout simplement au prochain scandale."

Bref, la police est devenue le dernier alibi des élus lorsque vient le temps de justifier leur inaction dans des dossiers où l'éthique se fait aussi rare qu'un palmier à Kuujjuaq...


22 septembre 2009, 11:31
Le maire amnésique

 

En attendant ma chronique hebdomadaire portant sur le rapport du Vérificateur général de la Ville de Montréal sur le contrat des compteurs d'eau - «À qui profite le crime?» -, laquelle paraîtra dans le Voir version papier ce jeudi, et ici, en ligne, ce mercredi après-midi, j'aurais une toute petite question pour vous:

À écouter Gérald Tremblay s'entêter à dire qu'il ne «savait pas», qu'il n'était «pas informé» ou qu'il ne se «souvient pas» d'en avoir été informé, ne trouvez-vous pas que le maire commence sérieusement à faire penser au personnage de Chauncey Gardiner, joué par l'éternel Peter Sellers, dans le film Being There?

(Et dont le titre en français était Bienvenue, Mister Chance...)

Bref, un peu comme le VRAI jardinier, Pierre Bourque, surtout dans ses derniers mois à la mairie, y ressemblait aussi... Un peu perdu dans sa bulle et inconscient de la réalité autour de lui...

Si j'étais Marcel, le frère de Gérald Tremblay, je prêterais mes fameux «crampons» au maire!

Il risque d'en avoir vachement besoin pour traverser sans tomber la campagne électorale qui ne fait que commencer...

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http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/200909/22/01-904396-tremblay-annule-le-contrat-des-compteurs-deau.php




21 septembre 2009, 1:07
Où est Stéphane Dion?

 

Croyez-vous que Thomas Mulcair - le populaire député néo-démocrate d'Outremont -, est aujourd'hui mort de rire?

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/200909/21/01-903794-cauchon-veut-se-presenter-dans-outremont.php

Mort de rire en voyant que même si Michael Ignatieff vient de «trancher» contre Martin Cauchon, cette chicane prise au PLC entre Denis Coderre et Martin Cauchon risque de laisser des traces dans l'organisation du comté?

Bref, mort de rire en constatant qu'il reste encore quelque chose de la guerre des clans Chrétien-Martin?  

Michael Ignatieff étant du sérail Martin, et Cauchon étant du sérail Chrétien? (Quant à M. Coderre: oui, Jean Chrétien l'a recruté, mais il est surtout devenu un fidèle inconditionnel d'Iggy et est d'ailleurs son «lieutenant» au Québec.)

Bien sûr, on nous dit que les «gens» du chef libéral auraient approché M. Cauchon il y a de cela quelques mois. Mais l'important est, qu'en bout de piste, il a tranché contre sa candidature.

À Toronto, M. Ignatieff a donné comme raison qu'il voulait des candidatures «féminines»....

Jolie intention, seulement si cela était vraiment le cas... Car, comme le rappelait le journaliste Maurice Godin sur les ondes de Radio-Canada, le fait est que le chef libéral a déjà dit non à quelques bonnes candidatures féminines. Et se préparerait même à tenter de dégommer quelques députées actuelles...

Et, peut-être que M. Mulcair est également mort de rire en voyant le chef libéral dire non à un candidat aguerri au bénéfice d'une néophyte?...

 

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Et parlant de guerre des clans, même larvée, où est donc passé Stéphane Dion - le prédécesseur de M. Ignatieff et disciple de Jean Chrétien?

Avis de recherche!

On le voit parfois, triste et discret, dans une réunion de caucus. De quoi à se demander s'il se représentera dans son comté. Mais il semble bien qu'il le souhaiterait.

On sait qu'il fait un très bon travail dans son comté et pour ses citoyens.

Mais serait-ce aussi, ne serait-ce qu'un peu, parce que la victoire d'Ignatieff à une éventuelle élection fédérale est loin d'être acquise? Du moins, pour le moment.

Et que, si jamais Stephen Harper gagne aussi la prochaine - surtout s'il obtenait une majorité -, il est possible que Michael Ignatieff, déjà dans la soixantaine et éternel voyageur devant Dieu et les hommes, ne s'éterniserait pas nécessairement à la tête du PLC?

