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Cannes 2009: Le choix de la présidente
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Eh ben, une fois de plus, je me suis plantée dans mes choix! Je m'en fous, j'adore les surprises... sauf les mauvaises: Kinatay, prix de la mise en scène???
Sans plus tarder, voici la version non abrégée de mon texte devant paraître ce jeudi:
«J'irai contre moi-même», avait lancé laconiquement aux journalistes Isabelle Huppert lorsqu'on a demandé aux membres du jury s'ils oseraient aller contre leur présidente lors des délibérations. Eh bien, il semble que l'Huppert présidente ait tenu sa promesse.
Alors qu'on l'accusait d'être en conflit d'intérêt, l'actrice lauréate du prix d'interprétation pour La Pianiste a remis la Palme d'Or au magnifique film rappelant Bergman et Reygadas, Le Ruban blanc de l'Autrichien Michael Haneke, qui évoque la montée du fascisme. «Même s'il est ancré dans la société allemande, mon film s'applique à toute société qui érige un idéal en absolu», expliquait en conférence celui qui reçut le Grand prix en 2001 pour La Pianiste et le Prix de la mise en scène en 2005 pour Caché.
On disait que malgré ses grandes qualités le drame carcéral Un prophète ne pourrait recevoir de Palme d'or sous prétexte qu'un film français, Entre les murs de Laurent Cantet, l'avait reçue l'an dernier. Peu importe la raison, Jacques Audiard, prix du meilleur scénario en 1996 pour Un héros très discret, est reparti avec le Grand Prix: «Ce n'est pas un film de dénonciation; j'ai traité la prison comme une métaphore de la société où le dehors et le dedans sont la même chose. Ce n'est pas un film de faits de société, car je voulais faire un film de genre.»
Seule des trois réalisatrices en compétition à recevoir un prix, l'Anglaise Andrea Arnold, à qui l'on doit le bouleversant «kitchen sink drama» Fish Tank, a dû partager le Prix du jury avec le Sud-Coréen Park Chan-wook, réalisateur de Thirst, ceci est mon sang..., film de vampires empruntant audacieusement à Zola. Tous deux avaient respectivement remporté le Prix du jury en 2006 pour Red Road et le Grand prix en 2004 pour Old Boy.
Sombre, sordide et d'une violence complaisante, Kinatay a étonnamment mérité au Philippin Brillante Mendoza le Prix de la mise en scène. Un choix pour le moins discutable. Le Prix du scénario a échu à Jian Zeng pour Nuits d'ivresse printanière de Lou Ye. Un véritable pied de nez au gouvernement chinois qui a interdit au réalisateur de tourner pour cinq ans. «En tant que réalisateur, je tourne des films, donc, j'ai fait comme d'habitude soit continuer de tourner en dépit de l'interdiction. Toutefois, j'aimerais que mon producteur ait à nouveau le droit de travailler et je souhaite aussi que l'interdiction de réaliser soit supprimée», avait-t-il demandé plus tôt pendant le festival.
Étrange comédie poético-absurde, laquelle marquait son retour à la compétition 50 ans après le sublime Hiroshima, mon amour, Les Herbes folles ont valu à Alain Resnais un «prix exceptionnel du festival de Cannes»: «Un film doit être quelque chose qu'on ne réfléchit pas. Je tourne pour savoir comment ça va tourner. Tout ce que je cherche, c'est de savoir si le film que je tourne suscitera des émotions», expliquait la semaine passée le doyen des réalisateurs en compétition.
Ardente et courageuse actrice s'il en est une, Charlotte Gainsbourg a reçu le Prix d'interprétation féminine pour le très controversé Antichrist de Lars von Trier: «J'étais prête à tout pour ce film. Le plus difficile, ce n'était pas les scènes de nudité ou de sexualité. Ce sont les scènes de souffrance que j'ai trouvées les plus crues, mais je me suis laissée guider par Lars. Ce fut toute une expérience, très intense.»
Éclipsant la prestigieuse distribution internationale d'Inglorious Basterds, Brad Pitt compris, Christoph Waltz s'est vu remettre le Prix d'interprétation masculine. «Quentin est un metteur en scène très précis, très pointu. Entre ses mains, on fait tout sans penser» confiait jeudi dernier l'acteur autrichien, à propos duquel Quentin Tarantino a juré que s'il ne l'avait pas trouvé, il se serait contenté de publier le scénario.
Par ailleurs, la Palme d'or du court métrage a été remise à Arena de Joao Salaviza; The Six Dollar Fifty Man de Mark Albiston et Louis Sutherland a pour sa part reçu une Mention spéciale.
