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Voix publique
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Pour voir juste sur ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les palais et les parlements du Québec, du Canada et du monde, suivez les analyses politiques percutantes de Josée legault sur son blogue.
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Mafia et politique
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Si vous lisez attentivement l'article fascinant de Monique Deslauriers, politologue, paru dans Le Devoir de ce matin, vous comprendrez mieux le caractère transnational et très politique de la mafia (l'auteure donne comme exemple, parmi d'autres, celui de New-York).
http://www.ledevoir.com/2009/10/31/274598.html
Par conséquent, vous comprendrez l'étendue de l'ignorance de ceux qui semblent persuadés que le «système mafieux» gouvernant ici l'industrie de la construction est plus ou moins récent... ou qu'il serait limité aux frontières du Québec....
Bref, oubliez le sensationnalisme de la page couverture du dernier MacLean's et son journaliste écrivant que tout va bien dans les «autres ville», mais qu'à Montréal...: «While other cities grapple with garbage collection, snow removal and other humdrum realities of municipal politics, Montreal has, in the past several weeks, become a chaotic and dirty throwback to its bad old days.» Ou qu'il y a ici, «an endemic culture of corruption».
http://www2.macleans.ca/2009/07/08/macleans-covers-gallery/mac_cover_091109/
http://www2.macleans.ca/2009/10/29/montreal-is-a-disaster/
Et si vous avez l'estomac suffisamment solide, après avoir bien noté ce passage de l'article de Mme Deslauriers donnant l'exemple de New-York: «La corruption des syndicats est particulièrement tragique.»
Vous penserez peut-être à ce qu'on rapporte dans les journaux d'aujourd'hui sur l'opposition des dirigeants de la FTQ à toute enquête publique sur l'industrie de la construction.
Surtout si vous lisez ceci:
«Le président de la FTQ a reconnu au printemps dernier qu'il avait profité du yacht somptueux de l'entrepreneur Tony Accurso dans les îles Vierges, en novembre 2008; il était alors accompagné d'un autre dirigeant de la FTQ. Au printemps, il a défendu l'entrepreneur controversé, soutenant que le Québec aurait besoin de 10 Tony Accurso. «J'ai été cité hors contexte... Tony Accurso a été un excellent partenaire pour le Fonds de solidarité; on a fait un excellent rendement de 13% sur ces projets. Et puis? Est-ce qu'il y a des accusations contre Tony Accurso?» a demandé M. Arsenault.
Du côté de la FTQ-Construction, on qualifie de «show médiatique» ces commissions d'enquête, et on n'a clairement pas l'intention «d'en faire les frais», a soutenu Richard Goyette, porte-parole syndical de cette industrie qui emploie 146 000 travailleurs.» Extrait de: http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/200910/31/01-917061-la-ftq-ne-veut-pas-denquete-publique.php
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PETITE NOTE pour la FTQ et le gouvernement du Québec, tous deux persuadés que des enquêtes policières pourraient «nettoyer» ce système:
Prenons un des exemples les plus connus de l'histoire moderne des États-Unis, soit celui du gangster Al Capone.
Notons donc ceci: même si le travail acharné de l'enquêteur légendaire Eliot Ness avait aidé à déstabiliser les affaires illicites de Capone, le fait est que le FBI ne fut jamais capable de prouver hors de tout doute ses activités mafieuses au point de pouvoir l'accuser et de l'envoyer derrière les barreaux - à part de brefs séjours en prison pour des activités mineures et accessoires du genre port illégal d'armes..
Car l'ironie finale de l'histoire est que ce fut en fait le fisc américain qui, ayant attrapé Capone pour simple évasion fiscale, a finalement été capable de le faire mettre en prison!
Voir: «Although never successfully convicted of racketeering charges, Capone's criminal career ended in 1931, when he was indicted and convicted by the federal government for income tax evasion. Capone was at the peak of his power in 1931, when he was arrested - ironically - for income tax evasion. The Internal Revenue Service succeeded where other authorities had failed: uncovering concrete evidence against Capone for tax evasion. It investigated Capone's earnings and discovered that - despite his huge income, which was judged to be approximately $105 million in 1927 - Capone had never filed an income tax return. In October 1931 Capone was tried in a federal court and found guilty. He was required to pay a penalty of $50,000 and to serve eleven years in jail.» Extrait de: http://www.lycos.com/info/al-capone--income-tax-evasion.html
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Et tenez, juste comme ça, voici quelques autres «perles» de l'article du MacLean's (y compris, bien sûr, (comment s'en susprendre dans un magazine anglo-canadien?), quelques références caricaturales à la question linguistique ajoutées ici à un article dont le sujet est pourtant la «corruption»):
«Should Tremblay fall, and there is a growing chance that he will, he will be replaced either by an ardent separatist and former Péquiste minister (Harel) who often refuses to speak English, (...)
(Elle ne«refuse» pas, elle ne le «peut» pas, ce qui n'est pourtant pas la même chose! (JL))
«More and more of its citizens are taking refuge in the suburbs, while big business continues to flee for Toronto, Vancouver and Calgary.»
«Meanwhile, the province's language hawks are yet again glancing sideways at the supposed creeping English presence among the city's immigrant populations.»
«Though the city has since been rehabilitated somewhat, its reputation for secretive, top-down governance à la Jean Drapeau (who took power in the 1950s and ruled for nearly three decades) remained, (...)»
«But Tremblay's party certainly hasn't had a monopoly on scandal. Louise Harel promised to clean up city hall "with a broom"-en français, bien sûr, given her triumphant inability to speak English.»
«Maybe it's why so many people and so many businesses continue to leave.»
«And the usual tussles over multiculturalism continue. Former Péquiste premier Bernard Landry, decrying the fact that immigrants and anglophone students now outnumber their old-stock French counterparts in Montreal-area schools (*) recently called for the provincial government to modify Bill 101 so as to restrict access to English colleges, known as CEGEPs, for recent immigrants. Old ghosts, it seems, die hard.»
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(*) Rédigé de cette manière: «decrying the fact that immigrants and anglophone students now outnumber their old-stock French counterparts in Montreal-area schools», l'article créé l'impression que l'ancien premier ministre est un xénophobe qui aurait dénoncé «le fait que les étudiants immigrants et anglophones sont maintenant plus nombreux dans les écoles montréalaises que les étudiants de vieille souche française» /sic/..... C'est fort en bibitte.
D'autant plus qu'en demandant à ce que la Loi 101 s'applique aux cégeps, le résultat serait dans les faits que dans les cégeps francophones - tout comme d'ailleurs dans les écoles primaires et secondaires francophones depuis 1977 -, il y aurait PLUS d'étudiants allophones.
Ce qui est en effet souhaitable et serait le but recherché!
Bref, le journaliste de Maclean's confond tout....
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Je vote, tu votes, il vote, nous votons...
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Incroyable, mais vrai. On ose presque espérer que ce dimanche, partout à travers le Québec, les citoyens se rendront voter aux élections municipales, en plus grande proportion qu'en 2005.
Bon. Pas dur à battre, vous me direz, puisqu'en 2005, le taux de participation moyen fut de seulement 45% pour l'ensemble du Québec, dont moins de 40% pour sa métropole!
L'intérêt pour les municipales 2009 aura beau avoir été éveillé par des scandales et non par des visions inspirantes de nos leaders politiques, il reste que le vote, cette année, précisément pour cette raison, prend tout un autre sens.
C'est-à-dire que si le miracle d'un taux de participation élevé devait se produire, on pourra dire que la société civile aura au moins choisi d'exprimer sa colère et son besoin de changement en votant, plutôt qu'en se contentant de regarder la parade, et les scandales, lui passer sous le nez.
