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Pour voir juste sur ce qu'il se passe dans les têtes de ceux et celles qui occupent les palais et les parlements du Québec, du Canada et du monde, suivez les analyses politiques percutantes de Josée legault sur son blogue.
novembre 2009 - Messages
30 novembre 2009, 11:07
Attention: ce PLQ recule fréquemment...

 

Lundi matin, la une du Devoir titrait: «Le Parti québécois passe en tête».

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/278281/sondage-leger-marketing-le-devoir-le-parti-quebecois-passe-en-tete

Selon le dernier sondage Léger Marketing-Le Devoir, le PQ est à 41%, le PLQ à 37% et l'ADQ à 8%.

Mais chez les francophones, le PQ domine avec 47%, tandis que le PLQ n'a que 29% d'appuis.

Quant au taux d'insatisfaction envers le gouvernement, il atteint les 60%.

Ce qui fait dire à Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing: «C'est la première fois qu'on peut dire que si des élections avaient eu lieu pendant la période du sondage, le PQ aurait formé un gouvernement majoritaire.»

Pourtant, ce n'est pas tout à fait la première fois en 2009 que des sondages donnent la victoire au PQ....

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Regardons-ça de plus près.... Et vous verrez que le recul du PLQ date en fait du printemps dernier.

Les chiffres sont nombreux, je sais, mais vous verrez mieux ainsi qu'ils se ressemblent passablement depuis mars, à quelques points près et à une exception près. (*** Puisque le vote francophone est le plus déterminant, je m'en tiendrai surtout à celui-ci)

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Donc, le 26 mars 2009, un CROP-La Presse indiquait déjà que le PQ menait chez les francophones avec 48%, alors que le PLQ n'avait plus que 27% de ces appuis. Quant au taux d'insatisfaction, il était à 58%! (Le titre de l'article était d'ailleurs: «Les libéraux dégringolent»...)

Pourtant, le 29 janvier 2009, un autre CROP-La Presse plaçait les Libéraux chez les francophones à 34% et le PQ à 39%. Et avec un taux d'insatisfaction raisonnable de 48%. Donc, en deux mois seulement, le PLQ avait déjà reculé de 7 points chez les francophones.

Puis, dans le CROP-La Presse du 27 mai 2009, le PLQ stagnait à 29% chez les francophones pendant que le PQ le devançait toujours, cette fois-ci avec 45%. Mais avec un taux d'insatisfaction qui venait de grimper à 52%. Ce qui faisait dire à la représentante de CROP que si des élections avaient eu lieu pendant la période de ce sondage, soit en mai, le PQ «aurait tout de même remporté les élections»...

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Ah! Mais vous me dites que le sondage de ce lundi matin est un Léger Marketing, pas un CROP! C'est vrai. Toutefois, depuis le début de l'année, les résultats des deux maisons de sondage tendent à se recouper. À quelques points près, évidemment.

À preuve: restons en mai. Les chiffres des deux maisons se recoupaient..

Puisque le 25 mai 2009, un Léger Marketing-Le Devoir donnait le PQ chez les francophones à 48% et le PLQ à 31%. Avec un taux d'insatisfaction de 58%. Et le titre de l'article était justement: «Le vote francophone porterait le PQ au pouvoir»...

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Bref, les deux firmes indiquaient déjà que s'il y avait eu une élection en mai, le PQ aurait probablement pris le pouvoir.

Notons aussi, et je dirais surtout, que ces chiffres datant du printemps sont comparables avec ceux du Léger Marketing-Le Devoir de ce matin.

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En d'autre termes, le recul du PLQ dans les intentions de vote semble en fait s'être amorcé dès le mois de mars - soit à peine trois mois après sa victoire majoritaire.

Ce que j'expliquais sur mon blogue le 28 mai dernier: http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/05/28/plq-amp-pq-224-233-galit-233.aspx

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Par contre, le 26 août, un CROP-La Presse indiquait une remontée du PLQ chez les francophones à 37%, et une baisse du PQ à 39%. L'exception à la règle depuis mars.

Toutefois, notons qu'une hausse des appuis au gouvernement en place est chose habituelle au sortir de l'été, alors que l'actualité politique et les controverses font place aux vacances.
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LES CAUSES: QUELQUES HYPOTHÈSES

Dans Le Devoir de ce lundi matin, Christian Bourque de Léger Marketing affirmait ceci: «Il y a une seule explication possible, et c'est le refus du gouvernement de déclencher» une enquête publique sur les allégations de collusion et de corruption dans l'industrie de la consctruction.

C'est certes un facteur très important.

Mais puisque dans les faits, les appuis au PLQ ont commencé à baisser en mars dernier - pour ressembler étrangement dès mai à ceux qu'indique le sondage de ce matin - je crois qu'il serait plus plausible d'avancer que ce refus obstiné de tenir une commission d'enquête a surtout contribué à ramener le PLQ à ses niveaux de mars et de mai derniers. Et donc, que ce refus viendrait en fait solidifier le recul des Libéraux dans l'opinion publique depuis sa dernière élection. Ou, si vous préférez, l'empècherait d'amorcer une remontée.

On pourrait aussi avancer que les résultats d'aujourd'hui, semblables à ceux de mai, sont le résultat d'un cumul de facteurs négatifs que le gouvernement porte dans sa besace depuis des mois: résultats désatreux à la Caisse de dépot; retour du déficit; «menace» de hausser plusieurs tarifs gouvernementaux; tests erronés du cancer du sein; inaction sur le front linguistique (recul du français à Montréal & jugement de la Cour suprême sur la Loi 104), etc...

Ma grand-mère aurait appelé ça la «force de l'usure»... 

Et plus récemment, se sont ajoutés au refus de tenir une enquête publique, la sortie spectaculaire de la Fraternité des policiers de Montréal et de l'Association des policiers provinciaux contredisant le premier ministre lui-même sur la capacité des enquêtes policières d'aller au fond des choses. Sans oublier le spectacle désolant auquel on assiste à l'Assemblée nationale...

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LE CALCUL POLITIQUE:

Bien sûr - et tous les commentateurs l'ont noté -, l'important aux yeux du gouvernement Charest est qu'il est majoritaire et qu'il a par conséquent un autre trois ans devant lui pour «redresser» la situation.

Et que de toute façon, comme le veut le cliché, la mémoire de l'électeur moyen est une faculté qui oublie...

Et le gouvernement le croit sûrement.

Mais l'avenir seul pourra nous dire s'il a raison de le croire.

Pourtant, le gouvernement serait sûrement plus sage de se souvenir de 2003... L'année de sa première élection...

Une année où, même s'il venait tout juste d'obtenir une majorité et avait un autre trois ans pour rectifier la situation, son programme de «réingénierie» de l'État, son attitude perçue comme «arrogante», sa tentative de vendre le Mont-Orford et une brochette d'autres mauvaises décisions, avaient néanmoins suscité la colère, provoqué de nombreuses manifestations et fait plonger son gouvernement dans les sondages pendant des mois et des mois et des mois.

