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Cinémaniaque
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5 novembre 2009, 2:48
La culture : de quoi parle-t-on?

Ce soir à 19 h, au Bristo Olivieri (5219, chemin de la Côte-des-Neiges), notre cher critique littéraire Tristan Malavoy-Racine, le chorégraphe Frédérick Gravel et l'auteur du Facteur C Simon Brault participeront à un débat sur la culture animé par le critique de cinéma André Lavoie.

Parmi les questions soulevées par le livre de Brault : Quelle est l'importance de la culture pour une société? Notre société valorise-t-elle vraiment la culture? Mais de quelle culture parle-t-on?

Entrée libre - Réservations obligatoires: 514 739-3639.


15 octobre 2009, 4:10
FNC : Le miracle Wapikoni

Si vous n'êtes pas familier avec le projet du Wapikoni mobile, studio de création ambulant fondé par la cinéaste Manon Barbeau, le très beau documentaire de Mathieu Vachon, Wapikoni, escale à Kitcisakik, vous convaincra certainement de l'importance de cette entreprise au sein de la communauté autochtone.

Dans Wapikoni, escale à Kitcisakik, qui raconte également l'origine du projet, on y voit notamment la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette, animée d'une passion contagieuse, aller à la rencontre de jeunes Algonquins habitant la forêt boréale de l'Abitibi. Au contact des réalisateurs-formateurs, ces aspirants-réalisateurs s'inspirent de leur réalité, parfois très dure, de leur héritage, que les aînés tiennent à leur léguer, et de leur culture, qu'ils refusent de voir disparaître, afin de tourner des courts métrages d'une étonnante beauté et d'une palpable sincérité.

Wapikoni, escale à Kitcisakik sera présenté ce soir, à 21 h 15, et vendredi, à 17 h, au Cinéma du Parc.

P.-S. : Désolée de ne pas bloguer davantage sur le Festival du Nouveau Cinéma, mais comme vous savez, le site a connu bien des difficultés au cours des derniers jours...


14 octobre 2009, 4:34
Les Dames en bleu : chapeau, monsieur Louvain!

La semaine dernière, à deux jours de la grande première tapis bleu au Festival du Nouveau Cinéma, où le touchant documentaire de Claude Demers, Les Dames en bleu, ouvrait le bal, j'ai rencontré l'homme qui a fait battre le cœur de ma mère bien avant qu'elle rencontre mon père : le chanteur de charme Michel Louvain.

S'il fallait mettre une photo pour illustrer le mot « gentleman » dans le dictionnaire, je n'hésiterais pas une seconde à proposer celle du crooner qui fait craquer les femmes depuis plus de 50 ans. Et qu'on aime ou non son style, on ne peut que s'incliner devant cet artiste qui n'a jamais cessé d'être fidèle et généreux envers son public.

En attendant de pouvoir lire l'entrevue demain, ou de voir Michel Louvain ce soir en compagnie du réalisateur, de Sébastien Diaz et de moi-même à Voir, voici ce qu'il m'a révélé avoir ressenti après avoir vu Les Dames en bleu:

« Je l'ai vu deux fois, j'ai eu le moton et je suis resté cloué sur mon fauteuil. Après 52 ans de carrière, je suis conscient de l'amour du public et moi, j'essaie de leur en donner avec mes chansons, mais encore là, d'avoir la vérité en face de cinq femmes qui parlent de passion et d'amour pour l'artiste... ah mon Dieu! Il y a des milliers de femmes qui m'aiment comme elles (ndlr : les cinq admiratrices en vedette dans le documentaire) et même si je suis fatigué de signer des autographes après chaque spectacle, je ne peux pas montrer que je suis tanné parce que je ne dois pas briser leurs rêves.»


30 septembre 2009, 5:53
Pierre Falardeau : Je me souviens

Lundi après-midi, Sébastien Diaz et moi avons participé à une émouvante table ronde en compagnie de Josée Legault et d'Yves Trudel alias Méo, deux amis de Pierre Falardeau, pour l'émission Voir. Nous y avons notamment discuté du personnage caricatural qu'il était devenu, du cinéaste que l'on ne doit pas oublier et de l'homme très à l'écoute des autres qu'il a été. Eh oui, au dire d'Yves Trudel, cette grande gueule au vocabulaire parfois ordurier écoutait deux fois plus qu'il ne parlait; il était aussi très à l'écoute des jeunes, a ajouté Josée Legault.

Je ne suis pas une fan de Pierre Falardeau. Toutefois, lorsqu'une copine m'a annoncé cet été qu'il était très malade, j'ai été attristée parce que bien que faisant partie des nombreux critiques à avoir descendu son dernier film, La Vengeance d'Elvis Wong, je gardais un beau souvenir de ma rencontre avec le bonhomme en juin 2004, juste à côté du Beaver Club...

Généralement, les distributeurs présentent les films aux journalistes avant de leur permettre de rencontrer le réalisateur et les acteurs. Or, dans le cas d'Elvis Wong, Christal Films, craignant sans doute les mauvaises critiques, a refusé que les journalistes le voient avant de rencontrer Pierre Falardeau et Julien Poulin. En temps normal, j'aurais refusé, mais voulant absolument rencontrer une fois dans ma vie ces deux personnages qui avaient égayé mon adolescence avec Elvis Gratton, j'ai accepté l'invitation. Et je ne l'ai pas regretté.

Lors de ces rencontres, j'avais été touchée par la sensibilité de Julien Poulin. Rarement ai-je entendu quelqu'un parlé avec tant d'amour, de respect et d'admiration pour un ami. En me parlant de leur longue collaboration, l'acteur, que Falardeau appelait affectueusement le gros Poulin, avait les yeux embués par l'émotion. J'ose à peine imaginer ce qu'il vit en ce moment.

Quant à mon tête-à-tête avec Pierre Falardeau, je m'étais approchée timidement en lui avouant que je craignais de lui parler. En tirant sur sa cigarette, il m'avait regardée et lancé : « J't'ai-tu déjà envoyé chier, toé? » « Pas encore! », lui avais-je répondu. « Bon, ben, viens t'asseoir, on va jaser » avait-il fait avec un clin d'œil.

