Benoit Jutras critique amèrement et peut-être un peu hâtivement ma traduction d'Oryx & Crake (Le Dernier Homme) et émet le souhait que M. Atwood n'ouvre jamais la version française de son oeuvre. J'aimerais tout d'abord le rassurer en lui confiant que j'ai l'habitude de consulter Mme Atwood pour laquelle j'ai le plus grand respect. J'aimerais ensuite lui demander de s'interroger sur le fait de traduire. Comment, par exemple, permettre au lecteur français d'accéder à l'humour de M. Atwood? Comment trouver une expression à peu près équivalente, ici à piss off, pour susciter l'effet recherché par l'auteur tout en ménageant le contexte ? L'anglais et le français étant par nature deux langues différentes, il ns est malheureusement impossible de procéder par calques. Je le regrette sincèrement: mon travail en serait facilité. D'où le recours à la transposition qui passe parfois pr une fâcheuse méconnaissance de la langue de départ. Je ne vais pas ici esquisser un cours de traduction, mais suis à la disposition de M. Jutras pr toute explication concernant ma démarche. A conditon toutefois que l'on oublie toute parole blessante ou volontairement humiliante.
Michèle Albaret-Maatsch
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