Présidé par le réalisateur Paolo Sorrentino (Il Divo), le Prix Un Certain Regard a été remis à Dogtooth de Yorgis Lanthimos, le Prix du jury à Policier, adjectif de Corneliu Porumboiu et les Prix special Un Certain regard 2009 à Les Chats persans de Bahman Ghobadi et à Le Père de mes enfants de Mia Hansen-Love.
Présidé par le cinéaste roumain Radu Mihaileanu (Va, vis et deviens), le jury du prix oecuménique a décerné son prix à Looking for Eric de Ken Loach, une mention spéciale au Ruban blanc de Michael Haneke et un «anti-prix» à Antichrist de Lars von Trier. Enfin, à défaut de pouvoir repartir avec la Caméra d'Or (dont le jury était présidé par Roschdy Zem), qui lui a échappé au profit de Samson et Delilah de Warwick Thornton, Xavier Dolan a récolté trois prix à la Quinzaine pour J'ai tué ma mère, tandis que Philippe Falardeau a reçu le prix Écrans Juniors pour C'est pas moi, je le jure.
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Cannes 2009: Mes prévisions
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Palme d'Or The Time that Remains d'Elia Suleiman S'inspirant de la correspondance de ses parents, le réalisateur d'Intervention divine (prix du Jury en 2002) raconte avec finesse et humour l'histoire de sa famille et de son peuple: "Il n'y a pas d'espoir dans mon titre. La nécessité de faire un film est un acte d'espoir. On fait des films pour s'exprimer sur notre monde et peut-être le changer. On ne peut pas réparer ce qu'on a détruit".
Grand prix Le Ruban blanc de Michael Haneke Magnifique film en noir et blanc aux accents bergmaniens, Le Ruban blanc illustre avec une sobriété remarquable et une mise en scène précise une société irrémédiablement enfoncée dans le conservatisme peu avant la montée du fascisme: "Tout artiste doit questionner le monde mais en se défendant de prétendre avoir des réponses. De temps en temps, les questions sont utiles, les réponses, rarement."
Prix de la mise en scène Fish Tank d'Andrea Arnold Avec respect et discrétion, Arnold nous fait pénétrer dans l'univers un peu trash d'une famille monoparentale dysfonctionnelle. Un réalisme qui rappelle les "kitchen sink dramas" des Mike Leigh et Ken Loach.
Prix du scénario Etreintes brisées de Pedro Almodovar Solidement écrit, le film nous entraîne d'une époque à l'autre avec une grande aisance tout en dévoilant par petites touches les drames déchirants de ses personnages. Un mélodrame avec un "M" majuscule.
Prix du Jury Antichrist de Lars von Trier Je ne serais pas allée jusqu'à créer un anti-prix pour ce film, mais bien que profondément agacée par sa misogynie, je ne peux que saluer les très grandes qualités esthétiques du film - le prologue à lui seul mériterait un prix.
Prix d'interprétation masculine Steve Evets dans Looking for Eric de Ken Loach Acteur peu connu, Steve Evets porte le film sur ses épaules et réussit le tour de force de ne pas se faire éclipser par le King Eric Cantona. J'avoue également un faible pour Christoph Waltz, savoureux et suave vilain dans Inglorious Basterds de Quentin Tarantino et Christian Friedel, timide instituteur dans Le Ruban blanc de Michael Haneke, qui m'a rappelé un jeune Philippe Noiret.
Prix d'interprétation féminine Katie Jarvis dans Fish Tank d'Andrea Arnold Rarement aura-t-on vu une adolescente aussi véridique au grand écran, une Rosetta britannique. Je craque aussi pour Imelda Staunton, redoutable en mère tyrannique dans Taking Woodstock d'Ang Lee.
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Cannes 2009: Porno casher
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L'expression n'est pas la mienne, c'est celle lancée par Eli Roth, réalisateur de Cabin Fever et de Hostel, qui campe un soldat surnommé l'Ours juif dont la spécialité est d'abattre des nazis à coups de batte de base-ball, afin de résumer Inglorious Basterds de Quentin Tarantino. "En tant que juif, j'en rêvais!" s'est-il exclamé.