Pas que Stéphane Dion redeviendrait chef.... Impossible de même penser qu'il y penserait...

Mais une fois son adversaire parti vers d'autres cieux - si tel devenait le cas -, disons que de rester au PLC deviendrait peut-être un peu plus confortable pour M. Dion....

Et si je dis «adversaire», c'est qu'on n'aura jamais vu, je crois, dans quelque parti que ce soit, un chef ignorer autant son prédécesseur alors que ce dernier est encore député.... Pour le dire poliment...

Bref, Michael Ignatieff n'est PAS Robert Bourassa et Stéphane Dion n'est pas Claude Ryan...

Et disons aussi que la rumeur circulant à l'effet que le clan Ignatieff et son lieutenant québécois ne détesteraient pas non plus se débarasser enfin de M. Dion, ça pourrait jouer dur.

Lorsque Jean Chrétien avait quitté, le clan Martin avait tout fait pour tenter de «convaincre» M. Dion de tirer sa révérene dans son comté. Mais ce dernier avait tenu bon.

Reste maintenant à voir ce qui se passera cette fois-ci...

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Voici d'ailleurs ce qu'en rapportait Le Devoir, à sa une, le lendemain de ce billet:

http://www.ledevoir.com/2009/09/22/268085.html

Donc, en effet. il semble bien que le clan Ignatieff et Denis Coderre ont leur ancien chef dans leur mire.

Comme disait Jacques Parizeau: «la politique est un sport violent»...

 Mais soit dit entre vous et moi, s'il était vrai que M. Coderre continue d'avoir des ambitions de diriger le PLC, un jour, et donc, peut-être de devenir premier ministre du Canada, quelqu'un, quelque part, ne serait-ce que par amitié..., devrait lui expliquer que:

Primo: l'homme a ni le «contenu», ni le «contenant» pour un tel poste.

Secundo: l'homme est en fait peu connu à l'extérieur du Québec - hormis chez les journalistes politiques.

Tertio: si jamais le PLC échoue dans sa quête du pouvoir avec un Michael Ignatieff, on imagine mal comment le natural governing party du Canada pourrait ensuite se «contenter» d'un Denis Coderre...


 




17 septembre 2009, 12:23
Mario Dumont s'en mêle

 

Aujourd'hui, plein de rebondissements dans la saga de la course à la chefferie de l'ADQ.

Premier coup de théâtre: Gilles Taillon annonce qu'il demeure candidat à la chefferie, mais que ses traitements de radiothérapie l'empêcheront de faire campagne de manière intensive.

Pour avoir moi-même continué à travailler comme chroniqueure au Devoir, publié un livre et fait plusieurs analyses dans les médias électroniques pendant mes traitements de chimiothéraphie et de radiothérapie en 1996 - mais tout en prenant des repos ! - je ne peux que saluer cette décision.

Une décision disant que certains diagnostics de cancer ne sont pas, ou ne sont plus des condamnations à mort instantanées. Et surtout, que la personne atteinte du cancer demeure elle-même, demeure entière. Bref, qu'elle n'est pas qu'une «maladie sur deux jambes», comme on dit en oncologie...

Restera toutefois à voir de quelle manière les deux autres candidats et la réalité même d'une campagne au leadership - exigeante en temps, énergies et présence -, sauront ou non s'adapter au fait que M. Taillon sera beaucoup moins présent pendant le mois restant avant le vote final.

http://www.cyberpresse.ca/dossiers/succession-de-dumont/200909/16/01-902367-gilles-taillon-reste-dans-la-course.php

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Second coup de théâtre: Éric Caire émet ce communiqué en fin de soirée, dont voici un extrait:

«Le député de La Peltrie et candidat à la chefferie de l'ADQ, Éric Caire, tient à corriger les dires voulant qu'il souhaiterait que Gilles Taillon se retire de la course. (...) «Je souhaite sincèrement à Gilles Taillon de se remettre sur pied le plus tôt possible, a continué Éric Caire. Les évènements des derniers jours ont laissé des séquelles parmi les adéquistes. Comme M. Taillon, je souhaite que nous tournions la page et que nous en revenions aux idées.» (...)»