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Et pour ceux que ça intéresserait, voici comment on en a discuté ce matin à notre rendez-vous hebdomadaire habituel, à l'émission de Christiane Charette et ce, plutôt en bonne compagnie, soit ma collègue Nathalie Petrowski et moi-même, Jean-Pierre Charbonneau, Fabrice de Pierrebourg de ruefrontenac.com et Nathalie Collard de La Presse.
http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2009-2010/chronique.asp?idChronique=94736
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Toé, tais-toé!
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Ce matin, la saga Sylvie Roy a connu une fin sage et plus qu'appropriée:
«Le président de l'Assemblée nationale, Yvon Vallières, a levé l'épée de Damoclès qui menaçait la députée adéquiste Sylvie Roy. M. Vallières a rejeté jeudi la requête du gouvernement Charest, qui souhaitait utiliser une procédure parlementaire exceptionnelle dans le but de forcer Mme Roy à démissionner.» http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200910/29/01-916322-la-procedure-contre-sylvie-roy-rejetee.php
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Cette opération troublante menée par Jacques Dupuis dans le but de tenter de museler une députée en la faisant démissionner trahit une arrogance certaine.
Toutefois, je crois aussi qu'elle trahit l'extrême nervosité du gouvernement Charest face à la colère populaire qui monte dans le dossier «collusion-corruption». D'autant plus que les citoyens n'en reviennent pas de voir leur gouvernement s'obstiner à refuser la mise sur pied d'une commission d'enquête publique.
Mais cette opération trahit également un manque flagrant de respect pour l'institution parlementaire et pour les droits et privilèges des députés. Et ça, c'est carrément inquiétant.
Bref, on dirait une tentative d'intimidation d'une élue, servie à une sauce duplessiste n'allant pas sans rappeler le légendaire «toé, tais-toé»!
À un point tel, d'ailleurs, que même une fois la décision rendue, le ministre Jacques Dupuis est allé encore plus loin en demandant carrément au président de «baliser» le sacro-saint privilège de l'immunité parlementaire des députés et de lui imposer des «limites»!
Incroyable, mais vrai.
Franchement, je n'aurais jamais cru vivre assez vieille pour entendre une chose pareille...
Heureusement pour la qualité de notre démocratie, ni le PQ, ni l'ADQ n'a approuvé une requête aussi dangereuse.
Alors, je vous le demande: si le gouvernement perd pied à ce point-là maintenant, que ferait-t-il s'il fallait dimanche que Gérald Tremblay perde la mairie de Montréal et que le premier ministre se retrouve face à un ou une maire qui se retournerait vers lui pour exiger haut et fort cette satanée commission d'enquête?...
Ou, qui sait, qui prendrait peut-être aussi l'initiative de rendre publique ce qu'il ou elle risque de découvrir en ouvrant les livres de l'Hôtel de ville...
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La grippe et nous...
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Aujourd'hui, j'ai passé la majeure partie de mon après-midi dans un hôpital, assise bien gentiment et patiemment, attendant de voir un spécialiste pour un rendez-vous de suivi bien ordinaire.
Et qu'ai-je vu et entendu dans les corridors?
(Avertissement: ceci est purement anecdotique, mais tout de même...)
On parlait de la grippe A H1N1. Partout.
Cela semblait être le SEUL sujet de conversation, du moins, que j'ai entendu. Que ce soit des patients qui attendaient (incluant moi-même!), ou des membres du personnel passant en coup de vent dans le corridor d'attente, mais dont CHAQUE bribe de conversation attrapée au vol semblait contenir les mots «grippe», «cold» ou «vaccin»...
Des patients, à peine enrhumés, portant leurs masques tel un bouclier, mais regardés par les autres comme des pestiférés des temps modernes, jasant ouvertement de leur peur noire d'avoir attrapé LA grippe porcine...
Puis, un agent de sécurité posté devant une porte bien ordinaire, dont on a déduit, au fil du temps, qu'il surveillait la porte derrière laquelle des employés se faisaient vaccinés.
Un agent de sécurité? Franchement...
On dirait bien que la peur de la grippe s'agrippe à nous de plus en plus.
Bref - et ne voulant surtout pas minimiser ce que cette grippe pourrait causer (en passant, j'entends moi-même me faire vacciner lorsque l'État m'en donnera enfin la permission) -, il reste que la frontière est de plus en plus mince entre une prudence bien avisée et une peur exagérée.
Là-dessus, une hypothèse, comme ça, pour ce qu'elle vaut:
Cette atmosphère ambiante d'inquiétude et de questionnements constants et répétitifs sur cette grippe n'aurait-elle pas avoir affaire, ne serait-ce qu'un tout petit peu, avec les éléments suivants:
1) Chaque bulletin de nouvelles, toutes heures, tous réseaux et langues confondus, ouvre avec un collier de reportages sur la grippe, l'attente, les symptômes, un décès par là, des écoles qu'on fermerait à titre préventif, etc.... Pas moyen vraiment d'y échapper;
2) Le tout avec une pléthore de médecins répétant constamment les mêmes consignes pendant que d'autres alimentent les pires théories de complot (dont j'ai aussi entendu aujourd'hui une kyrielle de versions dans les corridors de la part de patients ne sachant tout simplement plus qui croire);
3) Et, paradoxe ultime: on regarde tout ça, jour après jour, bombardés collectivement, pendant que nous attendons que l'État décrète de quelle «catégorie» nous faisons partie, à quelle date on pourra se faire vacciner, dans quel centre d'achat ou stade on devra se pointer, et combien d'heures il faudra attendre avant de le recevoir enfin....
Le tout, pendant que les autorités fédérales et provinciales «ajustent» quotidiennement leurs propres plans de match....
Bref, comment se surprendre de l'anxiété ambiante alors qu'on entend parler de cette grippe et de ses dangers potentiels à la journée longue, mais pendant que nous sommes pris à attendre notre tour pour recevoir le vaccin?
C'est un peu comme si votre toit coulait un petit peu jour après jour, mais juste assez pour mobiliser toute votre attention, et qu'on vous parlait continuellement pendant ce temps des dangers de moisissures et de champignons qui pourraient affecter votre santé si ce n'est pas réparé, et le tout en vous demandant d'attendre qu'on vous dise quand un ouvrier spécialisé pourra venir s'occuper de votre situation...
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Bien sûr, ceux qui veulent se faire vacciner finiront bien par l'être éventuellement.
En attendant, disons que l'atmosphère ambiante n'est pas de tout repos...
Mais disons aussi, sans banaliser la situation objective ni les décès, que dans le palmarès des grandes souffrances humaines du XXe ou de ce tout jeune XXIe siècle, les grippes aviaires ou porcines ne risquent pas encore de se retrouver dans les premières positions.
Et heureusement, d'ailleurs.
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La lâcheté érigée en système
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Parlons de la lâcheté des gouvernements, péquiste autant que libéral, depuis de longues années dans le dossier linguistique. Quoi? Le mot est trop fort? Trop brutal? Pas vraiment.
J'en prends pour témoin mon fidèle Petit Robert. Lâcheté: "Manque d'énergie, de fermeté, qui fait reculer devant l'effort et subir passivement les influences extérieures." Synonymes: pleutrerie, mollesse, veulerie, couardise.
Parlons tout d'abord du jugement de la Cour suprême invalidant la loi 104 faisant partie de la loi 101. Ce jugement risque à terme d'ouvrir la porte des écoles anglaises aux allophones et aux francophones parce qu'il permet aux parents d'inscrire leur enfant pour une brève période dans une école privée anglaise non subventionnée pour, disons, 15 000 $. Ce qui permettrait ensuite à ces enfants, leurs frères, soeurs et tous leurs descendants, d'obtenir le droit à l'école anglaise subventionnée si le premier de la lignée peut prouver que son "cheminement scolaire" en anglais est "authentique". Évidemment, la logique est tordue. Comme si un enfant décidait de son "cheminement scolaire" ou que les "droits" étaient monnayables!