Et qu'est-ce qu'on a jasé! Comme je n'avais pas vu le film, on avait passé plus de temps à parler de Rabelais et de Pasolini que d'Elvis Gratton. J'étais médusée par sa culture, son humour et, surtout, sa gentillesse. Certes, il sacrait beaucoup, j'avais d'ailleurs préservé quelques jurons histoire de respecter sa parlure à l'écrit, mais l'homme que j'avais en face de moi n'avait rien en commun avec l'ours mal-léché qui promenait son sourire en coin d'une caméra à l'autre. Ce fut une rencontre mémorable.

Depuis quelques jours, plusieurs font l'éloge de Pierre Falardeau en disant qu'un grand cinéaste nous a quittés. Grand cinéaste, vraiment? Sais pas trop... C'est sûr que dans mon top des films québécois, Octobre vient derrière le chef-d'œuvre de Michel Brault, Les Ordres, qu'aucun film n'a encore réussi à déloger de sa première place dans mon cœur. Sans doute que si on ne lui avait pas mis autant de bâtons dans les roues - rappelez-vous sa longue bataille pour le financement de 15 février 1839, autre film mémorable et bouleversant -, Pierre Falardeau aurait pu s'émanciper davantage comme cinéaste. Hélas, quand je pense à Falardeau, je ne pense pas à un grand cinéaste de génie, mais à un artiste incompris à qui l'on a coupé les ailes.

Pour ceux que ça intéresse, retrouvez les trois textes ci-hauts mentionnés ici, ici et ici.


30 septembre 2009, 2:39
Marie-Josée Croze chez Zabou Breitman

 

Ce soir, à Voir, vous verrez l'entrevue que Marie-Josée Croze a accordée à Sébastien Diaz lors de son bref passage à Montréal pour la promotion de Je l'aimais de Zabou Breitman, d'après le roman d'Anna Gavalda. Pour ma part, j'ai eu le plaisir de m'entretenir avec elle au téléphone la semaine dernière. En attendant de pouvoir lire l'entrevue dans nos pages, voici quelques extraits coupés au montage à propos de...

La nature de son personnage : « Mathilde, c'est une femme amoureuse, qui déborde d'amour pour un homme tout fait normal qu'elle rencontre dans le cadre du travail. C'est juste un coup de foudre. J'ai imaginé que Mathilde avait peut-être eu des histoires comme celle-là dans sa vie, mais que cette fois-là, le coup de foudre va donner lieu de vrais sentiments profonds. Ce que je trouvais aussi payant dans le scénario, c'est que Mathilde passe de l'éblouissement, de la joie de vivre, à quelque chose de beaucoup plus sombre. Pour un acteur, c'est un parcours intéressant. »

Jouer les flashbacks : « Dans les films racontés de cette faon, il faut vraiment soigner les flash-back parce qu'on est la fois dans le monde réel et le monde fantasmé. Celui-ci est toujours un peu stylisé, travaillé d'une autre manière. C'est un rythme, un ton que l'on trouve lors du tournage; je dirais que l'on pousse un peu plus le réel. C'est très fin, subtil, mais on ne travaille pas le réel comme le flash-back ou le rêve. Tout ça a à voir avec la mise en scène, les costumes. C'est sûr que moi, je savais que je jouais les flashbacks, donc dans ce cas-là, on appuie un peu plus sur les choses parce qu'elles sont embellies par le souvenir. On ne peut pas être dans les couleurs pastel, mais dans les couleurs vives. »

Le tournage en Chine : « Ce qui m'a étonnée lorsque nous sommes arrivés en Chine, c'est que personne dans l'équipe chinoise ne prenait d'initiatives, tout le monde restait immobile attendre. Je demandais Zabou s'ils étaient fainéants, pourquoi on ne m'apportait pas de chaise ni ne me demandait si j'avais soif; on tournait 45 degrés, il faisait chaud! Elle me répondait simplement parce que c'était une culture différente. Ce n'est qu la troisième journée qu'ils ont pensé amener une personne qui interprèterait les paroles, de sorte que tout le monde puisse se comprendre. Le problème lorsqu'on tourne à l'étranger, c'est la langue. Dès que l'interprète est arrivé, tout s'est très bien passé. »

Son statut d'actrice en France: « Au Qubec comme partout ailleurs, on peut faire 75 films, mais c'est seulement une petite poigne de cinéphiles qui vont les voir. Ma passion, c'est le cinéma, pour d'autres, le cinéma est un divertissement; le dimanche, je cours la Cinémathèque pour voir des vieux films. Je tourne beaucoup de films d'auteur, c'est pour cela que je suis respectée et connue dans le milieu. J'ai une certaine cote d'amour parce que les gens respectent le monde comme moi. C'est pas une question de courir les tapis rouges, quoique ce n'est pas si grave que d'assister l'ouverture dune boutique. Ce qui finit par être grave, c'est daller faire des gros films ou on est beaucoup payé, qu'on sait dès le départ que ce sera une grosse merde et qu'on sera forcé à promouvoir. Aux yeux des producteurs, tu deviens une fille facile et ils t'oublient. Comme je le disais à Tony Gatlif et à Julie Lopes-Curval, lorsqu'on est venus au FFM, ce qui est formidable au Québec, c'est que les journalistes sont capables de faire la part des choses entre les films de divertissements et les films d'auteur. Avec les petits films artistiques que je fais, je me sens libre d'accepter ou non la promotion. Les gens savent que j'ai une intégrité, que je dis ce que je pense, que je suis très cash. Lorsque je refuse un film, on me propose de faire croire que je ne suis pas libre, moi, je préfère avouer que le projet ne m'intéresse pas. J'ai refusé trois films avec Vincent Lindon, une fois avec Benoît Poelvoorde! Je préfère rester chez moi et me promener avec mon chien. Évidemment, je me ferme des portes aussi... disons que je n'ai pas choisi le chemin le plus facile.  »


28 septembre 2009, 4:33
ARRQ: Salut Pierre Falardeau

L'Association québécoise des réalisateurs et réalisatrices du Québec a fait parvenir ce communiqué:

Pierre Falardeau vient de jouer un bien mauvais tour au cinéma québécois, à ses amis et ses détracteurs. Il les a quittés beaucoup trop tôt et laisse un vide que personne ne saura combler.