Jusqu'à ce qu'en 2007, il se retrouve minoritaire...

Et j'avancerais que si le PQ avait eu à l'époque un chef plus populaire et plus crédible aux yeux de l'électorat francophone qu'André Boisclair, le PLQ aurait même risqué la défaite....

Comme quoi, la mémoire de l'électeur moyen n'est pas nécessairement TOUJOURS une faculté qui oublie...

Surtout lorsque les mauvaises décisions s'accumulent au fil du temps et que par conséquent, le lien de confiance se brise entre une population et son gouvernement...

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27 novembre 2009, 1:15
Torture & politicailleries

 

Le Canada a-t-il ou non envoyé volontairement à la torture des prisonniers afghans? Stephen Harper et ses généraux nous cachent-ils des choses?

Alors que Barack Obama s'apprête à y augmenter considérablement le nombre de soldats américains, faudrait-il ou non sortir de ce bourbier?

Jean Charest tiendra-t-il ou non une commission d'enquête sur la «pieuvre» qui se cache derrière les allégations sur l'industrie de la construction?

Comment se fait-il qu'il y ait eu autant de manifestations organisées contre la «réingénierie de l'État» en 2003, soit dans les mois qui ont suivi la première élection du gouvernement Charest, alors qu'il n'y en a aucune d'organisée aujourd'hui malgré le refus du gouvernement de tenir une commission d'enquête publique au moment où il s'apprête à dépenser 42 milliards de dollars en infrastructures et donc, en construction et en routes?

Janine Krieber, l'épouse de Stéphane Dion, a-t-elle ou non mis le doigt sur quelques bobos gênants pour Michael Ignatieff et le Parti libéral du Canada avec sa fameuse lettre parue pendant quelques heures sur son site Facebook?

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Ce sont là quelques unes des questions dont nous avons discutées ce matin lors de notre revue hebdomadaire de l'actualité à l'émission de Christiane Charette.

Toujours avec ma collègue Nathalie Petrowski, nous en avons discuté avec Gilles Duceppe, chef du Bloc québécois, et la journaliste de La Presse, Michèle Ouimet.

http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2009-2010/chronique.asp?idChronique=97315

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25 novembre 2009, 2:11
La pieuvre
On en tombe de notre chaise. Même les policiers s'inquiètent maintenant de l'"intégrité" de nos institutions démocratiques. Les policiers! Mais pas le gouvernement. Machiavel lui-même en ferait une dépression nerveuse...

Dans ce monde à l'envers, pendant que Jean Charest s'entête à "prioriser les enquêtes policières", la Fraternité des policiers de Montréal, elle, demande une enquête publique sur l'industrie de la construction! Même le président de l'Association des policiers provinciaux affirme que c'est la seule manière de "vraiment modifier les façons de faire" et de s'assurer que les milliards dépensés en infrastructures "s'en vont dans les bonnes poches".

Une démocratie est gravement dysfonctionnelle lorsque ce sont des policiers, et non le gouvernement, qui se préoccupent de l'intégrité des institutions et de la gestion des fonds publics. Lorsque la police sonne elle-même l'alarme, c'est un sacré signal que rien ne va plus.

On croule depuis des mois sous une montagne de reportages et de rapports faisant état d'allégations de collusion entre entrepreneurs, de corruption et de copinage. Mais là, avouons que du moment où les policiers eux-mêmes se disent incapables d'en exposer le SYSTÈME - d'où la nécessité d'une commission d'enquête -, force est de conclure que le gouvernement craint justement de voir ce système exposé.

Sinon, pourquoi diable s'entêterait-il autant à rejeter une demande portée par une vaste majorité de Québécois, de leaders d'opinion et même par la police? De mémoire de femme, c'est du jamais vu.

Prend-on les citoyens pour des cruches? De toute évidence (*). Du moins, tant qu'une commission d'enquête publique et indépendante au mandat large n'aura pas été mise sur pied. Sinon, les citoyens comprendront que leur gouvernement refuse de nettoyer les écuries de la business de l'asphalte et de la construction. Et ils se demanderont pourquoi. D'où le constat de l'Association des procureurs de la Couronne: la "confiance du peuple est brisée" envers ses élus et son système de justice. Coudon, y a-t-il un pilote dans l'avion de la démocratie québécoise?

Pourquoi le gouvernement n'en veut pas

Pourquoi le gouvernement a-t-il si peur d'une commission d'enquête? Une hypothèse: parce que dans une petite société comme le Québec aux élites tricotées aussi serré, ce même "système" risque d'être quasiment tentaculaire. Dans le sens où on parle ici d'un système qui toucherait les niveaux municipal et provincial. Où on parle possiblement de syndicats, de fonctionnaires, d'élus, de crime organisé, de blanchiment d'argent, de collusion entre entrepreneurs pour éliminer la concurrence, de dépassement de coûts. Où on parle d'un système de financement des partis redevenu vulnérable aux retours d'ascenseur. Où on parle de firmes bien branchées qui récompensent certains "gentils" élus ou fonctionnaires en les embauchant. Etc...

Alors, croyez-vous vraiment, vraiment que le gouvernement a le goût d'ouvrir une aussi grande boîte de Pandore? Surtout lorsqu'elle risque de contenir une pieuvre!

Aucun hasard là-dedans

On parle aussi de modes d'attribution de contrats où on laisse de plus en plus souvent le privé "décider" où iront les fonds publics. C'est ce que Pierre-André Hudon, un doctorant en administration publique, décrivait récemment dans Le Devoir comme "une situation de corporatisme de facto, un régime politique organisé autour des attentes de l'industrie privée".

Relisez cette citation une ou deux fois. Je vous jure. Ça vaut la peine.

Il notait même que cette perte de contrôle "par les élus et les citoyens" est due en partie aux réformes néo-libérales "entamées par le gouvernement Bouchard et poursuivies par le gouvernement Charest".

Mais je vous entends me dire que cette tendance s'est tout de même vachement accélérée depuis 2003. Vrai. Et que le couple crime organisé & industrie de la construction ne date quand même pas d'hier. Ou qu'il n'est pas spécifique au Québec. Vous avez encore raison.

Il reste pourtant que dans les derniers 15 ans, les gouvernements ont fait ici certains choix politiques risqués au nom d'un préjugé favorable aux intérêts privés. Et que cela a contribué à affaiblir la responsabilité des élus dans la gestion des deniers publics, entre autres choses.

Dans le domaine des infrastructures, le résultat fut de laisser le secteur privé, et semble-t-il parfois même le crime organisé, plonger impunément la main jusqu'au coude dans la jarre à biscuits de nos impôts. Ce sont donc les élus eux-mêmes qui, petit à petit, ont laissé le loup gambader dans la bergerie des fonds publics.

Bref, comme l'explique P.-A. Hudon, il s'est installé une "dangereuse proximité des secteurs public et privé". Et cette proximité fut un puissant "catalyseur favorisant, à terme, les malversations et le copinage". Donc, le gaspillage des deniers publics.