Sans blague!

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Maintenant, voici une petite hypothèse, comme ça, quant à ce qui aurait pu précipiter cet appel soudain au calme:

En fin d'après-midi, à son émission Mario 360, Mario Dumont a abordé de front la question de la course. Un peu comme s'il exprimait ainsi publiquement son agacement et peut-être même, son inquiétude quant aux chances de survie du parti qu'il a dirigé pendant 15 ans.

Mais ratoureux, il avait aussi invité Jean Allaire, le «père fondateur» de l'ADQ.

Évidemment, M. Allaire a fait le «travail», comme on dit. Il a exprimé clairement l'importance pour les candidats à la chefferie, et surtout leurs organisateurs, de se comporter de manière plus civilisée.

Et pas besoin de vous dire que Mario Dumont, qui l'avait sûrement invité précisément pour cette raison, s'est ainsi assuré que le message passe. Et qu'il passe en public sur SON émission. Difficile d'être plus clair.

Voici l'échange en grande partie.. (Constatez la limpidité du message venant autant du fondateur que de l'ancien chef):

Donc, Jean Allaire a commencé par rappeler que l'ADQ avait vu le jour suite aux travaux d'un groupe de réflexion qu'il avait fondé - Réflexion Québec.

Mario Dumont enchaîne avec cette remarque assassine: «On est loin de la réflexion cette semaine!»...

Jean Allaire: «On est loin de la réflexion. Je pense que c'est de la boxe, qu'on voit.»

Mario Dumont: «On est parti avec des bons candidats initialement. C'est quoi qui a dérapé

Jean Allaire: «Je pense que c'est des questions de tempérament. Depuis 1956 que je suis en politique - peut-être trop longtemps, mais enfin -, j'ai vu tout ça. Je dis pas que c'est la bombe atomique comme drame. Mais il est temps que ça arrête. Il faut revenir aux idées, à la source

Mario Dumont: «Est-ce qu'on est rendu au point où il y a des militants de la base, qu'ils soient dans un camp ou dans l'autre, qui sont mal à l'aise de ce qui se passe au-dessus de leur tête?».

Jean Allaire: «Définitivement. Il y a des gens, cependant, qui sont trop agressifs dans chaque camp. Je parle pas des candidats. Pas toujours.»

Mario Dumont: «C'est peut-être pas les candidats à la chefferie, c'est peut-être des organisateurs en-dessous qui jouent au petits matamores, et qui...»

Jean Allaire: «Moi, en tout cas, et je nommerai pas personne, mais il y en a, je pense, dans tous les groupes.»

Mario Dumont: «Il reste quoi, un mois dans la campagne? Est-ce qu'il est trop tard, ou est-ce que ça peut être rattrapé?».

Jean Allaire: «Il n'est pas trop tard. D'ailleurs, je vais vous donner une primeur: on a mis au point, j'ai mis sur pied un nouveau groupe de réflexion, apolitique, comme le premier groupe de réflexion, et qui s'appelle GROUPE AVENIR QUÉBEC, pour mettre à niveau le rapport du groupe Réflexion Québec. Et on va avoir beaucoup de choses là-dedans, beaucoup de choses à discuter.»

Mario Dumont: «Loin de l'univers des attaques personnelles?».

Jean Allaire: «Oui!».

Mario Dumont: «Merci Jean.»

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Les trois candidats à la chefferie devraient d'ailleurs aussi dire : «Merci Jean et Mario!»...















16 septembre 2009, 2:48
Nés pour un p'tit diplôme?

La course à la direction de l'ADQ est un roman-savon. Dernier épisode: Éric Caire aurait-il ou non laissé croire qu'il avait un baccalauréat en communication alors que ce n'est pas le cas?