Depuis l'annonce de sa mort, les témoignages ont afflué de partout et ont dépeint l'homme et le cinéaste comme un agneau qui aimait se battre contre les loups, d'un fort en gueule dont l'indépendance brûlait les lèvres autant que la cigarette, et d'un pamphlétaire qui aimait mettre des grains de sable gros comme Elvis Gratton dans les rouages politiques et culturels du Québec.

C'est avec gratitude envers ce que Pierre fut et ce qu'il a fait, et avec grande tristesse vis-à-vis de son départ prématuré, que les membres de l'ARRQ offrent à sa compagne et à ses enfants leurs sincères condoléances.

Pierre, où qu'il soit maintenant, s'est très certainement déjà engagé dans la défense d'une cause qui lui tient à cœur.

Jean Pierre Lefebvre

Président

ARRQ       


17 septembre 2009, 1:38
TIFF 2009 : Propos d’artistes 2

L'autre jour, je vous ai révélé que Martin Bilodeau du Devoir s'était fait annoncer que son entrevue avec Jane Campion (Bright Star) avait été annulée et qu'il devait se contenter de participer aux tables rondes. Eh bien, ce fut un mal pour un bien puisqu'hier soir, à la première de Micmacs à tire-larigot (que mon confrère du Soleil Normand Provencher et moi avons surnommé Big-Mac en revenant de Rigaud en s'inspirant d'une blague de Dany Boon), Marc-André Lussier de La Presse, dont l'entrevue avec la cinéaste n'avait pas été annulée, nous a dit qu'il avait appris à la dernière minute qu'il ne pourrait plus la rencontrer puisque que Campion avait décidé de partir plus tôt que prévu.

C'est alors que Natalia Wysocka du ICI nous a raconté qu'elle avait dû annuler son entrevue avec George Romero (Survival of the Dead) parce que celle-ci avait été déplacée en même temps que son entrevue avec Johnny Hallyday (Vengeance de Johnnie To). Eh bien, Djeuhnny, qu'elle avait tenté d'interviewer à Cannes, mais qui avait annulé une soixantaine d'entrevues sous prétexte qu'il était fatigué, lui a une fois de plus posé un lapin parce qu'il voulait faire la fête.

Quant à Normand Provencher, plusieurs de ses demandes d'entrevues semblent avoir été ignorées. Et là, je ne vous parle pas d'Helen Faradji du 24 Images et de MSN dont la grande majorité des demandes a été rejetée comme si elle avait la lèpre. En ce qui me concerne, c'est Jacques Audiard qui a pris la poudre d'escampette lorsqu'est venu le temps de mon entrevue; du coup, j'ai manqué la projection de Capitalism : A Love Story de Michael Moore et ma participation à la table ronde de Bright Star. On a bien essayé de me booker une autre rencontre, mais là, c'est moi qui n'étais pas libre. Je ne perds pas espoir, peut-être viendra-t-il à Montréal pour la sortie de Un prophète en 2010...

Un peu plus et je manquais mon entrevue avec Elia Suleiman, dont l'autobiographique Le Temps qu'il reste m'avait emballée à Cannes, puisque celui-ci se serait perdu dans un autre hôtel. Heureusement, il a été retrouvé à temps... Y a pas à dire, les astres n'étaient pas alignés pour la confrérie québécoise. Si au cours des prochains, vous trouvez qu'il manque un peu de saveur internationale dans les pages culturelles des médias mentionnés, sachez que ce n'est pas parce qu'on aura pas essayé. C'est vous dire comment j'étais heureuse de voir que Jeunet et Boon étaient au rendez-vous ce matin. Une chose est sûre : je ne voudrais pas être attachée de presse et ainsi devoir jongler avec des horaires sans bousculés par les caprices des stars... et, parfois même, des journalistes. Trêve de tribulations de journalistes à Toronto, voici en vrac des propos recueillis dans les derniers jours...

Alejandro Amenabar (Agora) sur...

Hypathie d'Alexandrie (incarnée par Rachel Weisz) : « J'étais étonné de découvrir qu'il n'y ait eu encore aucun film tourné sur sa vie. Bien que ses écrits ne se sont pas rendus jusqu'à nous, c'était une mathématicienne, une astronome et une philosophe respectée. De la façon que je la représente, on peut établir des liens entre elle et Jésus puisqu'elle aussi avait des disciples et a subi une mort violente. Par ailleurs, j'ai pris la liberté de changer la fin de l'histoire afin de dénoncer le sort que l'on réserve encore aux femmes dans certains pays. »

Jean-Pierre Jeunet (Micmacs à tire-larigot - Normand Provencher m'a expliqué que ce titre un peu insolite signifiait en argot « beaucoup de problèmes ») sur...

Le fait d'avoir changé de directeur photo : « C'est moi qui ai proposé Bruno Delbonnel à la Warner afin qu'il puisse faire la photo de Harry Potter et le prince de sang mêlé. Il avait besoin de faire un grand film américain; il a fait un travail magnifique. Je ne pensais pas que ça allait s'enchaîner aussi vite et j'ai alors réalisé que j'avais fait une erreur. J'ai choisi Tetsuo Nagata dont j'avais beaucoup aimé le travail sur La Môme et avec qui j'avais fait des pubs. Si le metteur en scène a une vision précise, il peut obtenir ce qu'il veut, vous avez donc pu constater cette continuité à l'écran. »

Dany Boon (Micmacs à tire-larigot) sur...

Sa réticence à incarner Bazil, personnage d'abord écrit pour Jamel Debbouze : « Ça faisait un bout de temps que les journalistes parlaient de ce projet avec Jamel, donc quand j'ai reçu le scénario, j'étais ravi qu'il m'appelle mais je ne m'y voyais pas. J'avais peur que ce soit une fausse bonne idée puisque nous n'avons pas le même physique. Avec son agent, Jean-Pierre m'a proposé de faire des essais. On a travaillé sur le personnage, improvisé quelques scènes et ensuite, il m'a montré le résultat qu'il avait filmé avec une caméra de mariage; il avait fait une image incroyable et déjà on voyait le personnage. »

Christian Carion (L'Affaire Farewell) sur...