En Europe, durant la Seconde Guerre mondiale, le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt, hilarant) recrute huit soldats juifs afin qu'ils tuent des nazis et leur rapportent chacun 100 scalps. Une actrice allemande (Diane Kruger) les aidera à se rapprocher du Führer. Ses parents ayant été exécutés par les Allemands, Shosanna Dreyfuss (Mélanie Laurent, pimpante), propriétaire d'un cinéma à Paris, planifie une terrible vengeance lors de la première du film Pride of a Nation (réalisé par Roth) relatant les faits de guerre d'un soldat allemand (Daniel Brühl). Raine et ses "bâtards" s'inviteront à cette soirée.
Sanglant, pétaradant, extravagant, le Tarantino nouveau s'amuse à mélanger joyeusement les codes du film de guerre, du western spaghetti, du film de vengeance et d'horreur. L'ensemble dure 2 h 40, mais l'action est si dense, les personnages si savoureux, qu'on sent à peine le temps passer: "J'aime les films de genres et j'ai toujours aimé les films de guerre; je trouvais cool l'idée d'en faire un", a avoué Tarantino.
Nul doute, la conférence de presse la plus divertissante et la plus courue fut celle d'Inglorious Bastards. Tous s'étaient donné rendez-vous pour entendre les propos de Tarantino et voir Brad Pitt. Pourtant, la vraie star du film, ce n'est pas l'acteur américain, qui a répondu "merci beaucoup" lorsqu'on lui a demandé s'il avait appris l'allemand durant le tournage, mais bien l'acteur autrichien Christoph Waltz dans le rôle du vil colonel Hans Landa. A chaque apparition, Waltz vole le show par son talent et son charisme, de même que par sa maîtrise de plusieurs langues.
"J'ai réalisé en écrivant ce personnage que je créais un génie linguistique, expliquait le réalisateur. J'avais besoin d'un acteur comme ça afin qu'il ne bute pas sur le texte. Je cherchais un acteur allemand, mais personne ne maîtrisait la poésie des langues. Si je ne l'avais pas trouvé, j'aurais publié le scénario. J'étais prêt à abandonner le projet."
Waltz s'est alors levé pour aller donner un gros bisou à Tarantino: "Vous voyez, c'est un gentil garçon, c'est juste qu'il est incompris!" a dit le cinéaste. "Quentin est un metteur en scène très précis, très pointu. Entre ses mains, on fait tout sans penser" a confié l'acteur.
Doté d'un impressionnant casting international, Inglorious Basterds fait fi de l'insupportable convention trop souvent rencontrée dans les films américains, c'est-à-dire, faire parler tous les personnages en anglais peu importe leur nationalité: "C'est audacieux, a dit Pitt. Ce qui m'intéressait, c'était le casting international: les Français jouent des Français, les Allemands, des Allemands... et un Canadien, un Britannique."
Le Canadien en question est Mike Myers, l'inoubliable Austin Powers: "Je suis un fan de Tarantino, je viens donc de réaliser mon plus grand rêve, raconte l'acteur. Mes parents sont nés en Angleterre et étaient membre de la RAF. A table, la Seconde Guerre mondiale était leur sujet de prédilection. Lorsqu'on m'a appelé pour incarner un général britannique, je me suis mis à giguer!"
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Cannes 2009: Un Certain Regard
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Présidé par le réalisateur Paolo Sorrentino (Il Divo), le Prix Un Certain Regard a été remis à Dogtooth de Yorgis Lanthimos, le Prix du jury à Policier, adjectif de Corneliu Porumboiu et les Prix special Un Certain regard 2009 à Les Chats persans de Bahman Ghobadi et à Le Père de mes enfants de Mia Hansen-Love.
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Cannes 2009: Un prix pour Falardeau
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C'est pas moi, je le jure de Philippe Falardeau a reçu le Prix Ecrans Juniors. La sélection comportait neuf films, dont Un été sans point ni coup sûr de Francis Leclerc.
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Cannes 2009: Loach reçoit le prix oecuménique
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Présidé par le cinéaste roumain Radu Mihaileanu (Va, vis et deviens), le jury du prix oecuménique a décerné son prix à Looking for Eric de Ken Loach "pour sa grande qualité artistique et son approche humoristique, optimiste et humaniste de la société contemporaine en pleine crise".
Le Ruban blanc de Michael Haneke a quant à lui reçu une mention spéciale parce qu'il "incite à la plus grande vigilance devant les symptômes de notre violence personnelle, qui creuse aussi le lit de la violence sociale et politique". Le Prix de la critique internationale lui a également été décerné par le jury de la FIPRESCI.
Pour sa part, Antichrist de Lars von Trier a reçu un "anti-prix" parce qu'il "suggère finement que la femme doit être brûlée sur le bûcher pour sauver le monde et pour que l'homme puisse enfin se mettre debout".
