Je travaille avec des jeunes adultes et il m'arrive souvent d'entende que nous avons eu la vie belle dans les années 60-70. Je me fais un devoir d'expliquer que nous ne vivions pas tous en commune et n'étions pas tous sous l'effet des drogues. En fait, il s'agissait d'une minorité ici au Québec. Pour la plupart, nous ne faisions que nous déguiser en hippies (poncho, longue jupe, blouse paysanne et fleurs dans les cheveux). Issus de milieux ouvrier surtout, nous nous battions, très gentiment pour des idées d'égalité, de socialisme et de partage des richesses. Peu d'entre nous avaient accès aux études supérieures facilement. Nous nous retrouvions très jeunes sur le marché du travail avec des salaires ridicules. La majorité des jeunes vivaient chez leurs parents et payaient une pension. Pour ma part, en 1966, je gagnais un salaire hebdomadaire brut de 36$ et payait 15$ de pension à mes parents; ce qui ne permettait pas de faire beaucoup de folies avec le peu qui restait. Une des belles valeurs que nous avions était le respect des autres. Notre éducation catholique, même si nous rejetions la religion en bloc, nous retenait d'être violents et méchants gratuitement. Nous admirions les leaders politiques qui partageaient nos valeurs socialistes, en particulier, René Lévesque, le plus aimé de tous. Malheureusement aujourd'hui, les jeunes ont peu de modèles à suivre; leurs héros sont virtuels, souvent violents; leurs dieux l'argent, le sexe pour ses effets physiques seulement, les sports extrêmes. Et l'amour dans tout ça! Pas l'temps ? La politique, ils ne comprennent pas que c'est à eux d'en faire changer les règles en participant aux débats au lieu de juste critiquer dans des forums sur internet. Qu’attendent-ils pour vivre autrement que virtuellement !