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Heu !
Si Spielberg prétend à la gravité, au réalisme, faudra repasser. D'emblée, la guerre des mondes se construit sur une flopée d'invraisemblances. Après une courte introduction, qui situe efficacement les lieux et les protagonistes, l'action se met en branle. À ce moment, il est déjà difficile d'adhérer à la situation que l'on nous suggère. Les machines paraissent grossières. Les gens, ébahis, adoptent une attitude trop passive par rapport à l'intensité de la situation. On se dit alors que l'histoire aura peine à lever.
Heureusement, Spielberg n'en est pas à ses premiers balbutiements, Il enchaîne les images, sombres, rapides. Il centre l'intérêt du spectateur sur le sort de Ray et de ses enfants. L'environnement et les méchantes créatures prennent alors un caractère relativement accessoire, ce qui sauve la mise. On se laisse enfin gagner par le jeu fort crédible des Cruise, Fanning et Robbins.
Le scénario s'évertue à distribuer les explications impératives à la compréhension de la situation. Il faut bien mettre un peu de viande autour de l'os. Là encore, le recul met en relief l'incohérence. Dans un contexte où plus rien ne fonctionne, comment la journaliste est-elle parvenue à filmer ce que portent les éclairs ? Comment justifier que les gens se pendent justement après Ray, qui a justement une arme particulière qu'il parvient, si judicieusement, à utiliser à bon escient. Bonjour le réalisme !
Malgré tout cela, on ne s'ennuie pas pendant La guerre des mondes. L'histoire déboule et on la gobe volontiers. Pas parce que le sujet est grave ni parce qu'il suscite une réflexion. Non, juste parce qu'il est distrayant. En fait, le film fait plutôt penser à une histoire de Père Noël. C'est pas parce qu'on y prend plaisir qu'on peut arriver à y croire.
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