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Karine Bourcier
Karine Bourcier
1 août 2004, 6:37
Un mauvais film
Ce qui me fâche le plus dans cette histoire de tribunal parallèle basée sur l"islam, c'est que face aux critiques, on se défend en invoquant le libre choix des deux parties. Hello? Le Conseil canadien des femmes musulmanes -qui représente l'une des parties- n'en veut pas! C'tu assez clair?! Pourquoi alors laisser ces extrémistes machos appliquer la charia? Sommes-nous à ce point insensibles au sort de nos consoeurs? Le gouvernement est-il à ce point cheap pour fermer les yeux, voyant les économies qui en découleront? Si je me fie aux propos mesquins et sexistes du président de Conseil musulman de Montréal, ça augure mal. Il n'y a AUCUNE raison valable pour que cette farce continue. L'opinion des hommes musulmans n'est pas plus importante que celle des femmes et le gouvernement doit y mettre un terme. Il ne doit pas se contenter d'encadrer le processus, impossible selon moi, les rencontres étant privées et les femmes musulmanes étant baîllonées. Va-t-on, au nom du multiculturalisme, permettre les sacrifices d'animaux, la polygamie, l'excision et tutti quanti? Cette logique de bureaucrate me met en furie. Je n'arrive pas à croire ce que je viens de lire. On dirait un mauvais film. En plus, ces connards souhaitent établir au Québec le même type d'arbitrage! No way! On ne laissera pas ça passer. Parole de femme libre.
27 juillet 2004, 10:19
Être ou ne pas être différent
Nous sommes à la recherche du juste milieu, cette ligne qui sépare la liberté d'autrui et les libertés collectives, l'individu et l'appartenance à un groupe. Ici et là, on voit poindre des groupuscules qui ont leur propre vision des choses. Ces voix qui s'élèvent sont nécessaires et même bienvenues pour nous faire douter de nos propres convictions, nous aider à ne pas être aveuglés pas "la cause". Les Panthères Roses sont peut-être extrêmes dans leur façon de transmettre leur message mais bon, s'ils peuvent recruter des adeptes... Comme on dit, parlez-en en mal, parlez-en en bien, mais parlez-en. Pour ce qui est du message en soi, je ne suis pas très réceptive à ce genre de mise en scène et le message passe mal. Il y a de la friture. D'abord, je suis hétéro et leur combat semble être une cause gaie qui n'en est pas une, le mercantilisme, les diktats de la beauté, la violence et le suicide touchant tout autant les hétéros. Pour ce qui est de l'hétérosexisme, c'est un faux problème. Quand on ne constitue que 10% de la population, on est par définition hors-norme, qu'on le veuille ou non. So f.. what? Ce qui m'agace le plus chez ces queers radicaux, c'est leur manque de cohérence. Ils exigent le droit à la différence tout en cherchant l'appui de la majorité, ils en ont contre la norme hétérosexuelle et manifeste au sein de la communauté gaie qui les confine au statut de minorité et souligne justement le fait qu'ils sont hors-normes. C'est un non-sens. Ne serait-il pas plus pertinent d'en faire une cause tout court et ne pas se servir de son orientation? Et entre vous et moi, qu'ils se démarquent par leurs habitudes sexuelles ou par leur allure, j'en ai rien à cirer. Tant mieux pour eux s'ils sont originaux. Ils n'ont pas à chercher notre approbation ou notre bénédiction. Ils sont différents? Qu'ils l'assument bordel! Enfin, à force de pousser sur la provoc', on glisse vers la vulgarité. Et je préfère de loin les bobettes anti-Bush au vomi...
19 juillet 2004, 3:22
La laideur au féminin
Imaginez qu'on inverse les rôles et que la star porno soit une femme grosse et moche qui ait des ébats sexuels avec des adonis. La porno serait-elle plus populaire auprès des femmes? Se reconnaîtraient-elles dans cette image de la femme ordinaire, avec de gros seins mais aussi un gros cul, de la cellullite et des bourrelets? Feraient-elles de la projection et mouilleraient-elles leur petite culotte en s'imaginant dans les bras de ces beaux jeunes mâles bien musclés? Rien n'est moins sur. Notre imaginaire, même féminin, aurait de la difficulté à avaler ça. On peut donc conclure, si j'applique la logique de Nelly Arcan, que la femme préfère se projeter en super pitoune qu'en femme ordinaire. In extenso, on peut dire que c'est plus difficile pour une femme moche que pour son pendant masculin quelle que soit la situation, car la laideur n'est tout simplement pas associée à la femme dans l'imagerie collective.
6 juin 2004, 7:17
Le pouvoir de l'image, des mots... et des femmes en petites culottes
Par leur démarche, les Eves dénoncent non seulement le gouvernement Bush et la guerre en Irak, elles font un pied-de-nez à la rectitude politique. Elles crachent dans le calice des gérants de paroisse et elles remettent les féministes extrémistes à leur place tout à la fois. Un deux pour un... À la droite américaine, elles répondent par la quasi-nudité, le sexe et la vulgarité. À la gauche américaine, elles répondent par la quasi-nudité, le sexe et la vulgarité. Le même geste, mais pas pour les même motifs. À la droite, les motifs sont d'ordres politique, religieux et moral. Pas besoin de faire un dessin. À la gauche, les motifs sont d'ordres social et identitaire. C'était peut-être involontaire, mais ça relance le débat sur les limites du féminisme. Je me considère féministe mais certains des propos de mes consoeurs me laisse parfois pantoise. En quoi une femme qui assume son corps et qui n'a pas peur de le montrer est-elle indigne ou moins intelligente? Qu'y a-t-il de mal dans le jeu de la séduction? Une femme qui exploite son corps pour arriver à ses fins est-elle cohérente avec le discours féministe? À force de vouloir raboter toutes différences avec les hommes -et entre les femmes elles-même-, on devient des androgynes. Les hommes ne savent plus comment nous aborder. À un point tel qu'un nouveau mouvement -le masculinisme- a vu le jour. Ce sont des illuminés et des frustrés soit, mais c'est symptomatique d'un malaise parmi la gent masculine. Les filles, mettez donc un peu d'eau dans votre vin. Je n'ai absolument rien contre l'idée d'être respectée pour mon intelligence, mais j'ai aussi un corps et un sexe. Et le désir, ça se cultive avec les yeux. Reste maintenant à assumer que nous pouvons parfois être source de désir. Et si c'est pour la bonne cause en plus, que le geste est réfléchi, je ne vois vraiment pas où est le problème. Nous avons le pouvoir de l'image. Les Eves s'en servent effrontément comme Bush s'en est servi. Génial...

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