Pourquoi pensez-vous que même la police demande une commission d'enquête pour qu'on "change les façons de faire" et qu'on s'assure de voir ces milliards aller "dans les bonnes poches"? S'il y en a qui voient ce qui se passe vraiment sur le terrain et pensent que de "mauvaises poches" ont été remplies, ce sont bien les policiers...

Leur problème étant que seule une commission d'enquête, et non la police, pourrait exposer la pieuvre qui se cache au fond de la boîte de Pandore que le gouvernement garde verrouillée à triple tour.

Mais en bout de piste, le danger ultime est que ce refus du gouvernement fasse que le fameux cynisme des électeurs passe de l'indifférence à un profond sentiment d'impuissance. Ce qui serait la pire des choses au moment même où la situation appelle une plus grande expression citoyenne. Et non son retrait pour cause de colère chronique...

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(*) Un exemple récent parmi d'autres:

http://www.ledevoir.com/politique/villes-et-regions/277929/saint-jean-sur-richelieu-des-services-de-genie-conseil-a-2300-l-heure

 


23 novembre 2009, 6:13
Et si c'était Toronto ou Calgary?

 

En fin de semaine, le Parti québécois a tenu son colloque sur le thème de «gouvernement souverainiste et développement culturel».

Donc, ce fut une «discussion» où, par définition, aucune position ne fut arrêtée sur la question linguistique. Le tout devant déboucher sur un congrès au printemps 2011, là où les «décisions» devraient normalement se prendre.

En termes plus généraux, la chef, Pauline Marois, y promettait ceci: «Nous allons être audacieux, nous allons être clairs, nous allons être fiers.»

Un ton, tout au moins, qui semble plus déterminé.

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/277811/il-faut-faire-reculer-l-anglais-dit-marois

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Ce qui, toutefois, soulève inévitablement la question des cégeps.

Ou, plus précisément à savoir si le PQ finira, ou non, par s'engager à étendre la Loi 101 aux cégeps. Donc, à interdire les cégeps anglophones aux francophones et aux allophones. Et surtout, à savoir s'il le ferait une fois au pouvoir.

Quoique tout soit possible en politique, si l'on part du principe voulant que le passé soit garant de l'avenir, vu sous cet angle, il semble peu probable qu'il le fasse.

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En fait, même au pouvoir, dès 1996, les chiffres inquiétants suivants étaient colligés:

En 1994, seulement 64% des étudiants allophones qui avaient reçu leur enseignement secondaire en français poursuivaient leurs études collégiales en français. Alors que ce pourcentage était de 81% en 1983. (En 1994, 52,9% des allophones s'inscrivaient aussi déjà dans une université anglophone.)

«C'est dire que si l'obligation de recevoir un enseignement en français au secondaire a eu un effet positif sur l'enseignement d'ordre collégial, le pouvoir d'attraction des cégeps francophones est en perte de vitesse(1)

Le problème demeure depuis.

Un problème qui dans les faits, lorsqu'on compare le Québec aux autres provinces et États américains, fait figure d'aberration. 

D'autant plus qu'en 2002, à peine 57% des allophones ayant fait leurs études secondaires en français passaient à un cégep francophone. Aujourd'hui, ce pourcentage n'a remonté que très légèrement autour des 60.

Mais on en «discute» encore.

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Posons-nous alors la question suivante, que je pose depuis des années:

Croyez-vous sincèrement que si, disons, à Toronto ou à Calgary, entre 40% et 50% des allophones décidaient de poursuivre leurs études supérieures en français (les cégeps étant des institutions québécoises), les gouvernements ontarien ou albertain refuseraient d'intervenir? Qu'ils laisseraient aller?

Croyez-vous vraiment, vraiment, vraiment que les Ontariens et les Albertains accepteraient de subventionner par leurs impôts l'éducation supérieure des allophones dans la langue de la «minorité de langue officielle», comme on dit à Ottawa?

Poser ces questions, c'est leur répondre.

Quoiqu'elles soient en quelque sorte des questions pièges...

Puisque, de toute façon, il n'y a qu'au Québec qu'existe un réseau complet d'institutions d'éducation supérieure fonctionnant dans la langue de la minorité de langue officielle.

De fait, il n'y a qu'au Québec qu'on accepte de voir une telle proportion d'allophones choisir de poursuivre leurs études supérieures dans une langue autre que celle de la majorité.


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Car si on considère les allophones dans leur ensemble, et non seulement ceux ayant fait leurs études secondaires en français, c'est plus ou moins la moitié d'entre eux qui optent pour un cégep ou une université anglophone.

Voici d'ailleurs ce qu'observait l'an dernier le professeur Charles Castonguay dans L'aut'Journal::

«Étendre la loi 101 au cégep hausserait d'abord la proportion d'allophones qui font leurs études collégiales en français. Ce qui, en toute vraisemblance, exercerait ensuite un effet haussier sur la proportion d'allophones qui travaillent en français. Ce qui, à son tour, ferait de même pour la part du français vis-à-vis de l'anglais comme langue d'adoption au foyer. Et, donc, pour le renouvellement démographique de la population francophone. (...)

Résumons. On peut dire grosso modo qu'à l'heure actuelle, environ la moitié des allophones étudient au cégep en anglais, fréquentent l'université anglaise, travaillent en anglais et, sans doute, choisissent, dans le milieu de vie montréalais, de s'angliciser et d'élever leurs enfants en anglais au lieu de se franciser et d'élever leurs enfants en français.

On peut laisser les choses comme elles sont. Quitte à voir la population anglophone croître plus rapidement que celle de langue française, comme on l'a vu entre les deux derniers recensements. Autrement dit, à voir le Québec devenir, graduellement, de moins en moins français et de plus en plus anglais.

Ou bien on peut intervenir de nouveau pour faire davantage du français la langue « normale et habituelle » de l'enseignement et du travail, comme le voulait la Charte de la langue française. Et, du même coup, la langue «normale et habituelle» d'adoption à la maison parmi les nouveaux arrivants, assurant ainsi le statut majoritaire de la population de langue française. Ce qui était également une considération de tout premier ordre dans le Livre blanc qui annonçait la Charte en mars 1977.»

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Bref, reprenons la question en jeu:

Agir?

Ou rester les bras croisés alors que le glissement vers l'anglais est pourtant connu depuis au moins 1996 et amorcé dans les faits depuis 1983?...

On sait que le PLQ ne fera rien sur cette question. Quant à l'ADQ, pour le moment, elle semble être occupée à autre chose: sa propre survie...

Ne reste que le PQ. Mais encore une fois, à la lumière de son dernier passage au pouvoir, il semble peu probable qu'il s'engage en bout de piste à étendre la Loi 101 aux cégeps s'il prenait le pouvoir.

À moins, bien sûr, que la pression dans ce sens se fasse sentir de plus en plus d'ici son congrès de 2011. Autant de la base péquiste elle-même, que de la députation et surtout, de la société civile. Et que Mme Marois, sur ce chapitre, finisse par surprendre.