Sur la loi 101, la Cour suprême n'est pas qu'une tour de Pise. Elle est aussi d'une malhonnêteté intellectuelle scandaleuse. Pas surprenant. Son objectif demeure le même depuis 30 ans: gruger la loi 101 jusqu'à ce que mort clinique s'ensuive. Avec l'aide de lobbys et d'avocats anglophones patients et déterminés à renforcer les droits collectifs de la minorité anglo-québécoise sous prétexte de défendre des droits individuels, la guerre d'attrition se poursuit.
Normal. Ces juges non élus et nommés par le premier ministre fédéral et ces lobbys n'ayant jamais digéré la loi 101 ne font que défendre LEURS intérêts politiques. Le problème est du côté des gouvernements québécois.
Car on aurait pu croire qu'ayant des intérêts contraires, ils auraient agi de manière à mieux protéger la loi 101 et la volonté des élus du Québec? Eh non. Enfin, pas souvent. Résultat: depuis 1977, plus de 200 assouplissements ont été apportés à la loi 101 par une Assemblée nationale se pliant souvent aux jugements. Sous prétexte, comme disait Séraphin, que la LOUÂ, c'est la LOUÂ. Quitte à en pâtir, linguistiquement parlant. Une exception: en 1988, Robert Bourassa invoquait la clause dérogatoire pour cinq ans pour protéger l'affichage français d'un jugement de la Cour surprême. De fait, l'"âge d'or" de la question linguistique en matière de volonté politique n'aura duré que le temps du premier mandat Lévesque.
Alors, lorsqu'on lit des analystes déplorant que le jugement de la même Cour sur la loi 104 soit une opinion "politique" plus que "juridique", je dis "wake up and smell the Supreme coffee"! Ça fait 30 ans que ça dure. Et qu'à Québec, on endure.
Plus ça change...
Pour la galerie, la ministre responsable de la loi 101 s'est dite "surprise et choquée" par le jugement. Surprise? Impossible. La genèse de cette saga remonte en fait à 1995. J'ai même écrit sur le sujet dans Le Devoir le 8 avril 1995, à la suite d'une décision de la Cour supérieure sur un premier cas semblable. La Cour avait alors permis à deux enfants ayant passé par des écoles anglaises non subventionnées d'obtenir leur certificat d'admissibilité à une école anglaise subventionnée. Et que tout cela se terminerait fort mal un jour en Cour suprême...
Ce qui allait mener à l'adoption de la loi 104 en 2002, laquelle cherchait au moins à stopper le subterfuge. Mais de manière prévisible, 14 ans plus tard, la Cour suprême vient d'invalider le tout. Alors, surprise, la ministre? Je ne crois pas.
Que faire? Appliquer la loi 101 aux écoles anglaises non subventionnées. Bien sûr, un avocat anglo amènera le tout jusqu'en Cour suprême. Encore. Et il gagnera. Encore. Et on recommencera. Encore. Appelons-ça de la guérilla juridique.
Ce que, parlant d'inaction chronique, le gouvernement Bouchard n'aura même pas daigné pratiquer. En fait, dans le dossier linguistique, il aura beaucoup manqué de courage, de vision et même de "lucidité"... Exemple: en janvier 1996, il a sacrifié - pardon -, fait réécrire par des fonctionnaires avenants, le premier bilan dressé sur la situation du français au Québec depuis 1977 et commandé par son prédécesseur. Même dans sa version "projet", il l'avait jugé trop "alarmiste", alors que le premier ministre se préparait à "tendre la main" à la communauté anglophone dans un discours qu'il donnerait au Centaur le même printemps. Question de faire dans la réconciliation post-référendaire.
Pourtant, 13 ans plus tard, la plupart de ses constats se sont avérés fondés. Malheureusement. Je le sais parce qu'avec Michel Plourde - son rédacteur et un professeur émérite -, j'étais directrice de recherche pour ce bilan que le gouvernement a fait réécrire.
Notre bilan comptait pourtant un "volet encourageant" sur les progrès du français, mais aussi un "volet préoccupant". Nous avions documenté des phénomènes tels que: la proportion inquiétante d'allophones ayant terminé leur secondaire en français mais choisissant le cégep anglophone (36 % déjà en 1994); des difficultés marquées dans la francisation des immigrants; l'affaiblissement répété de la loi 101 par les tribunaux; la tendance au bilinguisme institutionnel dans l'administration publique; le français loin d'être encore la langue habituelle du travail à Montréal; des questionnements sur le degré de permanence de l'affichage commercial à dominante française, etc.
Et quelles furent les actions entreprises pour contrer ces tendances? La plupart du temps, de la politique-spectacle. Ou de l'argent lancé tout croche par les fenêtres. Comme si notre conclusion de 1996 était passée inaperçue: "Plus d'une fois, le Gouvernement a gardé le silence, soit par calcul politique, soit par crainte de "raviver" le débat linguistique. (...) Il s'agit d'un constat maintes fois observé: quand la volonté politique fléchit, la francisation se relâche. (...)"
Plus ça change, plus c'est pareil, que je vous disais...
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Ce cher Thomas Mulcair...
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«Le Nouveau Parti démocratique de Jack Layton s'aventure hors des sentiers battus aujourd'hui alors qu'il obligera les libéraux et les conservateurs à s'immiscer dans le débat linguistique québécois. Le NPD forcera en effet la Chambre des communes à reconnaître au Québec le droit de demander à ses immigrants d'apprendre le français.
Le Devoir a appris que la journée d'opposition du NPD d'aujourd'hui sera liée au récent jugement de la Cour suprême du Canada concernant l'accès à l'école anglaise. La motion soumise au débat stipule «que la reconnaissance que les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni comprend notamment, pour le Québec, le droit de s'assurer que les immigrants qui arrivent au Québec apprennent le français d'abord et avant tout».»
Extrait de:
http://www.ledevoir.com/2009/10/28/273982.html
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Intéressant tout de même, le rôle joué dans toute cette histoire «linguistique» par Thomas Mulcair, le populaire député néo-démocrate du comté d'Outremont - cette ancienne forteresse libérale.
Mais pas vraiment surprenant.
Puisque M. Mulcair, dans deux de ses nombreuses réincarnations professionnelles ou politiques, a même déjà réussi à être avocat à la Direction des affaires juridiques du Conseil de la langue française (1980-1982), puis directeur des affaires juridiques à Alliance Québec (1983-1985), l'ancien lobby très politique de la communauté anglo-montréalaise!
Mais aujourd'hui, maintenant que Martin Cauchon sera bel et bien le candidat libéral dans Outremont - un ancien ministre expérimenté et doté de nombreux réseaux -, ce qu'on sent surtout chez M. Mulcair, c'est que le député en lui est déjà en constante campagne de visibilité pré-électorale pour tenter de conserver son comté face à un adversaire qui risque d'être plutôt costaud.
Pour Thomas Mulcair, dans de telles circonstances, c'est un plan de match tout à fait compréhensible....
Ce sera donc une belle lutte à suivre...
Et cet après-midi, il faudra aussi voir ce que fera le gouvernement...
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Iggy, on t'oubliait presque...
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Pendant que toute notre attention est tournée vers les élections municipales, les magouilles dans l'industrie de la construction et la grippe «du code postal», comme l'appelle, entre autres, mon voisin, il s'en passe des choses à Ottawa...
Même le nom de Tony Accurso a rebondi cette semaine du Parti conservateur à l'ADQ (1). Et vice-versa...
Donc, je disais...
Prenez Michael Ignatieff, par exemple.
Maintenant que les sondages montrent que le PLC est en aussi mauvaise posture, sinon pire, que sous Stéphane Dion, CBC annonçait aujourd'hui - joli scoop - que Iggy remplacerait son chef de cabinet par nul autre que LE Peter Donolo de Strategic Counsel.
Mais surtout, LE Peter Donolo, ancien directeur des communications de Jean Chrétien.
Puis-je avoir le bruit d'un coup de tonerre, s'il-vous-plaît?