Au-delà de la chicane interne, cette histoire en cache une autre. Celle d'un tabou: comment se fait-il qu'on ne trouve rien à redire lorsque des hommes ou des femmes aspirant à diriger un parti et un État ont si peu de formation? Surtout s'ils n'ont pas compensé cette carence par une expérience soutenue et pertinente. Ou qu'il s'il ne s'agit pas au moins d'un autodidacte doté d'une culture étendue?

Que disent ces réactions sur notre attitude par rapport à l'importance que nous accordons réellement à l'éducation? Pourquoi sommes-nous redevenus si peu exigeants? Même envers ceux qui nous dirigent.

BIEN DU CHEMIN PARCOURU

Bien sûr, il y a ce vieux fond persistant d'anti-intellectualisme. Même chez des leaders d'opinion. Est vu comme "élitiste" celui qui souligne l'importance d'une formation solide pour aspirer aux plus hautes fonctions. Personne ne conteste la nécessité pour un plombier d'avoir une formation de plombier. Mais pour un chef de parti ou un premier ministre, un secondaire V et quelques emplois disparates suffiraient? Si oui, c'est confondre le droit pour tout citoyen de voter avec la formation et l'expérience requises pour être chef ou PM. Est-ce là notre manière de "valoriser" l'éducation?

On a aussi tenté de relativiser le cas des "décrocheurs" comme M. Caire sous prétexte qu'on n'est pas tous nés dans la ouate. Primo: M. Caire n'est pas un "décrocheur". Il n'a pas fait d'études supérieures. Ce qui est autre chose. Secundo: le confort n'est pas essentiel aux études. Sinon, c'est qu'on a oublié un des crédos de la Révolution tranquille: l'éducation étant LA clé de l'ascension socio-économique des citoyens et de la société, on doit offrir une éducation publique de qualité à tous, de la maternelle à l'université, indépendamment du niveau d'éducation et de revenus des parents.

Je ne suis pas née dans la ouate. En fait, on tirait le diable par la queue. Et mes parents ne lisaient ni Balzac, ni Milton. Le premier livre à entrer chez nous, je l'ai acheté à 9 ans avec l'argent gagné à servir la messe. Mon cas, typique des années 60, était la règle chez les moins nantis.

Mon goût de la connaissance, je le dois aux écoles publiques de mon quartier ouvrier. Je le dois à la culture de l'effort inculquée par mes professeurs et, donc, à mon propre travail. Personne ne craignait de "traumatiser" un élève avec une mauvaise note. Lorsqu'on échouait, on recommençait. Et on réussissait. On voyait les profs comme des profs, pas comme de gentils accompagnateurs! Les classes étaient séparées en groupes "enrichis", "réguliers" et "allégés". Les élèves plus doués étaient regroupés. L'enseignement et les devoirs étaient conséquents. Qui améliorait ses notes en régulier ou allégé montait de niveau. Nous ne savions pas que nous étions des élèves "défavorisés". On nous enseignait. Même les classiques. Et on apprenait. Avec fierté.

Le Québec a fait de grands progrès en éducation dans les années 60 et 70. Puis la société s'est "complexifiée", surtout à Montréal. Mais ce fut aussi le cas hors Québec. Ici, par contre, on semble encore hésiter à valoriser les études supérieures. Et au secondaire, depuis 20 ans, d'une "réforme" à l'autre, les technocrates réinventent une roue qui roulait pourtant bien. Les dirigeants pondent des plans vaseux contre le "décrochage" et se vantent de vouloir forger une "économie du savoir", mais sans prendre les moyens pour y arriver.

En 2008, une étude réalisée par trois chercheurs sur les écoles publiques de Montréal disait ceci: 53 % des élèves du secteur français obtenaient leur diplôme en 2005 dans les délais normaux, comparativement à 72 % du côté anglais. L'écart entre les secteurs français et anglais, de 16 points en 1995, était passé à 19 points. Les filles avaient deux fois plus de chances de réussir que les garçons. Ceux du privé avaient cinq fois plus de chances d'obtenir leur diplôme que ceux du public. Joli portrait.