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(1): La situation de la langue française au Québec (Projet, janvier 1996), Rapport remis à la Ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, p. 167. (Mieux connu sous le nom informel de «rapport Plourde-Legault»).

 






20 novembre 2009, 12:03
Un vendredi mémorable!

 

Quel beau vendredi matin ce fut.

Quel privilège ce fut de partager une heure en ondes avec Jacques Parizeau, Janette Bertrand, Michel Tremblay et René-Daniel Dubois.

Je regardais ces trois institutions nationales que sont devenus Mme Bertrand, messieurs Parizeau et Tremblay, et j'avoue bien humblement que j'étais pas mal, pas mal impressionnée!

C'est d'ailleurs ce que ma collègue Nathalie Petrowski et moi-même avons eu comme immense plaisir ce matin à l'émission de Christiane Charette.

http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2009-2010/

(Pour l'écouter, cliquez à droite de l'écran sur «Écoutez l'émission du 20 novembre, Première partie»)

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Et sur une autre note, voici, tel que promis, ma chronique parue aujourd'hui dans The Gazette et portant sur le «spectacle» de mauvais goût auquel on assiste à l'Assemblée nationale en lieu et place de la commission d'enquête publique que le gouvernement Charest refuse encore et toujours de créer.

http://www.montrealgazette.com/news/Liberals+refusal+hold+inquiry+could+come+back+haunt+them/2243754/story.html

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19 novembre 2009, 4:24
Le gouvernement s'entête

 

Même suite au rapport du Vérificateur général critiquant sévèrement certaines pratiques du Ministère des Transports dans le processus d'octroi de ses contrats d'infrastructures, le gouvernement s'entête à refuser la mise sur pied d'une commission d'enquête publique et indépendante.

Ce matin, à l'Assemblée nationale, la période de questions a donc viré à la foire d'empoigne:

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/277552/collusion-aux-transports-julie-boulet-jure-qu-elle-n-etait-pas-au-courant

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Je reviendrai sur la stratégie du gouvernement dans ma chronique à paraître demain dans The Gazette, dont son usage de cet article paru jeudi matin dans Le Soleil, au lendemain du dépôt du rapport du Vérificateur général:

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/politique/200911/18/01-922964-ethique-claude-blanchet-avait-des-actions-chez-des-partenaires-de-la-sgf.php

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Voir aussi ce texte éclaire de Pierre-André Hudon sur la «dangereuse proximité des secteurs public et privé»:

http://www.ledevoir.com/societe/justice/277490/les-contrats-d-infrastructure-la-dangereuse-proximite-des-secteurs-public-et-prive

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Mais dans cette atmosphère malsaine, où le refus du gouvernement ne fait RIEN pour rassurer les contribuables sur la manière dont on gère leurs deniers, ou dont leur démocratie protège ou non le bien commun, ce petit incident, anodin en apparence, en dit pourtant long sur la manière avec laquelle le gouvernement fait tout pour attirer l'attention sur des vétilles pour mieux éviter de s'attaquer à la substance du dossier des infrastructures.

Cet «incident» est celui d'un député péquiste qui, lors de la période de questions, hors micro, aurait crié à Nathalie Normandeau, la vice-première ministre, «ferme ta gueule». Ce qui, bien sûr, est grossier. Mais qui, malheureusement, ne fait que s'ajouter à d'autres grossièretés qui, de tous temps, ont fusé dans cette Chambre hors micro des sièges de la plupart des partis. Une pratique de cour d'école à laquelle trop d'élus s'adonnent en oubliant l'Institution dans laquelle ils siègent...

Ça, c'est une chose.

Mais c'est une autre que d'entendre Mme Normandeau, convoquant ensuite les journalistes, s'en offusquer en tant que «femme» au nom de toutes les «femmes» qui siègent à l'Assemblée nationale...

Pardon?...

Comme si, malheureusement, aucun député-homme ne se serait jamais fait apostrophé de manière aussi grossière dans la même enceinte avec précisément ces mêmes mots...

http://www.assnat.qc.ca/fra/conf-presse/2009/091119NN.HTM

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18 novembre 2009, 1:54
Jean-Marc Fournier à Ottawa

 

Ainsi, Jean-Marc Fournier, ex-ministre de l'Éducation dans le gouvernement Charest, deviendrait donc le «Premier Secrétaire» de Michael Ignatieff.

Celui-là même qui, tout frais sorti de la politique active, s'est retrouvé, selon sa biographie officielle de l'Assemblée nationale, «vice-président principal en planification stratégique au sein de la division Socodec, filiale de SNC-Lavalin». Et comme «conseiller du Parti libéral du Canada pour le Québec».

http://www.assnat.qc.ca/FRA/Membres/notices/e-f/fouj2.shtml

(mise à jour: septembre 2009).

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Ma collègue Chantal Hébert le baptise donc maintenant le «Jean Pelletier de Michael Ignatieff». Quoique le chef de cabinet de Michael Ignatieff est en fait Peter Donolo - ze big boss, le vrai, et pour raison, du bureau du chef de l'Opposition officielle.

En effet une recrue de choix, ce Peter Donolo. Issu, il va sans dire dès qu'on parle d'«efficacité politique» au PLC, de la filière Chrétien.

Mais nonobstant cette différence de titres entre M. Fournier et feu M. Pelletier, il reste que la «comparaison», sur le fond, n'est pas nécessairement très flatteuse.

Mais heureusement pour M. Fournier, il n'y a aucun référendum, ni commandites, à l'horizon.

Sinon, d'aucuns, face à une telle comparaison, pourraient être tentés de lui rappeler que son illustre prédécesseur avait déclaré cette chose pas très jolie au chroniqueur Gilbert Lavoie du Soleil:

««Dans la guerre, on ne se demande pas si les munitions sont payées, on les tire», a répondu M. Pelletier, en réponse à une question portant sur la conformité du financement du grand love-in fédéraliste de Montréal, avec la loi québécoise sur les référendums.»

Voir: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/jean-pelletier-1935-2009/200901/13/01-817350-dion-nest-pas-le-pere-de-la-loi-sur-la-clarte-referendaire.php

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Comme quoi, en bout de piste, d'avoir des Québécois dans le cabinet d'un chef libéral fédéral ne signifie pas automatiquement qu'on y prêtera une oreille plus attentive aux besoins réels de la «belle Province»....

Tout dépend évidemment des circonstances, de la «vision» du chef et des autres influences qui jouent autour de celui-ci et pèsent dans sa balance.

Et, de toute façon, avec ou sans M. Fournier, Michael Ignatieff a déjà fait son lit sur la question du Québec. Puisqu'en juin dernier, il déclarait que le Québec avait déjà tous les pouvoirs dont il avait besoin, merci beaucoup! Traduction: pas question de lui en accorder d'autres.

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/253649/c-est-clair

Bref, même s'il recrutait le Bonhomme Carnaval comme conseiller spécial, il est plus que probable que le chef libéral ne bougerait pas d'un centimètre quant à la question nationale québécoise...  