Le fait de choisir Emir Kusturica pour incarner un colonel du KGB : « Cette histoire est russe, je voulais donc la raconter avec des acteurs russes. Ce que Nikita Mikalkov avait fait en tant qu'acteur dans Soleil Trompeur m'a subjugué. Comme il y a un petit côté Soleil trompeur dans L'Affaire Farewell, j'ai tout fait pour le rencontrer à Moscou; bien qu'il était subjugué par cette histoire d'espionnage, on a vite compris qu'il ne pourrait pas le faire puisqu'il était embarqué dans un autre film russe monstrueux. Il m'a alors présenté des acteurs russes. Je rencontre donc une espèce de Daniel Auteuil russe. Je commence à travailler avec lui puis, il commence à subir des pressions du ministre de la Culture. Ancien du KGB et connaissant bien cette affaire, ce dernier lui a dit qu'il ne pouvait pas faire au peuple russe qui l'aime pour son talent, soit de défendre un traître. J'ai compris que je ne pourrais pas tourner avec des Russes à Moscou. Je me suis donc tourné vers un acteur d'un pays de l'est qui parle russe sans être russe. J'ai ainsi choisi Emir, qui a été très courageux et qui a travaillé fort pour apprendre le français et réapprendre le russe. »

Elia Suleiman (Le Temps qu'il reste) sur...

Le fait d'être souvent comparé à Tati et à Keaton : « C'est très flatteur... sauf que n'étant pas un cinéphile, ce n'est qu'après avoir tourné mon deuxième film, Intervention divine, que le directeur photo Marc-André Batigne, qui est Français, m'a parlé de Jacques Tati. Évidemment, je n'ai pas tout de suite voulu voir ses films afin de ne pas être influencé. Je ne vais pas souvent au cinéma, mais j'ai quand même vu de grands films. C'est la même chose pour la littérature; je ne suis pas à l'affût des tendances, je dois toujours demander aux libraires qui sont les auteurs à lire. Pour ce qui est de Buster Keaton, il serait amusant de pouvoir lui demander aujourd'hui s'il était cinéphile ou non... Peut-être que mes films font penser à ceux de l'époque du muet puisque dans ce temps-là, les gens ne pouvaient pas avoir vu autant de films que de nos jours. »

Sur ce, je vais me coucher afin d'être en forme pour mon tête-à-tête avec Terry Gilliam (The Imaginarium of Doctor Parnassus).


15 septembre 2009, 5:24
TIFF 2009: En attendant d'avoir le temps de...

bloguer, voici mon texte devant paraître ce jeudi où je fais le bilan de mon séjour à Toronto:

Si la récession n'a pas trop bouleversé le Festival de Cannes en mai dernier, il semble toutefois que le TIFF en soit quelque peu marqué.  Évidemment, les stars sont au rendez-vous, la reine des talk-shows Oprah Winfrey, productrice de Precious de Lee Daniels, film très bien accueilli par la critique, George Clooney en vedette dans The Men Who Stare at Goats de Grant Heslov, son pote Matt Damon qui, paraît-il brille dans The Informant! de Steven Soderbergh (voir critique de Philippe Couture dans nos pages), Michael Moore et son Capitalism : A Love Story, Collin Farrell, très solide en photographe de guerre dans le bouleversant Triage de Danis Tanovic, et Penélope Cruz, magnifique dans Étreintes brisées de Pedro Almodovar, qui a alimenté la machine à rumeurs avec sa prétendue grossesse - elle avait pourtant le ventre bien plat lorsque je l'ai rencontrée.

En fait, c'est plutôt du côté des partys que l'on festoie moins, mais ceci n'empêche pas de faire son travail de journaliste, bien au contraire... Là où cela devient plus difficile, c'est en constatant  que le nombre de projections a diminué par rapport à l'an dernier.

Ainsi, lorsqu'on ne peut assister à une projection afin de faire des entrevues - ou qu'on en manque une parce qu'un artiste a pris la poudre d'escampette sans avertir, comme ce fut le cas avec Jacques Audiard qui nous a fait manqué le dernier brûlot de Moore -, rare peut-on la rattraper parce que la majeure partie des films ne sont projetés qu'une fois.

Où est passé tout ce monde?

En comparant avec les années passées, force est de constater que les halls d'entrée des grands hôtels sont moins achalandés de journalistes et d'attachés de presse que d'habitude et que moins de badauds se pressent aux portes afin d'apercevoir des « beautiful people ».  

Même le vent de controverse à propos de l'hommage à Tel-Aviv dont tout le monde a parlé ne s'est révélé qu'une brise. De fait, en fin de matinée, au coin de Bloor et Bay, soit devant le Manulife Center où sont projetés plusieurs films du festival, il n'y avait que trois personnes portant sagement le drapeau israélien.

Heureusement, les Torontois ne manquent certes pas à l'appel, tel que le prouve cette salle remplie à capacité au Ryerson où les festivaliers ont accueilli chaleureusement An Education de Lone Sherfig, charmante comédie dramatique campée dans le Londres du début des années 1960 révélant la fraîche et élégante Carey Mulligan. La file était si longue qu'on aurait dit qu'il y avait eu plus de billets vendus que de places disponibles.

Entre nous, ce film de la réalisatrice de Italien pour débutants a fait meilleure figure que le film d'ouverture du festival, Creation de Jon Amiel, ennuyeux et pompeux biopic sur Charles Darwin (Paul Bettany, plus manière qu'habité) au moment d'écrire L'Origine des espèces. Pas de quoi fouetter l'atmosphère tristounette qui règne au TIFF cette année.

Quoi de neuf?

