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Louise Quesnel
Louise Quesnel
25 avril 2008, 2:09

"En 67 tout était beau..." pas tant que ça !

Je travaille avec des jeunes adultes et il m'arrive souvent d'entende que nous avons eu la vie belle dans les années 60-70. Je me fais un devoir d'expliquer que nous ne vivions pas tous en commune et n'étions pas tous sous l'effet des drogues. En fait, il s'agissait d'une minorité ici au Québec. Pour la plupart, nous ne faisions que nous déguiser en hippies (poncho, longue jupe, blouse paysanne et fleurs dans les cheveux). Issus de milieux ouvrier surtout, nous nous battions, très gentiment pour des idées d'égalité, de socialisme et de partage des richesses. Peu d'entre nous avaient accès aux études supérieures facilement. Nous nous retrouvions très jeunes sur le marché du travail avec des salaires ridicules. La majorité des jeunes vivaient chez leurs parents et payaient une pension. Pour ma part, en 1966, je gagnais un salaire hebdomadaire brut de 36$ et payait 15$ de pension à mes parents; ce qui ne permettait pas de faire beaucoup de folies avec le peu qui restait. Une des belles valeurs que nous avions était le respect des autres. Notre éducation catholique, même si nous rejetions la religion en bloc, nous retenait d'être violents et méchants gratuitement. Nous admirions les leaders politiques qui partageaient nos valeurs socialistes, en particulier, René Lévesque, le plus aimé de tous. Malheureusement aujourd'hui, les jeunes ont peu de modèles à suivre; leurs héros sont virtuels, souvent violents; leurs dieux l'argent, le sexe pour ses effets physiques seulement, les sports extrêmes. Et l'amour dans tout ça! Pas l'temps ? La politique, ils ne comprennent pas que c'est à eux d'en faire changer les règles en participant aux débats au lieu de juste critiquer dans des forums sur internet. Qu’attendent-ils pour vivre autrement que virtuellement ! 

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Paul Hamel a dit :

re: "En 67 tout était beau..." pas tant que ça !

Durant ces années, les boomers sont jeunes; on se savais un groupe important, majoritaire.  Quelquechose comme cette impression d'appartenir à une masse critique capable de beaucoup.  Pour moi, cela a culminé durant les fin de semaine de la saint-Jean sur le mont-royal.   Et la terrible question de Sylvain Lelièvre (qu'es-ce qu'on a fait de nos rêves)  

me fait mal!  Contrairement a l'auteur de la douce anarchie; je dirai que maintenant, le  politique a perdu  beaucoup de pouvoir.  Ce n'est plus, Harper, ou Charest mais le gouverneur de la banque centrale qui conduit.   Ce que j'espère des jeunes d'aujourd'hui, et les artistes me permette me réconforte, c'est que  la protection de la terre enfonce le dogme de la croissance économique; J'espère aussi une marche vers quelquechose de plus collectif,  une revalorisation du bien commun; oser l'utopie qui inspire l'agir.   Je vous trouves, les jeunes, bien courageux d'être indigner, de vouloir changer pour le mieux; vous devez vaincre un puissant sentiment d'impuissance et cela, en 67, on le ressentait moins et du coup, c'était plus facile de se faire (drop out) je ne m'en suis pas privé, et cela est encore vivant chez moi, au jour de maintenant.

# 25 avr. 2008, 18:50

fabre alain a dit :

re: "En 67 tout était beau..." pas tant que ça !

D'accord avec vous. 1er salaire parisien 600F loyer 150 nourriture 300 tranport bus et metro 100. Resultat la misère. Et comment se payer un café?   Et larçins dans le dépöt de lait devant l'épicerie du coin de la rue.

Un jeune avec les cheveux "aussi longs"comme ceux de Mr Warren se serait fait traiter de "Beatles" ou de pd. Le patron de mon centre (EDF) laissait la porte entrouverte pour noter les heures de passage. Le lundi il venait demander si on n'avait pas trop fait la fête pour se mieux se plaindre du  rendement. 1968 a été un grand défoulement et s'est traduit par une bonne augmentation, environ 20% remangée par l'inflation dans les 2 ans.  J'ai été incorporé le 1er mai 1968 ,  il y a eu un mois de folie dans la caserne, sans qu'on sache très bien ce qui se passait dehors. Refus de marcher , de nettoyer , de porter un fusil etc...

Ce que je comprends mal, aujourd'hui c'est la tentative des medias de droite , ici en France majoritairement de droite ,  de nous remacher et redigerer mai 1968. De nous vanter le rôle des meneurs de droite étudiants tels  Bendit   alors qu'on regardait plutôt les syndicats ouvriers, qui effrayaient autrement plus la bourgeoisie bien pensante.

Ce "relooking" est en complète contradiction avec les articles de journaux et les informations radio ou tele d'alors.

Alors pourquoi tenter de nous faire croire que "tout le monde " en était. Que c'était un moment de folie collectif entre 2 shoot a la marijeane,  que non?. Fin mai 68 il y a eu une manif sur les champs elysées avec 1 millions de manifestants contre la "chienlis", c'est à dire nous les smicards . Je comprends d'autant plus mal  cette "interpretation" des évènements que les syndicats patronaux et les medias , qui sont toujours entre les mêmes mains, n'ont de cesse de reprendre las acquis sociaux . Dereglementation , demolition systématique de la secu, augmentation des hauts revenus.l

En fin de compte quand nous en serons revenus au niveau social de 1950, tout petera à nouveau. Et ce sera bien pour les journalistes  de nous expliquer en 2050 ce qu'il faut en penser.

En attendant ...courage les jeunes et serrez les .....fes... dents.

E faites nous un beau mai 2009!

# 26 avr. 2008, 12:03


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