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Mais qui sait? Ce sera peut-être M. Ignatieff, qui finira par savoir ce qui est arrivé à l'Ilot Voyageur alors que son nouveau premier secrétaire était ici le ministre de l'Éducation...

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Pour fins de mémoire, voici ce qu'en disait sur cette question le rapport du Vérificateur général quant à la part de responsabilité du Ministère de l'Éducation, des Sports et des loisirs (MESL) dans ce fiasco financier:

«(...) autant le CA de l'UQAM et l'assemblée des gouverneurs que le MELS ne se sont acquittés adéquatement de leurs responsabilités relatives aux projets immobiliers de l'UQAM. Ils partagent donc aussi, à des degrés divers selon leur rôle respectif, la responsabilité des conséquences désastreuses de la mauvaise gestion des projets immobiliers effectuée par des membres de la direction de l'UQAM. (...) (Le ministère) n'a pas fait de suivi rigoureux de la situation financière de l'UQAM en utilisant toutes les informations tant internes qu'externes qui lui étaient disponibles

extraits, pp. 30-32: http://www.vgq.gouv.qc.ca/fr/publications/rapport-annuel/2008-2009-T1/Rapport2008-2009-T1-Faits-saillants.pdf

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Mais comme le dirait peut-être Henri-Paul Rousseau, voilà bien ici un de ces autres «mystères de la vie»....

 







17 novembre 2009, 5:38
Passer le témoin

À Tout le monde en parle, Jacques Parizeau, maintenant à l'aube de ses 80 ans, a laissé tomber ceci avec son élégance habituelle: "Je quitte graduellement les choses..."

Qu'il l'ait dit par un 15 novembre - date marquant le 33e anniversaire de la première élection du PQ - ajoutait à la gravité symbolique du moment. Trente-trois années. Déjà. Deux référendums sur la souveraineté, un rapatriement unilatéral et deux échecs constitutionnels déterminants. Sans compter la mort de René Lévesque, Robert Bourassa et Pierre Trudeau, disparus dans le triangle des Bermudes de la "question constitutionnelle".

Pendant ce temps, Jacques Parizeau aura été, et demeure, l'indépendantiste impénitent et vacciné à vie contre la peur. Il fut et demeure impossible à acheter ou louer. Même pour Paul Desmarais, dont l'écurie de chefs politiques bien domptés est pourtant bien garnie. Un intellect exceptionnel et une force déterminée à créer ce foutu pays. Résultat: comme il le rappelle dans son nouvel ouvrage - La Souveraineté du Québec. Hier, aujourd'hui et demain -, seules 52 000 voix sur plus de 5 millions l'ont fait avorter en 1995. Dixit Monsieur: "61 % de ces francophones à qui on avait tenté depuis 30 ans de faire peur ont voté Oui." Une défaite. Mais aussi un progrès.

C'est pourquoi la "peur" est le véritable fil conducteur du livre. La "peur" ou, plus précisément, son recul. Cette peur qui paralysait une majorité de Québécois à la seule pensée d'une séparation. La peur de perdre ses épargnes, son emploi, sa pension de vieillesse ou même les Rocheuses! Lire ce livre, c'est comprendre le travail colossal ayant mené à ce début de recul de la peur.

Mais ce livre nous dit aussi que son inquiétude se tourne maintenant vers un nouveau phénomène: l'indifférence. Comme un goût de passer à "autre chose" face à cette reprise incessante des mêmes vieux refrains sans que RIEN ne change. Un Canada devenu impossible à réformer et une souveraineté qui n'arrive pas n'ont rien pour faire mousser la ferveur populaire! La question Québec-Canada fait figure d'escargot attardé face à ce monde qui ne cesse de changer à la vitesse grand V.

C'est pour cette raison que son livre ne s'adresse ni aux "convaincus" de la cause, ni à une classe fictive de l'ancien professeur des HEC. Je crois qu'il s'adresse plutôt à la suite du monde, comme on dit. À ces moins de 45 ans dont plus de la moitié passent lentement à "autre chose". C'est à eux que Monsieur parle ici.

Eux, qui ne se retrouvent pas dans des élites peu inspirantes et peu audacieuses. Alors que les plus de 45 ans, eux, ont déjà été portés par le leadership politique le plus dynamique que ce peuple ait jamais connu. Sans compter ce désir profond de concilier nationalisme et internationalisme, plutôt que de les opposer...

Ce livre parle donc aux plus jeunes de ces 33 dernières années. De ce qu'elles veulent dire. Il leur parle aussi d'environnement et de mondialisation. Il leur rappelle ce que le discours dominant cherche à leur faire oublier. Soit que l'État doit jouer un rôle actif parce qu'il demeure le seul vrai "protecteur" de chaque citoyen. Mais dans la mesure où il est démocratique et représente une société aux intérêts justement communs.

Il démontre que, contrairement à ce qu'avancent les Lucides, ces "déclinologues", le Québec n'est pas trop pauvre pour voir plus grand. Il leur montre qu'en politique, nul besoin de chercher les "complots". Il s'agit seulement de comprendre les "intérêts" en jeu. Comme lorsqu'il cite en exemple le "lâchage" du Québec par Nicolas Sarkozy. Un lâchage livré par reconnaissance envers son mentor Paul Desmarais père. Dont les intérêts d'affaires et l'anti-souverainisme légendaire s'en sont trouvés par le fait même récompensés.

À LA RECHERCHE DE LA RELÈVE PERDUE

Bref, ce livre est une ligne jetée à l'eau. Espérant nourrir une certaine réflexion tournée vers l'avenir. Pas seulement l'avenir du reste de la planète, de nos déchets et des ours polaires. Mais aussi le nôtre, ici. Ce livre rappelle donc aux plus jeunes que ce sont encore les hommes et les femmes qui font l'Histoire. Comme eux. Un jour.

À TLMEP, Jacques Parizeau fut incapable de nommer un seul leader d'ici "porteur d'espoir". "Nous sommes entre deux générations", disait-il, se demandant où sont passés les 30-40 ans. En fait, ce sont les 30-50 ans qui manquent à l'appel. Surtout les esprits plus indépendants, dont le principal handicap est de rebuter des élites frileuses au confort devenu un peu trop douillet.

Mais monsieur Parizeau connaît son histoire. Il sait qu'un jour, la nécessité les appellera. Mais il craint aussi, avec raison, qu'entre-temps, le goût de l'indépendance, si peu nourri, finisse par s'étioler. Sans tambour ni trompette. D'où cette ligne lancée à l'eau.

En refermant ce livre vivant, clair et beaucoup plus accessible que certains l'ont dit, je me suis rappelé les paroles musclées du jeune Jules Falardeau aux funérailles de son père Pierre: "(...) je m'adresse au Parti Québécois. Vous êtes censés être notre levier vers l'indépendance. Si vous ne la faites pas, vous n'avez aucune raison d'exister."

Mais Jacques Parizeau, l'œil encore et toujours tourné vers l'avenir, était quant à lui déjà rendu à la prochaine étape. Celle de l'appel à la relève. Avec ce livre, il lui passe tout simplement le témoin...