Ce qui surprend beaucoup de cette 34e édition, ce sont les projections de presse où l'affluence se fait moins grande que d'habitude. Nous étions peu nombreux à Carmel, sans doute le film le plus personnel d'Amos Gitaï, qui rend ici un hommage senti mais peu contagieux à sa famille, de même qu'aux tribulations d'une drôlerie irrésistible d'un réalisateur dans Like You Know It All de Hong Sang-soo, ainsi que pour l'ambitieux péplum d'Alejandro Amenabar, Agora, qui s'intéresse au destin de la scientifique Hypathie d'Alexandrie (Rachel Weisz, convaincante).  En revanche, c'était salle comble pour White Material de Claire Denis, drame troublant où Isabelle Huppert rend parfaitement la détresse et le fol entêtement d'une planteuse de café en plein cœur d'une rébellion en Afrique.

Parmi les films projetés avant le départ pour Toronto, passons rapidement sur The Boys Are Back de Scott Hicks, mélo archi-prévisible et larmoyant où Clive Owen joue, avec dignité, les pères de famille monoparentale et Daybreakers de Michael Spierig, pathétique film de vampires où Ethan Hawke et Willem Dafoe gaspillent leur talent.

Du côté d'autres primeurs dignes d'intérêt, mentionnons The Road de John Hillcott, adaptation du roman de Cormac McCarthy avec l'intense Viggo Mortensen, qui fait monter en nous un sentiment de désespoir qui ne nous abandonnera que plus tard après la projection. Il ne faudrait pas passer sous silence la performance étonnante d'Emir Kusturica dans L'Affaire Farewell, drame d'espionnage aux allures vieillottes de Christian Carion.

Si la palme du meilleur film revient selon nous à Un prophète de Jacques Audiard, film carcéral d'une rare puissance que nous avions manqué à Cannes, force est d'admettre que le coup de foudre a été instantané pour A Serious Man d'Ethan et Joel Coen, où l'exceptionnel Michael Stuhlbarg incarne un pauvre homme sur qui tous les malheurs s'abattent. Rarement les frangins Coen, qui ont puisé dans leurs souvenirs d'enfance, auront aussi brillamment jonglé avec la tragédie, le cynisme et l'humour féroce. Un must!

Montreal Superstar

Au moment d'écrire ces lignes, nous sommes à quelques heures de la première projection de J'ai tué ma mère de Xavier Dolan. Surnommé par le Globe and Mail « Montreal Superstar », le jeune prodige à la houppe profitera de son séjour à Toronto pour rencontrer la presse canadienne et américaine. Alors qu'il reprendra l'affiche bientôt à Montréal, J'ai tué ma mère, qui s'approche graduellement du million, partira à la conquête des marchés américains et canadiens dès janvier 2010.

S'il faut en croire le confrère Danny Lennon (voir son blogue Haut les courts!), nos court-métragistes font belle figure à Toronto. Léger problème d'Hèlène Florent aurait été favorablement accueilli, alors que d'excellentes rumeurs précèdent Danse macabre de Pedro Pires et La Vie commence d'Émile Proulx-Cloutier. Peut-on rêver d'un ouragan comparable à celui provoqué par Next Floor de Denis Villeneuve en 2008?

Les prochains jours nous diront quel impact auront créé Carcasses de Denis Côté et La Donation de Bernard Émond, dont ce dernier chapitre de la trilogie sur les vertus théologales se rapproche davantage de La Neuvaine que de Contre toute espérance. Devant les  membres de la presse qui disparaissent de jour en jour, on se demande s'il restera quelqu'un pour voir le film de clôture, l'élégant  biopic The Young Victoria de Jean-Marc Vallée.

Avant de partir

Enfin, nous aurions bien aimé attraper la reprise de Lebanon de Samuel Maoz, Lion d'or à la Mostra, mais nous aurons rendez-vous au même moment avec Jean-Pierre Jeunet et Dany Boon pour Micmacs à tire-larigot (pas encore vu au moment d'écrire ces lignes)... Pourvu qu'ils ne nous posent pas un lapin comme François Ozon, qui a décidé de ne pas venir promouvoir son très beau et sensible mélo Le Refuge, lequel s'inscrit dans la veine des très prenants 5X2 et Le Temps qui reste, où la lumineuse Isabelle Carré se réinvente dans la peau d'une toxicomane enceinte. Et si on se donnait rendez-vous à Paris?


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13 septembre 2009, 11:18
TIFF 2009 : Reprises cannoises

À cause des junkets auxquels j'assiste et de la vingtaine de films que j'ai déjà vus avant d'arriver au TIFF, le choix des films se trouve limité. Pour ceux qui n'ont pas suivi ce blogue en mai, voici donc des liens qui vous permettront de découvrir une partie de la programmation du TIFF :

Antichrist de Lars Von Trier

Bright Star de Jane Campion

Étreintes brisées de Pedro Almodovar

Carcasses de Denis Côté

Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen

Enter the Void de Gaspar Noé 

Oups, je n'avais rien écrit à ce sujet... j'y reviendrai.

Visage de Tsaï Ming-Liang

Fish Tank d'Andrea Arnold

Les Herbes folles d'Alain Resnais

Oups, je ne l'avais mentionné que dans mon bilan du festival :Étrange comédie poético-absurde, laquelle marquait son retour à la compétition 50 ans après le sublime Hiroshima, mon amour, Les Herbes folles ont valu à Alain Resnais un «prix exceptionnel du festival de Cannes»: «Un film doit être quelque chose qu'on ne réfléchit pas. Je tourne pour savoir comment ça va tourner. Tout ce que je cherche, c'est de savoir si le film que je tourne suscitera des émotions», expliquait la semaine passée le doyen des réalisateurs en compétition.

En passant, je devais rencontrer André Dussolier aujourd'hui, mais j'imagine qu'un journaliste américain a pris ma place puisqu'on n'a pas cru bon me dire où et quand aurait lieu la rencontre...

The Imaginarium of Doctor Parnassus de Terry Gilliam

Oups, je n'en avais pas parlé. J'y reviendrai. D'ailleurs, je dois rencontrer Christopher Plummer avant mon départ, mais je vais le croire quand je vais le voir.