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Cannes 2009: Una pellicula d'Almodovar
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Dans Etreintes brisées, Penélope Cruz est une aspirante actrice qui se retrouve à jouer dans un film que produit son amant (Jose Luis Gomez), un riche homme d'affaires qui pourrait être son père. Entre elle et le réalisateur, Matteo (Lluis Homar) c'est le coup de foudre. Voulant garder un oeil sur sa maîtresse, le producteur demande à son fils (Ruben Ochandiano) de tourner le making of. Quatorze ans plus tard, Matteo, qui se fait maintenant appeler Harry Caine, est forcé de se remémorer ce tournage à la suite duquel il a perdu la vue et l'amour de sa vie.
Lors d'une table ronde pour Volver, au Festival de Cannes en 2006, Penélope Cruz avait révélé ceci: "Je crois que Pedro m'a donné le personnage le plus complexe de ma carrière. Chaque matin, sur le plateau, j'avais peur de ne pas réussir à aller où il voulait m'emmener. Et pourtant il a réussi et je lui en suis vraiment reconnaissante. Si vous saviez ce qu'il m'a proposé de faire dans son prochain film, c'est incroyable! Pedro est le seul réalisateur en qui j'ai vraiment confiance. Il est très exigeant et exige la vérité de ses acteurs, et ça, ça me plaît."
Trois ans plus tard, la ténébreuse actrice semblait faire écho à ses propres paroles en parlant de son rôle dans Etreintes brisées (Los Embrazos rotos) : "Tout m'a surpris dans le film, de la première à la dernière réplique. C'est son meilleur scénario, le plus complexe et le plus fort. Mon personnage est merveilleux et différent de ce que j'ai fait. Je suis heureuse que Pedro a pensé à moi pour jouer Lena."
"Il y a un accord tacite avec tous mes acteurs; je peux les toucher au plus profond d'eux-mêmes, même là où c'est douloureux. Je me considère chanceux de pouvoir le faire. Pour certains acteurs, je donne toute l'info; pour d'autres, je ne donne rien afin de leur permettre de jouer avec leurs instincts. Si nécessaire, je joue tous les rôles. Je suis même déjà arrivé à faire un cunilingus à une actrice pour montrer comment faire à un acteur", a avoué le réalisateur sous le regard étonné de Cruz.
Signant un solide scénario où il passe avec aisance du présent au passé, Almodovar profite de ce mélodrame touchant pour faire de beaux clins d'oeil au cinéma, allant même jusqu'à refaire des scènes de Femmes au bord de la crise de nerfs pour les besoins du film dans le film, Filles et valises, dont l'on pourra voir des scènes retirées au montage sur le DVD: "Ce n'était pas pour faire un hommage à moi-même, a révélé le volubile Madrilène. Je trouvais que cette comédie offrait un plus grand contraste avec la vie de ces gens de cinéma... En plus, je n'avais pas besoin de droits d'auteur."
A savoir s'il souhaite gagner la Palme d'or, il lance: "Non, non, non! Je quitte Cannes vendredi afin de ne pas donner l'illusion de l'attendre, mais je suis prêt à revenir dimanche même pour recevoir le prix du meilleur acteur ou de la mise en scène!"
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Cannes 2009: Dépression au-dessus d'une forêt
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J'ai bien cru qu'on finirait par s'échanger des coups à la conférence de presse de Lars von Trier. D'entrée de jeu, un journaliste américain a demandé à trois ou quatre reprises au réalisateur d'expliquer pourquoi il avait fait un tel film, d'autant plus que celui-ci était présenté à Cannes.
Sans perdre son sang-froid, alors que celui du journaliste bouillait, Lars von Trier, qui a expliqué avoir écrit et réalisé ce film sans conviction puisqu'il souffrait de dépression, a simplement répondu: "Je ne crois pas avoir à me justifier; je fais des films et je n'ai pas grand-chose à dire. Je fais des films pour moi et je ne dois rien à personne. Je suis le meilleur réalisateur du monde!"
Cette dernière phrase, le cinéaste la lancera à quelques reprises, le sourire aux lèvres. Plus tard, il dira: "Je n'essaie pas de dire quelque chose; il s'agit d'un rêve devenu film." Certes, Lars von Trier fait partie des grands réalisateurs de ce monde et son film Antichrist a saisi aux tripes les spectateurs cannois. Dégoût, indignation, colère sont parmi les émotions exprimées par le public.