Considérant que M. Ignatieff est un pur produit du sérail de Paul Martin, le choix de Peter Donolo a en effet de quoi surprendre!
D'aller puiser son nouveau chef de cabinet dans le camp de l'adversaire de son mentor politique donne certes la pleine mesure des difficultés qui s'accumulent rapidement dans le camp Ignatieff.
Mais surtout, cela donne la pleine mesure de l'influence, voire du pouvoir qu'exerce encore et toujours Jean Chrétien sur le PLC.
Chrétien étant, après tout, le dernier chef à avoir donné au PLC quelques majorités successives....
Mais cette mesure, on l'avait déjà prise lors de la «chicane» interne dans le comté d'Outremont, où Denis Coderre s'est finalement fait «tasser» en partie par le clan Chrétien, lequel voyait d'un très mauvais oeil son rejet de la candidature d'un Martin Cauchon.
Mais en bout de piste, ce que ce nouvel épisode tend à confirmer est que d'une certaine manière, le VRAI chef du PLC est encore le p'tit gars de Shawinigan.
Iggy, not a leader?
À quand des pubs recyclées des Conservateurs échangeant la tête de Stéphane Dion pour celle de Iggy?...
Mais attention.
Donolo, même s'il atterrit dans un moment de désespoir pour les Libéraux, vient avec une réputation passablement solide dans le domaine des communications.
Alors, qui sait si ce parachutage aura ou non un effet salvateur sur les Libéraux?
C'est à suivre.
D'autant plus que le Globe & Mail rapportait également tard ce soir, la rumeur voulant qu'Iggy, tentant le tout pour le tout, chercherait aussi à «rassembler» autour de lui des anciens du clan Chrétien ET du clan Martin. Bonne chance...
S'il réussit, le temps dira si ce genre de sauce aux ingrédients aussi diamétralement opposés peut vraiment prendre...
http://www.cbc.ca/canada/story/2009/10/27/ignatieff-donolo.html
http://www.theglobeandmail.com/news/politics/ignatieff-moves-to-replace-top-aide/article1341069/
(1) http://ruefrontenac.com/nouvelles-generales/93-politique/12743-leo-housakos-harper-dumont
Et pour la suite:
http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/politiqueprovinciale/12832-financement-adq-housakos
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DES CITOYENS PIÉGÉS?
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Inquiets, ressentant tous le même ras-le-bol et, surtout, à la recherche d'une solution, tout le monde ou presque, sauf pour le gouvernement Charest, exigent maintenant cette fameuse commission d'enquête publique. Il n'y a que la Reine d'Angleterre et le Pape à ne pas en avoir encore réclamé une...
Moi-même, j'en demandais déjà une dès le 18 juin dans The Gazette. C'est pour dire...
C'est qu'il est parfaitement plausible qu'une commission d'enquête serait LA meilleure manière de comprendre où se situe le fil conducteur dans toutes ces histoires de corruption, de collusion entre entrepreneurs, de copinage, de contrôle de la mafia, de privatisation du processus d'appel d'offres, de ristournes dans les coffres des partis, de prête-noms, sans oublier ces 37% de plus (*) que la moyenne canadienne payés par les contribuables pour les routes et infrastructures (un VOL QUALIFIÉ de deniers publics sous le nez d'élus sourds, muets et aveugles).
Alouette, gentille alouette. Alouette, je te plumerai...
(*) Seulement pour les 42$ milliards que le gouvernement provincial s'apprête à «investir» dans les infrastructures, on parle donc de 15$ milliards possiblement dilapidés. Serions-nous assez riches pour se permettre de nous laisser voler de la sorte?
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Mais plus j'y réfléchis, plus je crains qu'en quelque part, les citoyens, les leaders d'opinion et les journalistes, nous soyons tous un peu piégés par cette demande.
Je dis «piégés» parce que - et désolée pour tous les politiciens et les fonctionnaires honnêtes -, il reste que la classe politique actuelle semble faire plus partie du problème que de la solution!
Si tel n'était pas le cas, on ne se retrouverait pas aujourd'hui face à des situations aussi troublantes.
Ou, dit autrement: lorsqu'on exige du gouvernement une commission d'enquête, dans les faits, on demande à ceux faisant partie du problème de régler le problème dont ils font justement partie! Ouf....
D'où, semble-t-il, son refus jusqu'à maintenant de tenir une telle commission. Et d'où la question évidente: de quoi a-t-il donc si peur?
Quoiqu'à mon humble avis, force est aussi de poser la question découlant de la précédente: de toute façon, quelle pourrait bien être sa «motivation» politique à le faire?
Plusieurs, dont encore moi-même, ont invoqué l'exemple de la Commission Gomery pour expliquer que des enquêtes policières et une commission d'enquête peuvent facilement être menées de front en même temps. Contrairement à ce que prétend le gouvernement pour justifier son refus de tenir une commission.
Par contre, ce qu'on oublie, c'est que Paul Martin, lui, avait une motivation politique pour le faire. Certes pas de «nettoyer la place», mais plutôt de discréditer Jean Chrétien une fois pour toutes. Pour Martin, c'était là une puissante motivation!
Mais dans le cas de M. Charest, il n'existe aucune motivation politique, comparable ou non, à créer une commission d'enquête.
On pourrait même avancer l'hypothèse selon laquelle le premier ministre aurait plutôt des motifs à ne PAS en créer une.
@ Voici d'ailleurs un article de La Presse publié au lendemain de ce billet, qui semble bien le confirmer!
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/2009 (...)
Plusieurs ont invoqué comme explication de ce refus la crainte du gouvernement Charest d'en payer le prix politique un jour, si jamais il l'a créait, cette fameuse commission d'enquête. Un peu comme Paul Martin a payé pour la Commission Gomery.
Mais ce qu'on oublie d'ajouter, c'est que si Paul Martin, et surtout le PLC, ont payé un énorme prix politique, c'est parce que le rapport de la Commission Gomery a éclaboussé le PLC en exposant certaines pratiques inacceptables.
Ne serait-ce pas plutôt là, ce dont M. Charest aurait peur pour son propre parti? Du moins, la question se pose...
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Le tout en espérant, bien entendu, que ma crainte s'avérera non fondée et que le gouvernement nous «surprendra» en acceptant de créer une commission publique d'enquête tout à fait indépendante...
Quoiqu'il est tout de même plus probable que, soumis à la pression poulaire montante et refusant toute analyse systémique d'un problème tout aussi systémique, le gouvernement choisisse plutôt, question de sembler «faire quelque chose», d'intervenir plus ou moins dossier par dossier. Et j'insiste sur le «moins» dans le «plus ou moins»....
@ En passant, comme le note une membre dans les commentaires ci-bas, mon analyse n'est d'aucune manière un appel à «baisser les bras» quant à cette demande consensuelle pour une commission d'enquête publique et indépendante. Au contraire!
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Un peu comme si bien des gens sentaient d'instinct que leurs dirigeants ont peu intérêt à demander à une commission indépendante d'aller jouer publiquement dans toute cette boue, on sent aussi que ce qui accompagne cette montée de colère est l'attente.
L'attente et l'espoir de voir arriver dans les prochaines années, une nouvelle génération et une nouvelle classe politique. Ce qui pourrait «nettoyer» les écuries nettement mieux que de demander à ceux qui les ont salies de faire semblant de le faire.
Mais attention. Lorsque je parle de «génération», je ne parle pas nécessairement ou seulement en termes d'âge, mais en termes de gens qui, justement, seraient indépendants de tous ces réseaux tricottés ici beaucoup, beaucoup, beaucoup trop serrés.
Des gens indépendants d'esprit et à la morale solide. Des gens comme il s'en trouvera éventuellement, on l'espère, pour avoir le goût de sauter dans l'arène politique.
Bref, des gens qui ne doivent rien à qui que ce soit.
Des gens que les circonstances actuelles appellent haut et fort...
