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avril 2009 - Messages
20 avril 2009, 4:16
Meryl Streep et la crise financière

Lu dans La Presse samedi:

Moins de mauvais films?

Dans une entrevue accordée à un journal allemand en février, l'actrice Meryl Streep a exposé la théorie qu'en raison de la crise, moins de mauvais films trouveront le chemin du grand écran. L'actrice oscarisée croit que si moins de films sortent, ils seront moins nombreux à se disputer les mêmes cinéphiles et que chacun pourra tenir l'affiche un peu plus que les quelques semaines qui sont de mise ces temps-ci. «Dans ce milieu, nous avons vécu très au-dessus de nos moyens», a-t-elle déclaré. (Louise Leduc)

Si seulement elle avait raison...


17 avril 2009, 5:25
André Dussollier : message à Gilbert Rozon

En janvier dernier, je suis allée à Paris afin de faire des entrevues lors des Rendez-vous d'Unifrance. J'y ai notamment interviewé André Dussollier pour le film de Pascal Thomas, Le Crime est notre affaire, où il partage la vedette avec Catherine Frot. En réécoutant l'entrevue, que vous pourrez lire dès jeudi prochain, je me suis souvenu avoir promis à l'acteur de faire un message à Gilbert Rozon de sa part. Voici donc ce qu'il nous a dit, à ma consoeur du ICI et à moi, qui n'avons pu nous empêcher de le complimenter sur sa voix merveilleuse :

«Bon, si vous le croisez, vous lui direz qu'André Dussollier s'en veut de ne pas avoir accepté de participer à Juste Pour Rire.»

Petite remise en contexte : au début de l'entretien Dussollier parlait de son plaisir de rencontrer des journalistes québécois, car ceux-ci seraient toujours bien préparés. Quelques instants après avoir parlé de son ami Laurent Lucas, qui travaille et vit au Québec, il s'est alors souvenu d'une proposition de Gilbert Rozon :

«On m'avait proposé de venir présenter à Juste Pour Rire deux spectacles que j'avais écrits, mais je me disais que je n'étais pas sûr d'avoir ma place là-bas parce que je ne connaissais pas ce festival. J'aimerais bien aller. J'aime beaucoup le public là-bas ; je pense qu'il y a une belle variété dans ce festival.»

Lorsqu'on lui a mentionné que Pierre Richard, Fabrice Luchini, Jean-Pierre Marielle et la Comédie française étaient venu y présenter des spectacles, on a bien senti son envie de venir se produire à Montréal : «J'aimerais bien aller jouer au théâtre là-bas... mais je n'ose pas appeler Gilbert Rozon.»


3 avril 2009, 4:59
Génie 2009 : ça intéresse-t-i quelqu'un ?

Ce samedi, à 21 h, sur les ondes de Global, Dave Foley, ex-membre des délirants Kids in the Hall, animera en compagnie de l'actrice Sarah Polley, également réalisatrice du très beau Away From Her, et le vénérable Gordon Pinsent, la 29e Soirée des Génie, laquelle se déroulera non à Toronto, mais à Ottawa. Heureusement que le cinéma québécois y brille, Ce qu'il faut pour vivre de Benoit Pilon mène la course avec huit mises en nomination, parce que cette édition paraîtrait, disons, gris pâle... Quoiqu'on ne peut pas dire que la soirée des Jutra fut des plus excitantes.

Parlant des Jutra, si Tout est parfait avait été écarté de la catégorie Meilleur film, il s'y retrouve ici contre le film de Benoît Pilon et... Passchendaele, récipiendaire de la Bobine d'Or grâce aux 4,4 M$ amassés au box-office et croisement indigeste entre un roman Harlequin et une Minute du Patrimoine. Par ailleurs, Tout est parfait s'illustre dans six autres catégories. Et s'il revient bredouille, Yves Christian Fournier pourra se targuer d'avoir mérité le prix Claude-Jutra du Meilleur premier long métrage.