Rarement le deuil aura été illustré au cinéma de façon aussi puissante, douloureuse et cauchemardesque. A tel point que l'oeuvre, qui mériterait le prix du Jury ou celui de la mise en scène, se révèle par moments, insoutenable, voire indigeste. Jamais von Trier n'aura été aussi loin dans l'horreur. Un journaliste a même demandé si l'oeuvre de Dario Argento était une source d'inspiration. "Non", a-t-il fait de la tête. Cette réponse déplaira-t-elle à Asia Argento, membre du jury?
Ces sources d'inspiration, il ne les cache pas: Strindberg et Tarkovski. D'ailleurs le public a éclaté de rire en lisant au générique d'Antichrist que celui-ci lui était dédié: "Tarkovski est un vrai dieu; j'ai vu Le Miroir plusieurs fois. Je me sens très proche de Strindberg, qui aimait beaucoup les femmes; je suis un très grand admirateur de cet auteur qui savait être très drôle et sérieux à la fois."
A voir ce qu'il fait subir au personnage de Charlotte Gainsbourg, l'une des scènes du film a d'ailleurs alimenté bien des blogues et des forums de discussions sur le web..., il est très difficile de voir Lars von Trier comme un amoureux des femmes. A propos de ce rôle exigeant qu'elle incarne avec ardeur - son nom revient dans les prédictions du prix de la meilleure actrice - , Gainsbourg répond: "J'étais prête à tout pour ce film. Le plus difficile, ce n'était pas les scènes de nudité ou de sexualité, ce sont les scènes de souffrance que j'ai trouvées les plus crues, mais je me suis laissée guider par Lars. Ce fut toute une expérience, très intense. Je savais que cela serait spécial et cela a été plaisant d'une étrange façon. Je ne crois pas un jour revivre cela."
"Charlotte allait un peu trop loin, mais je ne pouvais pas l'arrêter!" lance en riant von Trier. "On a pas beaucoup parlé, c'était comme un rêve, explique Willem Dafoe, Lars ne permet pas du tout de préparation. On fait la scène et il réagit à ce que l'on fait. Avec lui, on devient flexibles... C'est un grand cinéaste." "Le meilleur du monde!", lui chuchote à l'oreille von Trier.
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Cannes 2009: Du sport et des hommes
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Jusqu'à l'arrivée de Brad Pitt sur la Croisette - z'avez vu Quentin Tarantino dansant avec Mélanie Laurent sur le tapis rouge d'Inglorious Basterds? J'aurais voulu me joindre à eux! -, la star incontestable de cette 62e édition était Eric Cantona, ex-joueur de foot ayant surnommé "The King" par les supporters du Manchester United (où il a eu pour coéquipier Beckham).
Dans Looking for Eric, un postier dépressif (Steve Evets) dont les beaux-fils se retrouvent aux prises avec des criminels à la petite semaine, trouve réconfort auprès de l'affiche de Cantona qui se matérialise.
Ayant quitté une brillante carrière à 31 ans, Cantona se consacre au cinéma depuis 12 ans; on l'a notamment vu dans Le Bonheur est dans le pré et Les Enfants du marais. De là à dire que le sympathique acteur brille par son jeu à l'écran dans son propre rôle serait exagéré, mais il arrive à tenir tête à l'excellent Steve Evets grâce à son charisme, sa générosité et son sens de l'autodérision dans Looking For Eric, comédie dramatique sensible où Ken Loach et son scénariste Paul Laverty ne délaissent pas leurs préoccupations sociales. Une chose est sûre, Cantona est meilleur acteur que trompettiste - il s'est familiarisé avec la trompette après avoir été suspendu 9 mois pour avoir sauté sur un spectateur.
"C'est très particulier de se jouer, a dit Cantona avec son charmant accent marseillais. C'est une fiction avec des répliques merveilleusement écrites. J'ai vécu de la pression, j'ai posé des questions inhabituelles à Ken grâce à qui je suis arrivé sur le plateau en toute confiance. J'ai aussi eu une séance de travail avec Paul, que j'ai trouvé courageux de me présenter ce scénario. Je joue beaucoup de ça, rire de moi-même, c'est une arme. Le foot est un jeu, le cinéma, un grand jeu." "Cantona joue comme au foot: avec son instinct et sa créativité", a lancé le réalisateur.
A propos du passage vers la comédie, Ken Loach explique: "Nous avons fait des films très durs et nous nous sommes dit que ça serait bien de faire un film plus facile. Au fond, une comédie est une tragédie qui finit bien. Looking for Eric aurait pu être une tragédie; peu importe le registre, l'important, c'est de demeurer vrai."