J'ai tué ma mère de Xavier Dolan

Un prophète de Jacques Audiard

The Times that Remains d'Elia Suleiman

Dire que je lui avais prédit la Palme d'Or : S'inspirant de la correspondance de ses parents, le réalisateur d'Intervention divine (prix du Jury en 2002) raconte avec finesse et humour l'histoire de sa famille et de son peuple: "Il n'y a pas d'espoir dans mon titre. La nécessité de faire un film est un acte d'espoir. On fait des films pour s'exprimer sur notre monde et peut-être le changer. On ne peut pas réparer ce qu'on a détruit".

Je dois rencontrer le réalisateur au courant de la semaine...

Vengeance de Johnnie To

Vincere de Marco Bellocchio 

Oups, je n'avais rien écrit et je me demande ce que je pourrais bien en dire puisque celui-ci ne m'a pas marquée...

Le Ruban blanc de Michael Haneke

Je vous reviens plus tard avec les primeurs torontoises. Là, y a Jacques Audiard qui m'attend, euh, me semble...


13 septembre 2009, 12:48
TIFF 2009 : Rendez-vous manqués

Je vous ai révélé dans un précédent billet que j'allais rencontrer Michael Caine, pour le film Harry Brown de Daniel Barber, et Colin Farrell, pour le film de Danis Tanovic, Triage, où il incarne avec une grande sensibilité un photographe de guerre. Eh bien, ça sera pour une prochaine fois.

Dans le cas de Michael Caine, j'ai dû annuler parce que je ne pouvais pas voir le film à temps pour l'entrevue; chaque jour, nos horaires sont changés à cause des entrevues et des projections qui se déplacent.

Dans le cas de Colin Farrell, là, ce n'était vraiment pas ma décision. En fait, je me suis présentée au rendez-vous, qui devait avoir lieu juste après celui de Marc-André Lussier de La Presse. Voyant que mon nom ne figurait pas sous le sien sur la liste, j'ai alors demandé à l'attachée de presse américaine si j'avais bien une entrevue avec Farrell et le réalisateur. Elle m'a regardé comme si j'avais la lèpre en me disant bêtement : « No, you don't! »  

J'ai alors appelé l'attachée de presse de Montréal, qui m'a assuré que l'entrevue aurait bien lieu comme prévu. Seconde tentative auprès de l'Américaine, qui me lance, outrée : « Who are you? Where are you from? What's your outlet? »

En me présentant, pour la seconde fois, je me fais alors dire sèchement : « You didn't make the cut! » Voilà, sans excuses. Je m'en suis voulue d'être restée polie! L'attachée de presse de Montréal m'appelle alors pour s'excuser et m'expliquer que personne chez le distributeur du film n'avait pris la peine de l'avertir qu'on avait dû couper « tons of people ». C'est beau, les communications...

Alors que des mots anglais commençant par les lettres « b », « c », « s » et « w » valsaient dans mon esprit, et qu'un jeune photographe subissait le même traitement, j'ai gardé mon calme et attendu patiemment mon camarade de La Presse pour lui raconter ma mésaventure.

Bon prince, il m'a alors dit que c'était sans doute un mal pour un bien, car l'atmosphère n'avait pas été des plus agréables. En plus de Farrell et Tanovic, les attachées de presse avaient cru bon imposer aux journalistes la présence du comédien Branko Djuric, qui a appris l'anglais en quatre mois pour jouer dans Triage et l'a oublié depuis. Qui plus est, l'entourage de Farrell est demeuré dans la pièce. Bonjour l'intimité!

Je comprends que la presse québécoise, encore plus un hebdo francophone gratuit, ne pèse pas lourd dans la balance face à la presse américaine, mais qu'est-ce que ç'aurait été de m'avertir par courriel, par texto ou par téléphone? Avoir su que l'entrevue avait été annulée, je n'aurais pas perdu de temps à la préparer, et je serais allée voir un film ou retourner à l'hôtel pour écrire.

Généralement lorsqu'un journaliste québécois ou autre se fait piquer sa place par un journaliste américain - et ça arrive très souvent, croyez-moi!, les attachées de presse ont la délicatesse d'avertir. Ainsi, mon confrère du Devoir Martin Bilodeau a su la veille de son entrevue avec Jane Campion pour Bright Star qu'elle n'aurait pas lieu. C'est frustrant pour lui et ses lecteurs, mais au moins, il n'aura pas perdu de temps... ni s'être fait traité avec mépris.

Je n'ai pas eu la chance de rencontrer Colin Farrell, mais au moins, je l'ai croisé dans le hall de l'Intercontinental. Vous savez quoi? J'ai rarement vu un si bel homme... J'en étais troublée. Sur ce, je vais me coucher.


13 septembre 2009, 12:03
TIFF 2009 : Propos d’artistes

 

Dans mes billets d'hier, j'ai fait ce qu'on appelle en bon français du name dropping. Mais pourquoi donc? Tout simplement pour vous rappeler qu'à Toronto, outre voir des films (au fait, j'en avais déjà vu 20 avant d'arriver à Toronto, dont la plupart à Cannes, ce qui revient à dire que je vous en ai parlé en mai), je fais le plein d'entrevues afin de rendre la lecture de la section cinéma plus agréable. Bon, j'espère que ce n'est pas trop présomptueux de ma part...

D'ici à ce que les films sortent voici en vrac quelques propos recueillis hier :

Carey Mulligan (An Education de Lone Scherfig) sur...

Son partenaire à l'écran : « Je n'étais pas intimidée par Peter Sasgaard. En fait, nous avons passé l'audition ensemble. C'est très excitant de travailler avec lui parce qu'il ne fait jamais deux fois la même chose. »

Son bon parler français : « En Angleterre, nous apprenons le Français à l'école et sur le plateau, le directeur photo John de Borman, qui est né à Paris, me reprenait sans cesse lorsqu'il n'était pas satisfait de mon français. »

Son premier festival de films : « Je ne me sens pas du tout à l'aise avec les photographes. Comme j'ai porté des broches enfant, j'ai longtemps souri la bouche fermée et encore aujourd'hui, j'ai le réflexe de sourire ainsi... C'est pour ça que j'ai l'air coincée sur les tapis rouges. »

Son prochain film : « Wall Street 2, c'est un film d'hommes, un monde d'hommes. Susan Sarandon et moi sommes les seules filles dans l'histoire. D'ailleurs, je quitte Toronto samedi, car je tourne dimanche. »

Lone Scherfig (An Education) sur...