Les Québécois les attendent. Avec impatience. La qualité de leur démocratie en dépend.
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Ce qui, en attendant ce renouvellement, nous ramène au tout début de ce billet.
Soit qu'on ne peut tout de même pas attendre qu'une classe politique ayant contribué à souiller les écuries, ou ayant laissé d'autres le faire, aient tout à coup une volonté sincère d'enclencher elle-même le nettoyage!
Mais le 1er novembre, les électeurs auront au moins le pouvoir d'enclencher le processus.
Et pour ce faire, nul besoin d'un balai. Seulement d'un bulletin de vote...
Il est donc à espérer que le taux encourageant de vote par anticipation et ce, un peu partout à travers le Québec, en soit annonciateur...
http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-municipales/200910/25/01-914853-vote-par-anticipation-presque-deux-fois-plus-quen-2005.php
http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/actualites/200910/26/01-914969-le-vote-par-anticipation-victime-de-sa-popularite.php
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LE SYNDROME JEAN BRAULT
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Un jour, les historiens diront peut-être que Benoît Labonté aura été à la «grangrène» qui gruge présentement la démocratie municipale et québécoise, ce que Jean Brault de Groupaction aura été au scandale des commandites.
Soit deux personnages peu sympathiques, ambitieux, opportunistes, ayant, comme tant d'autres, participé volontiers à des pratiques douteuses, mais qui, une fois piégé par des circonstances hors de leur contrôle et n'ayant plus rien à perdre, ont néanmoins choisi de se «mettre à table» plutôt que de continuer à se taire pour mieux protéger leurs maîtres politiques.
(*) Rappelons que M. Brault, traité à l'époque par plusieurs de filou sans la moindre crédibilité, a pourtant contribué à ce que la Commission Gomery expose le système occulte qui existait au PLC où sous prétexte de «défendre l'unité nationale», on y détournait des fonds publics pour remplir les coffres du parti et graisser la patte de certaines firmes amies du régime en leur donnant de généreux contrats gouvernementaux. Ni héros, cependant. Ni victime.
Hier soir, à l''émission d'Anne-Marie Dussault, il fallait d'ailleurs voir ET le bras droit de Gérald Tremblay - Diane Lemieux -, ET celui de Louise Harel - Pierre Lampron -, s'en prendre tous les deux très durement aux «mensonges» de Labonté... (1)
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Tout de go, je vous dirais que la première réflexion qui me vient après avoir visionné l'entrevue de Benoît Labonté à Radio-Canada est celle-ci:
Si l'entourage immédiat de Gérald Tremblay avait cru avoir frappé un grand coup contre Louise Harel en tentant d'ajouter aux coulages aux médias sur le «cas» Labonté (2), la tactique s'est transformé pour l'équipe du maire en un dangereux boomerang.
Primo: parce qu'en ayant décidé de parler plutôt que de se taire, le risque est que les révélations de M. Labonté finissent par se retourner aussi contre le maire, et peut-être plus encore que contre Mme Harel, puisqu'elles braquent les projecteurs sur sa propre inaction.Ainsi que sur ses contradictions.
Un jour le maire nie qu'il y ait le moindre problème. Un autre, il clame avoir «peur» et parle de «bombes désamorcées». Un jour, il défend Frank Zampino bec et ongles. L'autre, il «confesse» avoir appris en 2001 que des «enveloppes brunes» se promenaient à gauche et à droite. Un jour, il veut une commission d'enquête. L'autre, il la rejette craignant que des gens «disparaissent». Etc. etc., etc...
Secundo: parce que la description de Labonté et sa dénonciation de l'«hypocrisie» derrière le financement des partis tel qu'il existe, se retourne aussi contre la classe politique dans son entier. Incluant ses membres les plus honnêtes. De fait, c'est toute l'«élite» politique québécoise qui ressort ce soir affublée d'un oeil au beurre noir.
Le fait même que l'entourage du maire ait présumément cherché à encourager des coulages aux médias aptes à discréditer Louise Harel en s'en prenant à Labonté démontre aussi ceci:
Primo: le maire semble être pas mal plus retors et pas mal moins «naïf» que son personnage public ne le laisse croire. Pas très Monsieur Bean, dans les faits...
Secundo: à deux semaines seulement du vote, un comportement de ce type tend à montrer que l'équipe du maire était inquiète. Et donc, peinait à croire qu'elle pouvait gagner sans recourir, entre autres, à un tel procédé.
Bref, je crois qu'on aura banalisé à tort cette tentative en arguant que de tels coulages font tout simplement partie de la game politique. À tort, parce qu'on peut aussi croire que la politique peut se faire sans ce genre de tactique douteuse. Aussi, parce que, lorsqu'on s'y attarde, les coulages en disent long sur les motifs de ceux qui les font... Comme dans ce cas-ci.
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Ou dit plus crûment: lorsque Benoît Labonté avance qu'il est victime d'un «assassinat politique» venant de gens qui travailleraient aujourd'hui directement ou indirectement pour le Clan Tremblay, il y a de bonnes chances qu'il ait raison. Le contexte politique et les intérêts en jeu étant ce qu'ils sont... Mais il a raison en partie seulement. Car, dans les faits, la personne la plus visée par l'éclatement de l'«affaire Labonté» le week-end dernier est plutôt Louise Harel, la véritable adversaire. Et l'adversaire qui se retrouve maintenant jugée durement pour s'être associée au même Labonté.
Bref, dans la lutte féroce pour l'Hôtel de Ville, Benoît Labonté n'est en fait ici que du «dommage collatéral». Mais, sûrement à la grande suprise de l'entourage du maire, du «commage collatéral» qui, une fois piégé, s'est retourné contre la gouvernance du maire bien plus que contre Mme Harel...
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Ce qui, en passant, ne veut pas dire que d'autres n'ont pas aussi tenté de s'en prendre anonymement à Labonté! Ce ne sont d'ailleurs pas les témoignages de ce type qui auront manqué. Et heureusement, puisque la vérité éclate ainsi au grand jour.
Mais même s'il appert que ces témoignages anonymes ont, eux aussi, de bonnes chances d'être véridiques, la question demeure: pourquoi ne pas avoir dénoncé avant la campagne électorale ce qui, de toute évidence, aurait dû l'être? Bref, quels intérêts cela a-t-il pu servir d'attendre ce moment très stratégique, si ce n'est que de tenter d'aider l'équipe Tremblay à garder le pouvoir?
Et j'avance cette hypothèse sans la moindre complaisance envers Louise Harel, laquelle a pris comme son bras droit, quelqu'un sur qui, justement, le «doute» flottait depuis un bon bout de temps.
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Cette hypothèse, je l'avance plutôt d'un point de vue analytique.
Et partant toujours, en science politique, de la question fondamentale suivante: à qui le «crime» profite-t-il?
Ou, dans ce cas-ci, à qui le «crime» était-il supposé profiter si, en effet, Labonté avait choisi d'aller lécher ses plaies en silence plutôt que de vider son sac sur les ondes de Radio-Canada?
Protéger le statu quo à l'Hôtel de ville ferait l'affaire, et répondrait aux intérêts, de pas mal de monde.
Incluant des personnages puissants et influents, dont la puissance et l'influence reposent en bonne partie sur une manne de contrats publics particulièrement lucratifs...
**************************************************** Au-delà des luttes DE pouvoir et POUR le pouvoir:
Pour bien des citoyens, le témoignage de Labonté, l'état de dénégation béat du maire, la présence du crime organisé dans l'industrie de la construction, l'existence d'un système de collusion, le gonflement scandaleux des coûts qui en résulte, de même que le refus obstiné du gouvernement de créer une commission d'enquête indépendante risque de faire la démonstration finale et ultime que la classe politique actuelle fait peut-être plus partie du problème que de la solution...
Ce qui, dans la société civile et chez les intellectuels, pourrait déboucher sur une de deux réactions diamétralement opposées.