A savoir quelle était la différence entre le réalisateur anglais et son ex-coach de Manchester, Alex Fergusson, Cantona y est allé de cette réponse: "Ils sont très similaires. Il faut savoir tirer 100% de l'action, durer de match en match, de film en film. Tous deux sont d'une humilité incroyable, ce sont deux grands hommes et c'est l'essentiel."
A propos de l'importance du foot chez les Britanniques, Loach refuse de se lancer dans une explication anthropologique, mais avance ceci: "Le football permet de se réunir, d'être fier de son pays. Les gens peuvent exprimer leurs émotions, lesquelles vont du désespoir à l'espoir, en passant par la joie."
Paul Laverty poursuit: "Le foot fait partie de nos vies. En Ecosse, où j'ai grandi, nous changions nos week-ends en fonction du foot. Tout le monde jouait au foot. Je crois que nous avons tous besoin de magie, de spontanéité et jouer au foot avec ses amis, c'est quelque chose de fantastique." Enfin, Loach aurait-il voulu se mesurer à Cantona sur le terrain? La réponse est spontanée: "J'ai fait bien des choses stupides dans ma vie, mais jamais je n'aurais osé jouer au foot avec Cantona."
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Cannes 2009: Noir, c'est noir
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Je ne suis pas une fan de Johnnie To, mais aimant bien le cinéma asiatique et étant curieuse de voir Johnny Hallyday et Sylvie Testud parachutés dans l'univers des triades chinoises, j'avais tout de même hâte à la projection de Vengeance. Ouille! Pauvre Sylvie Testud... Quelle idée d'aller gaspiller son immense talent dans un polar si mal écrit où le peu qu'on la voit, elle est à moitié consciente sur son lit d'hôpital. Le pire, c'est qu'elle est plus expressive que Djeuhnny, que bon nombre de Français, si je me fie au rassemblement de sosies de Hallyday sur la Croisette et aux cris des badauds au pied des marches, fait toujours craquer les Français. Peut-on empêcher un coeur d'aimer?
"Johnnie et moi avons une passion commune pour Jean-Pierre Melville, le polar noir et une certaine forme de cinéma américain, mais ceci n'est pas une copie, c'est du Johnnie To. C'est toute une expérience de travailler avec lui, je suis un grand admirateur de ses films" a expliqué Hallyday devant la presse.
Le réalisateur a enchaîné: "J'aime la saveur des films de Melville; il y a peu de dialogues, des personnages, des héros romantiques. Pour chaque film, j'espère trouver de nouvelles idées afin d'attirer les spectateurs."
Interrogé sur la présence des scènes de repas dans ses films, To a révélé: "J'adore la bouffe et le cinéma. Je voulais réunir les personnages autour d'une table parce qu'on mange tous les jours et qu'à table, il y a parfois beaucoup d'émotions. Pour moi, ces scènes sont importantes pour le film."
A l'instar de son personnage, un tueur à gages français qui se retrouve à Macau afin de venger sa fille (Testud) d'un chef d'une triade, Hallyday s'est senti très perdu lorsqu'il est arrivé en Chine: "Peu de gens parlent anglais et personne ne parle français. Cela m'a servi pour Costello, qui est plutôt perdu. Petit à petit, j'ai découvert la culture et les gens; je le ferais encore si j'en avais la chance."
Loin de moi l'idée de contredire à tout prix le père du rock'n roll français, mais pour l'inspiration, on repassera... Certes, Hallyday a la gueule de l'emploi, toutefois, c'est le degré zéro côté interprétation. Il faut dire que le scénario ne l'aide pas vraiment. Dès que son personnage qu'il souffre de pertes de mémoire à cause d'une balle logée dans son cerveau, en peu de temps, il oublie le sens du mot "vengeance". "A quoi de se venger si l'on a tout oublié?", lance pompeusement un autre personnage. On rit, mais je ne suis pas sûr que c'était le but, même s'il y a quand même de rares touches d'humour dans ce polar aux très belles scènes nocturnes, dont cette poursuite sous la pluie.
Sur les "difficultés" du rôle, Hallyday a expliqué: "Je n'avais pas beaucoup de dialogues et je savais tenir un pistolet. L'approche de To m'a rappelé celle de Godard, qui m'avait donné deux pages de scénario pour Détective. J'étais le seul acteur à avoir lu le scénario, mais celui-ci a beaucoup changé durant le tournage." Voilà qui expliquerait bien des choses...