Pourtant, le cas de M. Caire, sans le personnaliser, montre que quiconque exige mieux reste taxé d'élitisme. Et que dire du drôle de message qu'il envoyait aux jeunes en disant ceci: "J'ai été dans un modèle pédagogique qui, moi, ne me convenait pas (et) où on me demandait de rester assis pendant des heures et des heures à écouter un professeur parler, ce qui n'est pas, pour moi, une façon d'enseigner et qui a fait que mon intérêt à l'école n'a jamais été fort." Si des cours magistraux ne sont pas un bon modèle, faudra-t-il enseigner avec des jeux vidéo?

Maintenant, comparons nos réactions à ces extraits du discours de Barack Obama à des élèves de Wakefield - un président qui n'a vraiment pas grandi dans la ouate. Le contraste est saisissant. "J'ai parlé de la responsabilité de vos professeurs (...). J'ai parlé de la responsabilité de vos parents (...). J'ai parlé de la responsabilité de votre gouvernement (...). Mais rien de cela n'y fera si vous n'y mettez pas l'effort qu'il faut pour réussir."

"Quel que soit le métier que vous ferez, je vous jure que vous aurez besoin d'études pour le faire. (...) Ce que vous apprenez aujourd'hui déterminera aussi la capacité de ce pays à relever les plus grands défis (...). Vous aurez besoin de la pensée critique que vous acquérez en histoire et en sciences sociales (...). Réussir est difficile. (...) Vous ne verrez pas tout de suite la pertinence dans votre vie de chaque devoir. C'est O.K. Certains des gens qui réussissent le mieux sont ceux qui ont connu des échecs. Personne ne naît en réussissant. Vous devenez meilleurs en travaillant fort."


15 septembre 2009, 11:42
L'Action Déclinante du Québec

 

C'est peut-être, en effet, comment il faudra rebaptiser l'Action démocratique du Québec.

Non content d'avoir dilapidé le formidable capital politique qui venait avec le statut d'Opposition officielle remporté en 2007, ce parti, végétant à 8% dans les sondages depuis le départ de Mario Dumont, se paye le «luxe» de se taper une des courses à la chefferie les plus absurdes de l'histoire du Québec, voire du pays.

Après la saga des diplômes universitaires inexistants des Éric Caire et Christian Lévesque, voilà que l'autre candidat à la chefferie, Gilles Taillon, pourrait se retirer suite à, d'après ce qu'on rapporte aujourd'hui, un diagnostic de récidive d'un cancer et des traitements préventifs dont il aurait besoin.

http://www.cyberpresse.ca/dossiers/succession-de-dumont/200909/15/01-901975-adq-taillon-pourrait-se-retirer-de-la-course.php

Primo: si la nouvelle est fondée, on ne peut que lui souhaiter le retour complet à la santé.

Secundo: si tel est le cas, il reste que dans les faits, après qu'il ait traité Éric Caire, du même parti, de tricheur et de menteur, il deviendrait de toute façon impossible d'imaginer comment tout ce beau monde pourrait travailler ensemble dans la joie et l'harmonie, que M. Taillon, ou que M. Caire, ait gagné cette course. De toute évidence, il existe une hargne bien réelle entre les deux hommes.

Ce qui, en soi, n'a rien d'inhabituel dans un même parti. Mais ce qui frappe dans ce cas-ci, c'est à quel point les deux hommes sont incapables de faire montre, même en public, ne serait-ce que d'un minimum de respect l'un pour l'autre.

Tertio: quant à l'aspect politique de la question, et sans présumer du résultat final de la course, force est néanmoins de constater que le retrait de Gilles Taillon laisserait Éric Caire en position de force - son réseau et ses appuis à l'ADQ ayant nettement plus d'«ancienneté» que ceux de Christian Lévesque - du moins, si on peut utiliser une telle expression pour quelqu'un qui n'aime vraiment pas les syndicats...

Mais surtout, une victoire éventuelle de M. Caire voudrait dire une chose: que l'ADQ serait plus à droite que jamais dans le spectre idéologique québécois. Ce qui n'est pas peu dire.

Et que cela, par définition, pourrait sonner le tocsin de sa disparition éventuelle.