Quant aux autres films québécois, Maman est chez le coiffeur de Léa Pool en récolte six, Le Piège américain de Charles Binamé, cinq ( !), Le Banquet de Sébastien Rose et Borderline de Lyne Charlebois, quatre, et C'est pas moi je le jure de Philippe Falardeau et La Ligne brisée de Louis Choquette, une. Même le maltraité des Aurore, Cruising Bar 2 de Robert Ménard et Michel Côté, a réussi à se démarquer grâce au talent d'Adrien Morot, de Bruno Gatien et de Marie-France Guy, tous trois lauréats du Prix spécial en maquillage.

Juste pour le plaisir, voici donc en gras mes prédictions :

Meilleure direction artistique

Patrice Bengle - Maman est chez le coiffeur

Carol Spier, Janice Blackie-Goodine - Passchendale

Matthew Davies, Erica Mila - Fugitive Pieces

Rob Gray - Le Piège américain

 

Meilleures images

Nicolas Bolduc - Le Banquet

Bobby Bukowski - The Stone Angel

Pierre Gill - Le Piège Américain

Gregory Middleton CSC - Fugitives Pieces

Sara Mishara - Tout est parfait

 

Meilleurs costumes

Francesca Chamberland - Ce qu'il faut pour vivre

Marie-Geneviève Cyr - Who is KK Downey ?

Michèle Hamel - Le Piège américain

Michèle Hamel - Maman est chez le coiffeur

Wendy Partridge - Passchendaele

 

Meilleure réalisation

Richie Mehta - Amal

Lyne Charlebois - Borderline

Benoit Pilon - Ce qu'il faut pour vivre

Carl Bessai - Normal

Yves Christian Fournier - Tout est parfait

 

Meilleur montage

Dominique Fortin, Carina Baccanale - Le Banquet

Frédérique Broos - C'est pas moi, je le jure !

Richard Comeau - Ce qu'il faut pour vivre

Dominique Fortin - Maman est chez le coiffeur

Yvann Thibaudeau - Borderline

 

Meilleure musique originale

Normand Corbeil - Emotional Arithmetic

Laurent Eyquem - Maman est chez le coiffeur

Nikos Kypourgos - Fugitive Pieces

Robert M. Lepage - Ce qu'il faut pour vivre

John McCarthy - The Stone Angel

 

Meilleure chanson originale

Batlam, Biz, Chaffik - Tout est parfait - M'accrocher?

Dr. Shiva - Amal - Rahi Nagufta

Dry Webb - This Beautiful City - Big Smoke

 

Meilleur son d'ensemble

Mario Auclair, Luc Boudrias, François Senneville - Le Banquet

Claude La Haye, Daniel Bisson, Luc Boudrias, Patrick Lalonde - Le Piège américain

Sanjay Mehta, Stephan Carrier, Kirk Lynds - Amal

Lou Solakofski, Garrell Clark, Steve Foster - Passchendaele

David Ottier, Daniel Prado Villar - This Beautiful City

 

Meilleur montage sonore

Jane Tattersall, Kevin Banks, Barry Gilmore, Andy Malcolm, Dave Rose - Passchendaele

Claude Beaugrand, Jérôme Décarie, Natalie Fleurant, Jean-François Sauvé - Le Piège américain

Nelson Ferreira - This Beautiful City

Robert Labrosse, Lucie Fortier, Guy Francoeur, France Lévesque, Lori Paquet - La Ligne brisée

François Senneville, Antoine Morin - Le Banquet

 

Meilleure adaptation

Richie Mehta, Shaun Mehta - Amal

Marie-Sissi Labrèche, Lyne Charlebois - Borderline

Jeremy Podeswa - Fugitive Pieces

 

Meilleur court métrage dramatique

The Answer Key - Samir Rehem

La Battue - Guy Édoin, Pascal Bascaron

Can You Wave Bye-bye ? - Sarah Galea-Davis

Mon nom est Victor Gazon - Patrick Gazé

Next Floor - Denis Villeneuve

 