Alors que Djeuhnny n'aura pas tari d'éloges sur ses partenaires chinois - ce qui a eu pour effet de faire fuir mon camarade du Soleil Normand Provencher, épuisé d'entendre tant de flatteries -, Johnnie To es venu confirmé que tout s'était bien passer malgré la barrière linguistique: "J'ai travaillé avec des collaborateurs stables et c'était tout un défi pour eux de parler anglais; l'un d'eux a même dû être doublé. Au final, l'interaction était très intéressante avec Johnny; la chimie a pris."
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Cannes 2009: Beautés désespérées
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Ayant beaucoup aimé le premier long métrage de Marina de Van, Dans ma peau (j'avais été autant fascinée par le sujet que par le montage), j'étais bien décidée à voir Ne te retourne pas où Sophie Marceau incarne une romancière qui traverse une grave crise personnelle, c'est-à-dire, qu'elle devient graduellement une autre femme (Monica Bellucci). Le devoir m'appelant ailleurs, j'ai raté le film... que certains critiques ont jugé raté (ce qui a fait un peu sortir l'actrice française de ses gonds lorsqu'une journaliste le lui a rappelé), mais je me suis quand même pointée à la conférence de presse de la réalisatrice que je trouve fort intéressante.
Malheureusement, Marina de Van n'a pas eu beaucoup de temps pour s'exprimer puisque qu'une grande majorité des questions s'adressaient aux deux actrices. Les photographes, qui m'ont semblé en plus grand nombre (un peu plus et l'un d'entre eux se serait installé dans mon décolleté histoire d'avoir un meilleur point de vue sur la Bellissima!) n'ont pas arrêté de les mitrailler. L'ayant déjà interviewée pour un film qui n'est finalement jamais sorti, je peux vous jurer que l'actrice italienne vaut le coup d'oeil: c'est pas une femme, c'est une déesse! J'aurais bien voulu faire comme Julie Snyder devant Catherine Deneuve, soit porter un sac brun sur la tête ce jour-là.
"J'ai tout de suite pensé à deux actrices pour les besoins du scénario, expliquait la réalisatrice, mais pas à Monica et à Sophie. Cela ne m'inspire pas lors de l'écriture de penser à des acteurs spécifiques. L'histoire du film est celle d'une femme qui se prend pour une autre et qui retrouve son identité; il était donc très important d'avoir à l'écran deux figures différentes. Mon film ne contient pas de message, mais beaucoup de questions auxquelles je n'ai pas de réponses..."
"J'aimais la simplicité du scénario, avançait Marceau, ce que le film traite, c'est l'introspection. Il faut énormément de personnalité pour passer sur celle des autres. En tant qu'actrice, je me sens comme une éponge, je m'imbibe des autres. J'aime me perdre dans les images des autres. Dans Ne te retourne pas, je pouvais enfin devenir une autre. Mon personnage est la seule à voir tous ces signes inquiétants autour d'elle, alors que tout semble normal pour les autres. Marina me disait que mon personnage n'était pas folle, seulement désarçonnée par les changements physiques. C'est elle qui se cassait la tête pour moi."
Trouvant Sophie Marceau inspirante et touchée par l'univers qu'elle juge particulier de la réalisatrice, Monica Bellucci ne semble pas s'être fait prier pour embarquer dans cette aventure: "J'étais très curieuse de travailler avec Marina et j'avais très envie de me retrouver au coeur de ce trio. C'était un vrai plaisir de travailler avec Sophie; j'ai poussé mon côté méditerranéen, mais à la fin, on retrouve une unité, une alchimie entre elle et moi grâce à la direction de Marina. La dualité hystérie / sensualité du récit me touchait", racontait-elle.
Bien que le personnage de Bellucci apparaisse après celui de Marceau, c'est tout de même l'actrice italienne qui a d'abord tourné ses scènes en raison des conflits d'horaire: "Je travaillais différemment avec chacune d'elles; je tentais de trouver des coïncidences dans leur gestuelle, leur façon d'être. Pour la continuité, je faisais confiance au scénario", a dit Marina de Van à propos du jeu.
L'une des rares réalisatrices à venir présenter un film à Cannes, de Van s'est exprimée quant à la parité au cinéma: "J'y suis favorable, mais pas dans le but de le monopoliser. Je ne crois pas à l'idée d'un cinéma de femmes comme d'une sous-catégorie; j'aime le cinéma des hommes et le cinéma des femmes."