Ses participations à de nombreux festivals : « Après avoir présenté An Education à Telluride, à Sundance et Toronto, ma nervosité disparaît peu à peu et je m'amuse de plus en plus. Par contre, il y a ma fille qui a bien hâte que je revienne à la maison pour faire le ménage.»

Carey Mulligan : « Carey a bon goût, les suggestions qu'elle fait sont judicieuses, précises. Elle est facile à diriger, nous avions un bon dialogue. Je lui faisais confiance parce qu'elle est plus près du personnage que moi. C'est une fille futée. »

Peter Sarsgaard : « Peter illumine les autres acteurs. Il n'était pas mon premier choix, mais il le sera sûrement pour mon prochain film. Peter mérite d'incarner le rôle principal d'un film. »

Les années 1960 : « Je suis totalement fascinée par cette époque, sans doute parce qu'elle correspond à mon enfance. J'ai beaucoup aimé Revolutionary Road et la série Mad Men, qui ne joue malheureusement pas au Danemark. Je ne saurais cependant expliquer pourquoi ces années sont-elles si souvent représentées au cinéma et à la télévision depuis quelques années. »

Dogme 95 : « C'est un bon chapitre de ma vie; cela m'a appris à ne pas vouloir tout contrôler, ne pas chercher à atteindre la perfection. »

Willem Dafoe (Antichrist de Lars Von Trier) sur...

La façon qu'on lui a présenté le scénario : « J'avais appelé Lars pour savoir comment il allait, qu'est-ce qu'il faisait et il m'a alors envoyé le scénario d'Antichrist. Lorsqu'on voit tout ce qui se tourne, on se rend bien compte qu'il n'y a pas de contenu pour les acteurs, d'où mon envie de jouer dans ce film. Évidemment, je me suis demandé comment on tournerait certaines scènes... »

La difficulté du rôle : « J'aime l'idée que Charlotte Gainsbourg et moi avons été courageux selon les critiques. Elle et moi étions très liés et en voyant le film la première fois, j'ai réalisé qu'elle avait fait des trucs sans se protéger. Nous avons vu le film séparément, mais nous avons eu le même mot pour le décrire : étrange. Je n'ai pas eu à suivre de thérapie par la suite et n'en ai jamais suivi une... bien que certaines personnes pensent que je devrais. »

L'anti-prix du jury œcuménique pour misogynie : « Ce prix n'a aucune valeur, ce n'est pas pertinent du tout. C'est de la cochonnerie. »

Penélope Cruz (Étreintes brisées de Pedro Almodovar) sur...

La scène la plus difficile à tourner : « C'est lorsque Lena, âgée de 37 ans, explique à Matteo qu'elle souhaite devenir actrice. J'avais de la difficulté à ne pas pleurer parce que je me rappelais de ma rencontre avec Pedro alors que j'avais 17 ans. Pedro comprenait pourquoi je me sentais ainsi. Je pleurais entre chaque prise tant j'étais émue. »

Jouer dans sa langue maternelle : « J'ai plus de plaisir à jouer en espagnol car je n'ai pas à me soucier des mots... quoique comme je joue souvent avec différents accents, j'ai toujours besoin de l'aide d'un coach. Lorsque j'ai commencé à jouer en anglais, je n'étais même pas capable d'avoir une conversation dans cette langue. »

Son travail avec Woody Allen (Vicky Cristina Barcelona): « Woody est quelqu'un de très gêné et de très gentil. Ce qui est génial, c'est de le provoquer; dans ces moments-là, il dit des choses tellement extraordinaires que je courais pour aller les noter. Avec lui, contrairement avec Pedro, on ne répète pas. Cela m'a rappelée les ateliers d'impro lors de mes études en théâtre. »

Son travail avec Rob Marshall (Nine): « C'était une expérience merveilleuse. Je n'ai pas vu le produit final, mais je sais qu'il a fait un travail extraordinaire. La scène la plus difficile a été celle de la chanson A Call From the Vatican. Je n'avais que deux mois pour apprendre à chanter et à danser. »

Lluis Homar (Étreintes brisées de Pedro Almodovar) sur...

Pedro Almodovar : « Pedro sait exactement ce qu'il veut, c'est parfois dur, mais j'ai toujours confiance en lui. C'est un génie! »


11 septembre 2009, 11:04
TIFF 2009: Enceinte ou pas?

 

La question sur toutes les lèvres en ce moment: Penélope Cruz est-elle enceinte de (mon mari) Javier Bardem? Hier, en fumant une clope, elle n'aurait pas nié la rumeur. Pour l'avoir rencontrée en fin d'après-midi, je peux vous dire qu'elle a le ventre plat et qu'elle n'affiche pas ce teint lumineux propre aux femmes enceintes...


11 septembre 2009, 10:48
TIFF 2009 : C’est moi ou…

C'est plus tranquille que d'habitude dans la Ville-Reine? Tout à l'heure, en sortant de l'Hôtel Intercontinental, après mon troisième junket de la journée, ma consoeur du ICI Natalia Wysocka et moi trouvions que l'atmosphère était moins fébrile en ce deuxième jour de festival. À preuve, on retrouve beaucoup moins de badauds attendant les stars devant les hôtels de luxe; même dans les halls de ces hôtels plusieurs journalistes semblent manquer à l'appel.

Et pourtant, c'est le premier week-end, donc, le plus mouvementé. Qu'est-que ce sera le week-end prochain alors que la majorité de la presse aura déjà quitté les lieux? Même le vent de controverse à propos de l'hommage à Tel-Aviv dont tout le monde parle ne s'est révélé qu'une brise. De fait, en fin de matinée, au coin de Bloor et Bay, soit devant le Manulife Center où sont projetés plusieurs films du festival, il n'y avait que trois personnes portant sagement le drapeau israélien.

