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Nous avons, paraît-il, au Québec - on aime en tout cas à se le rappeler tant qu'on peut - beaucoup de talents. Admettons. Quoi que ça puisse signifier, ça ne nous soustrait tout de même pas aux conséquences de cet incontournable constat : des talents vraiment exceptionnels, ben, forcément, on en a pas mal moins. Oui, oui, je sais, j'ai l'air de faire mon Lapalisse à la petite semaine mais quand même. Christian Mistral, quoi qu'on puisse ragoter sur le bonhomme, c'est hors de tout doute un talent colossal. Oui bon, c'est un être colossal, en fait. Mais, pour moi, avant tout, un écrivain unique et qui a émergé de façon fulgurante en ouvrant un horizon remarquablement neuf et fécond dans le paysage littéraire d'ici. Mais après l'avoir encensé jusqu'à l'écoeurement, lui avoir bien hypertrophié son jeune et fringant ego, pataf! On te l'a aplati aussi sec! Parce que le petit hic c'est que, quand on est bâti comme une armoire, un talent époustouflant en guise de couvre-cigare, et qu'on balade crânement sa grande gueule et sa propension spasmodique (autant qu'éthylique) à pulvériser ce qui nous barre le chemin, on a pas intérêt à faire de faux pas. Et surtout pas à se retrouver par terre... Je sais pas d'où il en sort tant mais, c'est une grande loi universelle, à tous les coups se pointe une meute de petits vicelards qui supportent mal la comparaison (à qui vous faites fatalement de l'ombre) et qui vous sauteront en coeur sur la gueule pour vous achever. Mais le miracle, c'est qu'en dépit d'une adversité certes aussi titanesque que lui-même, il réussit à écrire encore le bougre. Et de mieux en mieux! Je vous le dis tout net : donnez-vous la peine de le lire et vous découvrirez que c'est un véritable cadeau qu'il nous fait à tous d'écrire encore, Christian Mistral. C'est sans doute plus fort que lui mais je l'en remercie pas moins.
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