Dans les propos des auteurs de cet essai politique, il se dégage une vision de l'État qui se rapproche d'un découpage du territoire du pouvoir selon des paramètres linguistiques et culturels. À ce qu'il est permis d'en comprendre à partir des réponses des auteurs, le Canada deviendrait une entité politique résultant d'un amalgame de cantons. Il me semble qu'une sorte de Constitution à la Suisse se pointe au sommet de ce résumé d'explications fournies par les auteurs de l'essai.
Cette vision est à la fois trop et trop peu innovatrice. Pour les fédéralistes dominateurs, bien campés dans leurs positions territoriales, le seul objectif valable à leurs yeux est de maintenir les acquis de la conquête du territoire par l'Angleterre, ceux qui résultèrent de la Guerre de sept ans et dont ils se croient les héritiers légitimes. Pour eux, la vision territoriale unitaire est l'argument massu, celui qu'il faut asséner sur la tête de quiconque la remet en doute. La position des auteurs de cet essai est donc condamnable absolument dans la mesure où elle remet en question leur absolutisme.
Par contre, pour les souverainiste québécois, cette position cantonnale à la Suisse est trop peu innovatrice, car elle demeure largement en retrait de ce que serait à leurs yeux un véritable fédéralisme, si tant est qu'il faille ou qu'il soit possible d'en créer un au terme de la reconnaissance de la souveraineté du Québec sur son territoire actuel par d'autres nations souveraines. Qui plus est, cette vision cantonnale à partir de critères linguistiques pourrait miner les prétentions des souverainistes Québécois qui revendiquent tout le territoire du Québec aux fins de former un État souverain.