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@ Monsieur Parizeau «blogue» aussi maintenant:

http://michelbrule.com/blog_parizeau/

 


17 novembre 2009, 10:45
Délier la langue...

 


Rien à ajouter...


http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/273525/la-loi-rapaillee#reactions

 

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16 novembre 2009, 4:35
Les trois amigos...

 

Sans commentaires...

 

source: Revue «MONTRÉAL CENTRE-VILLE», vol. 3, numéro 4, hiver 2010, page 76.

photo: Yves Beaulieu

 


16 novembre 2009, 1:47
Le «modèle» Parizeau

 

Si vous le permettez, exceptionnellement, je mettrai en ligne ma chronique hebdomadaire mardi après-midi plutôt que mercredi puisqu'elle portera sur le livre de Jacques Parizeau - «La souveraineté du Québec. Hier, aujourd'hui et demain» (Les éditions Michel Brûlé). Question de se tourner vers l'avenir.

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Mais pour le moment, revenons sur le passé récent et le présent.

Je me contenterai de relever ces deux citations, lesquelles, je crois, illustrent fort bien une des différences fondamentales existant entre Monsieur Parizeau et chacun de ses successeurs à la tête du Parti québécois quant à leur degré respectif de détermination face à leur option (1).

Celle de Mme Marois, quant à elle, rappelle qu'en quelque part, le manque de clarté et de volonté politique des successeurs de M. Parizeau aura aussi sûrement contribué à la décroissance des appuis à la souveraineté chez les 18-44 ans, de même qu'à cette majorité de Québécois qui, aujourd'hui, voit cette option comme étant «réalisable» mais tout en croyant par contre qu'elle «ne se réalisera pas» (2).

Cette combinaison étant en partie la résultante de l'inaction et du silence des élites souverainistes depuis 1996, autant sur leur option que sur la question linguistique ou le fameux «projet de société». S'en souvient-on seulement? Le problème étant que ces élites, qui sont aujourd'hui, pour la majeure partie, les mêmes, refusent également de prendre conscience des effets de leurs propres choix politiques post-1995 et donc, de réajuster le tir en conséquence. Ce refus semble les avoir empêché d'exercer leur leadership et de produire le renouvellement nécessaires à l'avancement de leur propre option.

Aujourd'hui, par contre, la chef actuelle a affirmé être en accord avec la nécessité de se remettre au travail. Et, d'une part, comme certains des membres l'ont souligné ci-bas, il est en effet vrai qu'elle propose au moins certaines initiatives - une constitution en étant une majeure, c'est le moins qu'on puisse dire.

Par contre, d'autre part, s'engager à tenter de «rapatrier» des pouvoirs dans un premier mandat risquerait fort de créér une approche d'«éparpillement» et de perdre un temps précieux à tenter de réformer un système dont ce parti dit vouloir sortir. Ce qui, on imagine, fera aussipartie de la «réflexion»...

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Voici donc les deux citations en question:

Primo: Pauline Marois, chef du PQ, ce midi, sur les ondes de Radio-Canada:

«Nous tiendrons un référendum lorsque nous jugerons pertinent de le faire».

Et faisant sûrement référence à son projet de plutôt «rapatrier» des pouvoirs d'Ottawa si le PQ prend le pouvoir, elle ajoute: «Avant de tenir un référendum, nous devons faire avancer le Québec». Puis ceci: «Je ne prendrai pas d'engagement sur le temps et le calendrier».

Secundo: Jacques Parizeau, ce matin, sur les ondes de LCN:

Répondant à une question portant sur le problème d'être au pouvoir et d'attendre pour bouger, M. Parizeau repond ceci:

«C'est une des raisons pour lesquelles quand on prend le pouvoir, il ne faut pas attendre trop longtemps pour se décider, pour donc faire un référendum. Avant 1995, j'avais dit, quand on prendra le pouvoir, il y aura un référendum dans les huit à dix mois qui suivront. C'était la bonne formule. Puis, le pays, on l'a raté par 52,000 voix sur 5 millions.»

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(1) Lucien Bouchard disait attendre les «conditions gagnantes»; Bernard Landry attendait l'«assurance morale de gagner» et inséra dans la plateforme électorale de 2003 le projet d'une «union confédérale»; André Boisclair parlait quant à lui d'un référendum «le plus rapidement possible», mais une vaste majorité de Québécois ne le considérait pas crédible même comme chef de parti; Pauline Marois refuse cet engagement.

(2) Voir:

http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/06/09/un-jugement-s-233-v-232-re.aspx




13 novembre 2009, 3:52
En attendant Jacques Parizeau...

 

Dès qu'on est le moindrement superstitieux, on tend à craindre les vendredi 13...

Mais avec une journée d'automne aussi belle et ensoleillée, la superstition prend le bord!

De mon côté, avec ma collègue Nathalie Petrowski, ce vendredi 13, a bien débuté, avec notre revue hebdomadaire de l'actualité à l'émission de Christiane Charette.

Avec Dany Laferrière, Régine Laurent & Bernard Landry, nous avons discuté, évidemment, du naufrage de l'ADQ.

Mais également du nouveau pétit catéchisme de la citoyenneté du gouvernement fédéral pour les nouveaux arrivants; du sérieux problème de leadership du ministre de la Santé et, avec Dany, de l'exil, autant extérieur qu'intérieur.

http://www.radio-canada.ca/emissions/christiane_charette/2009-2010/chronique.asp?idChronique=95989

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Le tout, bien sûr, en attendant le très attendu nouveau livre de Jacques Parizeau: «La souveraineté du Québec. Hier, aujourd'hui et demain» (Les éditions Michel Brûlé). Le livre sera disponible dès ce lundi 16 novembre.

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J'ai hâte.... Je l'avoue....

Pourquoi?

Parce que «Monsieur» est d'une redoutable intelligence des choses.

Parce que la constance, la détermination et la cohérence qui le caractérisent sont devenues chez la classe politique actuelle des denrées aussi rares que les icebergs en Floride.

Pour sa clarté. La vraie. Pas celle de Stéphane Dion...

Parce qu'il est un homme droit.

Parce qu'il est un homme honnête.

Parce que la discussion, incluant les désaccords, ne lui font pas peur. 

Parce qu'il aura été un des très, très rares premiers ministres québécois à ne pas avoir courbé l'échine devant Paul Desmarais.

Parce qu'il demeure un des économistes les plus brillants de son temps.

Parce qu'il est un pédagogue exceptionnel.

Parce qu'il adore échanger avec les jeunes. Ce qui veut dire qu'il ne fait pas que parler, il écoute aussi...

Parce que contrairement à certains clichés, il renouvelle et met à jour continuellement ses connaissances et ses idées.

Parce qu'il n'a pas de «cassette»...

Parce que le Canada anglais l'a craint.

Parce qu'avec ou sans «charisme», il est un homme raffiné, cultivé, galant, doté d'un sens de l'humour redoutable et d'un charme fou.

