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Les objections les plus communes à un avenir bioutopique proviennent des romans de science-fiction tels que Frankenstein et le Meilleur des Mondes. Malgré son génie littéraire, je trouve triste que Margaret Atwood ne fait que contribuer à cette abondance de projections futuristes de nos peurs actuels de la technologie. Il est important de comprendre que derrière cette longue tradition d'oeuvres scientophobes, commencée par Mary Shelley, se cache le Luddisme (l'anti-technologisme) de gauche.
Le Luddisme de gauche fait l'erreur d'assimiler les technologies aux relations de pouvoir entourant ces technologies. Les technologies ne déterminent pas les relations de pouvoir, elles ne font que créer des nouveaux terrains pour la mobilisation et la lutte. La plupart des nouvelles technologies ouvrent de nouvelles opportunités pour plus de liberté et d'égalité mais elles ouvrent aussi des nouvelles opportunités pour l'exploitation et l'oppression. Puisque ces technologies ne risquent pas d'être stoppées, les sociaux-démocrates doivent se les approprier, articuler des politiques qui maximiseront les bénéfices sociaux issus des technologies, et trouver des usages libérateurs pour ces technologies. Si la biotechnologie doit être rejetée simplement parce qu'elle est un produit du capitalisme, adoptée dans une société de classes, toutes les technologies doivent être rejetées. La mission de la Gauche est d'affirmer un contrôle et des priorités démocratiques sur le développement et l'implimentation de la technologie.
Les gauchistes pro-technologie comme moi croyons que, en étant ouverts à l'égard des nouvelles technologies, et en les adoptant nous favoriserions leur utilisation à bon escient au lieu d'essayer de les interdire et peut-être vivrons nous assez longtemps pour voir le rêve d'un Nouvel Homme au lieu du cauchemar du Dernier...
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