Là-dessus, vous me permettrez ce rappel quant à l'«l'inspiration» idéologique principale de M. Caire:

http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/08/26/le-110-de-la-politique.aspx

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Et parlant de «rappel», les bulletins de nouvelles d'aujourd'hui soulèvent la possibilité que le gouvernement Charest hausse la TVQ, mais surtout, une pléthore de tarifs publics pour tenter d'éponger son déficit.

C'était justement ce que je prédisais dans The Gazette, le 21 août dernier, à mon retour de vacances:

http://www.montrealgazette.com/news/Sacrifice+back+Quebec+political+agenda/1914612/story.html

Nul besoin d'ajouter que je préférerais nettement me tromper sur la question bien spécifique des tarifs...






15 septembre 2009, 1:06
Du front tout le tour de la tête

On en reste bouche bée:

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/education/200909/15/01-901977-decrochage-les-ecoles-privees-demandent-des-subventions.php

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D'autant plus que le Québec est déjà le seul État sur ce continent à subventionner les écoles «privées» et ce, à hauteur de 60%...

 

 

 


13 septembre 2009, 4:28
James Wolfe (1727-1759)

 

Voilà, le Moulin à paroles est terminé et zéro controverse. ZÉRO.

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/bataille-des-plaines/200909/13/01-901217-moulin-a-paroles-qui-a-dit-controverse.php

Et c'est, en toute humilité, ce que j'avançais dans ma chronique de ce jeudi, intitulée justement «Autopsie d'une fausse controverse»:

http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/09/09/autopsie-d-une-fausse-controverse.aspx

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 Voici d'ailleurs ce qu'en a dit le descendant du Général Wolfe lui-même:

««C'était un peu énervant d'être la voix anglaise isolée et je n'aurais pas été surpris de voir des chaussures lancées dans ma direction, comme c'est arrivé à Georges W. Bush, mais heureusement, j'ai été accueilli avec la politesse typique des Québécois», a-t-il dit en souriant, manifestement soulagé. Wolfe Burroughs, qui était accompagné à Québec par Georges Savarin de Marestan, de la lignée de Louis Joseph de Montcalm, a salué la valeur «historique, culturelle et éducative» du Moulin à paroles. Du même souffle, il a condamné le ton outrancier d'une certaine presse opposée à l'événement. «Je suis très satisfait. L'activité se déroule comme me l'avaient assuré les organisateurs non pas comme l'ont avancé certaines radios et journaux», a-t-il souligné.»

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/200909/12/01-901 (...)

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L'événement, diffusé sur VOX, fut de toute beauté. Un public de tous les âges, de tous les horizons, intéressé, respecteux et profondément civilisé. Ce qui, pourtant, ne devrait surprendre personne.

Je me permettrai de le répéter: l'événement se devait d'être - et fut en effet -, «un geste puissant de réappropriation historique. Surtout après le fiasco de la Commission des champs de bataille nationaux, qui cherchait plutôt à banaliser 1759 avec son approche récréotouristique».

De fait, la lecture du Manifeste du FLQ par Luck Mervil - ce prétexte utilisé par ceux cherchant à discréditer l'événement -, suivi par la lecture de la lettre bouleversante de Pierre Laporte à Robert Bourassa, parce que la juxtaposition des deux textes télescopait d'un trait la crise d'Octobre, aura été un des moments forts de ce Moulin à paroles. Mais aussi parce que ce moment parlait d'un pan majeur, déterminant, de notre histoire, mais un pan dont on parle peu.

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La morale de cette fausse controverse:

Les mots sont puissants.

Il arrive même que la connaissance à laquelle ils ouvrent triomphe de l'ignorance et de l'inculture...

Et, en ces 12 et 13 septembre, les mots ont été victorieux. Ils ont résonné avec la force du respect de l'histoire - la sienne, face à soi et au monde.

Une force émanant de la fierté et de la volonté de se «raconter», à soi et aux autres.

Bref, en 2009, sur les Plaines, les mots n'auront pas été conquis. Ni vaincus.