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Cannes 2009: Fin de partie
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Dernier tour au palais des festivals aujourd'hui pour aller voir deux films que j'attendais avec curiosité: le premier, Visage, où Tsaï Ming-Liang s'intéresse à un réalisateur taïwanais qui souhaite tourner un film sur le mythe de Salomé au Musée du Louvre; le second, Coco et Igor, de Jan Kounen, qui raconte la liaison entre Chanel et Stravinski.
Pendant deux longues heures, j'ai notamment vu dans une suite de longs plans fixes esthétisants, dont certains d'un lyrisme hypnotique, la superbe Laëtitia Casta faire du lipsync sur des chansons en mandarin et en espagnol, poser du papier collant noir sur des miroirs la clope au bec, Jean-Pierre Léaud, dont le personnage s'appelle Antoine..., s'amusant avec un oiseau l'air hagard, Fanny Ardant feuilletant avec tristesse un livre sur François Truffaut, puis traînant une tête de cerf, etc.
Dans une scène, l'ex-muse du grand cinéaste se retrouve en compagnie de Jeanne Moreau et de Nathalie Baye dans une sombre salle à dîner: "C'est un piège!", s'écriera Moreau de sa voix grave. Bizarre, j'aurais cru qu'elle venait de lire dans mes pensées. Détestant demeurée captive d'une oeuvre qui ne m'interpelle pas, j'ai donc quitté la salle en me promettant de revoir Visage dans de meilleures conditions.

Me demandant ce que le réalisateur de Dobermann et de 99 f pouvait bien faire dans l'univers de la haute couture et du Sacre du printemps, je me suis donc dirigée vers la salle Bazin où avait lieu la projection de cet élégant et froid produit téléfilmesque, lequel serait supérieur au Coco avant Chanel d'Anne Fontaine avec Audrey Tautou au dire de Marc-André Lussier de La Presse.
Si la scène du début où les Ballets russes présentent Le Sacre à un public parisien hostile m'a donné des frissons, le reste de l'ensemble m'a laissé plutôt de glace bien que Kounen ait voulu nous faire croire que ces amours secrètes étaient le fuit d'une grande passion.
Après avoir prêté sa beauté et son talent à Simone de Beauvoir dans le téléfilm Les Amants du Flore d'Ilan Duran Cohen, Anna Mouglalis en impose dans la peau et le tailleur de Chanel par sa voix de velours et sa grande élégance. Dans le rôle de Stravinski, Madds Mikkelsen (trop beau pour ce rôle!) lui tient tête par son jeu cérébral. Une façon quelque peu décevante de clore ainsi le festival.
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Cannes 2009: Chambre avec vue sur la mer
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Voici la réaction des membres de l'ARRQ à propos des...
ABUS À LA SODEC
Montréal le 22 mai 2009 - L’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec (ARRQ) ne peut taire son indignation devant les dépenses outrancières du directeur général de la SODEC, monsieur Jean-Guy Chaput, ni devant les frais astronomiques de restauration du bureau de Paris. Ainsi que monsieur Renaud Lachance, vérificateur général, l’a laissé entendre sur les ondes de Radio-Canada aujourd’hui même, bien qu’il n’y ait rien de frauduleux dans ces excès, il s’agit d’un manque grave à une culture et une éthique d’institution entièrement dévouée aux créateurs du Québec, dont les réalisatrices et les réalisateurs.
Ce qui, toutefois, ajoute l’insulte à l’injure et constitue à tout le moins une fraude morale, c’est le détournement, au profit de frais internes de déplacement, d’une somme de 200 000 $ pourtant dédiée à des subventions devant venir en aide au milieu culturel. Quand on connaît l’extrême fragilité de ce dernier, on ne peut voir dans cette manœuvre qu’une marque de profond mépris qui a lui seul justifie le congédiement immédiat de monsieur Chaput.
Nous demandons conséquemment à monsieur Jean Charest, premier ministre du Québec, et à madame Christine Saint-Pierre, ministre de la Culture et des Communications, d’une part de mettre immédiatement fin au mandat de monsieur Chaput, d’autre part de voir à ce que les responsables de toutes les dépenses excessives rendent publiquement des comptes. Jean Pierre Lefebvre Président Note de la blogueuse: Et dire qu'on peut trouver à Cannes des chambres à 70 euros...
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Cannes 2009: La citation du jour
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"Comment peut-on faire confiance à un homme qui va au cinéma deux fois par jour?"
Rinko Kikuchi à Sergi Lopez dans Maps of Tokyo Sounds d'Isabel Coixet, film le plus hué à Cannes cette année. Pourquoi tant de haine?
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