L'«affaire Labonté», en tant que révélateur du cancer, pourrait soit renforcer la désaffection des citoyens envers la chose politique en les confortant dans leur cynisme et, surtout, leur sentiment d'impuissance. Ce qui, à son tour, ferait parfaitement l'affaire de ce système dysfonctionnel.
Ou, encore, encourager ceux que ce type de politique horripile à sauter dans l'arène de la Cité et à prendre leur place.
Soit en faisant de la politique active. Mais AUTREMENT. De manière éthique et surtout, morale. Question d'aller nettoyer les écuries. (À ce chapitre, et sans égard aux affiliations partisanes, il était fort rafraîchissant d'entendre Richard Bergeron dire hier soir que, non, la politique n'est PAS une chose «sale». Et donc, qu'il EST possible de faire de la politique autrement et avec moins d'argent. Ce qu'on tend à oublier de ces jours...)
Soit en votant. Soit en s'informant, en interpellant les élus, en assistant aux conseils, voire même en manifestant pacifiquement une fois de temps en temps. (Si on peut manifester sur des enjeux internationaux, on pourrait peut-être réapprendre à le faire pour des enjeux qui touchent aussi notre propre société...).
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Bref, désolée pour le cliché. Mais sa vérité profonde ne se dément pas.
Si nous ne nous occupons pas de la politique, la politique, elle, s'occupera de nous.
Et, qui sait? Peut-être que dans les prochaines années, la vue de toute cette boue donnera à certains le goût d'enfiler leurs bottes de caoutchouc, question de contribuer au grand nettoyage, chacun à sa façon, avant qu'elle ne nous monte jusqu'au cou...
Si j'enseignais encore la science politique plutôt que de la pratiquer en journalisme, c'est de cela dont je voudrais discuter avec mes étudiants... Et mes collègues!
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(*) Pour visionner l'entrevue de Benoît Labonté:
http://www.radio-canada.ca/regions/Municipales2009/2009/10/22/009-benoit-labonte-entrevue.shtml
(1) Ce matin, lors de notre revue hebdomadaire de l'actualité à l'émission de Christiane Charette, nous en avons discuté avec Louise Harel, Gilles Taillon &t John Parisella.
http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2009-2010/chronique.asp?idChronique=94106
(2) Autant Ruefrontenac.com que David Gentile de la SRC ont rapporté qu'une proche conseillère du maire aurait approché un certain Pierre Vaillancourt pour témoigner anonymement sur Labonté. Ce que M. Vaillancourt affirmait lui-même, à visage découvert, dans le reportage de D. Gentile, alors que la principale intéressée niait tout.
Voir: http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/electionsmunicipales/12423-labonte-vaillancourt
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Call-Escouade spéciale!
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Oubliez Call-TV.
Et préparez-vous pour Call-Escouade spéciale!
(Mais rassurez-vous. Elle ne vous chargera pas 1$ pour chaque appel...).
Tentons d'imaginer sa première diffusion:
Animatrice (Live de l'Hôtel de Ville):
- Donc, le «jeu» de ce soir est super simple. Quoiqu'il vous ait déjà coûté très cher sans que vous ne l'ayez vraiment réalisé!
- Allez, c'est facile. Vous avez deux heures pour trouver la réponse à l'énigme suivante:
- Je cherche deux chiffres qui, placés côte à côte, selon Transports Canada, donnerait le pourcentage en coûts supplémentaires que les contribuables québécois, donc vous, auraient payé en trop pour vos routes par rapport à la moyenne canadienne?
- Allez! Je vous le dis, c'est super simple!
- Le premier chiffre se situe entre «2» et «4».
- Et le deuxième chiffre est entre «6» et «8»....
- J'attends vos appels.
- Et..... 1, 2, 3. C'est parti! Mes lignes sont ouvertes!
- Premier appel: Monsieur Accurso, de Saint-Léonard, quelle est votre réponse?
- Monsieur Accurso: «48%!».
- Animatrice: Non, désolée! Prochain appel. Monsieur Catania, de Montréal-Est.
- Monsieur Catania: «52%!»
- Animatrice: Oh... Attendez. Non... La régie me dit que c'est pas ça! Mais ce monde-là parle juste allemand, alors, qui sait? C'est vraiment platte! Non... C'est pas la bonne réponse. Prochain appel. Monsieur Zampino, de la République dominicaine.
- Monsieur Zampino: «60%! Comme le facteur de protection de la crème solaire que j'utilise quand je prends mes vacances sur le yacht de mon ami Tony! Mais aye là! Je tiens à dire que j'ai payé toutes mes propres factures! C'est juste que je les ai perdues... »
- Animatrice: Ben non! Là, on s'éloigne pas mal de la bonne réponse. CONCENTREZ-VOUS! C'est pas compliqué. Appelez vos voisins! Faites-vous un p'tit café. Jasez ensemble. Réfléchissez en groupe...
Etc., etc., etc.....
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Et comme le disait si bien CROC: c'est pas parce qu'on rit que c'est drôle...
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Blague à part, Cyberpresse, TVA et RueFrontenac.com, sûrement entre autres (!), rapportent qu'on annoncerait ce jeudi au quartier général de la Sûreté du Québec, et en présence de ministres séniors, la mise sur pied d'une «escouade spéciale», genre «Carcajou», mais pour investiguer les allégations de corruption et de collusion dans l'industrie de la construction.
http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2009/10/20091021-184350.html
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200910/21/01-913653-la-sq-cree-une-escouade-specialisee-dans-la-construction.php
http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/politiqueprovinciale/12531-jean-charestpauline-marois-corruption-construction
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Bref, après l'escouade «Carcajou», aurons-nous dans le domaine de la construction et de ses liens avec le crime organisé, l'escouade «Chevreuil Innocent Aveuglé par les Phares d'une Automobile»? Ou, mieux connue sous l'acronyme de Escouade CIAPA...
Du genre, ciapa'd'trace, on oublie ça...
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Divers représentants de l'industrie elle-même apporteraient également leur appui à cette initiative, sûrement fort louable, par ailleurs.
Mais, si vous me permettez, comme ça, une question naïve de la part d'une simple chroniqueure qui n'a jamais conduit une grue, ni pavé une route, mais qui a visionné Réjeanne Padovani à plusieurs reprises et dont feu le père - policier dans l'escouade anti-émeute de Montréal dans les années 60, 70 et 80 -, lui répétait constamment avec un humour caustique et faisant allusion de manière générique au pouvoir de la mafia dans la construction, qu'on devrait installer une plaque commémorative sur la plupart de nos rues, routes, ponts, viaducs et édifices lisant «De Sicile, avec amour!»:
Est-ce possible que serait partie prenante à cette initiative bien du beau monde, en politique et dans l'industrie, mais ayant peut-être, qui sait, avantage à ce qu'il n'y ait pas nécessairement de commission d'enquête publique et indépendante sur le même sujet - une commission dont le mandat serait justement d'enquêter sur un problème de nature, disons, plus systémique, plutôt que sur du cas par cas?
******************************************************* Ce soir, on faisait d'ailleurs aussi état de la possibilité que suite à cela, quelques entrepreneurs pourraient être pénalisés d'une manière ou d'une autre.
Ce qui, avouons-le, risquerait fort de sentir le parfum familier de ces agneaux qu'on sacrifie, mais tout en préservant les gros moutons...