Même pas par les accusations outrancières voulant que cet événement fomente l'«agitation» ou la «violence»; cherche à faire l'«apologie du terrorisme»; donne au manifeste «une légitimité qu'il ne mérite pas»; ou fasse même «retourner René Lévesque dans sa tombe»...

Qui a peur des mots?

Qui a peur de la mémoire?

Qui a peur de l'histoire?

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Quelle belle manière également de «réhabiliter» l'histoire, ne serait-ce que pendant deux petites journées, comme objet de savoir et d'intérêt publics. Cette matière tant malmenée et tant marginalisée dans, et par, notre pauvre système d'éducation.

Ce qui appelle la suggestion suivante: que le Moulin à paroles soit immortalisé sur DVD, in extenso. 

Un beau cadeau à se faire et à laisser aux générations suivantes.

Car qui sait, d'ici dix ou vingt ans, ce qu'il restera encore de l'enseignement de l'histoire au Québec... S'il en reste quelque chose...

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Sur ce, vous vous demandez peut-être pourquoi j'ai intitulé ce billet «James Wolfe (1727-1759)».

C'est parce que - dans le département du «incroyable, mais vrai» -, on trouve dans la section Obituaries de The Gazette d'aujourd'hui non pas une, mais DEUX notices nécrologiques dans la sous-section In Memoriams se rappelant, et se peinant, de la mort du général Wolfe!

(Page A-18 pour les sceptiques).

Et, attention, ce n'est pas tout. Les deux notices ont la remarque suivante: Sadly missed...

La première dit ceci: «WOLFE, Gen. James (January 2, 1727 - September 13, 1759). Sadly missed

Le deuxième dit ceci: «WOLFE, General James. Died at Quebec City, September 13, 1759. Sadly missed».

Resterait-il encore des nostalgiques de la Conquête?...

Mystère et boule de gomme...

Et pas besoin de dire qu'il n'y a pas de notice pour Montcalm...

Franchement, vaut mieux en rire qu'en pleurer...

http://www.legacy.com/can-montreal/Obituaries.asp?Page=LifeStory&PersonID=132785930


(*) En passant, pour ceux qui seraient tentés d'y voir un complot quelconque, dans les journaux, les notices nécrologiques sont placées par des particuliers.

 

 







12 septembre 2009, 1:56
Pas de «complot»

 

Pour ceux qui croient que la fameuse vidéo de Stephen Harper où le premier ministre dit vouloir une majorité et attaque la coalition de «socialistes et de séparatistes», aurait été coulée par les Conservateurs eux-mêmes comme ballon politique, voici ce qu'en rapporte le Globe and Mail de ce matin.

Le fait serait plutôt, comme je l'avançais ce vendredi chez Christiane Charette, que tel n'était pas le cas.

(Mais disons tout de même qu'il est facile de soupçonner les Conservateurs d'être TOUJOURS obsédés par les stratégies et les tactiques)...

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«Hot: (Or not, if you are a Tory) Justin Tetreault , 24, is being hailed as a hero by Liberals. The Young Liberal, who supported Michael Ignatieff in the 2006 leadership, is the university student who shot the controversial video of Stephen Harper speaking passionately about his need for a majority government and dissing the Liberals at a recent closed-door meeting in Sault Ste. Marie, Ont.

In an e-mail exchange yesterday, he said he was invited to the event by the "Sault Ste. Marie Conservative Riding Association" and he brought his camera, a Canon Powershot, to get a picture with the Prime Minister.

He said he's a "political nerd" who just wanted to meet the Prime Minister and had no intention of taping the speech to pass along to the Liberals. He said he has pictures with every living PM except Kim Campbell .

And he thought a video of the speech would be a "good keepsake in case I did not get a picture." He said he was obvious in his taping of Mr. Harper, out in the open and in plain view. "After listening to the speech again when I got home and being disturbed by [Mr. Harper's] comments , I shared the video with some friends, some of whom are also Liberals." And then it was passed along to Mr. Ignatieff's office, which gave it to television networks. And Mr. Tetreault did get his picture with the PM.»

http://www.theglobeandmail.com/news/politics/ladies-and-gentlemen-meet-michael-ignatieff/article1285207/

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