Mais surtout, parce qu'au-delà de tout - et que l'on épouse ou non sa cause politique - il possède ce qu'il y a de plus précieux en politique: le sens de l'État et du bien commun...

Et cela, même ses adversaires les plus coriaces et ses critiques les plus acerbes ne peuvent le nier.

Bref, son nouveau livre promet d'alimenter les débats. Mais surtout, il promet d'alimenter cette petite chose qui nous échappe de plus en plus dans un monde où tout bouge à la vitesse de l'éclair: la RÉFLEXION.

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«Monsieur» sera aussi à Tout le monde en parle le 15 novembre, une date presque mythique pour son parti puisque le PQ remporta le pouvoir pour la première fois il y a de cela déjà 33 ans...

 

 


 






11 novembre 2009, 4:44
Taillon vs. Harper?

 

Hier, dans mon billet «ADQ avec ou contre les conservateurs?», je posais la question suivante:



«Serions-nous peut-être en train d'assister à une espèce de règlement de comptes, non pas seulement entre des «egos», mais aussi entre ceux à l'ADQ désirant continuer à se coller sur le PC de Harper ,et ceux qui, pour toutes espèces de raisons, préfèrent s'en tenir le plus loin possible?» 

http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2009/11/11/adq-avec-ou-contre-les-conservateurs.aspx

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Voir aussi ce que j'en rapportais ici dès avril dernier:



«Contrairement à Mario Dumont qui s'était pris d'une grande amitié pour le Parti conservateur de Stephen Harper, Gilles Taillon dit vouloir maintenant «garder une totale objectivité vis-à-vis des partis fédéraux».»

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De son côté, c'est du moins ce qu'avance Gilles Taillon dans cette lettre ouverte tout juste envoyée aux médias comme explication principale pour ce qui se passe à l'ADQ:

Bref, c'est à suivre....

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«Les masques sont tombés.
 
Peu après l'annonce de ma candidature le 24 avril dernier, encouragé à ce moment par plusieurs dont Mario Dumont, j'ai senti un certain malaise au sein de l'ancien establishment du parti. Comme parti autonomiste, j'ai cru et je crois toujours qu'aucune influence d'un parti fédéral ne devait et ne doit limiter la marge de manoeuvre de l'ADQ.


J'ai déclaré, lors du Conseil général de mai, que les distances devaient être maintenues avec le parti conservateur du Canada et aussi, avec tous les autres partis oeuvrant sur la scène fédérale. Ma déclaration a fait l'objet d'un reportage de Pierre Duchesne, de la société Radio-Canada. Celui-ci a clairement fait part de ma prise de position. Lors de ce même reportage le journaliste a aussi identifié le sénateur Housakos comme celui qui jusque-là, à titre de président de la Commission du financement de l'ADQ, faisait le pont entre les conservateurs au fédéral et l'ADQ au Québec.


Cette prise de position publique sur la nécessaire autonomie de l'ADQ, vis-à-vis les partis politiques fédéraux, m'a valu plusieurs réprimandes de membres influents du parti. J'ai donc décidé de rencontrer le sénateur Housakos et de lui faire part de vive voix de ma prise de position. Dans les jours suivants, la rencontre a bel et bien eue lieu dans un restaurant d'Ottawa. J'ai alors clairement dis au Sénateur Housakos, que je n'avais rien contre les conservateurs ou lui-même. Mais aussi, que sous mon éventuel leadership, l'ADQ travaillerait aux seuls intérêts du Québec et ce, sans aucune attache à quelque parti fédéral que ce soit. Je lui ai aussi fait part que comme membre de l'ADQ, il était le bienvenu et pouvait contribuer au financement de ma campagne selon les règles établies par le parti.

Je comprends aujourd'hui, avec les sorties publiques des anciens « propriétaires » du parti, Mario Dumont en tête, que mon élection à la tête de l'ADQ signifiait pour ces gens, la fin d'une alliance intouchable. À partir de ce moment, Gilles Taillon ne pouvait plus demeurer à la tête de l'ADQ et ce, malgré le choix démocratique des militants. Le travail de sape a alors commencé et n'a jamais cessé depuis. Je vous laisse le soin de juger les événements des derniers jours et du rôle qu'ont joué Éric Caire et Gérard Deltell.

Je me suis lancé en campagne avec l'intention d'offrir aux Québécois une alternative aux vieux partis. Ma plate-forme était limpide quant aux axes de développement et mon intention de faire le ménage dans les finances publiques pour éviter aux Québécois de passer à la caisse. Avec le gaspillage et les malversations  mises à jour par les médias, plus personne ne peut se fermer les yeux. On m'a rapporté des éléments troublants concernant le financement de notre parti dans les années antérieures. Comme chef de ce parti, j'ai doc décidé de prendre mes responsabilités et de demander aux autorités policières de faire la lumière sur la situation.

Avant le caucus de mardi matin, j'ai compris que seul mon départ mettrait fin à la bisbille « orchestrée ». Je me devais de partir. Au moment de l'annonce de mon départ, j'étais persuadé  que par respect pour les quelque 2000 militants qui ont voté pour moi, qu'on pourrait attendre que le chef élu au suffrage universel soit remplacé lors d'une élection tenue conformément à nos statuts. Je souhaite ardemment qu'il en soit ainsi. Les militants méritent cette marque de respect.


Gilles Taillon
Chef de l'Action démocratique du Québec»

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UN NOUVEAU «BEAU PÈRE»? 

Dans les multiples couches de cette crise rocambolesque à l'ADQ - et sans égards aux versions respectives de M. Taillon d'un côté, et de celle de messieurs Caire & Dumont -, c'est à se demander si Mario Dumont ne serait pas aussi en train de se métamorphoser en «beau-père» politique, puisqu'il se sert maintenant presque quotidiennement de la tribune de son émission pour «commenter» ce qui se passe au sein du parti dont il a quitté la direction.

Dernier épisode: il y a quelques minutes, rapportant que Gilles Taillon venait de rendre publique cette lettre, il ajoutait, petit sourire en coin:

«On comprend que cet homme-là vit un échec personnel qui est difficile, on comprend que sur le plan professionnel, il a vécu une brillante carrière et vit cette semaine un échec difficile. Maintenant, je ne pense pas qu'il faut chercher au complot si savamment orchestré

Ah bon?...   

Bref, soit dit en tout respect, M. Dumont devrait peut-être en jaser avec son bon ami Lucien Bouchard, lequel pourrait lui expliquer les vertus d'un certain devoir de réserve...  Surtout lorsque son ancien parti vit une crise majeure...






11 novembre 2009, 3:54
Pour nos frères & nos soeurs

 


En ce jour du Souvenir, on ne peut que penser à nos compatriotes, hommes et femmes, qui, parfois dans des guerres justes, parfois dans des guerres futiles, ont donné et donnent d'eux-mêmes au risque de leur vie.

Certains sont revenus ou reviendront dans des cercueils, d'autres en chaise roulante, d'autres avec l'âme émiettée.