(Sûrement par une pincée de coïncidence et une once d'ironie, Benoît Labonté lui-même proposait le 5 septembre dernier, la création d'une «escouade spéciale» d'un genre plus ou moins similaire):
http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/200909/05/01-899112-corruption-labonte-demande-une-escouade-speciale.php
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LA SAVEUR DU JOUR:
Ce mardi, à la une du Devoir, on reprenait ce dont je vous faisais part ce dimanche dans mon billet «La malédiction Accurso», quant à l'entrevue qu'avait accordée à la Canadian Press l'expert Antonio Nicaso :
http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/10/18/la-mal-233-diction-accurso.aspx
http://www.ledevoir.com/2009/10/20/272531.html
Le Devoir ajoutait que: «Par ailleurs, la Commission de la construction du Québec (CCQ) reconnaît qu'un problème gangrène les chantiers de la province: l'argent comptant, qui facilite la tâche des groupes criminels. Le Devoir a appris que la CCQ mettra sur pied bientôt une nouvelle escouade pour enquêter sur ce fléau.»
Eh bien.
Faut croire que les «escouades spéciales» sont la saveur du jour...
Mais que les commissions d'enquête, elles, ne le sont pas tout à fait...
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MERCI AU JOURNALISME D'ENQUÊTE:
Sur une note plus légère, et je dirais même accessoire, ce soir, à TVA, notre estimée collègue Denise Bombardier a salué l'importance du journalisme d'enquête quant à ce qu'on apprend, de jour en jour, sur l'état des choses.
En effet.
De mémoire, elle a donc souligné, entre autres, le travail fait par l'émission Enquête, Radio-Canada, TVA, le Journal de Montréal, et tutti quanti..
Mais, ais-je rêvé?
Au bulletin de 22h00, tout au moins, je ne crois pas l'avoir entendue mentionner le site RueFrontenac.com, ni son journaliste d'enquête Fabrice de Pierrebourg.
Dommage.
À moins, bien entendu, que la fatigue d'une longue journée ait eu raison de mon ouïe.
Possible.
Auquel cas, l'erreur serait humaine...
Et auquel cas, je m'en excuserais bien humblement.
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Dixit Jean Cournoyer
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Entendu cet après-midi sur les ondes de LCN.
Jean Cournoyer, ancien ministre du Travail sous Robert Bourassa, concluait en ces termes une entrevue où il exprimait à nouveau son soutien pour une commission d'enquête publique sur les allégations de corruption et de collusion, de même que sur le processus d'octroi des contrats, dans l'industrie de la construction et ce, pour TOUTES les municipalités ET le gouvernement provincial:
«Je suis sûr qu'on n'ira jamais jusqu'à la fin de cette affaire-là!»
Et c'est bien là, malheureusement, la crainte qu'ont les citoyens.
Ne serait-ce que parce que le refus obstiné du gouvernement devient en effet de plus en plus suspect. D'où la question qui monte de plus en plus, et pas seulement de la part des partis d'opposition:
De quoi le gouvernement a-t-il peur?
Je prédisais d'ailleurs la montée de cette question dans ma chronique de vendredi dernier dans The Gazette.
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En effet, ce matin, à l'Assemblée nationale, Jacques Dupuis et Jean Charest ont continué à refuser d'instituer une commission d'enquête.
Et ont continué à invoquer les «enquêtes policières» comme prétexte...
Bien sûr, à tort ou à raison, le fait est que c'est ce refus, incompréhensible dans de telles circonstances, qui créé l'impression que le gouvernement cherche à «cacher» des choses ou à «protéger» des gens ou des réseaux.
Mais cette propension à s'en remettre à la police s'inscrit également, je crois, dans un phénomène plus large de délestage de responsabilités de la part des élus.
Un phénomène que j'analysais et dénonçais dans les pages du VOIR, le 17 juin dernier, en donnant justement comme exemple, parmi d'autres, les déclarations de Jacques Dupuis sur l'importance de laisser la «police» s'occuper seule des liens présumés entre le crime organisé et l'industrie de la construction!
http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/06/17/voter-ou-faire-le-911.aspx
Le vrai problème, évidemment, est qu'aujourd'hui, quatre mois plus tard, et au cours desquels de nombreuses nouvelles allégations troublantes se sont ajoutées au dossier, le discours officiel du gouvernement n'a pas bougé d'un poil...
Alors, dites-moi, comment ne pas se poser la fameuse question....
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C'était un si beau rêve...
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La nuit dernière, j'ai rêvé que j'entendais un premier ministre fictif donner le discours dont tant de Québécois rêvent sûrement eux aussi. De mémoire, voici ce qu'il disait:
"Mes chers concitoyens, comme vous, je suis inquiet. Comme vous, j'entends ces allégations de corruption, de collusion et de prix gonflés dans l'attribution de contrats publics dans la construction et les routes. J'entends que le crime organisé y est trempé jusqu'au cou, intimide les entrepreneurs honnêtes et s'en sert pour blanchir son argent sale. Ici et dans le reste du pays. Je vois d'anciens élus et fonctionnaires obtenir de bien beaux postes dans les mêmes firmes auxquelles ils ont accordé de gros contrats pendant des années! Comme vous, je constate donc que des milliards en fonds publics - donc, l'argent que vous gagnez à la sueur de votre front - ont été et risquent encore d'être dilapidés.
Je dois vous confesser une chose. Je ne saurai jamais pourquoi, mais je me suis plongé dans l'œuvre complète de Charles de Gaulle. Son dévouement inconditionnel à son peuple m'a fait voir à quel point votre classe politique actuelle vous déçoit. Québécois et Québécoises, je vous ai compris! Maintenant, vous, comprenez-moi bien: en tant que premier ministre et gardien du bien commun, je ne me cacherai pas derrière des enquêtes policières qui n'aboutiront jamais. Ni derrière mon ministre de l'Insécurité publique.
Défendre les intérêts supérieurs du Québec ne sera pas une formule creuse. Les problèmes s'accumulent sur le parvis de votre Assemblée nationale et je ne me défilerai pas. Mon devoir est de régler les crises. Pas de les ignorer. Devant vous, je prends le pari de l'action responsable!
Je m'engage donc à instituer une commission d'enquête indépendante. Son mandat sera de faire toute la lumière sur ces pratiques dignes d'une autre époque. Je respecterai ses recommandations parce que je comprends que si le problème est systémique, il commande un diagnostic et des remèdes tout aussi systémiques!
Et je vous le dis clairement, si jamais cette commission trouvait qu'il existe des liens troubles entre des entrepreneurs véreux et mon parti, ou ceux de l'opposition, je passerai personnellement l'aspirateur! Sachez que votre premier ministre n'est pas un pleutre. Les codes et les commissaires à l'éthique, c'est bien utile. Et nous les aurons. Mais je sais aussi que rien, absolument rien, n'impose mieux la probité à tous les niveaux d'un État que l'exemple donné par son premier dirigeant.
Bref, j'entends tout faire en mon pouvoir pour rétablir le lien de confiance entre vous et vos élus. Mon espoir est que notre démocratie en ressorte grandie. Que la société civile soit partie prenante de la gouverne de ses propres avoirs. Que vous retrouviez le goût de voter pour des partis se comportant avec probité et dévoués à l'intérêt public. C'est pourquoi je m'engage solennellement à placer un maximum d'obstacles sur le chemin de l'hommerie! Vous avez ma parole d'honneur: la prochaine fois que vous entendrez le mot "mafia", ce ne sera pas dans un reportage d'Enquête, mais dans un épisode des Soprano!
Comme premier ministre, je comprends aussi que l'intérêt public commande urgemment d'autres gestes. En voici quelques-uns:
Adopter une Charte de la laïcité établissant la neutralité religieuse de l'État et de son administration publique. Renforcer la loi 101. Mettre fin au bilinguisme institutionnel. S'assurer dans les écoles de la maîtrise du français écrit et parlé. Enseigner l'anglais et une troisième langue. Réhabiliter les cours d'histoire nationale.
Retourner à une fiscalité équitable entre particuliers et entreprises. Ce qui rendra inutiles les hausses de tarifs. Favoriser les soins à domicile, le respect de la dignité des personnes vulnérables et le soutien financier aux aidants naturels souhaitant s'occuper des leurs.
