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En ces temps d'accommodements, écrire un roman dans lequel une jeune prof de français s'immisce à pas feutrés dans le monde sélectif d'une école juive orthodoxe pourrait être taxé d'opportunisme. Dans le cas de Myriam Beaudoin, qui nous offre avec «Hadassa» son deuxième roman, il n'en est rien. La force tranquille et le ton gentil de l'oeuvre incitent plutôt au respect. L'heure est à la main tendue.
Alice savait dès le départ qu'elle n'allait pas visiter le pays des merveilles. Mais la bonne volonté et le mystère sont encore des armes de persuasion massive. La curiosité aidant, les enfants l'adopteront. Un peu à l'écart se trouve Hadassa, tantôt la larme à l'oil, tantôt le sourire vacillant. Se tisse entre cette élève et sa maîtresse une relation de confiance qui prend sa source dans l'échange humain : l'une en oublie son cocon, tandis que l'autre se rappelle non sans foi le pourquoi de sa vocation. Et comment l'enfant se doit d'être encouragé pour faire éclore ses talents. Le lecteur malhonnête pourrait aussi qualifier l'histoire parallèle de «Roméo et Juliette» interculturel. Mais l'amour qui se noue entre Jan, un épicier polonais, et Déborah, une Juive mariée à un homme et à Dieu, relève davantage d'un bel état de fait que d'une prise arrangée du gars des vues. Malheureusement, et quoique il donne lieu à une douce et fluide écriture, attentive aux moindres silences longs à se rompre, cet idylle tarde à s'imbriquer dans le portrait d'ensemble. On a de la difficulté à y adhérer, étant donné sa lenteur à se dévoiler. Au final, c'est le caractère documentaire du bouquin qui fait exploser l'applaudimètre. Car le regard est alerte et précis, nourri qu'il est à la vitamine V, celle de la vérité; autrement dit, le sujet est maîtrisé grâce à une somme incroyable de recherche et d'admiration, palpable entre les lignes.
Une oeuvre qui motive avec tendresse les futurs enseignants à suivre leur voie. D'autant plus lorsqu'elle chasse sans agressivité de tenaces préjugés.
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