On pense à tous ces vétérans des guerres passées qui, une fois de retour, n'ont pas toujours eu droit au soutien et aux services qui leur auraient été pourtant essentiels.

On pense aussi à leurs familles, leurs amours, leurs amis.

Mais on pense également aux «civils» de toutes les guerres, considérés par les généraux comme autant de «dommages collatéraux».

Ces hommes, femmes et enfants qui y laissent, eux aussi, parfois leur vie, parfois leur santé, parfois leur âme.

Et tous ces enfants orphelins, toutes ces femmes, de tous temps, en situation de guerre, violées et complètement déshumanisées.

Ainsi, aujourd'hui, que l'on soutienne au nom la présence de l'armée canadienne en Afghanistan - personnellement, j'y suis farouchement opposée -, il reste que ce sont nos frères et nos soeurs qui s'y trouvent.

D'où, je crois, l'intérêt de l'initiative du député Gérard Deltell (eh oui, qui n'a strictement rien à voir avec la crise actuelle à l'ADQ), de demander à la Commission de toponymie de rebaptiser l'autoroute Henri-IV de Québec en «Autoroute de la Bravoure».

http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2009/11/20091111-133054.html

http://lejournaldequebec.canoe.ca/journaldequebec/politique/provinciale/archives/2009/11/20091110-221946.html




11 novembre 2009, 12:18
La "caution morale"

Constatant l'agonie de l'ADQ, surtout qu'elle a été, par hasard, drôlement accélérée par sa propre démission-choc, Éric Caire clame sur tous les toits son souhait de voir émerger une nouvelle coalition qu'il qualifie de "centre-droite".

Frottant sa lampe magique en espérant y voir sortir un génie prêt à lui exaucer ses trois vœux, il rêve aussi de voir le Lucide-en-chef lui-même devenir géniteur de ladite coalition: "Oui, ce serait un beau rêve. Mais si on reste dans le domaine du rêve réalisable, une caution morale de Lucien Bouchard serait déjà un engagement très fort de sa part. Pourquoi pas le voir parrainer un mouvement comme celui-là sans y prendre une part plus active?"

Lucien Bouchard comme "parrain" de la droite québécoise? Le rôle lui irait en effet comme un gant.

Comme troisième souhait, M. Caire pense "à des gens comme François Legault, Joseph Facal, Jacques Ménard, André Pratte, pour ne nommer que ceux-là. Et il y en a d'autres."

S'il y en a d'autres? Sans blague! Mais il y en a plein! Surtout si on utilise les bons termes.

Je m'explique. Dans notre spectre idéologique canadien et québécois, le fait est que les idées de M. Caire et des Lucides - pas toutes, mais la plupart -, tiennent plus de la "droite" que du "centre-droit". Par contre, si on leur adjoint les leaders d'opinion et les partis qui campent plus au centre-droit, comme le PLQ sous Jean Charest, ça commence à faire beaucoup de monde à la messe!

Du moins, chez les "élites", puisqu'une majorité de Québécois ne loge pas vraiment dans la niche ultraconservatrice des Lucides. Cette niche où l'on croit dur comme fer que les forces du marché font presque toujours mieux que l'État. Sauf, bien sûr, lorsque ce même marché nous précipite en pleine crise et court au même État pour exiger qu'il presse les contribuables comme des citrons afin qu'ils payent pour les dégâts faits par le même marché...

Donc, chez les élites, ici comme ailleurs, ça ne manque pas de monde du côté de la droite et du centre-droit. On peut trouver ça bon ou mauvais. Mais il est impossible, objectivement, de nier l'évidence. À un point tel qu'on pourrait même dire que cette belle "coalition" de droite souhaitée par Éric Caire existe déjà dans les faits!

Au fédéral, elle s'appelle le Parti conservateur du Canada! Mais au Québec, il est vrai que, n'étant pas unie sous la bannière formelle d'une coalition ou d'un parti comme celui de Stephen Harper, elle demeure plus diffuse. Ce qui, pourtant, n'empêche aucunement cette idéologie d'occuper une place de choix sur la place publique et de jouir d'une pléthore de tribunes.

Pensons, entre autres, à la brochette de "groupes de réflexion" bien nantis et bien branchés comme les CIRANO, Institut économique de Montréal, Institut Fraser et SECOR. Des think tanks ultraconservateurs dont les porte-parole sont invités à "commenter" l'actualité à la télé, à la radio et dans les journaux. Parfois même sans contrepartie. Les médias grand public ne manquent pas non plus d'analystes maison bien connus, de la même école de pensée et faisant la navette régulièrement entre l'écrit et l'électronique.

Et pourtant, ça se plaint souvent de ne PAS avoir suffisamment de place. Bref, comme disait ma grand-mère: ça se plaint le ventre plein!

On passe à autre chose?

Cette grande "coalition", Éric Caire la voudrait aussi pour "passer à autre chose". Pour briser la fameuse polarisation souverainistes-fédéralistes en la remplaçant par une lutte plus franchement gauche-droite.

En d'autres termes, il souhaite une nouvelle coalition ressemblant à l'ADQ que Mario Dumont avait tenté de revamper après le référendum de 1995 et son bref séjour dans le camp du Oui - soit logeant clairement à droite et autonomiste, tout en restant dans le Canada.

Quant à son appel à M. Bouchard, l'ironie est qu'en 1991, soit après l'échec de Meech, c'est plus ou moins ce que M. Bouchard lui-même aurait cherché à faire au provincial. Il aurait alors rencontré Claude Béland et Gérald Larose. Voici comment M. Béland se souvient des paroles de Lucien Bouchard: "Monsieur Béland il faut que vous donniez le grand coup! Il faut fonder un parti. (...) On peut créer une force de gens qui ne veulent pas s'embarquer dans le Parti québécois. Un peu des gens du Bloc, des démissionnaires du Parti libéral, comme Mario Dumont et Jean Allaire (1)." L'objectif aurait alors été de "concurrencer" Jacques Parizeau et le PQ, qu'il aurait vus comme étant trop militants (2).

Une belle ironie, en effet. Comme quoi M. Bouchard demeure, après tout ce temps, LA référence au Québec la plus respectée et la plus souhaitée par la droite québécoise, dont certains, comme Éric Caire, rêvent encore de le voir mettre son charisme exceptionnel au service officiel, et non plus seulement officieux, de cette école de pensée. Eh oui, une "caution morale" pour ceux et celles partageant cette vision. Il est toutefois peu probable qu'il remonte sur les planches de la politique active.

Mais qui sait? Peut-être qu'en bout de piste, un autre "sauveur" se pointera à l'ADQ? Ce qui, on en conviendra, est toutefois une très, très grosse commande pour un parti qui ressemble de plus en plus à un très, très mauvais vaudeville...

(1) & (2) Voir: Pierre Duchesne, Jacques Parizeau 1985-1995. Le Régent, Montréal, Québec Amérique, 2004, chap. 9: "Le deuxième parti", p. 191-198. (Claude Béland a refusé cette "offre".)


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