Interdire aux élus de "faire des affaires" avec le gouvernement. Augmenter leurs salaires de manière appropriée. Stopper la progression du privé en santé. La maladie ne doit plus être un objet de profit. Offrir une éducation de qualité nonobstant le revenu des parents.
Réformer le financement des partis et des courses à la chefferie. Il ne sera plus possible de s'"acheter" ou même de se "louer" un futur chef de parti car j'instaurerai un financement public équitable pour les partis!
Ah oui. J'oubliais. Comme fédéraliste, je cesserai d'avoir peur de mon ombre et de répéter que "le fruit constitutionnel n'est pas mûr". Je revendiquerai de nouveaux pouvoirs pour le Québec. La chef de l'opposition officielle m'informe aussi qu'elle ne se contentera plus de "parler" de son "projet de pays". Elle s'engage, si elle prend le pouvoir, à tenter de le faire. Bien sûr, je la combattrai bec et ongles! Mais je respecte la clarté nouvelle de son propos.
Chers Québécois, vous avez devant vous un homme transformé par la lecture de l'oeuvre du Général de Gaulle. Et non plus par ses faiseurs d'image. Un homme qui ne répondra qu'à vous. Et non aux groupes d'intérêts. Ni même à Paul Desmarais. Dorénavant, seuls auront mon écoute ceux capables de placer les intérêts du Québec au-dessus des leurs."
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Mais oups! Au lendemain de ce beau rêve, apercevant au bulletin de nouvelles quelques-uns des chefs de parti de ce pays, du Québec et de cette pauvre métropole malmenée, le réveil fut brutal...
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«Escargot obsédé»
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Dans cet extrait d'un échange surréaliste tenu cet après-midi à la période de questions, voyez ce que le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, répond au député péquiste Stéphane Bergeron, alors que son gouvernement continue de refuser d'instituer une commission d'enquête publique sur les allégations de corruption et de collusion dans l'industrie de la construction:
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«Le Président: En question complémentaire, M. le député de Verchères.
M. Bergeron: M. le Président, cette situation-là donne lieu à des dépassements de coûts importants pour les contribuables québécois. Est-ce que ça ne préoccupe pas la ministre des Transports? Que va-t-elle faire pour faire toute la lumière dans ce dossier suite aux allégations d' Enquête ?
Le Président: M. le ministre de la Sécurité publique.
M. Dupuis: Et c'est évident, c'est évident, M. le Président, que c'est préoccupant. Le mot «préoccupant» n'est pas assez fort, M. le Président, c'est obsédant. Et c'est pour cette raison-là, M. le Président, que, d'une part... que, d'une part, nous agissons, nous agissons à travers des enquêtes policières, d'une part, et que, d'autre part, M. le Président, nous prendrons tous les moyens pour éviter que ces situations-là continuent de se produire.»
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«Obsédant»?
Est-ce là, de l'humour? De l'ironie? Est-ce prendre les électeurs pour des valises?
Ou le gouvernement serait-il en train de préparer le terrain pour un «virage», juste au cas où la pression populaire devienne intenable?
Qui sait?
Mais tout ce qu'on sait, c'est que ce gouvernement et le ministre Dupuis sont tout sauf «obsédés» ou pressés d'agir concrètement dans ce dossier chaud.
De fait, je ne sais pas si Jacques Dupuis a déjà été scout et avait un «nom de totem», mais combien vous pariez que s'il en avait un, ce serait quelque chose comme «escargot obsédé» ou «autruche entêtée»?....
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ÊTRE VACCINÉ OU NE PAS ÊTRE VACCINÉ, C'EST LÀ LA QUESTION:
Je ne sais pas pour vous, mais sur LE sujet de l'heure, j'ai trouvé cette entrevue du docteur Amir Khadir à l'émission C'est bien meilleur le matin, particulièrement éclairante:
http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2009/CBF/CestBienMeilleurLeMatin200910200735_1.asx
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Retour de l'Incorruptible
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ET VOILÀ UNE AUTRE RAISON D'INSTITUER UNE COMMISSION PULIQUE D'ENQUÊTE:
Si ça continue, on ne saura plus où les mettre!
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«Fraîchement rentré de vacances en France et sidéré d'avoir lu au retour tout ce qui s'est passé à Montréal en son absence, le juge à la retraite John Gomery réclame à son tour une commission d'enquête publique sur les méthodes de financement des partis municipaux montréalais.
Aux côtés du chef de Projet Montréal Richard Bergeron - à qui il sert de caution morale et de président d'honneur de sa campagne de financement- John Gomery croit que l'idée de se satisfaire de simples amendements aux lois existantes ne tient pas. «Le problème est trop systémique, ça ne serait qu'un band-aid», a-t-il dit en conférence de presse.
Les citoyens «sont assoiffés de vérités, les gens ont le droit de savoir, et le plus vite possible, qui a fait quoi, qui a donné quoi et à qui».
Tout en se gardant bien d'aller plus avant dans la comparaison, John Gomery a néanmoins relevé que ce qui se passe à Montréal lui rappelle sous certaines facettes une certaine commission sur les commandites qu'il a présidée. À Ottawa comme à Montréal, «la nécessité de financer les campagnes électorale était à la base de toute la corruption (mise au jour).»
Il faut que les élections se gagnent enfin «au mérite des programmes et des candidats» et non plus parce qu'on les achète, a plaidé le juge Gomery.»
Article paru sur: http://www.cyberpresse.ca/dossiers/elections-municipales/200910/20/01-913187-financement-des-partis-gomery-reclame-une-enquete-publique.php
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Vous avez dit «police»?
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1) MALGRÉ LE REFUS OBSTINÉ DE JEAN CHAREST ET SON APPEL À ATTENDRE LA FIN DES «ENQUÊTES POLICIÈRES», VOICI UNE AUTRE RAISON, PARMI TANT D'AUTRES, MILITANT EN FAVEUR D'UNE COMMISSION D'ENQUÊTE PUBLIQUE SUR LES ALLÉGATIONS DE CORRUPTION ET DE COLLUSION DANS L'ATTRIBUTION DES CONTRATS PUBLICS:
http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/faitsdivers/12420-corruption-villes-police-enquete-surete-du-quebec
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2) SUITE DE MON BILLET «DIS-MOI QUI TE FINANCE»:
Maintenant, sous pression, le gouvernement annonçait ceci ce matin:
«Claude Béchard souhaite que la même règle s'applique pour les campagnes à la direction des partis municipaux et provinciaux. Il veut également revoir la règle permettant aux partis municipaux d'accumuler 20% de dons anonymes. Il souhaite que la possibilité de verser de l'argent comptant à un candidat soit limitée à une somme maximale.»
Quoi? On permettrait encore les dons en argent comptant? Ce qui, dans les faits, et par définition, rendrait toujours aussi impossible toute vérification et comptabilisation réelle et transparente de ces «dons»!
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/200910/20/01-913095-quebec-encadrera-le-financement-des-campagnes-a-la-direction.php
Mais, de toute façon, comme vient de le noter le journaliste Jean Dussault à la radio de Radio-Canada, «le diable se cache dans les détails», puisque cette nouvelle «intention» serait incluse dans un projet de loi contenant d'autres éléments aptes à provoquer l'opposition du PQ, de l'ADQ et de QS.
Ce qui, bien entendu, assurerait que le tout meurt simplement et éventuellement de sa belle mort...
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3) LECTURE OBLIGATOIRE POUR CEUX & CELLES VOULANT SAVOIR QUI SONT CES ENTREPRISES LES PLUS «GÂTÉES» DANS L'OBTENTION DES CONTRATS PUBLICS DANS LE DOMAINE DE LA CONSTRUCTION:
http://www.cyberpresse.ca/actualites/regional/montreal/200910/19/01-912904-contrats-de-construction-des-entreprises-tres-sollicitees.php
http://www.cyberpresse.ca/actualites/200904/04/01-843472-tony-accurso-figure-de-proue-de-la-construction.php
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