Meilleur court métrage d'animation

Drux Flux - Theodore Ushev

The Facts in the Case of Mister Hollow - Rodrigo Gudino

Isabelle au bois dormant - Claude Cloutier

 

Meilleur documentaire

Infiniment Québec - Jean-Claude Labrecque

My Winnipeg - Guy Maddin

Up the Yangtze - Yung Chang

 

Meilleur film

Amal

Ce qu'il faut pour vivre

Normal

Passchendaele

Tout est parfait

 

Meilleur scénario

Bernard Émond - Ce qu'il faut pour vivre

Deep Mehta - Heaven on Earth

Travis McDonald - Normal

Randall Cole - Real Time

Guillaume Vigneault - Tout est parfait

 

Interprétation masculine dans un premier rôle

Paul Gross - Passchendaele

Rupinder Nagra - Amal

Christopher Plummer - Emotional Arithmetic

Aaron Poole - This Beautiful City

Natar Ungalaaq - Ce qu'il faut pour vivre

 

Interprétation masculine dans un rôle de soutien

Normand D'Amour - Tout est parfait

Benoit McGinnis - Le Banquet

Callum Keith Rennie -Normal

Rade Sherbedgia - Fugitive Pieces

Max von Sydow - Emotionale Arithmetic

 

Interprétation féminine dans un premier rôle

Isabelle Blais - Borderline

Ellen Burstyn - The Stone Angel

Marianne Fortier - Maman est chez le coiffeur

Susan Sarandon - Emotional Arithmetic

Preity Zinta - Heaven on Earth

 

Interprétation féminine dans un rôle de soutien

Céline Bonnier - Maman est chez le coiffeur

Kristin Booth - Young People Fucking

Evelyne Gélinas - Ce qu'il faut pour vivre

Anie Pascale - Tout est parfait

Rosamund Pike - Fugitive Pieces

 

 P.-S.: D'après vous, Susan Sarandon sera-t-elle de la fête?


2 avril 2009, 5:55
Mario St-Jean : Tu me fais de l'ombre

Permettez-moi aujourd'hui de vous parler d'autre chose que de cinéma. Enfin, le sujet dont je veux vous entretenir n'est pourtant pas si lointain puisqu'il s'agit de photographie et de 100 personnalités québécoises, dont certaines s'illustrent au grand écran.

Hier soir, je suis allée au vernissage de l'exposition de Mario St-Jean, Tu me fais de l'ombre. Connaissant cet artiste visuel depuis une quinzaine d'années (ouille, ça nous rajeunit pas !), je connaissais l'existence de ce projet depuis quelques années. En fait, Mario St-Jean en rêvait depuis une dizaine d'années, mais comme il craignait de se faire traiter de fou ou de se faire raccrocher au nez, ce n'est qu'il y a trois ans que celui-ci a commencé à se concrétiser.

Le projet consistait à photographier l'ombre de 100 artistes afin de questionner notre fascination pour la célébrité, de même que souligner la part d'ombre et la part de lumière qui existent en chacun de nous. À sa grande surprise, chaque fois qu'il appelait un artiste, il recevait automatiquement une réponse positive. En fait, 150 artistes ont répondu à l'appel, mais l'artiste a décidé d'arrêter à 100. En fin de matinée, je me suis entretenue brièvement avec Mario St-Jean pour en savoir un peu plus...

MD : «Lorsque tu me parlais de ce projet, j'imaginais des photos austères, or, lorsqu'on arrive dans la pièce, on est frappé par toutes ces couleurs et ces formes abstraites.»

MSJ : «Je souhaitais qu'il y ait de la couleur pour l'aspect spectacle puisqu'il y a beaucoup d'acteurs de théâtre. Ce qui me plaisait aussi, c'était de faire multiplier ces ombres dans différentes grandeurs. Par moments, elles prennent le dessus du comédien.»