Ce n'est sûrement pas parce que les « beautiful people » ne sont pas au rendez-vous... Je ne compte plus le nombre de gens qui m'ont dit : « Hey, did you know that Oprah was in town? » Ben oui, la reine des États-Unis est ici à titre de productrice du film Precious de Lee Daniels, que je n'ai malheureusement pas vu et que l'on dit très touchant. Ce matin, au junket du plus que charmant film An Education de Lone Scherfig, des confrères de Toronto m'ont même dit que Mariah Carey y était bonne. Faut le faire après sa piètre performance dans Glitter!

Il y a aussi mon mari George Clooney qui est ici, mais il n'accorde pas d'entrevues, se contentant de paraître sur le tapis rouge et aux conférences de presse. Je l'ai donc trompé avec Willem Dafoe! Et demain, je dois en remettre avec Colin Farrell! Je le tromperais bien avec Michael Caine et André Dussolier, mais n'étant pas à la recherche d'un second père, je vais passer mon tour...

Serait-ce que la récession frappe plus fort à Toronto qu'au Festival de Cannes? Les Torontois en auraient-ils subitement marre de leur festival? Ça m'étonnerait, car contrairement aux Cannois, ceux-ci peuvent s'acheter des billets et non se contenter de rêver devant les tapis rouges en espérant qu'un billet pour une première tombe du ciel. D'ailleurs, si vous aviez vu la file devant le Ryerson où j'ai assisté à la présentation publique, vous auriez eu comme moi l'impression qu'on avait vendu plus de billets ( lesquels coûtent plus de 20$!!!) qu'il y a de places dans la salle.

Parlant de présentations publiques, j'aime bien y assister, car ça me change des projections réservées à la presse et aux gens de l'industrie où se font souvent entendre des sonneries de portables. Par ailleurs, ce qui est bien des projections publiques, c'est que l'équipe du film reste après la projection pour répondre aux questions.

Cela dit, c'est lors d'une projection de presse que j'ai pu voir le film d'ouverture, Creation de Ron Howard, oups!, je veux dire de Jon Amiel. « Si j'avais su, j'aurais pas venu! », comme disait l'autre. « Les films d'ouverture à Toronto sont souvent plates », m'a rappelé en riant Roland Smith du Cinéma du Parc, croisé ce matin sur Bay. (La veille sur Gerrard, j'ai aussi croisé Michael Ondaatje et Danny Boyle, mais je n'ai pas osé les aborder...)

C'était si ennuyant, si pompeux, si mélo et la musique si assommante que plusieurs ont pris leurs jambes à leur cou bien avant la fin de ce biopic sur le naturaliste anglais Charles Darwin, interprété par Paul Bettany, plus maniéré qu'habité, au moment de terminer L'Origine des espèces. Dans le rôle de sa femme croyante et pratiquante, Jennifer Connely apporte quelques moments de grâce. J'ai survécu jusqu'à la fin en me demandant si le réalisateur avait tenté de mettre à l'épreuve la théorie de la sélection naturelle en confrontant les spectateurs avec ce film dont le lyrisme lourd écrase les propos pourtant intéressants qu'il expose.

Heureusement, le soir même, j'ai pu faire un joli voyage dans le temps, quatre mois avant le lancement du premier disque des Beatles pour être exacte, en compagnie de la ravissante Carey Mulligan, dont la fraîcheur et l'élégance m'ont rappelé Audrey Hepburn et Anna Karina, dans An Education. Celle que certains voient déjà remporter un Oscar interprète une fille de 16 ans qui s'émancipe au contact d'un homme plus âgé qu'elle (Peter Sarsgaard, plus séduisant que jamais) qui lui fait découvrir les boîtes de nuit, alors que ses parents (Alfred Molina et Cara Seymour, très attachants) préféreraient qu'elle se concentre sur ses études afin d'entrer à l'université. Je vous en reparle plus tard...

Quant à l'atmosphère tristounette du festival, ça changera peut-être demain... mais sans doute pas grâce à The Road de John Hillcott.


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5 septembre 2009, 10:32
FFM 2009 : Ma mère est folle
En raison d'un horaire très chargé (ah! la télé!), je n'ai pas eu le temps de vous écrire à propos d'un film qui m'a bien plu : In Darkness du réalisateur turc Çagan Irmak.

Célibataire dans la trentaine, un commis de bureau d'une agence de pub vit avec sa mère folle à lier dans leur appartement délabré. Alors qu'elle se plaît à l'infantiliser, ce dernier s'amuse à lui envoyer quelques réparties cruelles. Un jour, las de sa vie monotone et de l'état mental de sa mère qui dégénère, il leur prépare une soirée mémorable.

Comédie dramatique au ton doux-amer, In Darkness s'avère un film dont les situations cocasses font rire en premier lieu, mais au fur et à mesure que les personnages se dévoilent, l'émotion prend bientôt le dessus, sans pour autant qu'Irmak tombe dans le pathos - et ce, malgré une rupture de ton audacieuse en fin de partie.

In Darkness est en reprise ce soir à 21 h 40 et demain à 17 h, au Quartier Latin. Le film prend l'affiche le 2 octobre... en Turquie. Qui sait, d'ici là, un distributeur québécois aura mis la main dessus.


2 septembre 2009, 2:16
FFM 2009 : Je n’ai pas tué ma mère

Le FFM reçoit de la grande visite ce vendredi, à 19 h, au Théâtre Maisonneuve: le réalisateur Claude Miller et son fils Nathan viendront présenter le film qu'ils ont signé à quatre mains, Je suis heureux que ma mère soit vivante.

Abandonné par sa mère (Sophie Cattani) à 4 ans, un jeune homme (Vincent Rottiers) l'a recherchée de 7 à 20 ans. L'ayant retrouvée, il partage alors sa vie entre elle et ses parents adoptifs, qui ignorent tout des démarches de leur fils.

Je suis heureux que ma mère soit vivante sort en salle le 30 septembre, en attendant, vous pouvez le voir aussi jeudi à 9 h, à l'Impérial, de même que samedi, à 14 h 20, au Quartier Latin.


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