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Soit, le néocapitalisme est caractérisé par la concentration des moyens de production quand il est vu du point de vue des possédants et par l'offre importante des produits quand c'est de celui des consommateurs qu'il est regardé. Si la concentration des moyens de production n'a pas fait disparaître tous les petits et moyens producteurs, l'offre effrénée des produits n'a pas elle aussi fait en sorte que tous aient accès à ces produits. Les écarts entre riches et pauvres demeurent et s'agrandissent alors que 2% de la population possède 50% des ressources financières officielles selon les dernières statistiques. Une lecture plus fine de ces écarts montrerait sans doute des écarts encore plus choquants. En somme, il y en a encore beaucoup qui n'ont même pas les produits essentiels pour vivre dans les pays pauvres et un nombre non négligeable qui ne les ont pas tout le mois dans les pays riches. Parler d'hyperconsommation comme étant la règle pour tous est donc un leurre.
Par ailleurs, les libertés nouvelles que l'accès à la consommation a permises à plus de gens ne peuvent d'aucune manière nous faire regretter les sociétés ou seule une fraction infime de la population avait accès aux produits en nombre suffisant pour se simplifier l'existence. Il est heureux que la religion ne puisse plus aujourd'hui remplir ces vides comme elle le faisait autrefois en promettant une consommation sans limites après la mort, une consommation éthérée de bonheurs sans fin pour les uns, ceux qui avaient peur de s'en prendre aux richesses des bienheureux de la terre, ou de douleurs du même type pour les autres.
Enfin, il est heureux aussi que les grands consommateurs de maintenant ne puissent plus afficher leur statut privilégié en public à l'aide de ces seuls signes de richesse qui n'impressionnent plus vraiment la plèbe et qu'ils en tirent peu de plaisir dans leurs réunions privées dans des réceptions offertes moyennant fortes rétributions par des aristocrates ruinés.
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