MD : «Tu étais particulièrement ému hier soir lors de la présentation...»

MSJ : «Disons qu'une expo comme celle-là, et c'est ma cinquième, c'est beaucoup de travail. Je me suis tapé le processus de A à Z et rendu à la lettre R, je manquais de jus. Un moment donné, je voulais mettre le feu à toutes ces bannières ! Heureusement, j'avais des gens autour de moi pour m'encourager. Je dois dire aujourd'hui que je suis fier de moi.»

MD : «Pourquoi 100 personnalités ?»

MSJ : «Je viens d'un milieu très cartésien, car je travaillais en sciences. Souvent, je devais faire des pourcentages et ça me fascinait que l'on rapporte tout à ce nombre. Dans l'abstrait, 100 personnes, ça paraît beaucoup, mais lorsqu'on voit 100 personnes en photo, on se rend compte que ce n'est pas tant que ça.»

MD : «Pourquoi des bannières plutôt que des cadres individuels ?»

MSJ : «C'est tout d'abord une question d'emplacement. Je me disais qu'aucune galerie n'accepterait que je fasse 100 trous dans ses murs. De plus, je trouvais que des cadres offraient un aspect trop rigide, tandis qu'en imprimant les photos sur des bannières, je me rapprochais de la scène puisqu'elles évoquaient des toiles de théâtre. En même temps, on peut s'imaginer en les regardant qu'il s'agit d'une troupe de théâtre qui joue une pièce. Pour les regrouper, je choisissais les portraits selon les couleurs, les teintes.»

MD : «Parmi ces images, on retrouve le sourire de France Castel, un joli clin d'œil à la Souris Verte et l'animateur Jacques Fauteux, que j'ai été très surprise de voir.»

MSJ : « J'ai toujours été impressionné par la présence et le professionnalisme de Jacques Fauteux ; bien que ça paraisse absurde, j'ai voulu rendre hommage à sa voix en photo, d'où le micro. Sur la photo de Louisette Dussault, tu remarqueras que son petit doigt recouvre les 10 photos, comme si la Souris Verte prenait toute la place. Quant à France Castel, c'est une photo d'elle se maquillant dans sa loge avant un spectacle ; j'aimais l'idée d'une ombre qui regarde son ombre dans le miroir.»

MD : «Bien que notre silhouette puisse changer au fil du temps, certains traits semblent figés dans le temps ; par exemple, j'ai remarqué que Diane Lavallée et Marie-Thérèse Fortin avaient des ombres de jeunes filles.»

MSJ : «C'est vrai que le temps n'altère pas toujours notre ombre. Lorsque j'ai photographié Isabelle Blais, j'étais troublé de constater que derrière la toile, elle semblait avoir 14 ans.»

MD : «Qu'est-ce qui t'as le plus troublé au cours de cette démarche ?»

MSJ : «Ma rencontre avec Janine Sutto. Au départ, je voulais la photographier soulevant des haltères de carton pour montrer qu'elle était encore forte, mais je trouvais finalement que ça faisait trop humoristique. Sa photo me touche beaucoup, car durant la séance, elle me disait qu'elle ne s'aimait pas, qu'elle se critiquait tout le temps, qu'elle était incapable de se voir. Et moi, j'ai le même problème ! Sur la photo, elle semble faire la paix avec elle-même, car son ombre tend la main vers elle. En voyant sa photo, Michel Tremblay m'a avoué être troublé car il trouvait que cela ressemblait à ses aquarelles.»

MD : «Tu es sérieux lorsque tu dis vouloir faire ce projet avec des artistes français ?»

MSJ : «Tout à fait ! Je veux aller au-delà du Québec!»

Pour en savoir plus sur Tu me fais de l'ombre, cliquez ici.

Au Gesù (1200, rue de Bleury), jusqu'au 26 juillet.